AccueilArt et sociabilité au XVIIIe siècle, 1715-1815

Art et sociabilité au XVIIIe siècle, 1715-1815

Art and Sociability in the Eighteenth-Century, 1715-1815

*  *  *

Publié le mardi 16 novembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Au XVIIIe siècle, la sphère publique émergente, composée de lieux comme les académies, les salons littéraires ou bien les loges maçonniques, a constitué la scène sur laquelle s'est jouée la sociabilité. La publication de Thomas Crow, Painters and Public Life in Eighteenth-Century Paris, a incité les historiens de l’art à comprendre le rôle des artistes dans la sphère publique. Ce colloque a pour but d’analyser la sociabilité dans le monde artistique du XVIIIe siècle à travers le prisme des pratiques sociales. Le colloque aura lieu à l’I. N. H. A., à Paris, les 23-24-25 juin 2011 et sera ouvert aux différentes disciplines issues des sciences humaines : histoire de l’art, histoire, anthropologie, philosophie, littérature et sociologie puisqu’il s’agit de confronter les différentes approches de ces disciplines pour traiter notre sujet et explorer les relations qu’elles entretiennent les unes avec les autres.

Annonce

Art et sociabilité au XVIIIe siècle (1715-1815)

23-25 juin 2011, INHA, salle Vasari

À la lueur des recherches menées depuis ces vingt dernières années, la notion de sociabilité a fait l’objet d’un débat utile permettant un nouvel examen des changements politiques, sociaux et culturels qui eurent lieu au XVIIIe siècle. Les travaux de Daniel Roche, Dena Goodman, Daniel Gordon, Antoine Lilti, entre autres, ont démontré que la sociabilité est un concept fécond et commun aux différentes disciplines que sont la sociologie, la philosophie et l’anthropologie. Au XVIIIe siècle, l’Encyclopédie a défini le terme de la sorte : « La sociabilité est cette disposition qui nous porte à faire aux hommes tout le bien qui peut dépendre de nous, à concilier notre bonheur avec celui des autres, & à subordonner toujours notre avantage particulier, à l'avantage commun & général » (Louis de Jaucourt, « Sociabilité », Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers…, Paris, Briasson, 1751-1765, t. XV, p. 251). Ainsi, la notion est présentée comme un concept abstrait qui rend compte du désir de voir chaque homme participer activement à la vie de la société. Elle est liée, à l’époque, de manière complexe, à la notion de commerce, pratique sociale qui définit tous les modes de communication et d’échanges réciproques. La sphère publique émergente, composée de lieux comme les académies, les salons littéraires ou bien les loges maçonniques, a constitué la scène sur laquelle se sont joués de tels échanges. La publication de Thomas Crow, Painters and Public Life in Eighteenth-Century Paris, a incité les historiens de l’art à comprendre le rôle des artistes dans la sphère publique. Les études qui en ont découlé ont alors favorisé une approche monographique s’intéressant à la reconstruction de l’histoire d’un artiste, d’un salonnier(e) ou d’un collectionneur, mais elles ont fait abstraction du rôle que les œuvres d’art ont joué dans les systèmes plus larges d’échanges et de pratiques sociales.
Ce colloque a pour but d’analyser la sociabilité dans le monde artistique du XVIIIe siècle à travers le prisme des pratiques sociales. En examinant les pratiques sociales des artistes, des amateurs, des critiques, des salonniers, etc., nous tenterons de comprendre les échanges sociaux et les réseaux formés non seulement par le commerce des objets matériels à travers l’étude des collections, du marché de l’art et des expositions, mais aussi par le commerce des idées à travers l’étude des écrits sur l’art et de l’art de la conversation. Ainsi, on peut s’interroger sur le rôle qu’ont joué les pratiques sociales au sein de la sphère publique dans l’évolution de la production artistique et des échanges matériels, économiques et verbaux.
Le colloque aura lieu à l’Institut national d’Histoire de l’art, salle Vasari, à Paris, les 23-24-25 juin 2011. Nous souhaitons ouvrir ce colloque aux différentes disciplines issues des sciences humaines : histoire de l’art, histoire, anthropologie, philosophie, littérature et sociologie puisqu’il s’agit de confronter les différentes approches de ces disciplines pour traiter notre sujet et explorer les relations qu’elles entretiennent les unes avec les autres.

