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Au nom de l'art

In the Name of Art

Enquête sur le statut ambigu des appellations artistiques de 1945 à nos jours

Investigation on the ambiguous status of generic artistic names from 1945 to now

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Publié le vendredi 26 novembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Ce colloque souhaite se pencher sur le statut ambigu des appellations artistiques depuis 1945 jusqu'à nos jours. Il questionnera aussi bien les étiquettes comme « Pop Art », « Art conceptuel » ou « Esthétique relationnelle », qui sont souvent présentées comme des « mouvements », que les diverses configurations (groupes, collectifs, entreprises...) comme Fluxus, Présence Panchounette ou Société Réaliste. Il s'agira de s'interroger sur les rapports compliqués qu'entretiennent les artistes avec les notions de communauté et de style, autrefois intrinsèquement liées dans le projet des avant-gardes historiques

Annonce

Au nom de l'art. Enquête sur le statut ambigu des appellations artistiques de 1945 à nos jours

Lundi 30 mai – Mardi 31 mai 2011
Université Paris I-Hicsa
à l’INHA
Sous la direction de Katia Schneller et Vanessa Théodoropoulou

« Expressionnisme Abstrait », « Pop Art », « Art Minimal », « Art Conceptuel », « Art Corporel », « Land Art », « Néo-dada », « Nouveau Réalisme », « Néo-Expressionnisme », « Young British Artists », « Esthétique relationnelle » … Cette litanie d'étiquettes nous est présentée dans les salles de musée et les manuels d’histoire de l’art contemporain comme les différents « mouvements », qui ordonneraient la création de la deuxième moitié du XXème siècle. En dépit de leur succès dans la vulgate de l’art contemporain, le statut de ces termes reste incertain, voire problématique.
Si les spécialistes s’accordent sur la difficulté qu’ils rencontrent dès qu’il s'agit de les définir, les artistes qu’ils sont sensés regrouper n'hésitent pas à les rejeter, estimant qu’elles réduisent leur travail. Bien que l'historicisation de ces étiquettes semble sous-entendre une reconduction du projet des avant-gardes historiques, leur statut ambigu (style, période, projet esthétique, label ou technique de marketing?) participe à la mutation profonde à la fois du fonctionnement du système (marché, institution, critique) et de la nature des intentions créatrices.
Parallèlement à l'élaboration de ces étiquettes, un phénomène contigu s'est développé: un grand nombre de configurations (groupes, collectifs, coopératives, entreprises etc.) de l’Internationale situationniste et Fluxus, à Présence Panchounette, Group Material, Superflex, Temporary Services, The Yes Men, Société Réaliste, ou encore etoy.Corporation, sont apparues sur la scène artistique. A l'inverse des étiquettes mentionnées précédemment, leurs noms signalent une identité voire une intention commune, sans nécessairement suggérer l'élaboration d'une nouvelle esthétique. Si ces configurations, en tant qu'identités collectives autodéterminées, semblent s'inscrire dans le legs politique des avant-gardes, elles le redéfinissent radicalement.
Au lieu de s’arrêter au constat de ce double héritage paradoxal du phénomène avant-gardiste nous souhaiterions l'interroger. Quelle réalité recouvre la nature ambigüe des étiquettes de la deuxième moitié du XXe siècle ? Que révèle la prolifération de « collectivités » s'appropriant différents modèles de structuration ? Que cela permet-il de comprendre des relations problématiques existant entre les notions de modernisme et d'avant-garde? En interrogeant ces différentes appellations, ce colloque se penchera sur les rapports compliqués qu'entretiennent les artistes avec les notions de communauté et de style, autrefois intrinsèquement liées dans le projet des avant-gardes historiques. Il se divisera pour ce faire en deux journées: une première consacrée aux étiquettes, une seconde aux groupes.

Les propositions d’une longueur de 400 mots maximum en français ou en anglais pourront essayer de répondre aux questions suivantes:

