AccueilLes recompositions du rapport urbain-rural dans les mobilités de loisirs en Chine au début du XXIe siècle

Les recompositions du rapport urbain-rural dans les mobilités de loisirs en Chine au début du XXIe siècle

Leisure mobilities as the Space of the new Encounter between the Rural and Urban in China at the beginning of the XXI st Century

L'éclatement de la ville sur les campagnes?

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Publié le vendredi 19 novembre 2010

Résumé

Cette journée d’étude invite à poursuivre la réflexion sur le rôle des mobilités du tourisme dans la construction d’une « expérience chinoise de la modernité » qui recompose les paysages, réels et imaginaires, de l’urbanité et de la ruralité selon des modes inédits. Comme toute destination touristique, la « campagne » fréquentée dans le cadre des mobilités de loisirs est un lieu inventé, re-dessiné par les imaginaires et les attentes de visiteurs pour l’essentiel en provenance des zones urbaines. Les formes de la rencontre entre le rural et l’urbain qui se construit dans le temps et l’espace de la fréquentation touristique des lieux (re)façonnés pour la consommation touristique doivent être examinées, particulièrement dans les nouveaux sites où se réalisent ces « désirs d’ailleurs » (campagne, montagne, steppes etc.)

Annonce

L’éclatement de la ville sur les campagnes ? Les recompositions du rapport urbain-rural dans les mobilités de loisirs en Chine au début du XXIe siècle

Journée d’études organisée dans le cadre du Pôle Ville de l’Université Paris-8, en partenariat avec le Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine (CECMC-UMR 8173 Chine Corée Japon/EHESS-CNRS) et le Pôle de Recherches pour l’Organisation et la Diffusion de l’Information Géographique (PRODIG-UMR 8686/ Paris1-Panthéon-CNRS)

Lieu Université Paris-8 Vincennes à St-Denis, Bât A, service de la recherche salle 2278

Date Lundi 6 décembre 2010 (9h15 à 18h)

Si l’on admet que la pratique du tourisme est « une des caractéristiques qui définissent l’homme moderne », le tourisme, envisagé comme lieu d’une expérience concrète de la modernité, offre « la métaphore succincte » à partir de laquelle appréhender la modernité chinoise. Ce postulat d’une relation entre tourisme et modernité doit être reposé à la lumière des situations locales en mutation dans une « Chine en mouvement » profondément remodelée par l’essor des mobilités contemporaines du travail et d’agrément.

Les mobilités de loisirs sont un important vecteur d’une modernité qui impose un regard urbain sur les lieux fréquentés temporairement. Durant les premières décennies qui ont marqué l’envol de l’activité touristique en Chine au début des années 1980, l’approche du tourisme dans les travaux de sciences sociales (principalement en anthropologie et géographie) a surtout porté sur les dynamiques identitaires à l’œuvre dans les lieux du « tourisme ethnique », dans les régions des nationalités minoritaires, particulièrement celles du sud-ouest. La saillance du rôle de l’Etat dans la production des « cultures » réifiées des «minorités ethniques » engageait en effet à mettre au centre de l’observation et de l’analyse les lieux par excellence de la mise en scène de ces « altérités internes ». Cette mise en tourisme des ethnicités minoritaires informe souvent davantage sur les représentations du groupe dominant, porté par une quête d’exotique par laquelle confirmer sa centralité politique et culturelle dans la définition de la nation chinoise moderne.

Cette journée d’étude invite à poursuivre la réflexion sur le rôle des mobilités du tourisme dans la construction d’une « expérience chinoise de la modernité » qui recompose les paysages, réels et imaginaires, de l’urbanité et de la ruralité selon des modes inédits. La « ville » et la totalité des expériences et des images qui lui sont associées, sont devenues le signifiant conquérant d’une condition moderne chinoise contemporaine. L’essor des mobilités touristiques produit « un éclatement de la ville sur les campagnes » qui, sans abolir les distances entre les deux, rogne l’opposition radicale et arbitraire issue des expériences du siècle dernier.

