AccueilL'expérience de l'expérimentation

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Publié le mardi 11 janvier 2011 par Karim Hammou

Résumé

Ce cycle de conférences voudrait questionner le statut des musiques expérimentales aujourd’hui à travers un ensemble de réflexions portant sur leurs processus de création, leurs relations avec la société et la diversité des pratiques qu’elles concernent. Il abordera ainsi les notions d’expérience et d’indétermination, les rapports au bruit et au territoire, l’esthétique minimaliste et l’improvisation, les field recordings, l’électroacoustique et l’électronique, l’héritage Fluxus, l’influence du metal, ou encore la question du son dans le champ de l’art contemporain. Le cycle prendra la forme d’un rendez-vous mensuel, où une thématique différente sera à chaque fois abordée.

Annonce

L’EXPERIENCE DE L’EXPERIMENTATION

Cycle de conférences sur les musiques expérimentales, organisé par les Instants Chavirés, en partenariat avec l’IDEAT, Institut d’Esthétique des Arts et Technologies (Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, CNRS UMR 8153) et le département Musique de l’Université Paris 8. Cycle dirigé par Matthieu Saladin (chercheur associé à l’IDEAT).

Avec la participation de Jean-Yves Bosseur (CNRS), Pierre Albert Castanet (Université de Rouen), Bastien Gallet (ENBA Lyon), Fabien Hein (Université de Metz), Michel Henritzi (critique), Tom Johnson (compositeur), Eric La Casa (musicien), Olivier Lussac (Université de Metz), Lionel Marchetti (compositeur), Matthieu Saladin (IDEAT) et Dan Warburton (critique).

Janvier – Décembre 2011, Montreuil, Paris.

Le XXe siècle a été le théâtre d’une recherche intense et plurielle dans le champ musical, remettant sur le chantier l’ensemble des normes qui structuraient et définissaient la nature même de la musique : furent ainsi reconsidérés, du futurisme à la noise, en passant par l’indétermination, l’improvisation, la musique électro-acoustique et électronique, le minimalisme ou encore les performances Fluxus, les rapports entre musique et bruit, son et silence, mais aussi musiciens et non-musiciens, les représentations musicales, les notions de forme et de temps musical, le principe même et les modalités de la création sonore, les moyens instrumentaux et les techniques légitimes susceptibles de la porter, tout comme sa relation avec le quotidien et les autres arts.
Si l’expression « musiques expérimentales » a pu désigner durant la seconde moitié du XXe siècle les recherches effectuées principalement dans une filiation diffuse avec l’esthétique cagienne, elle semble aujourd’hui beaucoup plus large, embrassant toute pratique se développant sur le terreau fertile des expériences musicales du siècle dernier, mais aussi sous l’influence des musiques populaires qui n’ont pas été en reste dans la recherche sonore et/ou la remise en cause des conventions musicales.

Ce cycle de conférences voudrait questionner le statut des musiques expérimentales aujourd’hui à travers un ensemble de réflexions portant sur leurs processus de création, leurs relations avec la société et la diversité des pratiques qu’elles concernent. Il a pour but, à travers une série d’interventions réalisées par des universitaires, chercheurs, musiciens et acteurs de la scène expérimentale actuelle, d’interroger un ensemble de problématiques et thématiques essentielles de ce champ de la création musicale. Il abordera ainsi les notions d’expérience et d’indétermination, les rapports au bruit et au territoire, l’esthétique minimaliste et les développements récents de la pratique de l’improvisation, la captation de l’environnement sonore (field recordings), l’électroacoustique et l’électronique, l’héritage Fluxus, l’influence d’une musique populaire comme le metal, ou encore la question du son dans le champ de l’art contemporain.
Ces conférences tâcheront de cerner et de questionner les modalités et les enjeux de l’expérimentation musicale, mais aussi de faire le point sur l’histoire et les filiations esthétiques de ces pratiques. Ce cycle a ainsi pour ambition d’apporter un certain nombre de clefs dans l’appréhension des musiques expérimentales, tout en cherchant à sonder la singularité des créations sonores auxquelles elles donnent lieu.

Le cycle prendra la forme d’un rendez-vous mensuel. Une thématique différente sera à chaque fois abordée, privilégiant, selon les cas, l’approche esthétique, sociohistorique, musicologique ou le témoignage d’acteur. Les conférences seront réparties sur deux semestres (de janvier à juin, puis de septembre à décembre 2011) et prendront place dans différents lieux et institutions : les Instants Chavirés, le CDMC, l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, l’Université Paris 8, l’ENSACP (Cergy) et la bibliothèque-discothèque Robert Desnos (Montreuil).

contacts : matthieu.saladin@wanadoo.fr ; infos@instantschavires.com

Les Instants Chavirés sont depuis 1991 un lieu de diffusion pensé comme un laboratoire des musiques improvisées, expérimentales, bruitistes. Son annexe, l’ancienne brasserie Bouchoule, propose un autre regard autour des arts visuels et sonores. Deux lieux pour un même partage d’une certaine création contemporaine.

