AccueilLa zone euro sous la double contrainte de la mondialisation et de la divergence économique interne : analyse et remèdes

La zone euro sous la double contrainte de la mondialisation et de la divergence économique interne : analyse et remèdes

The euro area under the double strain of globalization and domestic economic divergence: analysis and remedies

IXe journées internationales d'études Jean Monnet

IXth International Days of Study Jean Monnet

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Publié le vendredi 19 novembre 2010 par Karim Hammou

Résumé

La chaire Jean Monnet en Intégration régionale comparée et le Larefi (Université Montesquieu-Bordeaux IV) organisent en partenariat avec l’université de Sofia, les vendredi 28 et samedi 29 octobre 2011 un colloque international sur le thème suivant : « La zone euro sous la double contrainte de la mondialisation et de la divergence économique interne : analyse et remèdes ».

Annonce

La Chaire  Jean Monnet  en Intégration régionale comparée et le Larefi (Université Montesquieu-Bordeaux IV) organisent en partenariat avec l’Université de Sofia,  les vendredi 28  et  samedi 29  octobre  2011, à l’occasion des  IXe Journées Internationales d’études Jean Monnet, un colloque international   sur le thème suivant :

La zone euro sous  la double contrainte de  la mondialisation et de la divergence économique interne : analyse et  remèdes

Argumentaire

L’Europe qui existera demain est encore aujourd’hui un chantier en pleine construction. Les faits nous imposent la réalisation rapide d’un approfondissement décisif de l’intégration monétaire européenne dans un contexte international de déclin relatif de l’économie étasunienne  et d’émergence productive de l’Asie. Alors que les économies européennes, notamment celles de la zone euro, semblaient avoir mieux traversé la crise financière venue des Etats-Unis que le reste du monde, en raison de la force de leur monnaie, l’euro, les marchés financiers ont exercé le pouvoir de sanctionner leurs situations budgétaires dégradées respectives. La conversion quasi-forcée des dettes privées des ménages et entreprises européens en dettes publiques des états, induite par les aides budgétaires affectées à la crise repousse en fait à brève échéance le risque d’une perte de crédibilité en cascade de la solvabilité des Etats européens. Les détenteurs de capitaux mondiaux ont désormais toute latitude pour fixer les taux d’intérêt des emprunts des Etats de l’Europe. La Grèce en est la première dramatiquement touchée et la zone euro est menacée dans sa cohésion interne.  De ce fait,  la crise en cours appelle à de nouvelles régulations, à une modification non seulement de la structure institutionnelle de l’Europe, vers une configuration nécessairement plus fédérale (faute de quoi, l’Europe se défera), mais aussi à une refonte des paradigmes économiques et sociaux qui ont  constitué le socle même de sa construction à la fois commerciale et politique. Cette Conférence se déroulera dans le cadre des quatre ateliers suivants :

Atelier 1. La résorption des déficits jumeaux européens (déficits publics et de soldes courants).

Confrontés à des déficits publics importants mais aussi pour la majorité des pays de la zone euro à des déficits jumeaux (finances publiques et transactions courantes), les pays européens vont devoir agir pour que la situation de leur économie évite une hausse des taux d’intérêt sur leur dette souveraine. Alors que les plans d’austérité des états de la zone euro (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) montrent une intention de réduction des dépenses publiques, notamment par une compression des salaires des fonctionnaires mais aussi des dépenses de fonctionnement, les marchés financiers s’interrogent sur la faisabilité de tels engagements en raison de l’étroitesse des délais impartis aux Etats par le Fonds Monétaire International et la Commission Européenne. Des craintes apparaissent, établies sur les conséquences d’une réduction généralisée de la demande globale dans la zone euro qui réduirait la croissance économique. D’où des appels à l’étalement des plans d’austérité dans le temps. A contrario, l’optimalité d’un policy-mix de la zone euro combinant politique budgétaire restrictive, politique monétaire unique de taux d’intérêt faible avec une inflation légère est proposée. La dépréciation compétitive progressive de l’euro vis-à-vis du dollar en résultant pourrait permettre de desserrer les contraintes macroéconomiques. Dans un tel contexte, doit-on renforcer les critères de surveillance budgétaire, les élargir à la surveillance des soldes des transactions courantes européens, à d’autres indicateurs économiques tels que les taux d’endettement privés ou a contrario, définir des contraintes budgétaires moins rigoureuses ? Quelles sont, au titre de la politique budgétaire des Etats européens, les possibilités d’émission des Bons du Trésor européen par un véritable gouvernement fédéral alors que les dirigeants des gouvernements français et allemand rejettent toute structure supranationale de gouvernance? Une telle gouvernance suffirait-elle à rétablir la confiance dans la zone euro ? De quels moyens disposerait une telle structure pour appeler à un financement européen des déficits publics des Etats membres, par exemple pour mobiliser l’épargne des citoyens de l’Union plutôt que celle de banques européennes, elles mêmes créancières d’institutions financières étrangères ? Serait-ce en dernier recours à une Banque centrale européenne réformée, plus préoccupée par la croissance et l’emploi, que reviendrait la responsabilité de garantir les dettes des états (les traités européens devant alors évoluer).

