AccueilLa prévention précoce en question

La prévention précoce en question

Premature Prevention in Question

Revue Nouvelles pratiques sociales

Nouvelles pratiques sociales journal

*  *  *

Publié le mercredi 01 décembre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Cet appel de contributions est lancé à la suite de quatre soirées d’échanges et de débats sur la prévention précoce tenues en octobre 2010 à Montréal, Sherbrooke et Longueuil. Ont participé à ces échanges et débats des représentants du collectif Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans !, des chercheurs québécois ainsi que des praticiens des milieux communautaires (associatifs), scolaires et du secteur de la santé et des services sociaux. Si cet appel de contributions s’adresse en premier lieu aux conférenciers associés à ces soirées, nous proposons d’élargir celui-ci à d’autres auteurs du Québec, de France et d’ailleurs qui ont développé des points de vue critiques sur la prévention précoce des problèmes de comportement et de la violence chez les enfants et les jeunes.

Annonce

LA PRÉVENTION PRÉCOCE EN QUESTION

Cet appel de contributions est lancé à la suite de quatre soirées d’échanges et de débats sur la prévention précoce tenues en octobre 2010 à Montréal, Sherbrooke et Longueuil. Ont participé à ces échanges et débats des représentants du collectif Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans!, des chercheures et chercheurs québécois ainsi que des praticiennes et praticiens des milieux communautaires, scolaires et du secteur de la santé et des services sociaux. Si cet appel de contributions s’adresse en premier lieu aux conférenciers associés à ces soirées, nous proposons d’élargir celui-ci à d’autres auteurs du Québec, de France et d’ailleurs qui ont développé des points de vue critiques sur la prévention précoce des problèmes de comportement et de la violence chez les enfants et les jeunes.

Depuis l’implantation québécoise du Programme de soutien aux jeunes parents (PSJP) en 2000, devenu par la suite le Programme de services intégrés en périnatalité et petite enfance (PSIPPE), et plus récemment, en 2009, la Loi instituant le fonds pour le développement de l’enfant, soit un partenariat public-privé (PPP) avec la Fondation Lucie et André Chagnon, sans parler de l’accent mis sur la maturité scolaire par la Santé publique, de plus en plus d’acteurs sociaux expriment leur inquiétude devant ce type de pratiques. En fait, l’origine de ces programmes et les idées qui fondent leur orientation sont souvent méconnues et peu interrogées en regard des visions du monde et du développement humain qu’elles véhiculent. Les types de savoir au fondement de plusieurs de ces programmes sont alimentés par des approches scientifiques relayées par les neurosciences, l’écologie du développement, l’épigénétique ou l’éthologie du comportement, laissant peu de place au débat social et aux points de vue divergents sur le sens de l’intervention auprès des familles et des jeunes enfants . Au-delà des différences d’orientation théorique, les chercheurs adoptant ces angles d’approche ont tous l’ambition de prédire et de modifier le cours de l’évolution du développement humain à partir d’une connaissance dite universelle des lois comportementales de ce même développement, et ce, dans une perspective de prévention des risques allant de la grossesse jusqu’à la vie adulte . L’objectif commun visé par ces approches est l’adaptation sociale des individus à leur environnement dans une perspective économique d’activation sociale et de réduction des coûts de système.

En effet, une tendance forte se dessine où seule « la science » serait autorisée à dire le besoin des personnes visées par les programmes étant donné que son degré de légitimité serait plus élevé ou moins contesté que celui associé aux simples perceptions des « clients », des intervenants ou des gestionnaires. C’est aussi le constat de nombreux professionnels de l’enfance et des familles en France qui, à la suite de la publication en 2005 d’un rapport d’expertise par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), voient cette approche canadienne de la prévention tenter de s’imposer comme une évidence dans leur pays . Dès 2006, un collectif appelé Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans! a d’ailleurs été mis sur pied en France afin d’ouvrir un débat démocratique sur ce type d’approche préventive . Ce mouvement citoyen s’oppose clairement aux visées prédictives de ce type d’approche et met plutôt de l’avant une approche qu’il désigne de « prévenante », favorisant l’accompagnement des parents et non le contrôle de leurs compétences. Les approches positivistes de la prévention précoce semblent s’étendre à l’échelle internationale par la voie d’un groupe d’experts qui influencent lourdement des organisations telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale . Le débat dépasse donc largement les enjeux locaux et régionaux.

