AccueilDocumenter les collections, cataloguer l’exposition

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Publié le mercredi 17 novembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

L’objet muséal, qu’il soit spécimen, écosystème, machine ou œuvre d’art, nécessite d’être documenté à différents stades de son traitement, de la collecte à sa présentation, et sous différentes formes. C’est donc aux différentes phases, avec des approches appuyées sur la formation, la fonction et l’usage des documents ; aux moyens et dispositifs de la documentation, en tant que donnée informative de premier niveau ou en tant que technique élaborée, appliquée aux objets muséaux et d’exposition que sera consacré ce numéro de Culture et musées. Il pourra refléter diverses perspectives d’approche de la documentation de l’objet muséal et d’exposition au sens large (inventaire et diffusion). L’une nous conduira dans les développements attendus et inattendus de l’histoire, des inscriptions linéaires aux hypertextes infinis ; l’autre nous donnera à saisir les formes et le sens des documents au travers des pratiques et des enjeux sociaux participant à la culture et à la transmission du patrimoine.

Annonce

Appel à contribution Revue Culture et Musées sur « Documenter les collections, cataloguer l’exposition »  sous la direction de Gérard Regimbeau

L’objet muséal, qu’il soit spécimen, écosystème, machine ou œuvre d’art, nécessite d’être documenté à différents stades de son traitement, de la collecte à sa présentation, et sous différentes formes. Les relevés, notes, notices, numérotations, listes, descriptions, commentaires, empreintes, sons, dessins, films, photographies, enquêtes, revues, livres et sites, ont pour fonction, première ou secondaire, d’accompagner les objets pour leur conservation et leur connaissance. Ces traces, supports et mediums dont l’importance est plus ou moins marquée sont toujours justifiés, cependant, par leur fonction d’identification, de mémoire et de contextualisation. Ils interviennent dans la pratique muséographique en amont ou en aval de la collection, pour rentrer dans des cadres de traitement plus ou moins normalisés, à des fins scientifiques, pour la mise à disposition sous forme papier, audio-visuelle et numérique, et lors des expositions ; ces dernières diversifiant et rassemblant une escorte documentaire des plus larges. Il s’agit, en somme, de procédures, de lieux et de moments de médiations dont les projets et les effets demeurent des questions à reprendre et explorer pour mieux comprendre la construction et la réception des connaissances dans un cadre muséal, éducatif et culturel.

C’est donc aux différentes phases, avec des approches appuyées sur la formation, la fonction et l’usage des documents ; aux moyens et dispositifs de la documentation, en tant que donnée informative de premier niveau ou en tant que technique élaborée, appliquée aux objets muséaux et d’exposition que sera consacré ce numéro de Culture et musées. Organisé autour de ces thématiques et de ces moments, les différents sujets qui pourront être abordés dans ce dossier concerneront :

-       la documentation en tant qu’identification, marquage et listage des objets : de la réserve à la lumière…

-       la documentation en tant que normalisation : la « saga » des groupes de travail, les termes et les types…

-       la documentation dans les différents contextes concernés par l’objet muséal : l’écomusée, le musée de société, le musée de sciences et techniques, le mémorial, le centre d’interprétation, les maisons d’écrivain, d’artiste ou de scientifique, le musée d’art, l’exposition, etc.

-       la documentation dans le livre et le catalogue, son rôle notamment dans l’apparat critique et l’appareil documentaire, ses contraintes, ses formes et ses oublis…

-       la documentation numérique, dans ses contenus et ses formes pour la circulation de l’information ou la didactique : du vidéodisque et de la borne d’information au web à venir…

-       la documentation en tant que productrice de documents aux statuts différents tels que « documents intermédiaires », « documents repères », «protodocuments », « documents-relais », …

-       la documentation et la bibliothèque en tant que service : sa fonction, ses particularités, ses développements…

Deux entrées principales permettront de structurer l’ensemble.

Aventures d’inventaires 

Ayant pour but l’enregistrement et le recensement mais aussi l’identification des objets à des fins scientifiques et de diffusion, notamment à travers les bases de données, l’inventaire utilise de multiples outils, manuels et informatiques, différentes normes et « recettes » pour consigner les données. Numéros, lettres, codes, abréviations, estampilles et notices rentrées sur les registres développent alors une forme de mémoire visible et invisible au fur à mesure du temps, des lieux, des traditions, des choix et des changements muséographiques. Cette identification accompagne pour de longues années des pièces qui sans cela resteraient sans famille. Elle s’attache à l’objet, souvent au sens littéral, pour le meilleur et parfois pour le pire. Des numéros délicatement tracés à l’encre de chine sur des tessons de céramiques aux tampons caviardant des estampes, quelle histoire et sémiotique peut-on écrire de ses valeurs contrastées selon les supports, la période, les moyens et l’urgence ?