Pour autant, l’examen des déficits publics ne semble pas pouvoir être dissocié de celui des déficits des transactions courantes, devenus quasiment structurels et qui sont plus difficiles à résorber parce qu’ils révèlent une inadaptation de certaines économies à la mondialisation. La question  des déficits publics appelle donc simultanément, et probablement pour une durée plus longue, celle du redressement de la situation commerciale des économies européennes. La divergence au sein la zone euro entre, d’un côté, les pays en excédent commercial et, de l’autre,  ceux  en déficit ne peut  se résorber, au-delà d’éventuels  transferts budgétaires, que par une redéfinition de leur spécialisation commerciale internationale.

Atelier 2.  Quels axes pour une nouvelle spécialisation européenne ?

Dans le long terme, les modalités d’une compétitivité  commerciale extérieure rénovée sont à établir. Un problème de compétitivité-structure est ouvertement posé à la Grèce, à l’Espagne, au Portugal, à la France, etc., c’est-à-dire à tous les pays de la zone euro caractérisés aussi par un solde courant défavorable récurrent  (leur capacité de financement de leurs biens collectifs non marchands est désormais altérée). 

 L’Union européenne doit veiller non seulement à la construction durable de sa compétitivité hors prix par l’innovation technologique et des pôles de compétitivité mais aussi à celle de sa compétitivité-prix à court terme qui passe peut-être par une régulation commerciale rénovée. On s’interrogera, par exemple, sur le rôle privilégié des pôles de compétitivité, la nécessité d’une politique industrielle plus ambitieuse, l’opportunité de la création d’un fonds d’investissement européen dans la formation d’une véritable compétitivité structurelle des produits européens, etc. Dans l’immédiat, il faut se préoccuper des moyens de réduire les divergences salariales européennes afin de rééquilibrer la compétitivité prix intra-européenne. Alors que 70% des échanges économiques des nations européennes s’établissent avec d’autres pays européens, comme l’a rappelé récemment Pierre Bourdieu, le principal danger pour l’Europe est constitué par la concurrence interne des pays européens à bas salaires, qui, à terme, contraindrait les autres pays européens à abandonner leurs acquis sociaux, tirant alors l’Europe sociale « vers le bas ». Quels sont les moyens politiques et institutionnels permettant une sortie salariale « par le haut » et donc, une convergence économique et sociale renforcée ? Doit-on s’appuyer exclusivement sur la stratégie de Lisbonne ou doit-on mettre en place de nouveaux outils pour améliorer la compétitivité-structure des pays européens (main-d’œuvre hautement qualifiée et innovation).

Plus fondamentalement, à l’échelle européenne, n’est ce pas sur les principes mêmes de la concurrence qu’il faudrait  s’interroger ? Confrontée aux réalités de la mondialisation commerciale et financière, l’Europe parviendra-t-elle à privilégier la coopération commerciale régionale fondée sur la complémentarité des productions européennes plutôt que sur le dumping social et fiscal ?  De plus, peut-elle faire le choix  d’une régulation plus contraignante envers les délocalisations ou celui d’une coopération régionale élargie, susceptible d’infléchir les règles de l’OMC ?  Peut-elle, en raison de son poids économique, négocier directement avec les grands partenaires  asiatiques  (Chine et Inde) de la première zone de production mondiale ?

