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Subculture musicale

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La musique pratiquée aux marges

Music in the margins

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Publié le mercredi 24 novembre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Comment penser ces pratiques musicales en marge, alternatives ou underground ? Quels problèmes ces musiques posent-elles aux méthodologies propres à la musicologie et à l’ethnologie ? Quelles sont leurs particularités, leurs limites, leurs fonctions sociales et musicales ? Comment interpréter la notion de subculture musicale avancée par les cultural studies anglo-saxonnes ? Ce mouvement épistémologique – la reconnaissance du minoritaire dans la constitution des savoirs fondamentaux – nécessite d’être précisé et approfondi, et tel sera l’objectif de ces journées d’étude, en confrontant différentes perspectives artistiques et sociales.

Annonce

18-19 mars 2011, Strasbourg

Subculture musicale
La musique pratiquée aux marges

Journées d’étude / Appel à communication

Organisation : Kévin Jost (EA 3402 : Approches contemporaines de la création et de la réflexion artistiques ) et Nicolas Koenig (EA 1334 : Centre de recherches et d'études en sciences sociales )

Université de Strasbourg
18 et 19 Mars 2011

Comité d’organisation :

Nathalie Hérold, Kévin Jost, Nicolas Koenig, Pierre Michel, Amélie Pavard, Stéphane Roth, Roger Somé, Éric Tape-Daleba

Argumentaire

La notion de « subculture », dans sa définition minimale, caractérise un phénomène social né d’une opposition partielle ou systématique (cas de la contre-culture) à l’ordre dominant. Les groupes sociaux associés à la notion sont pour leur part caractérisés par des aspects revendicatifs, projectifs ou contestataires, mais également par le « style » (ainsi que l’analyse Dick Hebdige) de leurs membres. Swing kid, hippie, beatnik, punk, romo, juggalo, blitz kid, riot grrrl, crusty, filk, freak, emo, goth et cybergoth : la recrudescence des subcultures depuis l’après-guerre, la multiplication des appellations et du lexique sous-jacent, la singularité des pratiques et l’omniprésence de la relation musicale – qui semble constituer l’un des invariants les plus significatifs des subcultures – se doivent désormais d’être pensées, notamment du point de vue musical si l’on conçoit la musique comme un élément fondamental des formes de vie modernes.

Quel est le sens des différentes expressions de ces pratiques « marginales » – ainsi qu’on les qualifie couramment – qui, par la réappropriation de codes divers, sont amenées à devenir des figures du commun (comme le sont désormais le hippie ou le punk). Dès lors que le fait musical est envisagé comme reflet d’une condition sociale ou idéologique, les caractéristiques proprement musicales – à la fois sur le plan de la forme et du contenu – peuvent contribuer à la compréhension et à la reconnaissance des phénomènes culturels auxquels elles s’associent.

En ce sens, et afin de saisir toutes les implications à l’oeuvre, les valeurs dont les acteurs des subcultures musicales sont porteurs nécessitent d’être analysées en profondeur.

Les « non-lieux » dans lesquels ces groupes évoluent symbolisent une certaine réticence des structures de pouvoir à les prendre en considération : la discipline musicologique aura bien souvent passé outre ce type de manifestations, en se cantonnant aux musiques dominantes de tel ou tel cadre historique, géographique et culturel.

De même, malgré une approche holistique quant à la place et au rôle de la musique dans les sociétés, l’ethnomusicologie montre toujours quelques réticences face aux subcultures, notamment celles relatives au métissage. Cet état de fait conduit, d’une part, à sonder les limites de la musicologie et de l’ethnomusicologie, et d’autre part à évaluer des approches susceptibles de répondre aux problématiques posées par les subcultures musicales. Ainsi, par le prisme des marges, l'ensemble des pratiques musicales sera interrogé, au profit de théories ouvertes et de méthodologies renouvelées : vers une musicologie alternative.

