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Améliorer la connaissance des pratiques des parents employeurs d’assistantes maternelles et de gardes d’enfant à domicile

Parental Employers of Childcare Assistants at Home and Practices

Appel à projets de recherche publié par la Fédération des particuliers-employeurs de France

Call for research projects from the Fédération des Particuliers-Employeurs de France

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Publié le mercredi 08 décembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

L’observatoire de la Fédération des particuliers-employeurs de France (FEPEM), avec le soutien scientifique de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), a souhaité lancer cet appel à projets de recherche pour mieux connaître, au-delà des données de cadrage chiffrées dont elles disposent, les relations d’emploi spécifiques parent employeur/assistante maternelle et parent employeur/ garde d’enfant à domicile, avec des analyses distinctes pour le cas de la garde simple et celui de la garde partagée. Les propositions sont à envoyer par mail au plus tard le 11 février 2011 à l’adresse suivante : observatoire@fepem.fr;

Annonce

 APPEL À PROJETS DE RECHERCHE FEPEM avec le soutien scientifique de la CNAF

En France, la majorité des enfants de moins de 3 ans bénéficiant d’un mode d’accueil formel sont accueillis au domicile d’une assistante maternelle. Les deux tiers des couples actifs ayant des enfants en bas âge ont recours à ces professionnelles,[1] soit près d’un million de parents en situation d’employeurs (IRCEM, 2008) et un peu plus de 300 000 salarié(e)s en activité. Avec près de 95 000 parents concernés et 112 600 salarié(e)s[2], la garde d’enfant à domicile connaît, elle aussi, en particulier dans la région Ile-de-France, une progression constante (nombre de parents, de salarié(e)s, d’heures travaillées et masse salariale versée). Pour autant, les besoins et les pratiques des parents en situation d’employeurs demeurent peu étudiés. Or on peut supposer que le cadre d’exercice privé génère des pratiques particulières qui diffèrent selon que l’emploi est exercé au domicile des parents (garde d’enfant à domicile) ou au domicile de la professionnelle (assistante maternelle). La rareté des travaux contribue à maintenir dans l’ombre les ressorts spécifiques de ce type d’emplois et des relations qu’ils génèrent.

L’Observatoire de la Fédération des Particuliers-Employeurs de France (FEPEM), avec le soutien scientifique de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), a souhaité lancer cet appel à projets de recherche pour mieux connaître, au-delà des données de cadrage chiffrées dont elles disposent, les relations d’emploi spécifiques parent employeur/assistante maternelle et parent employeur/ garde d’enfant à domicile, avec des analyses distinctes pour le cas de la garde simple et celui de la garde partagée.

Deux axes d’investigation structurent cet appel à contribution.

Par souci de lisibilité, nous présentons ces deux axes séparément mais il est entendu qu’ils sont liés :

  • Le premier axe porte sur les représentations que se font les parents de leur rôle d’employeur. 
  • Le second axe renvoie aux pratiques des parents qui emploient une assistante maternelle ou une garde d’enfant à domicile, le but étant ici de mettre au jour les capacités associées à ce rôle d’employeur (savoir être, savoir faire, compétences, qualifications etc).

Les projets ne doivent pas nécessairement répondre à l’ensemble des questions posées, mais proposer, sur la base de ces questions, une problématique singulière.

 

(i) Les représentations que se font les parents de leur rôle d’employeur 

Lorsque le mode d’accueil choisi ou obtenu pour le(s) enfant(s) est la garde à domicile ou l’accueil par une assistante maternelle, les parents deviennent légalement des employeurs. Comment se construit (ou pas) ce rôle ? Quelles obligations et contraintes y sont associées ? On peut penser (mais d’autres hypothèses peuvent être émises qu’il appartiendra aux équipes de recherche de proposer) que les représentations de ce rôle diffèrent et évoluent selon les représentations associées aux différents modes d’accueil, à l’expérience ou non du recours direct à un salarié, aux caractéristiques socioprofessionnelles de la personne qui recrute (âge, sexe, PCS, métier exercé, type de responsabilité dans le métier exercé, expérience de fonctions de responsabilités, etc.) et aux caractéristiques de la personne employée (âge, expérience professionnelle, ancienneté dans la fonction, etc.).

