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Le patrimoine industriel : nouvelles politiques urbaines et sens de la reconversion

Industrial Heritage: New Urban Development and the Significance of the Re-use of Industrial Buildings

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Publié le mardi 26 octobre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Cet appel à communication pour le colloque « Le patrimoine industriel : nouvelles politiques urbaines et sens de la reconversion » qui se tiendra à Belfort du 21 au 24 septembre 2011 a vocation interdisciplinaire. La rencontre accueillera volontiers la participation d’aménageurs, d’urbanistes, de promoteurs, d’architectes, de collectivités, d’historiens, de géographes, de sociologues, etc. Au-delà de l’étude de cas singuliers, l’objectif est de décloisonner le champ dans l’optique d’une approche pragmatique, proche des préoccupations sociétales contemporaines. Les problématiques traiteront à la fois de la place accordée au traitement du patrimoine industriel dans le développement des projets urbanistiques, mais aussi de la question essentielle du sens véhiculé par ces reconversions.

Annonce

LE PATRIMOINE INDUSTRIEL :
NOUVELLES POLITIQUES URBAINES ET SENS DE LA RECONVERSION

Colloque international

  • Laboratoire Récits (EA 3897 - Université de technologie de Belfort-Montbéliard)
  • CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)
  • Ministère de la Culture et de la Communication - Direction générale des patrimoines

Belfort, du 21 au 24 septembre 2011

Appel à communication

Depuis l’émergence en France, au cours des années 1970, d’une nouvelle sensibilité à l’égard du patrimoine de l’industrie, la reconversion à de nouveaux usages des sites et des bâtiments délaissés par la production industrielle est apparue comme une démarche susceptible de préserver ce patrimoine pour la société contemporaine et pour les générations à venir. En effet, faute de pouvoir créer partout des musées de l’industrie, la reconversion des bâtiments industriels pour le secteur tertiaire, le logement ou en lieux de culture ou d’enseignement, représenterait aujourd’hui la principale forme de conservation du patrimoine industriel, en France comme ailleurs.

Au cours des dernières années, et au-delà de la sauvegarde des bâtiments et de la mémoire – des mémoires – qu’ils peuvent incarner et transmettre, cette démarche de la reconversion s’est parée de nouvelles vertus et s’est emparée de nouvelles ambitions. Ne serait-ce qu’en termes d’économies globales d’énergie, la conservation d’un bâtiment et son recyclage pour accueillir de nouvelles fonctions apparaissent comme une solution plus raisonnable que la démolition et la construction neuve. Plus largement encore, la reconversion a dorénavant fait ses preuves comme levier puissant pour la revitalisation de quartiers et de territoires entiers, et comme vecteur de renouvellement d’images identitaires de villes entières.

C’est dans ce contexte que le laboratoire Récits (Recherches sur les Changements Industriels, Technologiques et Sociétaux), l’association CILAC et la Direction générale des patrimoines au Ministère de la Culture et de la Communication (Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique et Mission de l’inventaire général du patrimoine culturel) ont décidé d’unir leurs forces pour tenter ensemble d’analyser les enjeux liés à la reconversion de notre legs industriel. L’ambition du colloque est de faire ressortir les démarches innovatrices, qu’il s’agisse de projets ponctuels à l’échelle du bâti ou d’opérations de plus grande envergure touchant à des territoires urbains plus étendus, et de mettre celles-ci en valeur comme autant d’exemples de bonnes pratiques. Pôle industriel majeur situé au coeur de l’Europe, Belfort est un lieu particulièrement approprié pour accueillir cette rencontre internationale, susceptible, à travers des visites de sites et d’espaces urbains en construction, d’éclairer les débats théoriques.

La perspective du colloque est interdisciplinaire et accueillera volontiers des contributions d’aménageurs, d’urbanistes, de promoteurs, d’architectes, de collectivités, d’historiens, de géographes, de sociologues, etc. Au-delà de l’étude de cas singuliers, l’objectif est de décloisonner le champ dans l’optique d’une approche pragmatique, proche des préoccupations sociétales contemporaines.

Les problématiques que le colloque espère aborder peuvent se répartir entre les quatre rubriques suivantes :

1. Patrimoine industriel et politiques urbaines

L’ambition de cette première partie vise à mesurer la place accordée au traitement de ce qu’il est devenu usuel d’appeler « friches » industrielles dans le développement de projets urbanistiques de nombreuses métropoles françaises et étrangères. Affirmer leur identité en soulignant leurs propres spécificités, qu’elles soient historiques, industrielles, géographiques ou culturelles, est un des axes fort développé par les villes dans le cadre de leur renouvellement urbain : le patrimoine industriel peut y jouer un rôle essentiel, voire moteur. A travers des exemples de métropoles qui inventent ainsi de nouvelles formes d’urbanité, l’objectif est de dégager des tendances et des modèles d’organisation. Quel cheminement permet de passer de la réception d’un héritage, en l’occurrence industriel, à la construction d’un projet (site en mutation ; analyse historique ; consultation ; aménagement…), pour aboutir à l’invention d’espaces contribuant à l’émergence d’une nouvelle cohésion urbaine et sociale ?

