AccueilDe la « prise » à la « reprise ». La fabrication de l'image d'archive et ses usages dans la recherche historique

De la « prise » à la « reprise ». La fabrication de l'image d'archive et ses usages dans la recherche historique

Takes and Retakes. The Creation of Archival Images and its Use in Historical Research

Uses and practices of archival images in historical research

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Publié le mercredi 29 septembre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Séminaire de recherches mensuel organisé par l’unité de recherches « Mondes modernes et contemporains » de l’Université Libre de Bruxelles. L'objectif de ce séminaire est moins de savoir comment l’image est utilisée pour représenter le passé que d’interroger la manière dont elle participe à son édification. Outre l’appréciation des résultats obtenus par ce type d’études, il conviendra de discuter des problèmes méthodologiques rencontrés par l’historien qui intègre les documents iconographiques à son corpus d’analyse. Il s'agira aussi de questionner le moment précis de la fabrication et de l'enregistrement de l'image. Cette exploration en amont nous permettra de déterminer les stratégies, enjeux et objectifs qui concourent à lui conférer le statut d’archives.

Annonce

Dans le domaine de l’histoire des représentations, on note depuis une dizaine d’années un intérêt soutenu et varié pour les images en tant que source et objet d’histoire. Alors que dans les années 70 et 80, l’image était considérée comme une simple illustration, corroborant les résultats obtenus à partir des archives écrites, elle est aujourd’hui envisagée comme un facteur essentiel de la construction des mémoires, permettant de mieux appréhender les comportements collectifs des sociétés. Ce constat se traduit par une multiplication d’études qui placent l’image, fixe ou mobile, et ses supports au cœur de la démonstration, et qui s’interrogent sur la spécificité de ses modes d’expression ainsi que sur ses usages et fonctions. Ces recherches sont généralement introduites ou accompagnées par une réflexion méthodologique portant sur les outils conceptuels dont dispose l’historien pour analyser le langage véhiculé par l’image. Si l’image n’est donc plus considérée comme un document mineur de l’historiographie culturelle, il semblerait que sa capacité, réelle ou supposée, à augmenter le savoir historique soit encore minorée par les recherches qui s’attachent à la reconstitution et à la compréhension proprement dites des événements historiques. Dans ce domaine, les archives écrites demeurent la source privilégiée. La mésestime dans laquelle est tenue l’image mérite cependant d’être précisée en réalisant un état des lieux de la recherche actuelle. Autrement dit, l’objectif de ce séminaire est moins de savoir comment l’image est utilisée après-coup pour représenter le passé que d’interroger la manière dont elle participe à son édification. Outre l’appréciation des résultats obtenus par ce type d’études, il conviendra de discuter des problèmes méthodologiques rencontrés par l’historien qui intègre les documents iconographiques à son corpus d’analyse. D’un point de vue épistémologique, cette orientation nécessite également de réfléchir à la notion d’image d’archives. Les études sur les usages et mésusages des images dites d’archives, sur leurs migrations et recyclages au cinéma, à la télévision, dans la presse, la muséographie, les manuels scolaires, etc., partent généralement du principe que toute image du passé constitue un gisement documentaire que l’on peut qualifier d’archives. Or, l’image n’a pas toujours été pensée à titre conservatoire. Pour être en mesure d’identifier la fonction originelle du document iconographique, nous nous intéresserons au moment précis de sa fabrication et de son enregistrement. Cette exploration en amont nous permettra de déterminer les stratégies, enjeux et objectifs qui concourent à lui conférer le statut d’archives. 

De la « prise » à la « reprise » : la fabrication de l’image d’archives et ses usages dans la recherche historique. 

Séminaire de recherches mensuel organisé par l’unité de recherches « Mondes Modernes et Contemporains » de l’Université Libre de Bruxelles.