On peut par exemple s’interroger sur les évènements « déclencheurs » ou les dispositions préparatrices à cette fonction. Peut-on repérer des moments clefs déterminant le positionnement employeur/employé ? Des étapes participant à la réalisation, l’affirmation ou la confirmation de ce que ce statut implique ? Dans cette optique, il serait intéressant d’aborder des situations emblématiques telles que le recrutement ou la gestion des conflits, la détermination des jours de congés mais aussi des situations qui concernent directement l’enfant, comme le choix de l’alimentation, des jeux, l’organisation de son emploi du temps, etc. On pourra se demander comment les protagonistes de la relation d’emploi s’adaptent aux contraintes et comment ils les vivent (par protagonistes en entend aussi bien le binôme employeurs/professionnelle que, notamment dans le cas de la garde partagée ou dans celui de l’emploi d’une assistante maternelle, l’ensemble des parents concernés).

Quelles représentations les parents - pères et mères - se font-ils de leur fonction ? Ces représentations évoluent-elles entre la période qui précède le recrutement (éventuellement même celle qui précède la naissance du premier enfant, alors même que le futur parent/employeur n’est encore ni parent ni employeur) et la période post-recrutement ? Comment se formalisent les attentes des parents vis-à-vis de la professionnelle ? Comment le parent qui emploie une assistante maternelle ou une salariée à domicile se définit-il ? A-t-il « conscience » d’être un employeur ? En quoi la fonction d’employeur peut-elle être problématique pour certains parents ? Quels sont les freins sociaux, organisationnels, pratiques qui sont parfois à l’œuvre ? On peut penser – en raison des caractéristiques socio-professionnelles des parents, mais aussi parce que les lieux d’exercice diffèrent – que des différences de perception de ce rôle existent selon que l’on emploie une garde d’enfant à domicile ou une assistante maternelle. Quelles sont ces différences ? 

 

 (ii) Les pratiques 

On s’intéresse ici aux  pratiques et aux relations entre le parent employeur, la salariée et l’enfant, au moins aux trois stades du contrat de travail : l’embauche, la garde au quotidien et la fin de la garde. A chacun de ces stades, une attention particulière sera portée au positionnement respectif du père et de la mère dans l’exercice du rôle de parent employeur. Une analyse des facteurs d’évolution de l’exercice d’employeur (expérience, recours à différents modes de garde, etc) sera appréciée. Dans ce cadre, une comparaison de l’exercice d’employeur pour une garde d’enfant à domicile ou une assistante maternelle à son propre domicile serait bienvenue. Pour la garde à domicile, les cas de garde simple feraient idéalement aussi l’objet d’une étude comparée avec les cas de gardes partagées.

L’analyse des situations suivantes serait particulièrement appréciée :

Les modes de recrutement

Par quels canaux les pères/mères recrutent-ils ? Qu’est-ce qui incite les parents à recourir à l’emploi direct ? Quels sont les facteurs facilitants (coût, etc.) ? Ou au contraire dissuasifs (dimension administrative, relation de subordination, etc) ? Dans cette optique, on pourra s’interroger sur l’impact de certains dispositifs d’aides publiques (PAJE CMG ; CMG structure) qui semblent conduire certains parents à recourir plutôt à des structures mandataires (simplicité, médiation de la relation, gestion de l’absence, coût, etc).

On pourra chercher à connaître les éléments suivants : qui réalise les entretiens (le père, la mère, les deux) ? Préparent-ils ces entretiens, et si oui comment ? Sur quels éléments portent les éventuelles négociations avec le (la) salarié(e) ? Comment se déroulent les entretiens (lieu, durée, thèmes abordés : horaires de travail, rémunération…) ? Quelles exigences sont formalisées et discutées, ou à l’inverse apparaissent de façon plus sous-jacente (sexe, maîtrise de la langue, nationalité, salaire, horaires de garde, âge, disponibilité des professionnelles, normes éducatives, bien-être et sécurité de l’enfant, cohérence entre les pratiques « d’éducation » des professionnelles et celles des parents…) ? Quels types de compétences sont recherchés ? Techniques ? Relationnelles ? Pédagogiques ? Quelle place tient, dans les entretiens, la question de l’enfant, de la formation, de l’expérience professionnelle, de l’expérience parentale, des diplômes ? Les attentes et les compétences attendues, ainsi que les diplômes ou certifications qui les sanctionnent, sont-ils les mêmes pour les assistantes maternelles et les gardes d’enfant à domicile ? La gestion des imprévus de part et d’autre, ou d’autres situations éventuellement conflictuelles sont-elles énoncées et discutées au cours des entretiens ? Lesquelles ? À l’initiative de qui ?  Au final qui prend la décision de contractualiser ? Le père, la mère ? La professionnelle ? Quels sont les éléments déterminants de la prise de décision finale ? Qui détient la compétence de recruter ?