2. Le patrimoine industriel dans l’éco-restructuration urbaine : contrainte ou atout ?

Dans la logique du développement durable, le Conseil européen des Urbanistes plaide contre l’extension et la multiplication non raisonnée des quartiers. L’effort doit porter sur la cohérence de la composition urbaine, passant par une meilleure articulation des espaces ainsi que par la requalification des formes urbaines dégradées, comme peuvent l’incarner les sites industriels en déshérence. Dans cette logique d’aménagement territorial durable et pour répondre aux préoccupations sous-tendues par ce nouveau paradigme, les édifices industriels désaffectés peuvent-ils être un levier pour les aménageurs, comme pour les architectes ? La reconversion patrimoniale n’est-elle pas un moyen de maintenir ce lien entre le passé, le présent et le futur préconisé par la nouvelle Charte d’Athènes (2003) dont la visée principale est d’établir un nouveau modèle de développement, durable, des villes européennes ? A partir d’exemples précis, il s’agit de questionner ces pratiques.

3. Regards critiques sur trente ans de reconversion

Logements sociaux, ateliers-logements, lofts, salles de spectacle, bibliothèques et médiathèques, dépôts d’archives, studios de tournage, lieux d’enseignement, galeries d’art, musées, « fabriques culturelles », pépinières d’entreprises, bureaux, magasins d’usine, commerces, cafés et restaurants… Depuis une trentaine d’années, les fonctions contemporaines qu’on a réussi à insérer dans des bâtiments conçus pour la production industrielle, mais délaissés par celle-ci, sont d’une immense diversité. Une analyse historique semble s’imposer. Quels secteurs du patrimoine industriel sont privilégiés par l’acte de reconversion, et quels secteurs y échappent ? Quels programmes paraissent les mieux appropriés pour pérenniser les qualités spatiales propres à ces lieux et pour porter des valeurs de témoignage ? Quel traitement réserve-t-on au patrimoine technique demeuré in situ ? Comment ont évolué les pratiques – et les acteurs – de la reconversion depuis une génération et comment « vieillissent » les opérations pionnières ? Chaque opération est-elle particulière ou des typologies peuvent-elles être discernées en amont, dans les bâtiments et sites conservés, et en aval, dans les programmes retenus ? Quelles sont les économies de la reconversion ? Quelle réception ces opérations ont-elles rencontrée ?

4. Le sens des lieux dans les pratiques de reconversion

La reconversion des sites industriels délaissés de la production est moins – pour les « amis » du patrimoine industriel – un but en soi que le passage obligé pour leur sauvegarde. Mais que penser des maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre qui donnent une nouvelle vie à des lieux sans que leur histoire technique, économique ou encore sociale ait été suffisamment appréciée ? Le « génie » des lieux, leur « esprit », leur « caractère » semblent incorrectement interprétés quand ils ne sont pas perdus. Il s’agit donc ici d’interroger cette notion de sens, sûrement plurielle et non univoque. Quels sens des lieux, ressentis par qui et destinés à quels groupes ou catégories sociales ? Comment prendre en compte ces sens dans les pratiques de la reconversion et quelles formes d’interprétation et de restitution imaginer ?

Comité scientifique :

  • Bernard André, Centre de recherches historiques (EHESS), Paris, et secrétaire général du CILAC
  • Robert Belot, Université de technologie de Belfort-Montbéliard – Directeur du laboratoire Récits
  • Catherine Chaplain, Mission de l’inventaire général du patrimoine culturel, Direction générale des patrimoines – ministère de la Culture et de la Communication.
  • Geneviève Dufresne, IUFM du Centre
  • Raphaël Favereaux, Direction de l'Inventaire du Patrimoine à la région Franche-Comté
  • Luc Fournier, Sous-direction des monuments historiques et des espaces protégés, Direction générale des patrimoines – ministère de la Culture et de la Communication.
  • Marina Gasnier, Université de technologie de Belfort-Montbéliard, Récits
  • Florence Hachez-Leroy, Institut universitaire de France, Centre de recherches historiques (EHESS/CNRS), Paris
  • Philippe Henault, Sous-direction de l’architecture, de la qualité des constructions et du cadre de vie, Direction générale des patrimoines – ministère de la Culture et de la Communication.
  • Pierre Lamard, Université de technologie de Belfort-Montbéliard, Récits (EA 3897)
  • Nicolas Pierrot, Service Patrimoines et inventaire, région Ile-de-France
  • Paul Smith, Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique, Direction générale des patrimoines – ministère de la Culture et de la Communication.

Les propositions de communication sont à envoyer par courrier électronique pour le 15 janvier 2011, à l’adresse suivante : marina.gasnier@utbm.fr

Ces propositions de communication prendront la forme d’un résumé de 3000 signes environ ; elles devront être accompagnées d’un CV succinct de l’auteur comprenant ses coordonnées précises.

Date limite des propositions : 15 janvier 2011

Réponse du comité scientifique : 15 février 2011
Envoi des pwpt : 10 septembre 2011

Les frais de déplacement, l’hébergement et les repas des intervenants seront pris en charge dans la limite des budgets alloués pour ce colloque.
Les textes retenus seront édités dans le cadre de la publication des actes du colloque.

Lieux

  • Université de technologie de Belfort-Montbéliard
    Belfort, France

Dates

  • samedi 15 janvier 2011

Mots-clés

  • patrimoine industriel, reconversion patrimoniale, urbanisme, territoire, mémoire, urbanisme durable, architecture, identité culturelle

Contacts

  • Marina Gasnier
    courriel : marina [dot] gasnier [at] utbm [dot] fr

Source de l'information

  • Marina Gasnier
    courriel : marina [dot] gasnier [at] utbm [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le patrimoine industriel : nouvelles politiques urbaines et sens de la reconversion », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 26 octobre 2010, http://calenda.org/202282