L’association Muzziques / Instants Chavirés bénéficie du soutien de la Ville de Montreuil, du Conseil Général de Seine-Saint-Denis, du Ministère de la Culture (DRAC Île-de-France), du Conseil Régional d’Île-de-France, et du concours de la Sacem et du CNV.
http://www.instantschavires.com

PROGRAMME DU 1ER SEMESTRE

1ère séance : 22 janvier à 16h, Instants Chavirés (Montreuil)

Matthieu Saladin, « L’expérience de l’expérimentation »

Résumé :

En guise d’introduction générale au cycle de conférences, il s’agira de questionner l’expérience esthétique singulière qui se joue dans les musiques expérimentales, à la fois du point de vue des musiciens et du public. Quels processus de création engage le musicien dans ce type de recherche ? Quelle est la place de l’auditeur et de l’écoute ? Quels sont les statuts du concert et de la performance dans ces pratiques, mais aussi de l’objet disque et plus largement de l’enregistrement, compris comme autre médium apte à proposer le partage d’une expérience musicale ? Cette introduction prendra la forme d’une réflexion esthétique sur l’expérience musicale à l’œuvre dans ces musiques et entend apporter des premiers éléments de discussion sur leurs processus de création.

Bio :

Docteur en Esthétique et chercheur associé à l’IDEAT (Paris 1/CNRS), Matthieu Saladin effectue ses recherches dans le champ des musiques expérimentales. Il est également artiste et musicien. Sa pratique s’inscrit dans une démarche conceptuelle.

Publications :

« Le bruit du “n’importe qui” », Le performantiel Noise (2010) ; « Les formulations du silence dans les écrits de John Cage », Art Présence (2010) ; « Points of resistance and criticism in free improvisation », Noise & Capitalism (2009).

Jean-Yves Bosseur : « L’indétermination : Cage et au-delà »

Résumé :

S’orienter vers le principe de l’indétermination nécessite de s’écarter de la pensée bipolaire (avec les couples ordre/désordre, fixité/ouverture) qui continue à imprégner une large part de la réflexion sur l’œuvre ouverte en Europe. C’est dans la musique américaine des années 1950, au sein de ce que l’on a appelé l’École de New York (John Cage, Earle Brown, Morton Feldman, Christian Wolff) que ce concept prend toute son importance, se démarquant fortement de la manière dont les Européens envisageaient pour leur part la transgression du caractère de fixité attaché à l’œuvre musicale traditionnelle. Pour Cage, libérer la musique consiste, non seulement à la faire sortir du ghetto de la forme fixe, mais implique surtout d'accepter le son comme organisme autonome : composer ne réside, alors, pas tant dans le fait de le domestiquer que d' « imiter la nature dans sa façon d'opérer ». C’est Cage qui est plus particulièrement à l’origine du qualificatif d’« indétermination », impliquant que le compositeur ne cherche plus à se garantir un contrôle absolu sur ce que produit l’interprète à partir de la partition. De ce fait, le statut du compositeur change radicalement. Plus que le créateur d’une œuvre, il devient le catalyseur d’un processus capable d’engendrer de multiples formes de réalisation qui lui échappent en grande partie. Encore convient-il de se demander, un demi-siècle plus tard, quels retentissements auront connu de tels principes, pour les générations ultérieures de compositeurs préoccupés, plus largement, par la question de l’œuvre ouverte.

Bio :

Né en 1947 à Paris. Études de composition à la Rheinische Musikschule de Cologne (Allemagne) avec K. Stockhausen et H. Pousseur, Doctorat d'Etat (philosophie esthétique) à l'Université de Paris I. Directeur de Recherche au CNRS et professeur de composition au Conservatoire de Bordeaux.

Publications :

Révolutions musicales, avec Dominique Bosseur (Minerve) ; Le sonore et le visuel (Dis-Voir) ; John Cage (Minerve) ; Musique et arts plastiques : interactions au XXe siècle (Minerve) ; Morton Feldman (L'Harmattan) ; Musiques contemporaines, perspectives analytiques, avec Pierre Michel (Minerve).