Enregistrer des pièces, des entrées et des sorties, affecter des numéros, des dates aux objets, les schématiser, les photographier : toute cette information destinée à comptabiliser, numéroter et décrire, écrite, dessinée ou photographique, sous forme papier ou numérique, constitue un continent gris de la documentation muséale. Qu’est-ce que documenter un objet dans ce cadre là ? Quelles sont les normes en vigueur et comment ont-elles évolué ? Comment, dans l’histoire, est-on passé d’une simple fonction d’enregistrement à une fonction d’inscription. En dehors des analyses qui peuvent éclairer tel ou tel aspect d’une évolution (par exemple : la mise en place des registres et leur importance pour la sauvegarde), d’un moment (par exemple : que sont devenus les registres pendant les guerres), on pourra aborder un contexte particulier (par exemple : le cas des écomusées ou encore de l’inventaire d’un lieu naturel) ou enfin le rôle des personnels et des services de documentation et des bibliothèques au sein des musées et établissements du patrimoine.

Editer-Editorialiser : fiches, catalogues et contenus à l’heure du web

Pour la mise au point de catalogues, la réalisation de revues et magazines, le lancement de sites, la gestion de bases, entre édition et éditorialisation, les établissements sont maintenant devenus des éditeurs à part entière ou en partenariat. L’œuvre ou l’objet ne se livrent et ne se comprennent que grâce à la documentation réunie en eux, avec eux ou autour d’eux.

Faire le point sur des aspects de l'édition muséale et patrimoniale à l'heure du Web (qu'est-ce qui change et se maintient), sur les articulations entre exposer et éditer sont les questions d’actualité. Que deviennent les différentes missions scientifiques et pédagogiques ? Quel impact sur la documentation du catalogue. Comment se conçoit la documentation nécessaire à une exposition ou à la mise en valeur des objets exposés ? Comment se choisissent les textes et l’iconographie ? La photographie, par exemple, en approchant quelles conceptions techniques (y compris les consignes), quelles théories ont accompagné les problématiques muséales et quelles nouvelles questions posent la numérisation (le panoramique entre autre) et la mise en ligne.

La nécessité de travailler avec le numérique et le web a-t-elle modifié les politiques d’édition des musées grands et petits, et plus largement des institutions dévolues au patrimoine ?
L’éditorialisation des documents en ligne, par exemple, a demandé la mise en place de nouvelles activités, jusqu’à la création parfois de nouveaux postes pour des fonctions et un travail d’écriture et de mise en page qui se situent non loin de la revue, du magazine ou du catalogue sans s’y confondre. Que recouvre maintenant cette pratique et quelle est sa place dans la médiation ?

Ce dossier pourra ainsi refléter diverses perspectives d’approche de la documentation de l’objet muséal et d’exposition au sens large. L’une nous conduira dans les développements attendus et inattendus de l’histoire, des inscriptions linéaires aux hypertextes infinis ; l’autre nous donnera à saisir les formes et le sens des documents au travers des pratiques et des enjeux sociaux participant à la culture et à la transmission du patrimoine.

Parmi les disciplines et champs disciplinaires qui seraient concernés par ces objets d’études et par ces approches, on pourra reconnaître la muséologie, les sciences de l’information et de la communication, la socio-sémiotique, la sociologie de la culture, l’histoire, les sciences du langage et l’anthropologie, mais cette liste n’est pas limitative.

Mots-clés : documentation, médiation, musée, inventaire, catalogue, liste, classification, édition, éditorialisation, numérisation

Modalités de soumission

Les propositions doivent présenter la question de recherche, la méthodologie employée et les résultats (3000 signes -espaces non compris- Times 12).

Elles sont à envoyer par voie électronique à l’adresse  suivante : Regimbeau Gérard

Les articles sollicités, après sélection des propositions, seront d’une longueur entre 35 000  et 55 000.

Contact : Gérard Régimbeau
Courriel : gerard.regimbeau@enssib.fr
Adresse : ENSSIB

17-21, Bd du 11 novembre 1918

69623 Villeurbanne Cedex

Catégories

Dates

  • samedi 15 janvier 2011

Mots-clés

  • documentation, médiation, musée, inventaire, catalogue, liste, classification, édition, éditorialisation, numérisation

Contacts

  • Gérard Regimbeau
    courriel : gerard [dot] regimbeau [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Jean Davallon
    courriel : Jean [dot] Davallon [at] univ-avignon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Documenter les collections, cataloguer l’exposition », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 17 novembre 2010, http://calenda.org/202500