La mise en place et la garde au quotidien

On s’attachera ici à mettre en exergue en quoi et comment le lieu d’exercice (domicile de l’assistante maternelle ou domicile des parents) produit des relations spécifiques avec les parents et les enfants, éventuellement en lien avec les institutions de prise en charge de la petite enfance (RAM, PMI, etc). Comment s’organise la rencontre avec l’enfant ? A quel moment ? Dans quel lieu  (domicile (pièce), RAM, PMI, jardin public…) ? Y-a-t-il une période d’adaptation ? Qui la demande ? Les parents, les professionnelles ou les deux ? Comment est-elle organisée ? Quels en sont les objectifs, du point de vue des parents et de celui des professionnelles ? Les assistantes maternelles et les gardes d’enfant à domicile se positionnent-elles de la même façon ?

La description des modalités de travail au cours d’une semaine type serait appréciée : les horaires, les consignes (à quel moment ? par quel moyen ? verbalement, en face-à-face, par téléphone ? où (couloir, séjour, bureau, pièce consacrée etc) ?). Comment s’effectuent les arrangements au quotidien (gestion des imprévus, enfant souffrant, horaires de travail, vacances décalées)? Y a t-il des négociations ? Quelles formes prennent-elles ? Qui en a l’initiative ?

Sur quels fondements, appréciations, critères, les parents évaluent-ils l’activité des professionnelles ? La qualité de la relation nouée entre la professionnelle et l’enfant ? Les compétences professionnelles ? Lesquelles ? Sur quels aspects les couples de parents employeurs sont-ils amenés à discuter entre eux de leur salarié(e) ? Quels types de conflits peuvent émerger entre les deux parents ? Comment sont-ils régulés ?

Dans le cas où plusieurs parents emploient une même salariée (garde partagée ou assistante maternelle), comment se régulent et se discutent (ou pas) les divergences éducatives ? Avec la  salariée ? Dans des associations de parents ?

La fin de la garde

Comment se négocie la rupture du contrat aux 3 ans de l’enfant ? Avant ses 3 ans ? Comment s’opère le changement de mode de garde (de l’individuel vers le collectif – lorsque les parents obtiennent une place en crèche par exemple) ? Quels critères de choix des parents ? Quelles conséquences en termes d’articulation crèche-garde à domicile ponctuelle (sortie de crèche, dépannage, etc.) ? Comment s’opère la rupture en cas de conflits ? Quelles négociations ?

Que ce soit dans les représentations ou dans les pratiques, on cherchera à comprendre, s’il existe, le découpage sexué des compétences entre les pères et les mères, et à interroger l’hypothèse selon laquelle la mère serait plus impliquée dans la relation parce qu’ayant intériorisé que le travail de care pris en charge par la professionnelle relève implicitement de compétences féminines.

La formation

Enfin, le thème de la formation et de la professionnalisation des assistantes maternelles et des gardes d’enfants à domicile est aussi au centre des préoccupations de la FEPEM. Ce thème se décline en différentes problématiques qui se posent différemment au cours de la relation de travail.

Un des axes d’analyse pourrait porter sur la question de savoir si le niveau de formation des professionnelles (initiale, continue et professionnelle) occupe une place importante dans les attentes et dans les choix des parents-employeurs au moment du recrutement.

Un autre prisme d’analyse consisterait à essayer de comprendre si les parents-employeurs peuvent être à l’initiative de la formation de leur salariée ? Concrètement, souhaitent-ils inciter la personne qui va garder (ou qui garde déjà) leurs enfants à se former à certaines activités ou à certaines thématiques ? Ce souhait, s’il existe, se heurte-t-il à certains freins pratiques, organisationnels, financiers ? Que connaissent-ils et que pensent-ils des dispositifs existants pour envoyer leur salariée en formation ? Si certains l’ont fait, ont-ils choisi et proposé la formation à leur salariée, ou à l’inverse, donné suite à une demande émanant d’elle ? La formation a-t-elle eu lieu avant que la garde ne débute, ou en cours de garde ? Auquel cas, comment s’est organisé l’éventuel remplacement de la professionnelle auprès de l’enfant ? Dans le cas d’une assistante maternelle ou d’une garde d’enfants à domicile « partagée » par plusieurs parents, de telles velléités apparaissent-elles et se concrétisent-elles ? A quels types de difficultés les parents se confrontent-ils ? Les surmontent-ils (et comment ?) ou renoncent-ils au projet de formation ?