2ème séance : 16 février à 15h, CDMC (Paris 19ème)

Tom Johnson, « Minimalisme en musique : Encore à la recherche d'une définition »

Résumé :

En 1972, j'ai écrit un article dans le Village Voice intitulé « The Slow-Motion Minimal Approach », qui est généralement considéré comme la première référence sur la musique minimale dans la critique musicale. Je suis revenu sur cette question plusieurs fois, jusqu'en 2001, lorsque j'ai écrit un nouvel essai pour introduire l’exposition « Musica silenciosa » au Musée Reina Sofia de Madrid, pour laquelle j'étais le commissaire. Encore dix ans plus tard, en 2011, il apparaît nécessaire de revenir à nouveau sur ce sujet. La musique minimale me semble aujourd’hui plus vivante et importante que jamais, et ma définition encore plus large. Il conviendra de mettre à jour mes réflexions sur ce sujet, et de faire entendre une variété d'exemples, autant européens qu'américains.

Bio :

Né dans le Colorado en 1939, Tom Johnson a étudié à l'université de Yale et, en privé, avec Morton Feldman. Après 15 années passées à New York, il s’est installé à Paris, où il réside depuis 1983. Il est très justement rangé parmi les minimalistes, car il travaille avec un matériau toujours très réduit. Il procède toutefois de manière nettement plus logique que la plupart des autres compositeurs minimalistes, soumettant entièrement le contenu mélodique, rythmique ou harmonique de sa musique à des formules mathématiques. Cette démarche radicale fait toute l’originalité de son œuvre, empreinte de rigueur, de clarté, mais aussi de dynamisme et d’humour.

Publications :

The Voice of New Music, une anthologie d'articles écrits pour le Village Voice (1972-1982), publié par Apollohuis et disponible actuellement gratuitement aux Editions 75. Egalement, Self-Similar Melodies, texte théorique paru en 1996 aux Editions 75.

3ème séance : 29 mars à 18h, ENSAPC (Cergy)

Olivier Lussac, « Fluxus et la musique. Résonances dans la sphère contemporaine »

Résumé :

Le groupe Fluxus, né dans les années soixante, a accompli une déstructuration de la musique, pour ouvrir le champ artistique expérimental. En suivant l'exemple de John Cage qui explora le champ des limites musicales, Fluxus a conçu une musique au-delà des modèles classiques, par le biais de l'expérimentation graphique et textuelle. Il s'agira d'analyser et les conditions novatrices de Fluxus et les impacts sur le domaine musical contemporain (Panhuysen, Julius, Marclay...).

Bio :

Professeur des universités, directeur adjoint de l'Institut d'Esthétique, des Arts et Technologies (IDEAT), Paris I – Panthéon-Sorbonne/CNRS.

Publications :

Happening & fluxus (2004) ; Des scènes plurielles de l'art (2004) ; Arts et nouvelles technologies (2007) et Fluxus et la musique (2010). En préparation : chapitre d'ouvrage sur Fluxus et la musique dans le Dictionnaire sur les théories musicales au XXe siècle (sous la direction de Nicolas Donin et Laurent Feneyrou, Éditions Symétrie).

4ème séance : 6 avril à 15h, Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne (salle Duroselle)

Dan Warburton, « L’esthétique EAI et le renouveau improvisé »

Résumé :

L’improvisation existe depuis toujours, mais « la musique improvisée » en tant que genre – si un tel genre existe (ce dont il faudra discuter) – demeure un phénomène relativement récent, vieux d’un peu plus d’un demi-siècle. Bien qu’elle soit née – en Europe particulièrement – de la rencontre entre le free jazz et l’expérimentation postcagienne, les vingt dernières années ont vu l’arrivée d’une génération d’improvisateurs au background plus éclectique. Les improvisateurs d’aujourd’hui connaissent aussi bien, sinon plus, la musique contemporaine (citons un compositeur comme Lachenmann), l’electronica et la noise que la musique de Derek Bailey et d’Evan Parker. Toute discussion au sujet de la musique improvisée actuelle devrait donc aborder les sujets suivants : la distinction de plus en plus floue entre improvisation et composition ; l’influence de la tradition expérimentale ; la tendance, au début de ce siècle, vers le « réductionnisme » (la scène onkyo japonaise, l’esthétique Wandelweiser) ; l’avènement d’un usage de l’électronique, que les instruments concernés soient nouveaux (ordinateurs, échantillonneurs) ou anciens (le retour du synthétiseur analogique, les pédales d’effets détournées) ; ou encore l’institutionnalisation de la musique improvisée et le positionnement (pour ou contre) des improvisateurs à son égard.

Bio :

Dan Warburton est né en 1963 à Rochdale, en Angleterre. Il a étudié le violon et le piano. Il a soutenu en 1986 un doctorat en composition musicale à l’Eastman School of Music, Rochester, New York, portant sur une analyse de la pièce Sextet de Steve Reich. Il est musicien, improvisateur et critique musical pour les magazines The Wire et Paris Transatlantic.