Atelier 3. Vers de nouvelles régulations financières européennes pour prévenir les crises et résorber les déficits publics européens ?

La nécessité conjointe de juguler la spéculation qui prend leurs finances publiques pour cible mais aussi de rétablir une répartition des revenus plus équitable et favorable à la croissance économique conduit les gouvernements européens à réformer leurs réglementations financières. Alors qu’A. Merkel a fait voter par voie parlementaire l’interdiction des opérations spéculatives de CDS sur les titres publics souverains et sur les actions jusqu’en 2011, que B. Obama cherche à interdire les opérations spéculatives pour compte propre des banques américaines, on  peut s’interroger sur la nécessité d’une uniformisation de telles restrictions à l’échelle européenne et sur les effets d’une limitation de la mobilité externe des capitaux en Europe. Alors que certains pays européens ont décidé de taxer les dividendes distribués des sociétés anonymes et les profits des banques plus fortement pour favoriser la répartition de la valeur ajoutée en faveur des investissements productifs, l’Allemagne prône l’instauration d’une taxe sur les transactions financières à l’échelle du G20. Mais de telles propositions ne sont pas toujours bien acceptées. A l’échelle européenne, une taxe bancaire permettrait, soit d’alimenter un fonds d’assurance bancaire en cas de nouvelle crise (scénario privilégié par l’Allemagne), soit d’alimenter directement le budget de l’Etat (scénario évoqué par la France).

Simultanément, une taxe sur les transactions financières permettrait de décourager les opérations de pure spéculation et de financer les programmes d’investissement et d’urgence sociale et environnementale en Europe. Le Fonds Monétaire International semble préférer la création d’un fonds d’assurance contre la faillite des banques, financé par les cotisations des différentes banques internationales. La question est alors de savoir si de telles régulations ont des chances d’aboutir à l’échelle européenne ou à celle de la zone euro mais aussi, si elles auront des effets positifs et dans quelles conditions. Or, les objectifs d’une telle taxe sont clairs : faire en sorte que les marchés financiers (grandes banques et compagnies d’assurance internationales, fonds de pension, fonds spéculatifs et d’investissement, etc.) remboursent en partie au moins leur renflouage par les Etats à l’issue de la crise financière des subprimes.  L’introduction de telles taxes à l’échelle de l’Europe aurait un effet redistributif évident en faisant passer le poids d’une partie de la fiscalité sur le secteur financier,  en allégeant celui pesant sur les salaires et donc sur la consommation, ainsi que celui affectant les entreprises. Pour autant, on peut s’interroger à la fois sur l’efficacité d’une telle taxe mais aussi sur le risque de répercussion à la hausse sur le coût des transactions bancaires et donc sur le coût du financement des projets d’investissement des PME en Europe.  De plus, les risques d’évasion fiscale par manipulation ou recours aux paradis fiscaux pourraient s’accroître. Ces contre-arguments ont d’ailleurs été invoqués par le FMI. 

Atelier 4. Les modalités structurelles d’entrée dans la zone euro : vers de nouvelles contraintes pour les pays candidats?

