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Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale

Independent Comics Worldwide

Tirer un trait / tisser des liens

Drawing a line / Establishing connections

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Publié le mercredi 15 décembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME (Université de Liège) organise en novembre 2011 un colloque sur le thème « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale. Tirer un trait / Tisser des liens. ». L’ambition de ce colloque est d’aborder la bande dessinée dans ses manifestations les plus novatrices, subversives ou dissidentes, à l’échelle mondiale, en se focalisant sur les structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ».

Annonce

À la faveur d’un double mouvement de rationalisation et de concentration dans l’industrie du livre, mais aussi de la participation d’acteurs d’un genre nouveau au sein du secteur (industrie lourde, groupes de communication, fonds d’investissement), les principes qui gouvernent la production et la diffusion des biens culturels ont évolué, dans le dernier quart du XXe siècle, dans le sens d’une attention accrue à la rentabilité. Cette exigence a contribué à durcir les critères de la sélection éditoriale en érigeant une barrière à l’entrée pour des œuvres peu susceptibles d’apporter les retombées financières escomptées.

Face à un tel élan, des structures nouvelles ont vu le jour qui ont fait le pari de combler les lacunes du système en place. Qualifiées d’« indépendantes », « alternatives », « underground » ou encore « d’avant-garde », ces initiatives se sont polarisées autour d’une conception commune du métier, activité — sinon activisme — vouée à la culture d’un catalogue original, dans un imaginaire de l’altérité contre le conformisme, sur le mode du small is beautiful. Après la peinture, le cinéma ou la musique, l’industrie du livre est ainsi passée à son tour à l’heure du grand retournement, de la littérature à l’essai en passant par le livre de jeunesse, ce moment où l’industrie semble générer sa propre contradiction.

La bande dessinée, en tant que secteur du marché du livre, n’a pas échappé à ce couple marchandisation/rébellion. Dans les années 1990, avec des structures telles que L’Association, Cornelius, Amok et Fréon, ego comme x ou les Requins Marteaux, une vague d’indépendants s’est faite le porte-drapeau d’une « autre » bande dessinée dans l’espace franco-belge. Sans doute un tel mouvement a-t-il des antécédents : Futuropolis, les Éditions du Fromage, Audie ou Artefact avaient eux aussi montré l’exemple d’une édition en rupture avec l’ordre établi. Inédite cependant, dans les années 1990, est l’apparition d’une collectivité d’éditeurs consciente d’elle-même, dont la raison d’être et le repoussoir seront et resteront l’industrialisation de plus en massive de l’édition de bande dessinée ; une collectivité, sinon une génération, qui en même temps qu’elle allait tirer un trait (sur les figures, les codes et les lieux de la standardisation), allait aussi tisser des liens (avec des ancêtres choisis, avec des pairs locaux, avec des homologues à l’étranger).

De pareilles observations pourraient être faites pour l’édition de bande dessinée hors de ce seul espace. Le mouvement underground qui se développe vers la fin des années 1960 aux États-Unis a donné lieu à d’importants éditeurs tels que Kitchen Sink Press ou Fantagraphics Books. S’y sont développés, à partir des années 1980, une bande dessinée dite « alternative » — dont les auteurs allaient devenir les figures de proue du « roman graphique » — en même temps qu’un travail de patrimonialisation ou de réhabilitation de prédécesseurs choisis. Sur un mode plus artisanal, l’auto-édition et un microcosme reposant sur la diffusion de « minicomics » photocopiés ou en ligne ont enrichi le champ des possibles de tout auteur désireux de s’imposer en marge du studio, omniprésent outre-Atlantique.

De l’espace franco-belge aux États-Unis en passant par la Belgique néerlandophone, l’Italie ou la Suisse, de l’Europe du Nord ou centrale à l’Asie en passant par l’Afrique du Sud, des tendances communes émergent sur fond de particularités locales et semblent bien témoigner d’un phénomène mondial.

Fort de ce renouveau créatif, le colloque «  Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale. Tirer un trait / Tisser des liens » entend interroger la bande dessinée dans ses manifestations les plus novatrices, subversives ou dissidentes, à l’échelle mondiale, en se focalisant sur les structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ».

Un premier volet sera consacré à la discussion des concepts mis en place pour désigner les forces de renouveau de la bande dessinée à l’échelle internationale. Pour interchangeables qu’ils puissent paraître au premier abord, les termes « d’indépendance », « d’alternative », « d’underground » ou « d’avant-garde » (de l’autre côté du spectre, de « mainstream » ou de « BD ») sont lourds à la fois de présupposés et de connotations, et se trouvent mobilisés dans des contextes d’action bien spécifiques. Épingler les avatars de ce lexique, discuter la variété de ses définitions et de ses usages, constituera un premier enjeu.

Un second volet portera sur l’analyse des similitudes et des contrastes tant stylistiques que thématiques observés au sein de l’édition indépendante. L’abandon de la couleur, l’évolution du dessin dans une voie picturale ou minimaliste, l’augmentation significative de la pagination des albums ; mais aussi une forte propension à l’introspection, à de nouvelles formes de réalisme ou encore à l’engagement (critique sociale, positionnement politique, revendications culturelles des minorités), constituent autant de choix de forme ou de contenu qu’il convient d’interroger horizontalement.

Un troisième volet portera sur les dimensions socio-économique et politique de la bande dessinée indépendante internationale. L’analyse comparative envisagera des aspects tels que la nature de l’indépendance (en regard d’une industrie toute-puissante, d’un marché balbutiant, d’un État intrusif), la diversité des dispositifs techniques mis en œuvre par les structures (fabrication, diffusion, commercialisation), leur reconnaissance et soutien éventuels de la part des pouvoirs publics, la fédération ou non de ces entités, les possibilités d’échanges en matière de traduction à l’échelle internationale (foires, salons, contacts informels) ou encore les moyens développés pour légitimer et rassembler ces expériences (anthologies ciblées, foires et salons, ou encore expositions thématiques).

Procédure

Les propositions de communications doivent être envoyées à l’adresse acme2011@ulg.ac.be pour le 15 mars 2011 au plus tard. L’envoi comportera d’une part un résumé anonyme de 300 mots environ, d’autre part une fiche signalétique détaillée. Ces documents pourront se presenter au format doc ou pdf.

Réponse du comité de sélection : le 1er mai 2011.

Les communications se tiendront en anglais ou en français.

Lieux

  • Liège, Belgique

Dates

  • mardi 15 mars 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • bande dessinée, édition indépendante,

Contacts

  • ACME #
    courriel : acme2011 [at] ulg [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Björn-Olav Dozo
    courriel : bo [dot] dozo [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 décembre 2010, http://calenda.org/202862