Méthodologie

Les méthodes proposées pourront être diversifiées, en conservant une approche compréhensive.

Si elles le souhaitent, les équipes pourront partiellement s’appuyer sur la FEPEM pour constituer un échantillon de parents à partir des appels de particuliers-employeurs reçus à la plateforme téléphonique de renseignements juridiques. La FEPEM pourra en outre faciliter l’accès à certains fichiers.

Des profils de parents diversifiés seront mobilisés : âge, CSP, emploi exercé, primipares/multipares, expérience du recours au mode d’accueil individuel, ayant utilisé un seul ou plusieurs modes de garde, avec différents contextes de garde (temps plein/partiel, cumulé avec un autre mode d’accueil -collectif ou non-, emploi direct ou via un organisme mandataire). Une diversité de situations sera recherchée aussi sur le plan de l’état de l’offre des modes d’accueil sur les territoires où vivent les parents, avec des tensions plus ou moins fortes sur les marchés locaux des modes d’accueil. L’analyse de l’activité des parents en situation d’employeur pourra aussi tenir compte du niveau d’encadrement des professionnelles par des associations / des syndicats, etc.

Modalites de presentation des projets

 Les propositions devront impérativement comprendre :

- le projet scientifique détaillé sur papier libre  qui comportera :

  • la présentation du sujet ;
  • un exposé de la problématique et du cadre théorique avec bibliographie ;
  • une proposition détaillée de méthodologie comportant un calendrier indicatif des travaux : les projets seront menés sur une durée maximale de 1 an ;
  • les critères de sélection des terrains d'observation ;
  • la présentation de l'équipe et des personnes spécifiquement engagées dans la recherche (CV, principaux travaux/publications) ;
  • un budget détaillant le coût prévisionnel de la recherche et faisant notamment apparaître dans les frais de personnel le temps prévu en homme/jour ou homme/mois pour chaque intervenant.

- un résumé d’une demi-page.

Les propositions sont à envoyer par mail au plus tard le 11 février 2011 à l’adresse suivante : observatoire@fepem.fr;

Modalités de sélection

La sélection des projets sera opérée par un comité de suivi, en fonction de leur qualité scientifique, de l'intérêt des projets pour l'institution et de leur coût.

Seront privilégiés les travaux proposant une problématique et une méthodologie rigoureuses et novatrices, susceptibles de produire des connaissances nouvelles et scientifiquement établies. Les projets qui renouvellent les approches ou investissent une nouvelle question seront privilégiés.

Les équipes de recherches devront justifier de leur compétence dans le domaine, de références de recherches antérieures similaires et pourront provenir d’un large éventail de disciplines (sociologie, psychologie, anthropologie, économie, droit, histoire, sciences politiques, etc.).

Modalités de suivi

Le suivi de ce programme sera assuré au sein de la Direction Etudes et Veille de la FEPEM, avec l’appui de la Direction des Statistiques, des Etudes et de la Recherche de la CNAF.

Le comité scientifique co-animé par la FEPEM et la CNAF comprendra des chercheurs et experts des différentes disciplines concernées.

[1] S. Micheaux, O. Monso, « Faire garder ses enfants pendant son temps de travail », Insee Première, n°1132, avril 2007.

[2] IRCEM 2008

Catégories

Dates

  • vendredi 11 février 2011

Mots-clés

  • pratiques des parents, statut et rôle du parent employeur, assistantes maternelles, gardes d'enfants à domicile

Contacts

  • Sophie Bressé
    courriel : sbresse [at] fepem [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sophie Bressé
    courriel : sbresse [at] fepem [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Améliorer la connaissance des pratiques des parents employeurs d’assistantes maternelles et de gardes d’enfant à domicile », Appel d'offres, Calenda, Publié le mercredi 08 décembre 2010, http://calenda.org/202801