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La domination en question

Domination in Question

Des normes et des formes en temps de crise

Norms and forms in times of crisis

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Publié le jeudi 07 octobre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Cette journée d'étude s'adresse prioritairement aux jeunes chercheurs des universités françaises.

Annonce

Objet classique des sciences sociales hérité de la sociologie wébérienne, la domination fait l’objet d’analyses passablement renouvelées depuis quelques années, alors même que l’érosion des approches marxistes, sinon la « révolution conservatrice » de l’offre politique (D. Éribon, 2007), semblaient la condamner aux oubliettes. Tandis que s’animent les débats sur le « retour des classes sociales » (L. Chauvel, 2001 ; P. Bouffartigue, 2004), les nombreux travaux sur la construction des genres (F. Héritier, 1996 et 2002), les interrogations sur la « question raciale » (D. et É. Fassin, 2006), ou encore les discussions autour des notions d’« empire » ou d’« impérialisme » (G. Steinmetz, 2008), viennent enrichir la réflexion sur l’évolution des rapports sociaux, économiques, politiques, religieux et culturels.
Devant un tel foisonnement des angles d’approche, il n’est sans doute pas inutile de rappeler quelques traits caractéristiques de la domination, par-delà la pluralité des interprétations (théories du conflit plus ou moins inspirées de Marx, analyses fonctionnalistes en termes d’intégration…). En première approximation, cette notion diffère essentiellement des concepts voisins de pouvoir et d’autorité, en ce qu’elle postule :
- un environnement structurel (Clegg) (et non simplement relationnel). Des mécanismes de reproduction sociale conditionnent les rapports de domination qui, de ce fait, tendent à s’affranchir de la personnalité et de la « longévité » des acteurs (individuels ou collectifs).
- un socle normatif élargi (et non strictement juridique). Les rapports de domination ne reposent pas seulement sur « la croyance en la légalité des règlements arrêtés et du droit de donner des directives » (fondement de la domination légale-rationnelle chez Weber), mais s’appuient plus largement sur un faisceau de valeurs qui, dans un champ donné, déterminent la position respective des acteurs (à travers le jeu des différents capitaux identifiés par Bourdieu). De telles normes sociales se donnent à voir dans une multitude de pratiques ordinaires, qui tiennent dès lors de la violence symbolique, sinon du mythe (Barthes).
- un processus (autant qu’un résultat). Le consentement se fabrique (Chomsky), se négocie (Crozier et Friedberg) et s’apprivoise (Elias) : il manifeste toujours, à un certain moment, l’équilibre instauré au terme d’une élaboration progressive et dialectique de normes et de formes.
La présente journée d’étude se propose ainsi de considérer, sur la longue durée et à des échelles variées (depuis l’espace domestique jusqu’au cadre national ou international, en passant par les niveaux intermédiaires du lieu de sociabilité ou de l’organisation), ce dialogue des normes et des formes à l’œuvre dans les rapports de domination. Organisée par la « jeune équipe » du Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » (Clermont-Ferrand), qui regroupe historiens (de l’Antiquité à nos jours), historiens de l’art et archéologues, cette journée s’adresse prioritairement aux doctorants et jeunes docteurs des universités françaises dans ces disciplines. Des ouvertures sur d’autres domaines du savoir (littérature, philosophie, sociologie, science politique, droit, géographie...) sont aussi envisageables.
Afin de prévenir un éparpillement des analyses, les études de cas s’intéresseront plus particulièrement aux rapports de domination en temps de « crise », soit en des moments de remise en question des normes et des formes (objectales ou comportementales) qui les fondent.

Les questionnements suscités pourront dès lors s’articuler autour des deux axes suivants :

  • La plasticité des systèmes de domination en temps de crise : selon quelles modalités certaines critiques de la domination sont-elles prises en compte par les pouvoirs et les sociétés ? S’en trouvent-elles pour autant désamorcées ? Et ne peuvent-elles pas se manifester par le détournement, voire la subversion des instruments de la distinction ?
  • Les représentations de la domination en temps de crise, qu’il s’agisse des manifestations symboliques (en termes d’organisation spatiale ou architecturale, de culture matérielle…) ou des lectures extérieures (d’ordre littéraire ou artistique) : dans quelle mesure les contestations de normes précipitent-elles les mutations de formes, et inversement ?
Les propositions de communication sont à adresser aux organisateurs avant le 1er janvier 2011 à l’adresse électronique suivante : jeune.equipe.chec@gmail.com

La journée d’étude, qui donnera lieu à une publication électronique, se tiendra à Clermont-Ferrand le 17 juin 2011.

Comité organisateur et scientifique :

Julien Bouchet, Amandine Fauchon et Sébastien Pivoteau (doctorants en histoire, Clermont-Ferrand 2) ; Philippe Bourdin, Jean-Claude Caron, Pierre Cornu, Marianne Jakobi, Jean-Philippe Luis, Blaise Pichon (CHEC, Clermont-Ferrand 2).

Catégories

Lieux

  • 4 rue Ledru
    Clermont-Ferrand, France

Dates

  • samedi 01 janvier 2011

Mots-clés

  • domination. crise. formes. normes

Contacts

  • Jeune équipe du CHEC (université Blaise Pascal) ~
    courriel : jeune [dot] equipe [dot] chec [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Centre d'Histoire "Espaces & Cultures" (CHEC), Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand II ~
    courriel : jeune [dot] equipe [dot] chec [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La domination en question », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 07 octobre 2010, http://calenda.org/202062