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Transformations des identités et des liens sociaux en Méditerranée

Transformations of Identitites and Social Relationships in the Mediterranean.

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Publié le vendredi 22 octobre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Numéro spécial de la revue Sociétés sur le thème : « Transformations des identités et des liens sociaux en Méditerranée ».

Annonce

Numéro spécial de la revue Sociétés sur le thème :

Transformations des identités et des liens sociaux en Méditerranée

Appel à contributions

Penser la Méditerranée sous l’angle du processus des constructions identitaires et des nouvelles formes de liens sociaux, nous situe d’emblée dans une perspective interdisciplinaire sensible au caractère complexe qui a toujours caractérisé cet espace de contacts humains. Dans une époque de plus en plus marquée par des vicissitudes socioéconomiques, politiques et culturelles, le bassin méditerranéen se voit protagoniste de conflits sociaux et de nouvelles agrégations multiformes affectant le sentiment d’appartenance et d’identité. Cette situation nécessite une attention particulière à des problématiques actuelles profondément ancrées dans une histoire riche et mouvementée. De telles problématiques aussi variées que les négociations et les stratégies identitaires, la dignité de la personne humaine, la citoyenneté, la tolérance, le rapport à l’autre (l’altérité), la culture de l’accueil, etc. sont autant d’objets de discours et de débats placés au centre de la scène politique, mais aussi scientifique.

Ce choix d’une question de nature géostratégique est loin d’être arbitraire. En effet, elle est placée au cœur du débat politique, économique, culturel et social face aux incertitudes provoquées par la mondialisation et la globalisation. Comment la problématique des stratégies identitaires en Méditerranée sera-t-elle appréhendée dans une perspective socio-anthropologique sensible aux transformations actuelles qui traversent les sociétés contemporaines ? Et dans cette perspective existe-t-il des stratégies identitaires spécifiques aux deux rives de la Méditerranée qui s’incluraient comme sous-ensembles d’une identité méditerranéenne complexe ?

Pour analyser une telle problématique dans sa complexité, il sera important, nous semble-t-il, de mettre l’accent sur les aspects suivants :

  1. La Méditerranée nous offre un terrain d’observation exemplaire pour montrer comment le processus de constructions identitaires s’exprime aujourd’hui à travers l’imbrication de trois composantes fondamentales : les mobilités spatiales (la migration, le tourisme, les études, les affaires, etc.), les réseaux sociaux (professionnels, scientifiques, souterrains ou informels, associatifs, ethniques, etc.) et les nouvelles formes de liens sociaux (les forums de discussion, les blogs, les rencontres et les communautés virtuelles, etc.).
  2. L’aire méditerranéenne se présente comme une « trame identificatoire », en quelque sorte, composée d’une panoplie de groupes d’appartenance (auxquels correspond une identité imposée ou héritée) et de groupes de référence (permettant de forger une identité visée) qui favorisent la construction d’une identité du choix. Ce sont les groupes de référence qui permettent à l’individu de revenir sur son identité imposée avec une attitude réflexive.
  3. La notion d’identité, dans la perspective qu’on propose, n’est ni assignée, ni subite ; elle est le produit d’un travail réflexif sur soi, sur les autres et sur le monde. Autrement dit, il s’agit de rendre compte d’une identité négociée qui reflète la transversalité que l’on observe dans la multiplicité des adhésions, dans l’imbrication des diverses formes d’appartenance et dans la complexité des liens sociaux. Dans cette optique, il importe de saisir la logique d’identification (M. Maffesoli) à l’œuvre qui traduit une identité plurielle, multiple et éclatée. 

En somme, la réflexion sur les stratégies identitaires dans le pourtour méditerranéen est une manière de traiter ce qui est convenu d’appeler « identité » dans sa concrétude, c’est-à-dire telle qu’elle est construite et telle qu’elle est perçue par les différents acteurs sociaux concernés.

Comment peut-on appréhender la question identitaire sur le pourtour méditerranéen en tenant compte de son ancrage historique et spatial ? Quel rôle joue la diversité culturelle au niveau des négociations identitaires et des représentations de soi et de l’autre ? Est-il encore possible de faire l’économie de la révolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication au niveau de l’appréhension des rapports sociaux ?

Afin de réfléchir sur ces différentes questions et pour essayer d’apporter un éclairage scientifique et interdisciplinaire aux problématiques actuelles posées à l’échelle méditerranéenne, nous proposons les axes thématiques suivants

1. Réseaux sociaux et revendications identitaires méditerranéens

Il n’est plus à prouver que notre époque est celle des grands ensembles géopolitiques et économiques. A cet effet, il est plus que nécessaire que les pays méditerranéens assument la « communauté de destin » (M. Maffesoli) qu’ils partagent et revendiquent leur identité à la fois commune et plurielle, à la fois locale, sociétale et régionale (par exemple maghrébine et/ou méditerranéenne). La multiplication des groupements et des réseaux locaux et régionaux, de nature et d’ampleur diverses, n’est autre que l’expression d’un imaginaire partagé, structuré autour d’un territoire commun et de référents historiques et culturels qui lui sont concomitants.

