AccueilMobilité, espace et temps : quelle mémoire pour la réalité augmentée ?

Mobilité, espace et temps : quelle mémoire pour la réalité augmentée ?

Space, Time and Mobility: Which Memory for Augmented Reality?

*  *  *

Publié le vendredi 01 octobre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Conserveries Mémorielles, une revue interdisciplinaire en ligne, lance un appel a contributions qui entend se focaliser sur les interactions qui s’établissent entre l’espace et l’individu lorsque ce dernier est en mouvement. Plus précisément, il s'agit de s'interroger sur ce que les individus retiennent de leurs trajets quel que soit leur mode de transport et d'analyser comment le déplacement – à pied ou grâce a un mode de transport – influe sur notre perception de l'espace et du temps. Ce numero est dirige par Etienne Faugier (doctorant, Universites Laval & Lumiere Lyon 2) et Arnaud Passalacqua (maitre de conferences en histoire contemporaine, Universite Paris Diderot – Paris 7). Vous pouvez vous reporter a l’appel a contribution ci-joint et au site de la revue http://cm.revues.org/774. Si vous avez des questions, merci de nous contacter a mobilityspacetime@gmail.com.

Annonce

Numéro dirigé par :

  • Étienne Faugier Doctorant en histoire contemporaine Université Laval (Québec), Université Lumière – Lyon II, Laboratoire LER
  • Arnaud Passalacqua Maître de conférences en histoire contemporaine Université Paris 7 Denis Diderot, Laboratoire ICT
Marcel Proust décrit comme réalité augmentée la perception de la vie moderne qu’offrent les déplacements motorisés. Assurément les nombreuses facettes de la mobilité contemporaine permettent en effet de concevoir différemment de nos ancêtres le rapport que nous entretenons à l’espace et au temps. Les déplacements pédestres et cyclistes offrent ainsi un regard direct vis-à-vis du paysage, quand le chemin de fer, l’automobile ou l’avion produisent un regard sur l’environnement biaisé par la vitre et la vitesse collective ou individuelle (Mauch & Zeller, 2008).
A la façon des travaux s’étant intéressés au paysage des transports (Desportes, 2005), ce numéro propose donc de s’intéresser, d’une part, à la place des systèmes de mobilité dans le paysage mémoriel et, d’autre part, à la vision qu’offrent les systèmes de mobilité du paysage mémoriel. Cette proposition n’est pas sans paradoxes. Le déplacement est par essence évanescent et, de ce fait, sa dimension mémorielle – voire patrimoniale – semble délicate à saisir. L’histoire des transports semble souvent prendre l’allure d’une longue accélération permettant aux hommes et aux marchandises de s’abstraire des notions de temps et d’espace pour atteindre une quasi-ubiquité. Dès lors comment considérer l’idée de mémoire, qui suppose un cadre spatio-temporel stable ? Le rapport de notre société au temps est d’ailleurs une question d’actualité, notamment par l’attention portée aux notions de vitesse (Studény, 1995) et d’accélération (Rosa, 2005). Celle de temps est toujours difficile à définir ; elle échappe souvent à l’historien même s’il s’applique à étudier une portion du temps, le passé. Dans le cadre de ce numéro, nous proposons de définir le temps comme étant les changements de registre qui s’effectuent lorsque l’on passe d’un mode de déplacement à un autre. Changer de mode produit une accélération ou un ralentissement de l’espace-temps de l’usager, y compris dans le champ mémoriel.
Dans l’optique engagée par ce numéro, des interrogations surgissent immédiatement qui peuvent servir de bornes indicatives tout au long de nos réflexions : les modes de déplacement sont-ils également moteurs d’un déplacement de la mémoire qui ne retiendrait qu’une partie de leur réalité ? Quelle déformation mémorielle introduisent les modes de déplacement connus aujourd’hui ? Dans quelle mesure se différencie-t-elle de celles de modes plus anciens, toujours pratiqués ou ayant disparu ?

Plusieurs pistes de recherche pourront être empruntées, parmi lesquelles :

  • les rapports distincts à l’espace et au temps des différents systèmes de transport ;
  • les effets différenciés des différents systèmes de transport sur la mémoire ;
  • le lien entre le régime de la grande vitesse (trains à grande vitesse, mode aérien, course automobile...) et mémoire ;
  • la question des paysages qu’imposent les différents modes de transport de manière à être opérationnels et concurrentiels et leurs possibles impacts sur la construction de l’État-Nation (réorganisation de l’espace, hiérarchisation, normalisation des déplacements, essor du phénomène de la périurbanisation…) et sur l’individu (sentiment d’appartenance, augmentation du territoire contrôlé, nouvelle vision de l’espace…) ;
  • l’influence des changements de mode de transports sur d’autre formes de mémoire que celle historique, comme la mémoire rétinienne ou la mémoire sensorielle, notamment lors du passage d’un mode rapide et aseptisé (TGV) à un mode où le corps est plus impliqué (vélo, marché à pied...) ;
  • le concept de temporalité remis en question par l’immédiateté que semblent permettre de nombreux systèmes contemporains de transport ou par l’éloge de la lenteur (Sansot, 1998) qui accompagne l’intérêt perceptible des formes de déplacement qui semblaient enfouies dans une mémoire lointaine (vélo, cheval...).
Cet appel à contributions ne se restreint ni à une discipline, ni à un cadre géographique ou temporel, ni à un mode de transport. En croisant les approches (histoire, sociologie, ethnologie, géographie, analyse littéraire…), les lieux et les époques, il s’agit bien de cerner le paysage mémoriel de la mobilité. De ce fait, des études transversales et à dimension relationnelle (étude croisée, étude comparée…) seront appréciées.

Votre proposition comprendra un résumé d’une page et un court CV en français ou en anglais à envoyer avant le 15 décembre 2010 par courrier électronique à mobilityspacetime@gmail.com.

Les articles (de 30 000 à 60 000 signes), reçus avant le 1er avril 2011, seront évalués par un comité de lecture.

Pour plus d’informations, consultez le site de la revue : http://cm.revues.org/

Dates

  • mercredi 15 décembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mobilité, espace, temps, transports, paysages

Contacts

  • Etienne Faugier
    courriel : etienne [dot] faugier [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Etienne Faugier
    courriel : etienne [dot] faugier [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Mobilité, espace et temps : quelle mémoire pour la réalité augmentée ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 01 octobre 2010, http://calenda.org/201984