Alors que l’Estonie devrait intégrer la zone euro au 1er janvier 2011, l’adhésion de la Lituanie et de la Lettonie a été repoussée à une date ultérieure pour cause d’inflation trop élevée, et celle  de la Bulgarie, la République Tchèque, la Hongrie, Pologne et la Roumanie a été renvoyée à 2013-2016. La Bulgarie, l’Estonie et la Lituanie bénéficient d’un régime monétaire spécifique de caisse d’émission en change fixe avec l’euro, censé  leur permettre d’atteindre les objectifs de rigueur budgétaire et d’inflation contenue. Face aux  bons résultats budgétaires de l’Estonie, la mise en œuvre imparfaite du régime de caisse d’émission et sa difficile acceptabilité sociale semblent avoir engendré des performances insuffisantes en Bulgarie et en Lituanie.  Il est possible aussi que des raisons plus structurelles (spécialisations productives, chocs sectoriels spécifiques) aient conduit la Commission Européenne à différer leur entrée dans la zone euro. Mais l’élargissement futur de la zone euro à une dizaine de pays supplémentaires semble désormais directement lié à la pertinence des critères de convergence de Maastricht. Comment déterminer si les pays candidats à l’euro satisfont aux critères d’entrée, alors même que ces critères  sont discutables voire insuffisants? Il est clair que les critères d’entrée dans la zone euro devraient prendre en compte la convergence réelle des économies candidates, c’est-à-dire, à la fois les écarts de balances commerciales, de structures de production et de revenus, notamment salariaux. Une révision des critères d’entrée dans la zone euro soulève la question des nouveaux éléments de diagnostic et de leur pertinence. L’entrée future de pays d’Europe centrale avec des niveaux de prix et de salaires bas relativement à ceux des membres actuels de la zone euro peut conduire à terme à un supplément d’inflation dans la zone (hausse des salaires et des prix liée à leur convergence nominale). L’obtention de taux d’intérêt nominaux plus faibles dans la zone euro, accompagnée d’un supplément d’inflation, peut créer une situation de taux d’intérêt réels faibles source d’endettement excessif et donc, conduire à la formation de nouvelles bulles spéculatives, notamment immobilières. La formation de telles bulles spéculatives risque d’accroître l’exposition de la zone euro aux crises, d’où la nécessité de définir des modalités plus exigeantes d’entrée de ces pays dans la zone euro. Il faut aussi envisager l’adoption d‘un policy mix plus équilibré  avec l’avènement d’une gouvernance fédérale sans laquelle la zone euro ne pourra être pérennisée. Autant de questions auxquelles nous devons répondre pour que l’élargissement de la zone euro constitue un vecteur de crédibilité et de croissance économique supplémentaires et, en aucun cas, un risque accru d’occurrence de crises spéculatives dévastatrices pour les revenus et l’emploi de la zone euro et de l’UE.

Modalités

Les propositions de contribution, de deux cents mots environ, sont à adresser à :

Université Montesquieu-Bordeaux IV
Avenue Léon Duguit – 33608 – PESSAC
E-mail : chaire@u-bordeaux4.fr     et    E-mail : Dominique.jacob@u-bordeaux4.fr

Téléphone : + (33)-05-56-84-86-22       

avant  le 9 janvier 2011

Les auteurs seront informés le 23 janvier 2011 au plus tard de la suite donnée à leur proposition de communication après examen par le Comité scientifique des IXèmes Journées Internationales d'Etudes Jean Monnet. Les textes définitifs des contributions (15 - 20 pages) devront parvenir à  Secrétariat de la Chaire Jean Monnet   "Intégration régionale comparée" et    à D. Jacob,  Larefi ,  au plus tard le 15 septembre 2011. Le programme des Journées d'Etudes sera envoyé dans le courant du mois d’avril 2011 aux différents intervenants et participants  

Scientific Committee (in progress):

  • B. Blancheton, University Montesquieu-Bordeaux IV
  • M. Cazals, University Montesquieu-Bordeaux IV
  • N. Dobrev, University of Sofia ; G. Chobanov, University of Sofia
  • I. Christova-Balkansaka, Institute of Economics, Bulgarian Academy of Sciences
  • D. Jacob, University Montesquieu-Bordeaux IV
  • K. Petkov, University of Sofia
  • T. Sedlarski, University of Sofia
  • A. Vassilev, University of Sofia
  • B. Yvars, University Montesquieu-Bordeaux IV

Lieux

  • 125 Tzarigradsko chaussee Blvd, Bl. 3 (Université de Sofia)
    Sofia, Bulgarie

Dates

  • dimanche 09 janvier 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • zone euro, divergence économique, mondialisation, croissance économique, compétitivité, crise monétaire et financière, pays de l'Est

Contacts

  • Bernard Yvars
    courriel : yvars [at] u-bordeaux4 [dot] fr

Source de l'information

  • Bernard Yvars
    courriel : yvars [at] u-bordeaux4 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La zone euro sous la double contrainte de la mondialisation et de la divergence économique interne : analyse et remèdes », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 19 novembre 2010, http://calenda.org/202623