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La vacance

Vacancy

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Publié le vendredi 03 décembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Cet appel à contributions concerne une journée d’étude organisée par la revue des doctorants en lettres, langues et arts de l'université de Provence consacrée à la thématique « La vacance ». Cette journée, qui se veut pluridisciplinaire, aura lieu le mercredi 16 février 2011. Les propositions d’intervention (environ 500 mots, hors notes de bas de page) sont à soumettre avant le mercredi 15 décembre 2010 à e-lla@univ-provence.fr. La publication des actes se fera dans le quatrième numéro d’e-LLA qui paraîtra en juin 2011.

Annonce

La vacance exprime au sens large le vide laissé par un espace ou un temps suspendu, vide (vacuum) destiné à être – ou ne pas être – occupé avant que le cours des choses ne reprenne. Il y a une latence de ce qui est laissé vacant. Ce nouveau numéro d'e-LLA articulera ainsi la vacance autour des deux grands axes que sont l’espace et le temps.
La vacance ouvre un espace de disponibilité et pose la question de l’économie de nos loisirs, du souci ou du soin pris à occuper cet intervalle de temps entre l’impératif du travail et la liberté d’agir, de penser ou de se divertir. L’opposition latine entre otium et negotium marque cette ambivalence que l’on retrouve dans le terme grec skholè qui désigne, en l’étude, un temps libéré du travail servile et consacré à la formation de l’esprit. Car « pour l’esprit, il faut du temps perdu », disait Paul Valéry ; le vain, le vague, le vide bien souvent envisagés sous l’angle négatif sont aussi les compagnons de tout travail de la pensée vagabonde et de toute création artistique. Entre temps et espace, la vacance est ambiguë voire paradoxale : source de liberté, de créativité, elle cristallise aussi l'angoisse, le manque, le déséquilibre.
Existe-t-il une axiologie de la vacance, une bonne ou une mauvaise façon d'occuper un temps et un espace en suspens ? En quoi la vacance – celle du pouvoir, d’une rupture dans l’organisation de nos sociétés, de l’ordre formel et rythmique dans l’usage de la langue ou dans les processus de création artistique – nous impose-t-elle un arrêt, une respiration, une amorce de mouvement ?

C’est dans un souci de pluridisciplinarité que nous souhaitons élaborer cette réflexion, aussi les pistes que nous vous proposons ne prétendent en aucun cas à l’exhaustivité mais offrent simplement quelques entrées possibles.

La vacance comme espace de création

Toute création artistique nécessite l’ouverture d’un espace et d’un temps singuliers que la vacance inaugure. Que dire alors de l’angoisse de la page blanche, de l’espace vierge dont le silence et l’immensité effraient ? Quand bien même la nature aurait horreur du vide, ce dernier est pourtant la condition sine qua non pour que quelque chose ait lieu (« l’espace vide » installe l’expérience théâtrale pour Peter Brook).
De la même façon, l’œuvre inachevée peut s’avérer être, dans l’incomplétude ou l’impossibilité d’atteindre le but fixé, la quête et presque la fin de toute tentative de représentation (comme chez Giacometti, par exemple) ou bien l’obsession créatrice poussée jusqu’à son terme (le personnage de Claude dépeint par Zola dans L’Œuvre et en qui Cézanne avait pu se reconnaître). Où et quand commence et finit l’œuvre ?
La vacance peut également être envisagée comme un parti pris, une composante formelle choisie par l’artiste qui joue de son médium. La disparition de Georges Perec ou Les contes sans qui ni que de Henry de Chenevières usent du lipogramme, cette fameuse contrainte linguistique qu’un auteur peut imposer à son texte et qui signe l’absence totale et assumée d’une lettre voire d’un pronom. Cette référence oulipienne nous renvoie à la grande question de la forme et du fond dans la création artistique, de la balance du vide et du plein.

Entre renouveau et reconstruction

Dans une perspective plus historique, il est possible de s’interroger sur la vacance comme espace-temps de transition et de rupture tantôt tragique, tantôt salvateur. La vacance est alors le lieu de tous les possibles. Que se passe-t-il lorsqu’une charge ou une fonction (politique, sociale) restent sans titulaire à la suite d’une crise, d’une guerre, d’une reddition, d’une révolution ? Le vacuum politique appelle une reconstruction, une renaissance. La république des Pères Fondateurs, le visage de l’Allemagne d’après-guerre ou encore le transfert de souveraineté à un gouvernement irakien : du vacuum doit ressurgir un ordre nouveau. Mais ce renouveau est source de débat : sur quelles bases reconstruire ? Quel modèle de société ou quel modèle économique mettre en place ?

Pour une économie de l’espace et du temps

Dès l'Antiquité et la division du temps du citoyen en otium et negotium, la vacance est investie par des valeurs axiologiques qui hiérarchisent les loisirs, ce temps dont on dispose à sa guise. Du discours sur les loisirs et leur honnêteté dans les traités d'éducation, notamment à l'usage des femmes, à l'oisiveté érigée en art de vivre du dandy, en passant par le divertissement pascalien, la vacance est tout à la fois un problème éthique et économique. La révolution industrielle, l’organisation du temps de travail, l’avènement de la société capitaliste puis informationnelle ont permis aux loisirs de se développer et de devenir ainsi synonymes de consommation, d’un temps libre qui subit à son tour l’exigence de rentabilité. La question qui se pose alors est celle d’une véritable économie de notre usage de l’espace et du temps.

Cet appel à contributions concerne une journée d’étude consacrée à La vacance qui aura lieu le mercredi 16 février 2011. La publication des actes de cette journée se fera dans le quatrième numéro d’e-LLA qui paraîtra en juin 2011.

Les propositions d’intervention (20 minutes) sont à soumettre avant le mercredi 15 décembre 2010 à e-lla@univ-provence.fr.

Elles contiendront environ 500 mots, hors notes de bas de page. Les auteurs souhaitant publier dans e-LLA à la suite de leur intervention auront un mois et demi pour rédiger leur article (entre 20 et 30 000 caractères au format Word).
Les consignes aux auteurs ainsi que les précédents numéros de la revue sont consultables et téléchargeables sur le site d’e-LLA :
http://e-lla.univ-provence.fr/

Le comité de lecture de la revue e-LLA est composé de :

  • Jean ARNAUD (MCF, LESA),
  • Doriane BIER (Allocataire-Monitrice, CIELAM),
  • Myriam CHASSERIEAU (Allocataire-Monitrice, LERMA),
  • Audrey COUSSY (Doctorante, LERMA),
  • Claire DAVISON PÉGON (PR, LERMA),
  • Noël DUTRAIT (PR, LEO2T),
  • Jean Raymond FANLO (PR, CIELAM),
  • Julie FABRE (Doctorante contractuelle - LESA),
  • Audrey GILLES-CHIKHAOUI (Doctorante contractuelle - CIELAM),
  • Karl Heinz GÖTZE (PR, ÉCHANGES),
  • Grégoire LACAZE (ATER, LERMA),
  • Delphine SCHNEIDER (Allocataire-Monitrice, LERMA).

Lieux

  • 29, avenue Robert Schuman (Université de Provence Lettres et Sciences Humaines)
    Aix-en-Provence, France

Dates

  • mercredi 15 décembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • vacance, loisir, temps libre, espace vacant, journée d'étude

Contacts

  • Julie Fabre (pour la revue e-LLA) ~
    courriel : e-lla [at] univ-provence [dot] fr

Source de l'information

  • Julie Fabre
    courriel : julie_fabre [at] ymail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La vacance », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 03 décembre 2010, http://calenda.org/202765