Qu’il s’agisse de micro-réseaux (localisés ou élargis) formés de sous-groupes liés sur la base d’appartenances professionnelles, religieuses, ethniques, sexuelles, de voisinage, etc. et d’affinités artistiques, scientifiques et culturelles, etc., ou de macro-réseaux politiques et économiques, ou encore de réseaux qu’on pourrait qualifier de « souterrains », constitués autour d’intérêts divers (en rapport avec la religion, la politique, la migration, l’échange de biens divers, etc.), il est intéressant de s’interroger sur le rôle de ces entités sociales multiformes au niveau de la mobilité spatiale des individus et des groupes, avec tout ce que cela implique sur le plan symbolique et des représentations. Dans quelle mesure peut-on appréhender ces différents réseaux dans leur complexité (qui expriment à la fois des rapports de force et des conflits d’intérêts, mais aussi des alliances, des affinités et des solidarités) ?

2. Echanges et négociations interculturels en Méditerranée

A une époque marquée par le processus de globalisation et de mondialisation, il est plus que jamais nécessaire de repenser et de réactualiser les notions d’« interculturalité » et de « relativité culturelle » en sciences sociales tout en réfléchissant aujourd’hui sur ce que serait une « nouvelle méditerranéité ». En effet, le bassin méditerranéen se présente comme un espace géographique fondé sur un système socioculturel « métabolisant » (E. Morin), c’est-à-dire favorisant les emprunts et les échanges entre les individus, les groupes et les sociétés qui le composent. La circulation matérielle ou virtuelle des individus et des groupes engendrant des emprunts en matière de pratiques culinaires, de modes vestimentaires et d’arts populaires, les métissages linguistiques (J. Dakhlia), etc. constituent autant d’exemples probants qui montrent que la Méditerranée est polyculturelle (E. Morin). Chaque culture est traversée par des courants antagonistes, mais aussi des éléments d’affinité, d’alliance et de reliance. C’est cela même qui fait de l’espace méditerranéen un « lieu hybride » (M. Marengo), en quelque sorte, fortement modulé par « des cultures de syncrétisme et de métissage ». Tantôt caractérisée par la culture de la tolérance et du respect de l’autre, tantôt marquée par des stéréotypes de la peur de la différence et des attitudes de repli communautaire, donnant lieu à des affrontements, des combats et des conflits, la Méditerranée a connu, à travers l’histoire, des moments de fluctuations entre l’impulsion et l’expulsion, voire la négation de l’autre ; entre la paix et la guerre. En ce sens, la Méditerranée peut-être définie « comme un bassin maritime dans lequel se succèdent des périodes de rapprochement et d’éloignement des rives » (F. Deprest). Ces situations contradictoires ont favorisé des contacts culturels ancrés dans le terreau d’une profondeur historique qui ont façonné le paysage méditerranéen contemporain qu’il faut appréhender dans sa complexité.

A ce propos, il n’est pas sans intérêt de préciser que les notions de contacts et d’échanges culturels qui nous permettent de saisir les diverses formes de liens sociaux dans le bassin méditerranéens renvoient à « un système de communication sociale et de médiation symbolique des rapports sociaux » (P.-N. Denieuil). De manière générale, la notion de « culture » employée dans le cadre d’une perspective théorique et méthodologique (à caractère socio anthropologique) qui est la nôtre, se présente comme un ensemble de pratiques et de représentations sociales organisées en ordre symbolique qui structure et donne sens au monde dans une configuration singulière, distinctive d’un groupe social dans une époque bien déterminée.

Comment les Méditerranéens (s’ils s’identifient comme tels) prennent-ils conscience des fondements culturels qui leur permettent de se relier par-delà leurs différences ? Dans quelle mesure les échanges culturels sur l’aire méditerranéenne font-ils face au processus de mondialisation et de globalisation en cours ? De quelles manières et par quels mécanismes les individus et les sociétés dans le pourtour méditerranéen parviennent-ils à articuler la complexité des relations à l´autre et la capacité à assumer leur « communauté de destin » foncièrement imposée par leur positionnement spatial et géographique ? 

Sihem NAJAR

Chercheure à l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) 

Les résumés des articles doivent être envoyés au plus tard le 31 octobre 2010.

Les articles retenus doivent être soumis au plus tard le 28 février 2011 et ils doivent être accompagnés d`un résumé (d’environ 2000-2500 signes espaces compris) et 5 mots-clés, rédigés en français et en anglais, ainsi que des noms, affiliations, et adresses e-mail de tous les auteurs. Les articles doivent être adressés à :  

sihem.najar@irmcmaghreb.org 

et à aurelien.fouillet@ceaq-sorbonne.org 

Pour les textes se conformer aux recommandations aux auteurs consultables sur le site de la revue : www.ceaq-sorbonne.org 

Les auteurs des articles acceptés seront avisés par e-mail. La revue sera publiée en juin 2011.

Catégories

Dates

  • dimanche 31 octobre 2010
  • lundi 28 février 2011

Mots-clés

  • sociétés, identité, Méditerranée

Contacts

  • Sihem Najar
    courriel : sihem [dot] najar [at] irmcmaghreb [dot] org
  • Aurélien Fouillet
    courriel : aurelien [dot] fouillet [at] ceaq-sorbonne [dot] org

Source de l'information

  • Hayet Naccache
    courriel : hayet [dot] naccache [at] irmcmaghreb [dot] org

Pour citer cette annonce

« Transformations des identités et des liens sociaux en Méditerranée », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 22 octobre 2010, http://calenda.org/202252