Comme toute destination touristique, la « campagne » fréquentée dans le cadre des mobilités de loisirs est un lieu inventé, re-dessiné par les imaginaires et les attentes de visiteurs pour l’essentiel en provenance des zones urbaines. Les formes de la rencontre entre le rural et l’urbain qui se construit dans le temps et l’espace de la fréquentation touristique des lieux (re)façonnés pour la consommation touristique doivent être examinées, particulièrement dans les nouveaux sites où se réalisent ces « désirs d’ailleurs » (campagne, montagne, bord de mer etc.)

Pour les urbains de la Chine en transition depuis le début des réformes de la fin des années 1970, le rural, sous ses formes localisées diverses, fut longtemps (et le demeure) synonyme de pauvreté, d’un style de vie arriéré. Le développement des flux touristiques encouragés par le développement et le réaménagement du temps des loisirs depuis la fin des années 1990 (re)conduit désormais son lot, chaque année plus nombreux, d’ « urbains » vers des espaces ruraux réaménagés et offerts à la fréquentation touristique sous les étiquettes de « tourisme rural », de « tourisme vert », « bleu », « blanc », « d’écotourisme », de « tourisme environnemental » et d’un « tourisme rouge » aux accents patriotiques. Ces mots nouveaux résonnent comme autant d’espoirs d’expériences inédites qui inscrivent les acteurs sociaux dans le « monde (ré)enchanté » du tourisme, lieu d’une expérience de la modernité partagée à l’échelle universelle

Programme

Matin

9h15-9h30 Accueil

9h30- 10h              Béatrice David, Anthropologue, maître de conférences, département de sociologie, Université Paris-8/ membre associé CECMC : En introduction à la journée d’études. Les sciences sociales, la Chine et ses mobilités de loisirs. Etat des lieux sur les apports d’une rencontre avec un « objet » pas si futile et les promesses des explorations en cours et à suivre

Session I  Désirs de campagnes. Les campagnes réinventées du tourisme rural périurbain 

  • 10h-10h30            Benjamin Taunay, Docteur en géographie, post-doctorant UMR 6590-ESO, Université d’Angers : Les nouvelles marges du tourisme intérieur chinois vers la campagne dans le Sud-Ouest de la Chine

Discutante 10h30-10h-45       Saskia Cousin, Anthropologue, maître de conférence en sociolologie, Université François-Rabelais (IUT de Tours)/ membre du IIAC-LAIOS (Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des organisations sociales)/UMR 8177 EHESS/CNRS

(Pause 15 minutes)

  • 11h-11h30             Emmanuel Veron, Doctorant en Géographie, Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne/ UMR 8586 PRODIG : Le tourisme rural à la périphérie d’une métropole émergente chinoise : l’exemple de Shanghai

Discutant 11h30-11h45          Pal Nyiri, Anthropologue, professeur d’histoire globale, Vrije Universiteit (Université Libre), Amsterdam

  • 11h45-12h15La mobilité en Chine : les loisirs peuvent-ils être une affirmation d’un nouveau statut social ?         Nathalie Claude-Sollier, Doctorante en études chinoises, Université de Provence Aix-Marseille/Institut de Recherches sur le Sud-Est asiatique (IRSEA) : 

Discutante 12h15 -12h30       Elisabeth Alles, Anthropologue, directrice de recherches CNRS et directrice du CECMC-UMR 8173 EHESS-CNRS)

(Fin de la séance du matin. Pause déjeuner 12h30h-14h au CROUS P8)

Après-midi

Session II. Initiatives locales. Inventions et protections patrimoniales

  • 14h-14h30 Caroline Bodolec, Anthropologue, chargée de recherches au CNRS/ CECMC : Le patrimoine culturel immatériel : un outil de valorisation des campagnes par les ruraux. Exemple du musée des arts et traditions populaire de Nianpan (Shaanxi)

