AccueilArchéologie et patrimoine industriels : l’espace gardois et ses marges du temps de Colbert aux années 1970

Archéologie et patrimoine industriels : l’espace gardois et ses marges du temps de Colbert aux années 1970

Archaeolgoy and Industrial Legacy: the Gard Region and its Fringes from the Age of Colbert to the 1970s

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Publié le vendredi 15 octobre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Que reste-t-il du passé industriel gardois moderne et contemporain dans le paysage ? De quoi témoigne-t-il ? Comment lui donner ou redonner vie ? Tels sont les grands axes que ce colloque se propose d'explorer en croisant les champs disciplinaires et les méthodes d'approche.

Annonce

Colloque est organisé par la Société d'Histoire Moderne et Contemporaine de Nîmes et du Gard

État des lieux

Selon des modalités variables, tout un pan de notre histoire – celui de la société industrielle – s’efface sous nos yeux. Imaginons ce que pourrait-être la réaction d’un Prosper Mérimée invité à dresser un état des lieux pour cet objet : parlerait-il de « champ de ruines » ?
Le Languedoc oriental, et partant le Gard, possède un riche passé industriel remontant à l’Ancien Régime ; le textile, les industries extractives, la métallurgie, la chimie, ou encore la verrerie, la céramique, l’agroalimentaire y figurent en bonne place – la liste n’est pas exhaustive – et ils ont imprimé leur marque, les mondes du travail aidant, dans le paysage.
Amorcée avant les années 1970, la désindustrialisation a connu alors une accélération et, avec elle, la prise de conscience que nous risquions, si nous n’y prenions garde, d’assister à la disparition des traces encore visibles de ce passé et, avec elles, à celle de leurs protagonistes.
Pour y obvier, l’archéologie industrielle en Angleterre d’abord, et l’adjonction des lieux de production et de distribution des biens industriels, préalablement inventoriés, au patrimoine de la France, ont apporté et apportent leur concours. Mérimée pourrait désormais disposer d’un outil facilitant sa tâche.

Partis pris

Partir des lieux, de l’espace, en tant que sources d’histoire, en ce qu’ils permettent, entre autres centres d’intérêt, la connaissance des mondes du travail, des aspects techniques, des rapports sociaux, nous a semblé primordial. Les vestiges, monumentaux ou non, sont des occasions de réflexion, et l’archéologie industrielle, véritable plateforme pluridisciplinaire, permet la confrontation des points de vue et de sources variées : textes (règlements d’usine ; textes littéraires ; récits de voyages ; articles de presse ; chansons…), images (cartes ; plans ; dessins ; photographies ; cartes postales ; affiches ; publicités ; films…) ; produits ; souvenirs recueillis oralement, sont convoqués afin d’aider à la compréhension des traces matérielles dans le paysage.
Présents en milieu urbain et rural, concentrés ou disséminés, plus ou moins détectables, les lieux de production d’énergie et de biens, d’entrepôt, de circulation, les lieux sociaux dans l’acception la plus large (habitat ouvrier et patronal, services médicaux et culturels…), isolés ou fonctionnant en réseau au sein de filières techniques, toutes ces traces matérielles du passé industriel peuvent être étudiées selon des critères spatiaux, sectoriels, temporels.
Si les deux processus d’industrialisation courant sur les XIXe et XXe siècles sont essentiels , nous n’aurions garde de négliger la proto-industrie et les manufactures ; le choix du « temps de Colbert », retenu de prime abord n’exclut pas, au besoin, de prendre appui sur des réalisations antérieures dont la présence sous nos yeux demeure particulièrement exemplaire.
En sus des recherches de type universitaire, sollicitées en premier lieu, nous faisons appel à tout ce qui relève de l’ingénierie culturelle (Archives ; Musées ; Bibliothèques…) et contribue à inventorier, collectionner, conserver, restaurer, valoriser, rendre accessible au public le passé industriel dans l’aire retenue. Nous entendons aussi faire une place aux milieux associatifs œuvrant pour conserver la mémoire d’un passé plus ou moins récent ainsi qu’à la dimension pédagogique se rapportant à cette question. Une approche comparative avec ce qui existe dans les domaines de l’archéologie et du patrimoine industriels dans les régions limitrophes du Gard et du Languedoc-Roussillon devrait faire l’objet d’une session du colloque.

Perspectives/Objectifs

Redonner ou donner de la lisibilité aux lieux et aux hommes qui ont façonné la société industrielle dans ses diverses composantes et, partant, aller au-delà – dans le meilleurs des cas – de l’émerveillement devant un cadre bâti, des machines, et reconstituer les processus productifs et distributifs, ainsi que les réseaux d’insertion des mondes du travail dans leurs aspects techniques, humains, sociaux.
Apporter une contribution aux débats sur la sauvegarde des traces du passé industriel dans le Languedoc oriental en attirant l’attention sur la force pluridimensionnelle des lieux dont l’étude raisonnée, à partir des vestiges observables, peut aider à la compréhension des changements technologiques, sociaux, environnementaux, et contribuer, en cela, au renforcement des identités des populations concernées, à l’intégration de celles nouvellement arrivées, et au développement d’un tourisme culturel de qualité associant les lieux de travail à ceux d’ores et déjà reconnus (palais, châteaux, lieux de culte…)
Articulation entre mémoire et patrimoine, l’histoire, avec le concours des autres sciences humaines, remplit ainsi sa mission d’interpréter et d’actualiser le passé pour en transmettre l’essentiel aux générations futures.

Soumission

Il faut soumettre les propositions à la SHMCNG, soit à shmcng@gmail.com ou à notre adresse postale : SHMCNG / Archives départementales du Gard / 20 rue des Chassaintes / 30000 Nîmes.

Avant le 15 septembre 2012

Conseil scientifique :

  • Raymond Huard, professeur honoraire UPV Montpellier III
  • Nicolas Marty université Via Domitia, Perpignan
  • Robert Chamboredon professeur de lettre supérieur Lycée A. Daudet de Nîmes
  • Jean Pey, attaché de conservation, ville de Nîmes, François Pugnière président de la SHMCNG.

Lieux

  • Lycée Alphonse Daudet, bd V. Hugo
    Nîmes, France

Dates

  • samedi 15 septembre 2012

Mots-clés

  • archéologie, industrielle, patrimoine, Nîmes, Gard

Contacts

  • Robert Chamboredon
    courriel : r [dot] chamboredon [at] caramail [dot] com

Source de l'information

  • Robert Chamboredon
    courriel : r [dot] chamboredon [at] caramail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Archéologie et patrimoine industriels : l’espace gardois et ses marges du temps de Colbert aux années 1970 », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 15 octobre 2010, http://calenda.org/202111