Comité d’organisation :

  • Jessica L. Fripp, doctorante, University of Michigan, Ann Arbor
  • Amandine Gorse, doctorante, Université Paris Ouest Nanterre la Défense
  • Nathalie Manceau, Docteur, ATER, Cemerra - Université de Provence
  • Nina Struckmeyer, doctorante, Institut für Geschichte und Kunstgeschichte, Technische Universität, Berlin
Les propositions de communication d’une page maximum ainsi qu’un CV en français ou en anglais doivent parvenir à l’adresse suivante avant le 31 décembre 2010 : colloque.sociabilite@gmail.com

Comité scientifique :

  • Laura Auricchio, Assistant Professor, Parsons The New School of Design, New York
  • Basile Baudez, Maître de conférence, Université de Paris IV-Paris-Sorbonne
  • Andreas Beyer, Professeur, Directeur du Centre allemand d’histoire de l’art, Paris
  • Mechthild Fend, Lecturer, University College London, Londres
  • Guillaume Glorieux, Professeur, Université de Rennes 2 - Haute Bretagne
  • Charlotte Guichard, Chargée de recherche, CNRS, Université Lille-3
  • Melissa Hyde, Associate Professor, University of Florida, Gainesville
  • Étienne Jollet, Professeur, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Mark Ledbury, Power Professor of Art History and Visual Culture and Director of the Power Institute, University of Sydney (à partir de 2011)
  • Anne Lafont, Maître de conférence, Université Paris Est Marne-la-Vallée
  • Gaëtane Maës, Maître de conférences, Université Charles de Gaulle Lille-3
  • Anne-Marie Mercier-Faivre, Professeur, Université Lumière Lyon 2
  • France Nerlich, Maître de conférences, Université François Rabelais, Tours
  • Dominique Poulot, Professeur, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Sophie Raux, Maître de conférences, Université Charles de Gaulle Lille-3
  • Susan L. Siegfried, Professor, University of Michigan, Ann Arbor
  • Mickaël Szanto, Maître de Conférences, Université de Paris IV-Paris-Sorbonne
Mots clés : sociabilité, salons, critique d’art, théorie de l’art, marché de l’art, espace publique, espace privé, musique, théâtre.

Lieu : Institut national d’histoire de l’art, Paris
Date limite de candidature : 31 décembre 2010
Contact : colloque.sociabilite@gmail.com
Source de l’information : Jessica L. Fripp (jfripp@umich.edu), Amandine Gorse (gorse.amandine@hotmail.fr), Nathalie Manceau (nmanceau@live.fr) et Nina Struckmeyer (n.struckmeyer@tu-berlin.de)

Art and Sociability in the Eighteenth-Century (1715-1815)

Over the past two decades, sociabilité has become a useful and hotly debated concept for discussing the social, political and cultural changes during the eighteenth century. The works of Daniel Roche, Dena Goodman, Daniel Gordon, Antoine Lilti, and others have demonstrated that sociabilité can be fruitfully approached from the perspectives of sociology, philosophy and anthropology. In the eighteenth century, the Encyclopédie defined the term as “This inclination we have to do to others all the good that we can, to reconcile our happiness with that of others, and always to subordinate our personal advantage to the overall and communal advantage" (Louis de Jaucourt, 1751-1765) – that is, it was an abstract concept that explained the desire humankind had to participate in society. At the time, it was intricately linked to the social practice of commerce, broadly defined as any reciprocal communication or exchange. The emerging public sphere of the period, constituted by spaces such as academies, literary salons, and Masonic lodges, was the stage on which such exchanges were enacted.

Since the publication of Thomas Crow’s Painters and Public Life in Eighteenth-Century Paris, art historians have taken an interest in the role of artists in the public sphere. These studies tend to take a monographic approach that is more interested in reconstructing the history of an individual artist, salonnière, or collector rather than the role that artworks played in larger systems of practice and exchange. This symposium will examine sociabilité in the eighteenth-century art world through the theme of social practice. By investigating the social practices of artists, amateurs, critics, salonniers and others we seek to uncover the larger networks of social exchange created by the commerce of material objects through collection practices, the art market and the display of art, and by the commerce of ideas through writing and conversation. To what extent did social practices in the public sphere influence artistic production and the material, economic, and verbal exchanges that took place around that production?

This symposium will take place at the Institut national d’histoire de l’art in Paris, on June 23-24-25, 2011. We welcome papers from a wide range of humanities disciplines such as: history of art, history, anthropology, philosophy, and literature, as well as sociology and cultural studies, as we are interested in bringing together different disciplinary approaches to these topics and exploring connections between them.

Please send an abstract of no more than one page, in French or English, and C.V. to colloque.sociabilite@gmail.com before December 31, 2010.

Lieux

  • 2 rue Vivienne (Institut National d'Histoire de l'Art)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 31 décembre 2010

Mots-clés

  • sociabilité, salons, critique d’art, théorie de l’art, marché de l’art, espace public, espace privé, musique, théâtre

Contacts

  • Amandine Gorse
    courriel : revuehistoiredelart-20ans [at] inha [dot] fr
  • nathalie manceau
    courriel : nmanceau [at] live [dot] fr

Source de l'information

  • nathalie manceau
    courriel : nmanceau [at] live [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Art et sociabilité au XVIIIe siècle, 1715-1815 », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 16 novembre 2010, http://calenda.org/202527