5ème séance : 11 mai à 15h, Université Paris 8

Pierre Albert Castanet, « Du bruit dans les musiques expérimentales »

Résumé :

Vu sous l’angle d’une histoire sociale du son, le bruit est à la fois paramètre novateur et parasite altier. Découlant d’une philosophie négative ancestrale, il a cherché noise au musical au cœur des expériences de l’expérimentation, au XXème siècle. La communication de Pierre Albert Castanet abordera autant les recherches des futuristes italiens que les premiers pas de la musique concrète, autant les compositions pour percussion que les opus bruiteux de musiciens avant-gardistes (Lachenman, Levinas, Bedrossian...).

Bio :

Compositeur et musicologue, Pierre Albert Castanet est professeur à l’université de Rouen et professeur associé au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Il est également directeur du département de Conception et Mise en Œuvre de Projets Culturels (université de Rouen).

Publications :

Tout est bruit pour qui a peur. Pour une histoire sociale du son sale (1999) ; Quand le sonore cherche noise. Pour une philosophie du bruit (2009), publiés aux Éditions Michel de Maule.

6ème séance : 18 juin à 15h, Bibliothèque Discothèque Robert Desnos (Montreuil)

Fabien Hein, « Musique expérimentale + Musique metal = expérimetal »

Résumé :

Le terme « metal » désigne une multitude de genres et de sous-genres musicaux nés de l’appariement du « hard rock » et du « heavy metal ». Il découle d’un processus engagé à la fin des années 1960 par Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Ces figures emblématiques sont à l’origine d’une filiation multiforme : black metal, thrash metal, doom metal, grindcore, progressive metal, dark metal, hardcore metal, sludge, gothic metal, industrial metal, néo-metal, etc. Ces genres sont stabilisés par un certain nombre de conventions (rythmiques, thématiques, esthétiques, techniques, vestimentaires, etc.) qui les rendent aisément identifiables et catégorisables. Toutefois, la famille musicale metal produit également des artistes inclassables. Ces artistes semblent être affranchis du poids des conventions compte tenu de leur rapport décomplexé à l’expérimentation. En réalité, c’est la combinaison de leurs connaissances culturelles, de leurs compétences techniques et bien entendu de leur créativité qui les conduit à proposer des agencements musicaux audacieux voire inédits. Ainsi, plutôt que d’y voir une dynamique de rupture, il semble nettement plus pertinent d’y voir une dynamique rhizomatique dont il est utile de retracer les itinéraires à la lumière de quelques carrières d’artistes. De la même manière, s’agissant d’un processus circulaire, il faudra également porter le regard sur la manière dont un certain nombre d’artistes, non originaires de la famille metal, en sont venus à y puiser des ressources pour leurs propres créations. Cette conférence sera abondamment illustrée d’extraits musicaux et d’images.

Bio :

Fabien Hein est docteur en sociologie. Il est maître de conférences à l’université Paul Verlaine de Metz (départements Sociologie et Arts) et chercheur au Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (2L2S/ERASE). Ses travaux de recherche portent sur les cultures populaires. Actuellement, il s’intéresse plus spécifiquement à l’entrepreneuriat culturel.

Publications :

Hard rock, heavy metal, metal. Histoire, cultures et pratiquants (Ed. Seteun, 2003) ; Le Monde du rock. Ethnographie du réel (Ed. Seteun, 2006) ; Rock & Religion. Dieu(x) et la musique du diable (Autour du livre, 2006).

Préprogramme du 2nd SEMESTRE :

7ème séance, septembre

Michel Henritzi, « Broken Mirror. Propos sur la musique japonaise dans ses marges de 1945 à aujourd'hui »

8ème séance, octobre

Lionel Marchetti, « Musique concrète, musique naturelle... »

9ème séance, novembre

Eric La Casa, « Sur les terrains de l'écoute »

10ème séance, décembre

Bastien Gallet, « L’art sonore est-il un art des bruits ? »

Lieux

  • 7 rue Richard Lenoir (Métro Robespierre)
    Paris, France

Dates

  • samedi 22 janvier 2011
  • mercredi 16 février 2011
  • mardi 29 mars 2011
  • mercredi 06 avril 2011
  • mercredi 11 mai 2011
  • samedi 18 juin 2011

Mots-clés

  • musique, expérimentation, XXe et XXIe siècles, indétermination, minimalisme, fluxus, bruit, improvisation, metal

Contacts

  • Matthieu Saladin
    courriel : matthieu [dot] saladin [at] gmail [dot] com
  • Jean-François Pichard
    courriel : jf [at] instantschavires [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Matthieu Saladin
    courriel : matthieu [dot] saladin [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L'expérience de l'expérimentation », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 11 janvier 2011, http://calenda.org/203007