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Urbanité et tourisme

Urbanity and Tourism

Appel à articles de la revue Espaces et sociétés

Call for articles for the Espaces et Sociétés journal

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Publié le lundi 20 décembre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Ce dossier thématique vise à travailler, dans une perspective nouvelle et originale, les rapports entre urbanité et tourisme, soit les différents liens existant entre le rapport touristique au monde (pratiques, représentations, imaginaire, lieux) et la qualité urbaine (urbanité, centralité, citadinité, espace public, formes des rapports sociaux). Ce croisement laisse derrière lui les questions classiques du « tourisme urbain » (au sens de « tourisme dans les villes ») et élargit le questionnement à toutes les manifestations de l’urbain – qu’il s’agisse des métropoles, des métapoles, des petites villes, des stations touristiques, des quartiers touristiques d’une agglomération... – et à toutes les manifestations du touristique – qu’il s’agisse des pratiques, des représentations, de l’imaginaire, de l’image, etc. Plus précisément, l’objectif de ce dossier est de travailler aussi bien sur les synergies, que sur les tensions et sur les paradoxes caractérisant les relations entre urbanité et tourisme (production, consommation et destruction d’urbanité par le tourisme et inversement mise en tourisme et sortie du tourisme au travers du développement de l’urbanité).

Annonce

Urbanité et tourisme

L’urbanisation et la touristification constituent depuis plus d’un siècle deux processus majeurs de développement des sociétés occidentales, puis mondiales, qui entretiennent des relations à la fois d’interdépendance et de tensions qui les informent réciproquement. En effet, la touristification est à l’œuvre dans de multiples recodages de l’urbain : elle a conduit à modifier le regard sur les villes et a fait émerger de nouvelles formes urbaines (comptoirs, complexes hôteliers fermés, îles-hôtels, quartiers touristiques, etc.) et de nouvelles formes d’urbanité (stations touristiques, villes touristiques). L’urbanisation peut être vue dans de nombreux cas comme un corrélat ou une conséquence de la touristification, alors que, à l’inverse, le tourisme implique, la plupart du temps, un degré non négligeable d’urbanité.

Nous nous proposons ici, par souci de clarification, d’adopter une définition relativement limitative du tourisme renvoyant à la sphère de la re-création. Entendu comme un « système d’acteurs, de pratiques et d’espaces qui participent de la re-création des individus par le déplacement et l’habiter temporaire hors des lieux du quotidien », le tourisme est ici associé à une forme spécifique et volontaire de mobilité où le jeu, la découverte, le repos en constituent l’intentionnalité, tout en excluant les déplacements non volontaires tels que par exemple les pratiques de voyages d’affaires (appelé souvent « tourisme d’affaires »). Par urbanité, nous entendons ici la qualité de l’urbain telle qu’elle se manifeste à la fois dans l’organisation spatiale (concentrations, polarités, centralités, couplage entre diversité et densité des réalités sociétales), mais également dans le rapport à l’urbain tel que l’identité, l’altérité, la « civil inattention » ou l’attention à l’autre. Ainsi, les différents établissements humains sont appréhendés comme espaces habités d’un degré variable d’urbanité.

Ce lien étroit entre urbanité et tourisme est d’autant plus intéressant à investiguer que, aussi bien la recherche sur l’urbain que celle sur le tourisme, si elles ont bien travaillé sur le « tourisme urbain » (cf. par exemple le n° 100/2000 d’Espaces et Sociétés intitulé « Tourisme en ville »), n’ont que très rarement abordé la question du lien étroit existant entre les processus de touristification et d’urbanisation. Les travaux existants ont en effet essentiellement focalisé jusqu’ici leur attention sur le lien entre tourisme et économie urbaine, sur la répartition du tourisme dans les villes, sur la spécificité des « tourist-historic cities », etc.

Or, il est maintenant établi que le tourisme est un phénomène fondamentalement urbain. Un certain nombre de travaux de géographes, de sociologues, d’anthropologues et d’historiens se sont ainsi attachés à montrer comment le tourisme, invention des citadins, cristallise les valeurs et les pratiques urbaines, ou encore les formes architecturales et transfère cette urbanité en tous les lieux mis en tourisme, même en ceux que l’on juge a priori les plus éloignés du modèle urbain, tels que les stations ou villages touristiques (montagnards ou balnéaires). En effet, ces derniers s’urbanisent sous l’effet de ce transfert d’urbanité, voire de centralité et voient émerger des problèmes d’urbanisme, de circulation et de redistribution du capital économique, de rencontre de populations hétérogènes, de gouvernance urbaine, de pollution et de violence, etc. De plus, les aménités urbaines constituent la condition sine qua non pour que le tourisme s’y développe.