Lieu : Institut d’Etudes Européennes

39 avenue F. Roosevelt 1050 Bruxelles

Horaire : 12h-14h

Comité scientifique : Irene di Jorio, Julie Maeck, Jihane Sfeir 

PROGRAMME 

Séance 1 : Usages et mésusages des images d’archives par les experts

5 Octobre 2010 (salle Geremek) 

  • Denis Maréchal (INA) : « Les lundis de l'Ina : un état des lieux sur l'usage des archives radio et télévision par les professionnels et les chercheurs en sciences sociales (1999-2010) »
  • Pierre Sorlin (Paris 3 / Istituto Parri- Emilia Romagna, Bologne) : « Le casse-tête des archives filmiques, source indispensable, partielle, sous influence » 

Séance 2 : La photographie

23 Novembre 2010 (salle Geremek) 

  • Monique Sicard (CNRS) : « La "photo-graphie" dans l’écriture de sa propre histoire »
  • Kenneth Bertrams (ULB) : « Les savants de l’hôtel Métropole. Histoire et postérité du premier Conseil de Physique Solvay, 2011-1911 » 

Séance 3 : L’image sociale

14 Décembre 2010 (salle Geremek) 

  • Sylvain Wagnon (Paris 8) : « Les images « scolaires » en France : une source pour l’histoire de l’éducation et un élément de la construction d’une mythologie scolaire »
  • Romain Thomas (Lyon 2) : « Usages de l’image dans la recherche historique sur l’époque de la première modernité : un bilan historiographique et une étude de cas » 

Séance 4 : L’image absente

15 Février 2011 (salle Kant) 

  • Rémy Besson (EHESS) : « La mise en vision de la Shoah : Le cas du film de Reinhard Wiener »
  • Jean Laloum (CNRS) : « Traces de l’histoire, traces pour l’histoire : les patrimoines familiaux photographiques juifs » 

Séance 5 : Images amateurs

3 Mars 2011 (salle Kant) 

  • Jean-Pierre Bertin-Maghit (Paris 3) : « Les films amateurs des soldats pendant la guerre d’Algérie »
  • Claire Mauss-Copeaux (CNRS) : « Des photographies d’appelés en Algérie : 1954-2010. Dire et faire entendre la violence de la guerre coloniale » 

Séance 6 : Conflits et cinéma

24 Mars 2011 (salle Kant) 

  • Ramla Kronfol (Paris Ouest-Nanterre) : « Archiver le drame palestinien : entre réalité et réalisme »
  • Irina Tcherneva (EHESS) : « La conception de l’image d’archive et son usage dans les films de montage en URSS à l’époque de la « déstalinisation » (1953-1968) » 

Séance 7 : La fabrication des actualités

5 Avril 2011 (salle Kant) 

  • Jacques Guyot (Paris 8) : « Les archives audiovisuelles pour la recherche: l’analyse critique des actualités comme objet historique »
  • Jérémy Hamers (ULG) : « De « l’acte-trace » à « l’acte-image » : Le fait terroriste comme producteur d’emblèmes historiques » 

Séance 8 : En guise d’ouverture… / Eléments de conclusion

10 Mai 2011 (salle Kant) 

  • Bénédicte Rochet, Anne Roekens et Axel Tixhon (FUNDP) : « Comment adapter et appliquer les démarches classiques de la critique historique à l’exploitation de documents audiovisuels ? »

Lieux

  • IEE, Avenue F.D. Roosevelt, 39
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • mardi 05 octobre 2010
  • mardi 23 novembre 2010
  • mardi 14 décembre 2010
  • mardi 15 février 2011
  • jeudi 03 mars 2011
  • jeudi 24 mars 2011
  • mardi 05 avril 2011
  • mardi 10 mai 2011

Mots-clés

  • image, histoire, archive

Contacts

  • Julie Maeck
    courriel : juliemaeck [at] gmail [dot] com
  • Jihane Sfeir
    courriel : jsfeir [at] ulb [dot] ac [dot] be
  • Irene Di Jorio
    courriel : Irene [dot] Di [dot] Jorio [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Maeck Julie
    courriel : jmaeck [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« De la « prise » à la « reprise ». La fabrication de l'image d'archive et ses usages dans la recherche historique », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 29 septembre 2010, http://calenda.org/201937