AccueilLe « délit de judaïté ». Justice pénale et politiques antijuives en Europe, 1933-1945

Le « délit de judaïté ». Justice pénale et politiques antijuives en Europe, 1933-1945

The “Crime of Jewishness”. Criminal Justice and Anti-Jewish Policies in Europe, 1933-1945

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Publié le jeudi 14 octobre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Depuis les travaux de Raul Hilberg, les étapes, juridiques et criminelles, de la destruction des Juifs d’Europe sont bien connues des historiens. Cependant, le rôle plus complexe du droit pénal antisémite et de la répression judiciaire qui lui est associée a été très longtemps négligé par la recherche. S’inscrivant dans la dynamique historiographique actuelle, qui tend à mettre en valeur le rôle des instances étatiques et acteurs « ordinaires » dans le processus génocidaire, ce colloque aura pour ambition de dresser un premier état des lieux de la recherche internationale sur cette question, en insistant tout particulièrement sur la dimension comparative dans le but de faire émerger à la fois les spécificités locales et les logiques transversales adoptées sous l’influence du IIIe Reich ou par l’action même des autorités allemandes dans les pays occupés.

Annonce

Le « délit de judaïté » Justice pénale et politiques antijuives en Europe(1933-1945) 

Colloque international

Mémorial de Caen, 22-23 octobre 2010

Organisé par Laurent Joly, Virginie Sansico, Nikolaus Wachsmann

CRHQ-Caen, Université de Caen, Birkbeck University of London

Avec le soutien du CNRS, du Mémorial de Caen, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de l’Association Française pour l’Histoire de la Justice

Depuis les travaux de Raul Hilberg, les étapes de la destruction des Juifs d’Europe sont bien connues des historiens. Le rôle fondamental du droit comme base de l’ensemble des politiques antijuives a, en outre, été amplement souligné par de nombreuses études. Cependant, le rôle plus complexe du droit pénal antisémite – catégorie spécifique empruntant à la fois au droit commun et aux logiques de la répression politique –, et de la répression judiciaire qui lui est associée a été très longtemps négligé par la recherche.

S’inscrivant dans la dynamique historiographique actuelle, qui tend à mettre en valeur le rôle des instances étatiques et acteurs « ordinaires » dans la destruction des Juifs, ce colloque aura pour ambition de dresser un premier état des lieux de la recherche internationale sur cette question, en insistant tout particulièrement sur la dimension comparative, dans le but de faire émerger à la fois les spécificités locales et les logiques transversales adoptées sous l’influence du IIIe Reich ou par l’action même des autorités allemandes dans les pays occupés.

Vendredi 22 octobre 2010 

matinée 

9h30-9h45 : Accueil : Stéphane Grimaldi (directeur du Mémorial de Caen) ou Denis Peschanski (président du Conseil scientifique du Mémorial de Caen) 

9h45-10h05 : Introduction scientifique : Virginie Sansico 

I   L’invention du « juif criminel » : idéologie, doctrine, droit 

10h05-10h45 :

  • Du meurtre rituel au “Juif criminel” : Juifs et criminalité à Vienne au début du XXe siècle (Daniel M. Vyleta, University of Wisconsin)
  • Discours visuel et Juifs dans la presse allemande (1933-1948) (Michael Berkowitz, University College of London)

10h45-11h10 : discussion 

11h10-11h25 : pause 

11h25-12h05 :

  • Un « droit dégénéré » : les juristes nazis et la « déjudaïsation du droit » (Johann Chapoutot, Université Grenoble 2)
  • La répression des Juifs sous Vichy et sa résonance en droit pénal « ordinaire » : usurpations d’identité et police des étrangers (Pierre Truche, Premier président honoraire de la Cour de Cassation, AFHJ ; Virginie Sansico, CRHQ-CNRS)