De manière à prolonger – et surtout à renouveler – les analyses existantes, ce dossier thématique vise à travailler, dans une perspective nouvelle et originale, les différents liens qui existent entre le rapport touristique au monde (pratiques, représentations, imaginaire, lieux) et la qualité urbaine (urbanité, centralité, citadinité, espace public, formes des rapports sociaux). En effet, ce croisement laisse derrière lui les questions classiques du « tourisme urbain » et élargit le questionnement à toutes les manifestations de l’urbain – qu’il s’agisse des métropoles, des métapoles, des petites villes, des stations touristiques, des quartiers touristiques d’une agglomération... – et à toutes les manifestations du touristique – qu’il s’agisse des pratiques, des représentations, de l’imaginaire, de l’image, etc.

Plus précisément, l’objectif de ce dossier est de travailler aussi bien sur les synergies, que sur les tensions et sur les paradoxes entre urbanité et tourisme. D’une part, le tourisme semble nécessiter une accumulation d’urbanité pour se développer, mais dans certains cas, une telle accumulation peut paradoxalement mener à des trajectoires de sortie du tourisme, comme dans la séquence historique menant de la station touristique à la ville touristique, puis au quartier résidentiel ou à la ville non touristique (par exemple Malo-les-Bains, Brighton, etc.). D’autre part, le tourisme, qui a besoin d’urbanité, peut paradoxalement également engendrer la destruction de cette dernière comme par exemple dans le cas des processus de patrimonialisation, de touristification, voire de muséification de certains centres-villes ou de certains autres espaces urbains particuliers dont les fonctions urbaines classiques sont plus ou moins temporairement ou au contraire définitivement sacrifiées au profit de leur mise en tourisme. Finalement, le tourisme prétend procurer de l’exotisme et du dépaysement, mais il reproduit très souvent les formes urbaines que les touristes croient fuir. En un mot, ce dossier vise également à investiguer les différents couples de tensions – identité/altérité, « traditions »/« modernité », attention/inattention, etc. – constitutifs de la relation entre tourisme et urbanité.

Par ailleurs, la touristification a des effets sur l’ordre urbain établi, notamment par une nouvelle structuration socio-économique et politique – ceci dans les global cities tout comme dans les stations touristiques – par exemple à travers la gentrification, la requalification des valeurs foncières ou le spatial fix (Harvey) du capital. Mais d’autres fonctions du tourisme dans les processus d’urbanisation pourraient encore être analysées : le tourisme comme marketing urbain, comme vecteur d’emplois, comme source de richesse, comme identification des résidents, comme catalyseur de « modernisation urbaine » et de diffusion de nouvelles « technologies urbaines » (p. ex. électricité, adduction d’eau, ascenseur, etc.) dans les espaces périphériques, etc. Enfin, comment habiter touristiquement les différents espaces urbains ? Quelles techniques, équipements, compétences et rapports aux autres habitants sont mis en œuvre par le touriste ?

Coordination du dossier

Stéphane Nahrath et Mathis Stock

Calendrier

1er juin 2011 : date limite de remise des articles

1er septembre 2011 : informations aux auteurs

Adresse pour la correspondance de préférence en version électronique par courriel

  • stephane.nahrath(at)iukb.ch
  • mathis.stock(at)iukb.ch

ou par voie postale en quatre exemplaires :

Stephane Nahrath
Institut Universitaire Kurt Bösch (IUKB)
Case Postale 4176
CH – 1950 Sion 4
Suisse

Attention, dorénavant la revue ne demande plus de propositions d’articles mais directement les articles.

Les articles ne dépasseront pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.

Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.

Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue :

http://espacesetsocietes-paris-msh.fr

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mercredi 01 juin 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • tourisme, urbanité, re-création, stations touristiques, villes touristiques

Contacts

  • Joëlle Jacquin (secrétaire de rédaction d'Espaces et Sociétés) ~
    courriel : espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

Source de l'information

  • Joëlle Jacquin
    courriel : joelle [dot] jacquin [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Urbanité et tourisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 décembre 2010, http://calenda.org/202899