  • La négation de ces étiquettes est-elle révélatrice du développement d'un individualisme? Et si oui, comment le comprendre? Témoignerait-il d'un rejet de la dimension politique de l'avant-garde?
  • Ces étiquettes désignent-elles des périodes, styles ou labels? Comment peut-on envisager le glissement de l'une de ces fonctions à une autre?
  • Comment une étiquette réussit-elle à s'imposer et supplanter les autres étiquettes concurrentes?
  • Que révèle le choix de soumettre son identité personnelle à une identité commune ? Que peut-on apprendre du fait de revendiquer ou de rejeter un nom générique?
  • Quelles sont les stratégies de communication et de manifestation de ces groupes? Comment se distinguent-elles par rapport à celles des avant-gardes historiques?
  • Que cela signifie-t-il par rapport au positionnement politique des artistes face au réel ou à l'ordre symbolique dominant? Quel type d'ordre alternatif cela produirait-il?
  • Comment les groupes redéfinissent-ils la notion d'engagement dans le domaine artistique?
  • Comment ces formations brisent-elles ou élargissent-elles des notions telles que la collectivité, la communauté ou la subjectivité? Comment les représentent-elles et les mettent-elles en pratique?
Les propositions devront être envoyées avec un Curriculum Vitae d’une page avant le 15 janvier 2011 à Katia Schneller et Vanessa Théodoropoulou à l’adresse : aunomdelart.lecolloque@gmail.com

In the Name of Art. Investigation on the ambiguous status of generic artistic names from 1945 to now

Monday 30th May – Tuesday 31st May 2011
Université Paris I-Hicsa
At the INHA
Organized by Katia Schneller and Vanessa Théodoropoulou

"Abstract Expressionism," "Pop Art" "Minimal Art," "Conceptual Art," "Body Art," "Land Art," "Neo dada," "Nouveau Réalisme," "Neo-Expressionism," "Young British Artists," "Relational Aesthetics." This litany of labels is presented in the modern and contemporary art museums and syllabi, as the different "movements" that have dominated the artistic production of the second half of the 20th century. Despite their success in the contemporary art vulgate, the status of these terms remains uncertain, or even problematic.
If the specialists agree on the difficulty that occurs each time they attempt to define them, the artists that they are supposed to regroup, don't hesitate to reject them, as they consider that they reduce their work. While the historiography of these labels seems to imply the renewal or repetition of the so called "historical avant-garde” project, their ambiguous status (style, period, aesthetic project, label or pure marketing strategy?) participate in the profound mutation of the art system, of the way it functions (market, institution, critique) and of the nature of its creative intentions.
In parallel with the elaboration of these labels, a contiguous phenomenon has developed: a great number of configurations (groups, collectives, cooperatives, enterprises etc.), from the Situationist international and Fluxus, to Présence Panchounette, Group Material, Superflex, Temporary Services, The Yes Men, Société Réaliste, or even etoy.Corporation, has entered the artistic scene. Conversely to the labels mentioned above, their names imply an identity or some kind of shared intention, not necessarily related to the elaboration of a new aesthetic. If these configurations, as auto-determined collective identities, seem to integrate the political legacy of the avant-garde, they radically redefine it.
Instead of only acknowledging the paradoxical double legacy of the avant-gardist phenomenon, we would like to question it. What does the ambiguous nature of the labels that appeared in the second half of the 20th century reveal? What means the proliferation of "collectivities" adopting different forms of structure ? How do these phenomena allow us to reconsider the problematic relationship between modernism and avant-garde? By interrogating these different generic names, the aim of this symposium is to investigate the complicated relationships that artists maintain with notions of community and style, once intergraded in the historical avant-garde's project. The symposium will therefore be divided in two days : a first one dedicated to labels and a second one to groups.

Propositions of a 400 words maximum in French or English could address the following questions :

  • Is the rejection of these labels related to the development of individualism ? And if this is the case, how can we understand it ? Is it the sign of a desire to reject the political aspect of the avant-garde ?
  • Do these names designate periods, styles, or labels ? How can we understand the sliding from one function to another one ?
  • How does a label succeed to establish itself over other rival labels ?
  • What does the choice to submit one’s personal identity to a common identity mean ? What can we learn from the claim or the rejection of a generic name ?
  • What are the strategies of communication and expression of these groups ? How do they distinguish themselves from the ones used by the historical avant-gardes ?
  • What can this situation mean about the political positioning of artists within reality or the dominant symbolic order ? Which type of alternative orders do they try to produce ?
  • How do groups redefine the notion of commitment in the artistic field ?
  • How do these formations break or enlarge notions such as community or subjectivity ? How do they represent them or put them in practice?
Propositions along with an one-page Curriculum Vitae should be submitted before January 15, 2011 to Katia Schneller and Vanessa Theodoropoulou to the following address : aunomdelart.lecolloque@gmail.com

Lieux

  • 2 rue Vivienne, (INHA)
    Paris, France

Dates

  • samedi 15 janvier 2011

Mots-clés

  • appellation, étiquette, nom, art, 1945 à nos jours, avant-garde

Contacts

  • Katia Schneller
    courriel : katia [dot] schneller [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Katia Schneller
    courriel : katia [dot] schneller [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Au nom de l'art », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 26 novembre 2010, http://calenda.org/202708