Comment penser ces pratiques musicales en marge, alternatives ou underground ? Quels problèmes ces musiques posent-elles aux méthodologies propres à la musicologie et à l’ethnologie ? Quelles sont leurs particularités, leurs limites, leurs fonctions sociales et musicales ? Comment interpréter la notion de subculture musicale avancée par les cultural studies anglo-saxonnes ?

Ce mouvement épistémologique – la reconnaissance du minoritaire dans la constitution des savoirs fondamentaux – nécessite d’être précisé et approfondi, et tel sera l’objectif de ces journées d’étude, en confrontant différentes perspectives artistiques et sociales.

AXES DE RÉFLEXION

Relation culture en marge/culture dominante : L’idée de « culture en marge » sous-entend-elle une opposition ntre deux cultures ? Comment une culture marginalisée s’oppose-t-elle à une culture dominante ? Une subculture est-elle nécessairement en marge ? Et surtout, en quoi cela agit-il sur la musique ?

Processus identitaires : En quoi une musique représente-t-elle une culture ? Quelles sont les modalités d’appartenance au groupe dans le cas de pratiques musicales marginales ? Quelles sont les déterminations à la base de leur réception ? Peut-on parler de « public » pour ces musiques ?

Subculture et musicalité : Comment l’identité d’un groupe social défini comme subculturel rejaillit-elle dans le matériau musical ? À l’opposé, comment l’expression musicale est-elle mobilisée pour défendre, afficher les valeurs de cette subculture ?

Subculture musicale et cadre historique : L’étude des subcultures musicales se référant souvent à des phénomènes des XXe et XXIe siècles, doit-on en déduire que ces alternatives sont strictement contemporaines ?

Existe-t-il des subcultures musicales historiques ?

Écrire l’histoire des pratiques en marge : En quoi les démarches historiennes et analytiques excluent-elles certains faits musicaux et sous quelles conditions peuvent-elles les réhabiliter ? Au regard des cultural studies, nous trouvons-nous aujourd’hui dans une phase spécifique de la sélection historique ?

Économies alternatives : Quelles sont les économies disponibles aux créations musicales situées en marge ?

Comment envisager l’édition de ces musiques, leur diffusion, leur production, et les technologies s’y rapportant ? Et par ailleurs, en quoi un réseau de communication global – Internet (et avant cela, peut-être, le disque) – configure-t-il l’accès à ce type de musique ?

Protestation et engagement politique : Quels sont les moyens pour les artistes de rendre public et de transmettre leur engagement politique ? Quel rôle la musique joue-t-elle dans l’expression des conflits sociaux ? A contrario, les subcultures sont-elles véritablement porteuses d’un message ou d’un programme politique ? La musique en porte-t-elle les traces ?

Censure/auto-censure : Quel est le rôle de la censure sur le processus de marginalisation de certaines musiques ou de certains artistes ? Quelles sont les stratégies de contournement ou de subversion mises en oeuvre face à de telles contraintes ?

FORMAT DES PRÉSENTATIONS

Communications individuelles

Les communications individuelles pourront être présentées en français, ou en anglais, et dureront environ 45 minutes, suivies de 15 minutes de discussion. Les propositions devront inclure un titre provisoire, ainsi qu’un résumé de l’intervention comportant au maximum 400 mots.

Tables rondes

Les tables rondes d'une durée maximale de deux heures comporteront quatre à cinq intervenants. Les propositions ne dépasseront pas 800 mots.

Merci d'envoyer toute proposition en format PDF avec un CV à l’adresse suivante : subculture.musicale@gmail.com

Calendrier

Remise des propositions : 20 décembre 2010

Réponse des organisateurs : 15 janvier 2011
Journées d’étude : 18 et 19 mars 2011

Lieux

  • Strasbourg, France

Dates

  • lundi 20 décembre 2010

Fichiers attachés

Source de l'information

  • Amélie Pavard
    courriel : subculture [dot] musicale [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Subculture musicale », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 novembre 2010, http://calenda.org/202657