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Le petit récit visuel

The short visual narrative

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Publié le mardi 09 novembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Durant celle-ci, sept études de cas seront présentées en une trentaine de minutes chacune par de jeunes chercheurs travaillant sur des formes visuelles (films et corpus photographiques). En début d'après-midi, un film d'Andreas Fohr sera projeté et une discussion avec le vidéaste aura lieu. La question méthodologique commune aux différentes interventions de cette journée sera celle de la définition de modalités permettant d’appréhender les jeux et frottements entre des images considérées comme relevant a priori de natures (documentaire vs fictive) ou de types différents (archive vs image au présent). La mobilisation de la notion de petit récit visuel nous permet de rendre compte de notre volonté de faire place à l’étude du surgissement, de l’écart, de la digression, au sein même du récit. On entend par là, par exemple, le fait que dans un film, pour un instant seulement, la narration visuelle peut faire place à un jeu, une insertion, un mouvement qui semblent et/ou qui constituent un petit récit.

Annonce

12 novembre 2010

Introduction à 9h30 :

  • Anne-Violaine Houcke, doctorante en études cinématographiques, Paris Ouest Nanterre – ENS
  • Rémy Besson, doctorant en histoire et cinéma, EHESS

Première table: 10h. – 12h30

modératrice : Giusy Pisano, Université Paris-Est / Marne-la-Vallée.

  • Simone Paterman, doctorante en philosophie, Paris 8, « Les Morts de la Seine (Death in the Seine, Peter Greenaway, 1989) ou le petit récit de la Révolution »
  • Barbara Filser, post-doctorante en histoire et média, HFG-Karlsruhe, « Errol Morris’ The thin blue line and the thin line between the documented and the imaged »

Pause à 11h15

  • Gabriele Anaclerio, post-doctorant en études cinématographiques, Rome 3, « L’hypertexte éclaté : écriture du fragment et poésie du document dans les Appunti de Pier Paolo Pasolini »
  • Matylda Szewczyk, doctorante en histoire visuelle, Varsovie, « Mirrors and Networks – Interlacing narratives and narrative layers in the self-reflexive films of Andrzej Wajda »

Repas

Projection de Der Gang aufs Land (28 min., 2010) et débat avec le vidéaste Andréas Fohr. Modératrice : Stéfanie Baumann (Paris 8  ) 14h.-15h30.

Seconde table : 15h.45 – 17h30

modératrice : Anne Kerlan, CNRS – IHTP

  • Audrey Leblanc, doctorante en histoire visuelle, EHESS, « Gilles Caron, photographe de Mai 68 ou un petit récit culturel du visuel?
  • Sarah Fargeon, ENS en histoire, « Octobre 1917. P.C. du bataillon après l’attaque. Les albums photographiques des combattants de la Grande Guerre à l’épreuve du récit ».
  • Olivier Maillart, post-doctorant en études cinématographiques Parix Ouest Nanterre, « Visages de la pauvreté, surgissements » (dans des films de Franck Capra)

Discussion finale : 17h. 30 – 18h.

Présentation du projet.

Sept études de cas présentées en une trentaine de minutes chacune par de jeunes chercheurs travaillant sur des formes visuelles – ainsi que l’intervention d’un réalisateur – constitueront l’armature de cette journée d’étude qui porte sur le petit récit visuel. Ce concept de petit récit nous l’empruntons à Louis Marin (Le récit est un piège, 1978, p. 49) qui l’utilise afin d’expliciter la manière dont, dans ses Mémoires, le Cardinal de Retz joue  – par l’imbrication de différents types de récits – avec son lecteur. Dans ce cas « le petit récit fonctionne, à la faveur de ce téléscopage (des modalités de récit), en piège du lecteur (…) bref, nous somme « liquidés » comme lecteurs, à la faveur de ce récit qui interrompt le récit des Mémoires et à la faveur du rire qui coupe le récit de cette interruption. Nous sommes devenus des simulacres d’acteurs politiques ». Cette efficace du récit et sa capacité à emporter l’adhésion du lecteur par un jeu d’écriture renvoie directement aux interrogations soulevées par de certains dispositifs visuels et/ou leurs usages. La question méthodologique commune aux différentes interventions de cette journée sera donc celle de la définition de modalités permettant d’appréhender les jeux et frottements entre des images considérées comme relevant a priori de natures (documentaire vs fictive) ou de types différents (archive vs image au présent).