Au Québec, la plupart des analyses critiques récentes exprimées par les organisations sociales ont surtout traité des questions de légitimité politique et d’imputabilité d’un acteur privé tel que la Fondation Lucie et André Chagnon, de non-reconnaissance aussi par l’État des organismes communautaires et de leur financement nécessaire. S’il importe d’interroger le rôle des fondations dans la mise en place des ces programmes, et ce, dans le contexte international des transformations politiques de la gouvernance étatique , il est non moins important de développer une critique des idéologies du développement humain qui sont à l’œuvre dans ce type de prévention et des types de pratique clinique qui s’exercent dans ce domaine. Quelles visions du développement de l’enfant mobilise-t-on dans ces programmes? Quelles pratiques cliniques ces visions induisent-elles ? Quelle place accorde-t-on aux familles et aux professionnels dans ce type de pratiques? Quelles sont les hypothèses scientifiques à la source de la conception de ces programmes ? À quels modes de connaissance recourt-on pour élaborer une représentation scientifique de la prévention précoce? Quelles sont les visées politiques de ces programmes et quel le contexte qui a favorisé leur émergence ?

Pour répondre à ces questions, nous invitons des chercheurs et des professionnels de la petite enfance au Québec, en France et ailleurs à croiser leurs regards de façon à mieux comprendre ce qui se joue à l’intérieur et au-delà des enjeux nationaux. Ce numéro thématique veut également nourrir le débat de réflexions d’intervenantes et d’intervenants du monde de l’éducation, de la santé et de l’action communautaire (associative) portant sur les enjeux théoriques, éthiques, politiques et cliniques de la prévention précoce, et ce, en respectant le pluralisme des points de vue qui peinent à s’exprimer publiquement. Finalement, au nombre des sous-thèmes qui pourront être explorés, mentionnons :

  • Le rôle joué par la recherche et la science dans la construction sociale de l’idée de prévention précoce. Clarification des épistémologies concurrentes et complémentaires.
  • Présentation des programmes et mise en contexte historique de leur émergence.
  • La problématique de la violence et la petite enfance. Interprétations du phénomène et dérives scientistes.
  • Les visions du développement humain et de l’enfance véhiculées par les programmes de prévention précoce.
  • Les enjeux éthiques entourant les tests de dépistage et les outils techniques d’appui à la clinique.
  • Les questions cliniques posées par la prévention précoce.
  • Des visions différentes du développement de l’enfant et des pratiques de prévention alternatives à la prévention précoce positiviste.
  • Les enjeux politiques et de gouvernance associés au développement de programmes de prévention précoce.
  • La place des familles et des professionnels dans les programmes de prévention précoce (communautaire, scolaire, sociosanitaire, etc.).

Les manuscrits doivent être soumis avant le 15 mars 2011 par courrier électronique à Nouvelles pratiques sociales (nps@uqam.ca).

Pour toute question relative à ce numéro thématique, les auteures et auteurs sont invités à communiquer avec les responsables :

  • Michel Parazelli, professeur à l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) et directeur de la revue Nouvelles pratiques sociales (NPS) : (514) 987-3000 (poste 2746) ou parazelli.michel@uqam.ca
  • Sylvie Lévesque, directrice générale de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) : (514) 729-6666 ou fafmrq.sylvie@videotron.ca
  • Carol Gélinas, coordonnatrice au Regroupement des organismes communautaires famille de Montréal (ROCFM) : (514) 279-3489 gelinas.carol@courrier.uqam.ca

Vous trouverez le guide pour la présentation des articles dans la revue et vous pouvez le consulter sur notre site Web (http://www.nps.uqam.ca/appel/guide.php); toutefois, nous précisons déjà qu’aucun article ne devra dépasser 35 000 caractères (espaces compris), notes, bibliographie et tableaux inclus.

Lieux

  • Nouvelles pratiques sociales, Université du Québec à Montréal, Case postale 8888, succursale Centre-ville
    Montréal, Canada

Dates

  • mardi 15 mars 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • pratique, intervention, travail, social, prévention, précoce, dépistage, INSERM, enfant, jeune

Contacts

  • Michel Parazelli
    courriel : parazelli [dot] michel [at] uqam [dot] ca
  • Sylvie Lévesque
    courriel : fafmrq [dot] sylvie [at] videotron [dot] ca
  • Carol Gélinas
    courriel : gelinas [dot] carol [at] courrier [dot] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Etienne Legault
    courriel : nps [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« La prévention précoce en question », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 01 décembre 2010, http://calenda.org/202744