AccueilLa communauté à l'œuvre

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Publié le vendredi 15 octobre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Le contexte historique du XXe siècle, marqué par le totalitarisme et par le communisme, a favorisé l’éclosion d’une pensée de la communauté, qui a trouvé ses racines multiples dans les philosophies et sociologies de l’époque. Ainsi, dans le sillage de Mauss et de Heidegger, Bataille, Arendt dans les années cinquante-soixante, plus près de nous Blanchot, J.L. Nancy ou G. Agamben dans les années quatre-vingt, ont contribué, parfois, de manière croisée, à instruire une question qui a été aussi fortement présente et à l’oeuvre dans la littérature, notamment dans la poésie de R. Char et de H. Michaux. Les philosophes et essayistes de cette époque ont ainsi opéré un renversement dans la pensée de la communauté : leur effort pour arracher la communauté à tout projet politique, théologique ou social, à tout projet producteur ou opératoire en nous exposant au « défaut » du commun, à une communauté désoeuvrée (Nancy), leur exigence de repenser sous l’angle du poétique une notion jusqu’alors envisagée comme idéologème, comme catégorie sociologique ou philosophique, lui ont largement restitué son caractère à « venir » et sa valeur programmatique.

Annonce

Journée d'étude organisée par Céline Guillot et Jean-Nicolas Illouz,

En crise au XXe siècle, la question de la communauté paraît s’être déplacée au XXIe siècle vers celle du « communautarisme » - européen, ethnique, ou religieux-, et les sens politique, philosophique et poétique de la communauté s’être obscurcis. Ainsi, est-il nécessaire de relire et de repenser les termes de cette problématique dans la durée, de reprendre cette question de la communauté à la source et d’en interroger dans un premier temps les racines, notamment le conflit originaire qui oppose à son sujet politique, philosophie et poésie depuis l’exclusion des poètes de la cité (Platon), jusqu’au décri par le pouvoir de la littérature des poubelles (Volodine), en passant par la marginalisation des poètes maudits. Quelle dissidence, quelle forme de minorité, quelle solitude, quelle différence confrontent souvent le poète à la société, au nombre, aux foules ?

Un deuxième axe montrera comment la fantasmatique de la solitude ou de la révolte vécues de l’écrivain, tout en mettant en oeuvre la question de l’altérité, lui inspire, plus que la nostalgie d’une idylle ou le rêve d’une utopie, le désir d’une « communauté d’absence » (Blanchot). Dans l’expérience du deuil (Michaux), dans la fraternité au-delà du mal (Rousset Antelme), dans la confrontation au négatif et à la mort(alité) (Baudelaire), l’écrivain rencontrait la figure tragique du semblable, l’incarnation de la ressemblance « vraie », le comm-un derrière la diversité des hommes.

Enfin, on montrera que la communauté est avant tout affaire de « poiétique » et que poésie, théâtre et roman travaillent à « inventer » un possible de la communauté à l’intérieur des formes - celles du choeur, de l’orchestre par exemple -, à surmonter ce qu’elle recèle d’innommable, d’inhumain, d’inavouable, en donnant une figure au commun dans la distorsion de ses symboles (Lazare, l’Apocalypse) et la vivacité de ses images sans pour autant se couper de l’histoire et de ses réalités.

Vendredi 8 octobre 2010

matinée, salle D301

Présidence : Jean-Nicolas Illouz

9h - Patrick Brasart, –– « Ni maîtres, ni disciples » : Nicolas de Bonneville et l'Assemblée fédérative des Amis de la Vérité

9h30 - Guillaume Bordry, –– Berlioz et l'orchestre

Discussion – pause

Présidence : Pierre Bayard

10h.45 - Martin Mégevand, –– Du choeur musical à la communauté

11h.15 - Zineb Ali Benali, –– Le poète et l'Umma

Discussion

après-midi, salle D301

Présidence : Céline Guillot

14h - Emmanuel Alloa, –– La communauté inorganique. Hypothèses sur le communisme littéraire chez Novalis, Benjamin et Blanchot

14h.30 - Maria Muresan, –– Lieux communs, cités idéales : Calvino, Roubaud, Hocquard, Olson, Williams.

15h00 - Marie de Marcillac, –– Ulysse et nous : survivance d'un récit commun chez Jean François Lyotard et Michel Serres?

Discussion - pause

Présidence : Lionel Ruffel

15h.45 - Corine Benestroff, –– La communauté dans l'univers concentrationnaire : un facteur de résilience?

16h.15 - Céline Guillot, –– La vie qui commence sur terre après le dernier jour est seulement la vie humaine : Michaux et Agamben, l'homme quelconque.

Discussion

Catégories

Lieux

  • Université Paris 8, Département de littérature, salle D301
    Paris, France

Dates

  • vendredi 08 octobre 2010

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuel Alloa
    courriel : emmanuel [dot] alloa [at] unisg [dot] ch

Pour citer cette annonce

« La communauté à l'œuvre », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 15 octobre 2010, http://calenda.org/202103