D’un point de vue plus général, on part d’un double intérêt pour les images dans la mesure où l’on considère qu’elles proposent l’écriture d’une histoire ou, plus justement, sa mise en vision (qui évolue dans le temps de leur diffusion et en fonction de leur circulation) et qu’elles sont également le sujet de discours qui en transforment les modalités d’appréhension. Une journée d’étude organisée entre doctorants ne saurait aborder frontalement l’ensemble des problématiques liées à ces présupposés. C’est pourquoi nous avons circonscrit notre objet d’une manière plus précise. Ainsi, par « image » nous n’entendrons que les images dites d’enregistrement (photographiques, cinématographiques et potentiellement issues des nouvelles technologies numériques). Alors que la mobilisation de la notion de petit récit visuel nous permet de rendre compte de notre volonté de faire place à l’étude du surgissement, de l’écart, de l’excursus, de la digression, au sein même du récit. On entend par là, par exemple, le fait que dans un film, pour un instant seulement, la narration visuelle peut faire place à un jeu, une insertion, un mouvement qui semblent et/ou qui constituent un petit récit. C’est aussi dans le temps de la réception, par exemple d’une photographie, la réappropriation par un auteur ou un réalisateur de cette image, qu’il intègrera alors au sein de sa propre proposition de récit. Cette dimension conduit a fortiori à se poser la question des imbrications de différents niveaux de récit et de temporalité au sein d’une forme visuelle (dimension diégétique). Une attention toute particulière sera alors portée à l’intermédialité, au jeu que l’image instaure avec différentes formes de mise en récit, textuelles et visuelles. dans la perspective de renouveler les modalités d’appréhension des rapports entre différentes formes de récit. En second lieu, la notion de petit récit pourra conduire certains à opérer un changement d’échelle en s’intéressant au local, au détail, sans perdre de vue le global, en se penchant sur le quotidien et le banal, sans oublier de les remettre en perspective.

La place de la culture visuelle

Les liens, échos, mises en abyme réalisés et possibles entre les pratiques, les formes et les techniques photographiques et cinématographiques sont au cœur des méthodes et des questions soulevées quotidiennement par les chercheurs qui travaillent sur le visuel. Il est aujourd’hui possible de ne pas distinguer ou lier ces deux médias, mais de les appréhender ensemble, avec nos méthodes, et ainsi de s’interroger sur les formes, les manières de faire, les techniques, les enjeux de ces images et de ces formats qui constituent les objets mêmes d’une culture visuelle partagée. Si on considère donc l’intermédialité comme une question à poser au niveau des objets étudiés, on l’acceptera comme acquise au niveau des pratiques et des méthodes des jeunes chercheurs qui participeront à cette journée. Dès lors, on souhaite présenter un autre des choix qui guident la mise en place de ce temps de réflexion : celui de l’interdisciplinarité. En effet, les intervenants seront issus des disciplines historiques, d’études cinématographiques et photographiques, de l’histoire visuelle et de l’histoire de l’art. Ce choix concerté de l’interdisciplinarité ne correspond en rien à un collage de recherches portant sur des objets visuels, mais tout au contraire s’articule autour de méthodes et de soucis communs. C’est pourquoi nous avons choisi de présenter uniquement des études de cas portant sur des objets et des corpus précis. Ce choix méthodologique permet, d’une part, de répondre au plus près au sujet de cette journée et, d’autre part, de construire des connaissances sur l’histoire des formes visuelles et des représentations, dans la perspective de générer dans certains cas des savoirs d’ordre historique sur le passé. De plus les chercheurs qui participeront à cette journée partagent la volonté de se confronter aux documents sans réduire la singularité des formes visuelles qu’ils étudient.

La question du document

La question du document dans les études visuelles se pose au moins à  deux niveaux, l’image pouvant être un document, une source pour une étude qui lui est extérieure, ou le document pouvant être ce qui permet d’appréhender l’image. Dans ce second cas, il s’agit de reconnaître une incomplétude des recherches qui feraient l’impasse sur un processus de redocumentarisation – par des sources de toutes natures – des récits visuels. Il s’agit également de dépasser un ancien topos des études cinématographiques et photographiques qui voudrait que l’image d’enregistrement constitue « naturellement » un document considéré comme «  objectif », le médium ayant servi à la prise de vue s’évanouissant dans une quasi-transparence. C’est tout au contraire dans la mesure où les images – aussi bien celles dites artistiques que documentaires – voilent en même temps qu’elles révèlent, s’exposent en même temps qu’elles donnent un accès au réel, que nous souhaitons prendre en compte la question du rôle du document.

Le rôle du vidéaste

Enfin, si nous avons résolument choisi de faire se rencontrer lors de cette journée des jeunes chercheurs issus de différentes cultures visuelles et de divers horizons intellectuels, il nous a également paru nécessaire d’inviter un réalisateur. Ces échanges insérés au sein même de la journée d’étude, nous semblent une manière de relier nos réflexions, certes pragmatiques, mais aussi épistémologiques, à une présentation purement pratique et axée sur les techniques, conduisant à la réalisation d’une forme visuelle.

Coordinateurs du projet : Anne-Violaine Houcke, Rémy Besson; chargée de publication : Fanny Lautissier; traductrice : Emilie L’Hôte

Catégories

Lieux

  • 2 rue Vivienne, (INHA)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 12 novembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • cinéma, photographie, récit

Contacts

  • Equipe d'organisation de la journée "Le petit récit visuel" ~
    courriel : petitrecit [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Fanny Lautissier
    courriel : fannylautissier [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le petit récit visuel », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 09 novembre 2010, http://calenda.org/202470