AccueilL’historiographie française de l’art, de l’affaire Dreyfus à la IVe République : nouvelles perspectives

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Publié le vendredi 15 octobre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Colloque international, Paris, INHA, salle Vasari, 21, 22 et 23 novembre 2011. Date limite pour déposer une proposition de communication : 15 janvier 2011. La proposition de communication devra se limiter à une page. Elle sera accompagnée d’un court CV et d’une bibliographie sélective. Merci d’adresser vos propositions par courriel à : Anne Lafont anne.lafont@inha.fr et Michela Passini michela.passini@inha.fr.

Annonce

Colloque international, Paris, INHA, salle Vasari, 21, 22 et 23 novembre 2011

Organisateurs :

  • Anne Lafont (INHA),
  • Neil McWilliam (Duke University),
  • Eric Michaud (EHESS),
  • Michela Passini (INHA).

Comité scientifique :

  • Kathryn L. Brush (University of Western Ontario),
  • Rossella Froissart (Université de Provence Aix-Marseille 1),
  • Hubertus Kohle (Université de Munich),
  • Anne Lafont (INHA),
  • Michel Leymarie (Université de Lille 3),
  • Neil McWilliam (Duke University),
  • Eric Michaud (EHESS),
  • Michela Passini (INHA).

L’axe histoire de l’histoire de l’art de l’INHA, en collaboration avec Neil McWilliam et Eric Michaud, a entamé en 2007 un programme de recherches sur les enjeux nationaux dans les discours sur l’art en France, durant le premier XXe siècle. A ce titre, deux journées d’études ont été organisées : la première (en novembre 2008) a traité de la question nationale dans l’historiographie belge, britannique, italienne, russe, slovaque, roumaine et allemande. La seconde (en novembre 2009) a rendu compte de la perception de l’art français à l’étranger en étudiant, entre autres, sa réception dans les revues espagnoles et italiennes, l’organisation d’expositions d’art français en Pologne et en Suède ou bien encore l’impact de la traduction d’ouvrages d’historiens de l’art français comme L’art du XVIIIe siècle des frères Goncourt, qui parut en allemand en 1921.

D’entrée, il nous avait semblé opportun d’entamer ce programme sur l’historiographie des arts visuels et la question nationale sur un plan européen, donnant ainsi plus de relief à la situation française. Nous souhaitons à présent poursuivre ce travail sur les enjeux nationaux par un colloque international consacré cette fois au discours proprement hexagonal sur l’art. Autrement dit, il nous semble indispensable de confronter ce qui semble être le motif  idéologique dominant dans la littérature artistique de la Troisième République - le nationalisme - aux autres enjeux intellectuels, culturels, idéologiques ou politiques travaillant l’histoire de l’art de cette période. Réunir, autour de ce demi-siècle, des chercheurs s’interrogeant sur les fondements explicites ou implicites de notre discipline devrait s’avérer d’autant plus fructueux que cette époque est précisément celle d’une consolidation de l’histoire de l’art. Celle-ci se professionnalise, élabore de nouvelles méthodes, se forge un outillage et redéfinit des domaines de recherche tandis que, progressivement, les musées, l’université, mais aussi le marché de l’art s’affirment comme les lieux de production privilégiés de ces discours et de ces savoirs sur l’art.

Sans être – loin s’en faut – définitifs et prescripteurs, deux axes principaux se dessinent :

Les historiens de l’art : activités, profils, réseaux. Durant cette période, la figure de l’historien de l’art recouvre une grande variété de profils socio-professionnels : conservateurs de musée et professeurs des universités sont majoritaires, d’autant que certains d’entre eux cumulent ces deux fonctions ou les occupent successivement, à l’instar de Charles Diehl ou d’Henry Lemonnier. Toutefois, artistes, collectionneurs – Stanislas Lami et Etienne Moreau-Nélaton émargeant dans ces deux catégories –, bibliothécaires (Jean Laran), hauts fonctionnaires (Armand Dayot), hommes politiquement engagés (Louis Dimier mais aussi Jean Locquin et Ferdinand Engerand), médecins ou philosophes (Elie Faure et Gabriel Séailles) ou encore critiques d’art comme Charles Saunier, s’engagent dans l’écriture de l’histoire de l’art et tirent de leur double activité des bénéfices particuliers et des schémas de pensée spécifiques, dont nous aimerions que le colloque se fasse l’écho. De même, il conviendrait de s’interroger sur la place des femmes dans l’histoire de la discipline. Contrairement à l’Italie et à l’Angleterre, peu d’historiennes de l’art françaises sont repérables en dehors de quelques professionnelles des musées comme Agnès Humbert, Denise Jalabert et Marie-Louise Bataille, et des épouses et collaboratrices d’hommes restés célèbres, à l’instar de Gabrielle Rosenthal et Galienne Francastel. 

La diversification méthodologique. Les grands courants de pensée qui ont animé l’histoire de l’art germanophone puis, à partir des années trente - nombre de ses écrivains étant en exil en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis – l’histoire de l’art anglo-saxonne, sont désormais relativement connus.  Mais que sait-on de la complexité et de la diversité des discours d’un formalisme à la manière de Focillon, en regard de celui de  Sedlmayr par exemple ? Existe-t-il une étude comparant l’iconographie chrétienne d’un Emile Mâle à celles développées par d’autres à la même époque ? On sait que Burckhardt et Müntz eurent pour ambition, à la fin du XIXe siècle, d’écrire une histoire de l’art comme histoire de la civilisation ; or la période suivante est celle des premières tentatives (Léon Rosenthal et Jacques Mesnil) d’écrire une histoire « sociale » de l’art qui ne serait pas d’inspiration marxiste : les travaux menés sur l’un ou l’autre de ces penseurs seraient utilement mis à profit pour interroger, dans le champ français, la pluralité et la confrontation des approches. Si les individus incarnent parfois des méthodes, les « notions » témoignent généralement des intérêts d’une époque pour certains aspects de l’art : que revêt par exemple, dans la littérature artistique de l’entre-deux-guerres, la notion de style (devenue centrale à la discipline depuis Les principes fondamentaux de l’histoire de l’art de Wölfflin, publiés en allemand en 1915) ? Enfin, on pourra s’interroger sur les conséquences de l’abandon progressif de l’esthétique normative ou de l’intérêt croissant pour l’art des sociétés « primitives » : quels croisements entre l’histoire de l’art et les disciplines connexes, telle l’ethnographie ?

Ces quelques exemples s’attachent à montrer l’étendue des thèmes possibles, mais ne sont en aucun cas exclusifs : nous attendons des propositions de communication qu’elles révèlent d’autres pistes, inattendues et stimulantes, dans le cadre de cette rencontre internationale sur les discours artistiques en France dans la première partie du XXe siècle.

La proposition de communication devra se limiter à une page. Elle sera accompagnée d’un court CV et d’une bibliographie sélective.

Merci d’adresser vos propositions par courriel à : Anne Lafont anne.lafont@inha.fr et Michela Passini michela.passini@inha.fr.

Date limite pour déposer une proposition de communication : 15 janvier 2011. 

Le comité scientifique examinera les propositions et communiquera les résultats de sa sélection courant février 2011.

Lieux

  • 2 rue Vivienne (INHA)
    Paris, France

Dates

  • samedi 15 janvier 2011

Contacts

  • Michela Passini
    courriel : michela [dot] passini [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Michela Passini
    courriel : michela [dot] passini [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L’historiographie française de l’art, de l’affaire Dreyfus à la IVe République : nouvelles perspectives », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 15 octobre 2010, http://calenda.org/202137