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Les historiographies d'ailleurs

Historiographies of the World

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Publié le jeudi 14 octobre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Dans le cadre de son projet de recherche sur les historiographies d'ailleurs, et en partenariat avec le laboratoire du SEDET de l'université de Paris 7, le laboratoire HSTM de l'INALCO organise un cycle de onze conférences entre octobre 2010 et mai 2011. Chacune de ces conférences évoquera les écritures de l'histoire et le métier d'historien tels qu'ils sont pratiqués en dehors du monde occidental. Il sera ainsi tour à tour question des historiographies d'Afrique, d'Amérique et d'Asie.

Annonce

HISTORIOGRAPHIES D'AILLEURS:  Cycle de conférences 2010-2011

A) Le projet des Historiographies d'ailleurs

B) Le calendrier des conférences SEDET/HSTM

C) L'accès aux centres & salles de conférences 

A) Le projet des « Historiographies d’ailleurs »

 L’histoire : une discipline universelle ? L’honnête homme qui chercherait une définition de cette branche des sciences humaines dans les divers dictionnaires de langue en usage dans le monde serait tenté de le penser. Voici par exemple ce qu’il trouverait aux entrées « histoire » du Kôjien, l’équivalent japonais de notre Robert national : 

Rekishi-gaku : Science (gaku) qui a pour objet d’étude l’histoire (rekishi). ‑ Science des études historiques.

Rekishi :        1. Changements et évolutions qui se produisent dans le passé des sociétés humaines. – Leur relation écrite. 2. Origines des faits présents. 

Rien de plus « classique », en effet, que cette définition japonaise de l’histoire, dont on trouvera facilement des variantes dans d’autres dictionnaires du monde, au Brésil ou en Russie. Et pourtant, au Japon, comme ailleurs, cette manière de définir l’histoire comme une « science » du passé dégagée de toute visée morale, religieuse ou politique peut être légitimement considérée comme l’un des nombreux effets du processus de « modernisation »-occidentalisation engagé dans toutes les parties du monde depuis le XIXe siècle. De fait, cette discipline, ses notions, ses interrogations, ses méthodes, ses « sciences auxiliaires » et sa division du travail ont été alors exportées par l’Occident dans le monde entier ‑ au moment même d’ailleurs où elles étaient en train d’être élaborées par d’éminentes figures (des Jules Michelet ou des Léopold Ranke) et par des érudits et des universitaires plus ou moins anonymes.

Ce constat sur l’histoire mondiale de l’histoire ne signifie nullement que les pays qui ont importé cette discipline étaient dépourvus de traditions historiographiques. En Chine, les Mémoires historiques de Sima Qian (v. 145 – 86 av. J.-C.) ont été rédigés deux mille ans avant les attaques portées à l’empire par les impérialismes européens ; les Aztèques n’ont pas attendu les Conquistadors pour élaborer leurs codex ; l’Islam a enfanté il y a six cents ans un Ibn Khaldun (1332-1406) et sa Chronique universelle ; même les sociétés ou les communautés sans écriture ont relaté à leur manière leur histoire ou celle du monde, par des chants ou des récits oraux. Aussi, nulle part l’histoire de type occidental ne s’est imposée dans des territoires historiographiquement vierges. En outre, le rapport de force engagé depuis le XIXe siècle entre les diverses parties du monde a également suscité chez les peuples colonisés, semi-colonisés ou ayant acquis leur indépendance des discours historiques originaux – comme le montrent les réflexions de ces peuples d’Inde, d’Amérique ou d’ailleurs sur le phénomène des impérialismes et sur leur propre histoire.

C’est ainsi que de nos jours, en dehors de l’Occident, le métier de l’historien est devenu une sorte de pratique « métisse », qui répond à des exigences disciplinaires générales, c’est-à-dire communément admises par les professionnels de l’histoire, mais qui est aussi alimentée par des visions, des préoccupations, des savoirs-faire et des conditions politiques spécifiques aux pays dans lesquels ce métier s’exerce.

Notre projet collectif consiste à penser la diversité de ces historiographies qui s’inspirent de modèles occidentaux tout en obéissant à leurs propres logiques. Notre réflexion se déclinera en une série de questionnements : comment et à quel rythme la science de l’histoire s’est-elle imposée comme norme hors de l’Occident ? Quelles réactions ont provoqué les modèles historiographiques (méthodes et théories) exportés ? Peut-on opérer une typologie mondiale des différents types de pratiques et de discours historiques ? Quel est le quotidien du métier de l’historien en Egypte, en Chine, au Mexique, en Afrique du Sud ou en Russie ? Comment se fait aujourd’hui l’histoire des sociétés sans écriture ? Quels sont à l’échelle mondiale les avenirs qui sont en train de se dessiner pour la science de l’histoire ? Et, comment l’histoire occidentale elle-même considère-t-elle les histoires et les historiographies d’ailleurs ?

Bref, que sont les écritures de l’histoire lorsqu’elles s’échappent volontairement ou involontairement des sillons tracés par l’historiographie occidentale née au XIXe siècle, que disent-elles de leur modèle original, et quelles peuvent-être éventuellement leurs effets de retour sur ce modèle ?