Discutant : 14h30-14h 45       Thierry Sanjuan,  Professeur de géographie à l’Université Paris1-Panthéon, directeur de PRODIG/UMR 8586

  • 14h45-15h15                    Ren Yi, Doctorante en socio-économie du développement, CECMC/EHESS : Etude sur l’agriculture de loisir autour du lac Tai : l’exemple de la montagne de l’Est

Discutant : 15h15-15h30h      Pal Nyiri, Professeur d’anthropologie, Vrije Universiteit (Université Libre),      Amsterdam

(Pause. 15h30-15h45)

Session III. Les expériences chinoises de la modernité dans les lieux du tourisme « ethnique » 

  • 15h45-16h15                    Frédérique Guyader, Doctorante en anthropologie, Université de Provence Aix Marseille-I /Institut de Recherches sur le Sud-Est Asiatique (IRSEA) : Le tourisme comme vecteur de modernisation et de mondialisation. Exemple de Lijiang

Discutant : 16h15-16h30        Gilles  Guiheux, Sociologue, professeur à l’Université Paris-Diderot Langues et Civilisations de l’Asie Orientale (LCAO)/UMR 7135 Sociétés en Développement Etudes Transdisciplinaires (SEDET) 

  • 16h45-17h15                    Pascale-Marie Milan, Doctorante en anthropologie, Université Lyon 2-CREA : De la mise en tourisme du « pays des jeunes filles » (Yunnan)

Discutante : 16h30-16h45      Elisabeth Alles , Anthropologue, directrice de recherches /CECMC-UMR EHESS-CNRS 

  • 17h15-17h45                     Aurore Dumont, Doctorante en anthropologie, EPHE/Centre de Recherches sur les Civilisations de l’Asie Orientale/UMR 8155-CRCAO): Du tourisme ethnique aux pratiques eco-culturelles chez les Evenks éleveurs de rennes : l’émergence de l’écotourisme dans le nord-est de la Mongolie-Intérieure

Discutante : 17h45-18h          Béatrice David, Anthropologue, maître de conférences au département de sociologie, Université Paris-8/CECMC

(Fin de la session de l'après-midi)

Film: 18h30-20h30    Bât D Amphi D002

A l'issue de cette journée d’étude, projection du film documentaire du poète et réalisateur tibétain Jangbu (Chenaktsang Dorje Tsering) : «Kokonor, un lac tibétain en sursis » (2008, 52', vostf.) La projection sera suivie d'une discussion en présence du réalisateur, avec la participation de la co-traductrice du film, Françoise Robin, tibétologue, maître de conférences à l’INALCO.

Le lac salé Kokonor s’étend sur plus de 3000 km2, à une altitude de 3200 mètres dans la province du Qinghai en République populaire de Chine. Depuis toujours connu comme lac sacré, Kokonor est devenu dans les années 1960 une célèbre base de recherche militaire accueillant les essais de la première bombe atomique chinoise. Aujourd'hui, Kokonor est une station balnéaire très prisée par les touristes chinois fuyant les chaleurs des plaines. Chenaktsang Dorje Tsering (Jangbu) réalisateur tibétain originaire de la région donne la parole aux personnes qui vivent autour du lac: nomades tibétains, parents et enfants, immigrés chinois ... Sa sensibilité d'écrivain et poète réussit à capter l'invisible, l'indicible et fait de ce film un témoignage troublant.

Lieux

  • Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (Bâtiment A - 1er étage salle 2278 service de la recherche. Métro ligne 13 arrêt terminus Université)
    Saint-Denis, France (93)

Dates

  • lundi 06 décembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • tourisme, loisirs, Chine, anthropologie

Contacts

  • Béatrice David
    courriel : bdavid [at] univ-paris8 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Béatrice David
    courriel : bdavid [at] univ-paris8 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les recompositions du rapport urbain-rural dans les mobilités de loisirs en Chine au début du XXIe siècle », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 19 novembre 2010, http://calenda.org/202624