12h05-12h30 : discussion 

12h30-14h15 : déjeuner

après-midi 

II   La « criminalisation » des Juifs dans les législations européennes 

14h15-15h15 : Répression judiciaire contre les Juifs et logiques nationales

  • La répression judiciaire de la criminalité juive et de la criminalité non juive sous le IIIe Reich (Eric A. Johnson, Central Michigan University)
  • Le « juif criminel » et l’« homme nouveau fasciste ». Jeu de miroirs dans la législation antijuive italienne (1938-1945) (Silvia Falconieri, Université de Naples)
  • Pénalisation et processus de légitimation du droit antisémite : l’exemple du statut des juifs français du 2 juin 1941 (Laurent Joly, CRHQ-CNRS)

15h15-15h45 : discussion 

15h45-16h : pause 

16h-17h : Des infractions et des champs d’intervention multiples

  • Le crime de « souillure de la race » : la question de l’honneur et l’image de la judéité devant les tribunaux du IIIe Reich (1935-1945) (Alexandra Przyrembel, University of Göttingen)
  • Les tribunaux allemands et polonais et les Juifs dans la Varsovie occupée : le cas des « personnes sortant du Ghetto dans le brassard juif » (Jan Grabowski, University of Ottawa)
  • « Il giudeo criminale ». La répression judiciaire contre les Juifs étrangers en Italie (Valeria Galimi, University of Siena)

17h-17h30 : discussion 

Samedi 23 octobre 2010 

matinée 

III   Mécanismes et acteurs de la répression pénale antijuive 

L’attitude des professions judiciaires

9h45-10h45 :

  • La Justice comme précurseur de l’exploitation financière et économique de la minorité juive dans le IIIe Reich (Christiane Schoenmakers, University of Oldenburg)
  • Les juges italiens et la législation antisémite (Giuseppe Speciale, University of Catania)
  • Les Juifs et les magistrats : le rôle du pouvoir judiciaire dans la politique antijuive aux Pays-Bas (1940-1945) (Geraldien Von Frijtag, University of Utrecht)

10h45-11h15 : discussion 

11h15-11h30 : pause 

11h30-12h10 : Justice « ordinaire » ou justice « politique » ?

  • Le rôle de la Justice dans l’application de la législation antisémite. Le cas du tribunal correctionnel de Grenoble (Tal Bruttmann, EHESS)
  • La Justice face au « délinquant » juif. L’exemple des tribunaux lyonnais (Virginie Sansico, CRHQ-CNRS)

12h10-12h35 : discussion 

12h35-14h : déjeuner 

après-midi 

IV   La justice au temps de la « solution finale » : répression pénale et politiques d’extermination 

14h-15h :

  • Les juristes fonctionnaires et la « solution finale ». Le secrétaire d'État au ministère de l’Intérieur Wilhelm Stuckart et son rôle dans la préparation « légale » du génocide (Hans-Christian Jasch, Memorial House of the Wannsee conference in Berlin)
  • Justice pénale et persécution des Juifs dans la Pologne occupée (Maximilian Becker, Max-Planck-Institute for European Legal History)
  • La justice pénale et la mise en œuvre de l’extermination à Llov-Lemberg (1941-1942) (Ulrich Frisse, University of Western Ontario)

15h-15h30 : discussion 

15h30-15h45 : pause 

15h45-16h45 : Table ronde finale

De la criminalisation des Juifs à la Solution finale :  état des lieux et perspectives historiographiques

Animée par Nikolaus Wachsmann (Birkbeck University of London)

Avec Michael Berkowitz (University College of London), Denis Salas (magistrat, professeur à l’École nationale de la Magistrature, secrétaire général de l’Association française pour l’histoire de la Justice), Eric A. Johnson, Danièle Lochak (Université Paris X), etc.

Catégories

Lieux

  • Mémorial de Caen, Esplanade de la Paix
    Caen, France

Dates

  • vendredi 22 octobre 2010
  • samedi 23 octobre 2010

Mots-clés

  • justice, Juifs, droit pénal, IIIe Reich, Europe

Contacts

  • Laurent Joly
    courriel : laurentjoly1 [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurent Joly
    courriel : laurentjoly1 [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le « délit de judaïté ». Justice pénale et politiques antijuives en Europe, 1933-1945 », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 14 octobre 2010, http://calenda.org/202105