Pour répondre à ces questions, nous retenons quatre axes de réflexion, distincts mais parfaitement complémentaires. Le premier axe sur « le goût de l’archive » permet de donner un cadre strict à notre projet : les sources restant en principe au centre de l’histoire, il faut considérer le traitement qui en est fait pour être en mesure d’analyser le mode de production et le contenu des divers discours de type historiographique produits dans le monde. Le deuxième axe pose la question du rôle des Etats du monde dans le développement ou le non développement de la science historique Une troisième piste de réflexion concerne les grandes figures et les écoles historiques d’ailleurs : ici, il s’agit de recenser et de décrire les hommes et les œuvres des historiographies hors de l’espace occidental, tels qu’ils sont objectivement et tels qu’ils sont considérés ailleurs, en évitant de les mesurer à l’aune d’un des modèles dominants (par exemple la « Nouvelle Histoire » à la française) ; dans cette optique nous nous ferons les simples ambassadeurs de ces histoires différentes, dans une volonté de laisser parler l’Autre dans une discipline où nous autres Occidentaux avons déjà tant pris la parole. Enfin, notre projet concerne également une question davantage liée à l’actualité des sciences humaines hexagonales, celle des effets des situations coloniales et post-coloniales dans le développement des historiographies des pays dominés.

 Nathalie Kouamé, Inalco-Hstm, responsable du projet

b) Calendrier des conférences SEDET/HSTM 2010-2011 

 !!! Les conférences se tiendront dans des centres différents selon les intervenants !!! 

Jeudi 7 octobre 2010

  • de 17 h 15 à 19 h 00, au Centre Dauphine de l’Inalco, Salle A 302, « Afrique : Au Sud du Sahara », par Catherine Coquery-Vidrovitch

Jeudi 25 novembre 2010

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Laboratoire du Sedet, Salle Jean Dresch, « Chine : Histoire et politique, Lectures et relectures de la Seconde Guerre mondiale en RPC », par Françoise Kreissler

Jeudi 2 décembre 2010

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Laboratoire du Sedet, Salle Jean Dresch, « Inde : De l’historiographie coloniale à l’historiographie nationaliste, 1817-1946  », par Eric Meyer

Jeudi 16 décembre 2010

  • de 17 h 15 à 19 h 00, au Centre Dauphine de l’Inalco, Salle A 302, « Madagascar : De Raombana à Omaly sy Anio, Un siècle et demi d’historiographie malgache, années 1850-1980 », par Didier Nativel

Jeudi 13 janvier 2011

  • de 17 h 15 à 19 h 00, au Centre Dauphine de l’Inalco, Salle A 302, « Amérique latine : Ordre corporatif, ethnicité et nation comme objets historiographiques, Le débat sur les indépendances hispano-américaines », par Zacarias Moutoukias

Jeudi 10 février 2011

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Centre Dauphine de l’Inalco, Salle * (cf. ci-dessous), « Asie du Sud-Est : Sens et écritures de l’histoire en pays de bouddhisme theravâda », par Alain Forest

Jeudi 3 mars 2011

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Centre Dauphine de l’Inalco, Salle * (cf. ci-dessous), « Afrique de l’Ouest : Eléments d’histoire totale et mixte historiographique en situation coloniale », par Marie-Albane de Suremain

Jeudi 17 mars 2011

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Laboratoire du Sedet, Salle Jean Dresch, « Inde : Historiographie de la période précoloniale, Etude critique des sources  », par Harit Joshi

Jeudi 24 mars 2011

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Laboratoire du Sedet, Salle Jean Dresch, « Empire ottoman : L’évolution de l’historiographie ottomane », par Faruk Bilici

Jeudi 7 avril 2011

  • de 17 h 00 à 19 h 00, au Centre Dauphine de l’Inalco, Salle * (cf. ci-dessous), « Maghreb : Le conflit historiographique franco-maghrébin au temps des Indépendances », par Omar Carlier

Mercredi 18 mai 2011,

  • de 14 h 00 à 17 h 00, au Laboratoire du Sedet, Salle * (cf. ci-dessous), « Chine et Japon : Un goût particulier de l’archive, XIXe – XXIe s. », par Vincent Goossaert & Nathalie Kouamé

* Pour connaître le numéro des salles attribuées pour le second semestre aux conférences de Dauphine ou du Sedet, voir site www.inalco.fr/recherche

 C) Accès aux centres & salles de conférences

 Localisation du Sedet

 Adresse :    Immeuble Montréal, 2e étage*
59, Rue Nationale,
75013 Paris

Métro :        Olympiades (Ligne n°14)

Autobus :    n°62, n°64, n°83 

* La salle Jean Dresch se trouve au 2e étage de l’immeuble Montréal.  

 Localisation du Centre Dauphine de l’Inalco

 Adresse :     Université de Dauphine**

                    Place du Maréchal de Lattre de Tassigny, 75016 Paris

Métro :        Porte Dauphine (Ligne n°2)

RER :            Rer C, Avenue Foch

Autobus :    PC, Avenue Foch 

** La salle A 302 se trouve au 3e étage de la nouvelle aile du bâtiment. 

** Pour connaître le numéro des salles attribuées pour le second semestre aux conférences de Dauphine, voir www. inalco.fr/recherche

Lieux

  • INALCO- Centre DAUPHINE & Laboratoire du SEDET
    Paris, France

Dates

  • jeudi 25 novembre 2010
  • jeudi 02 décembre 2010
  • jeudi 16 décembre 2010
  • jeudi 13 janvier 2011
  • jeudi 10 février 2011
  • jeudi 03 mars 2011
  • jeudi 17 mars 2011
  • jeudi 24 mars 2011
  • jeudi 07 avril 2011
  • mercredi 18 mai 2011

Mots-clés

  • histoire, historiographie, Asie, Afrique, Amériques

Contacts

  • Nathalie Kouamé
    courriel : nakouame [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nathalie Kouamé
    courriel : nakouame [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les historiographies d'ailleurs », Cycle de conférences, Calenda, Publié le jeudi 14 octobre 2010, http://calenda.org/202113