AccueilLes migrations subsahariennes : par-delà les clichés, des richesses à partager

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Publié le mardi 11 janvier 2011 par Karim Hammou

Résumé

En résonance à l'actualité sociale et politique de l'année et pour mieux connaître ces migrations trop souvent stéréotypées en France, la revue Hommes et migrations et le GRDR proposent deux jours consacrés à l’histoire et à l’actualité des migrations subsahariennes le week-end des 21 et 22 janvier 2011 à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (Palais de la Porte Dorée, 75012 Paris).

Annonce

Peu nombreux en France jusque dans les années 60, les migrants originaires d’Afrique subsaharienne sont d’abord venus dans le cadre d’une immigration de travail suscitée par les entreprises françaises dans les secteurs les moins attractifs du marché du travail. En 1974, avec l’arrêt officiel de l’appel à la main-d’œuvre étrangère, l’immigration se diversifie géographiquement en élargissant les aires de départ et socialement : des femmes et des familles arrivent dans le cadre du regroupement familial, des citadins diplômés ou non se joignent aux ruraux. Par ailleurs, des demandeurs d’asile fuient les conflits ethniques et les régimes autoritaires. Cette diversification s’accompagne d’une croissance lente mais régulière des flux et d’une modification des projets de départ : il y aurait près de 600 000 immigrés en 2004, dont vraisemblablement 1/10e de personnes en situation irrégulière malgré les vagues de régularisation successives qui les concernent pour moitié. Les chiffres de la présence subsaharienne en France sont d’ailleurs sujet à débat entre experts de la statistique et dans l’opinion française. 

Vendredi 21 janvier de 14h00 à 17h30 - Etat des connaissances 

14h00 Ouverture par Jacques Toubon, président du Comité d’orientation de la CNHI et Michel Colin de Verdière, président du GRDR 

14h15 à 15h45. Les migrations subsahariennes en France, flux et présence depuis les années 60 

Ces migrations font l’objet d’une actualité récurrente en France en alimentant des stéréotypes dans l’opinion française alors que les travaux encore peu nombreux montrent la complexité des formes d’installation et d’insertion dans la société française. Quel est le poids de l’histoire coloniale, puis des indépendances africaines dans les configurations de cette immigration et dans les modalités de sa réception en France ? En quoi cette présence subsaharienne diffère-t-elle des autres immigrations arrivées récemment ? 

Pour répondre à ces questions, Marie Poinsot rédactrice en chef de la revue, invite :

  • Julie Garnier, université de Poitiers – Laboratoire Migrinter, Les Africains en France : vieillissement et transformation d’une migration.
  • Liza Rives, Ehess, Laboratoire Maurice Halbwachs, La Goutte-d'Or, succursale de l'entrepreneuriat sénégalais.
  • Abdoul Ba, université d’Evry, La diaspora sénégalaise en France dans un contexte mondialisé. 

16h00 à 17h30 Regards rétrospectifs et prospectifs sur l’espace migratoire subsaharien 

De nos jours, la France se situe en deuxième position en Europe pour l’accueil des migrants africains derrière la Grande-Bretagne. Les migrants tendent désormais à délaisser l’ancienne métropole coloniale pour se destiner vers les pays du pourtour de la Méditerranée (Italie, Espagne, Portugal, Grèce) et plus d’un tiers partent vers les Etats-Unis. Ces nouvelles stratégies migratoires orientent les flux actuels dont les caractéristiques évoluent. Une des particularités de ces migrations réside dans le souci d’organisation collective en vue de participer au développement du pays d’origine, soit par transferts financiers, soit en portant des projets correspondant aux besoins du pays. Quelle est aujourd’hui la vitalité de ce développement ? Les migrants sont-ils considérés comme des acteurs à part entière aux côtés des collectivités territoriales, des associations et de l’Etat français ? 

Pour répondre à ces questions, Patrick Gonin, Maître de conférences à l'Université de Poitiers et administrateur du GRDR, invite :

  • Mathieu Lafréchoux, Directeur des opérations et des partenariats, Rafael Ricardou, Coordinateur de l’antenne Ile de France, et Samba Yatéra, Directeur adjoint du GRDR.
  • Armelle Choplin, université de Paris-Est – Marne-la-Vallée, Quand la mer se ferme. Du transit au post-transit migratoire en Mauritanie.
  • Nathalie Kotlok, université de Poitiers-Migrinter, Le co-développement, une politique publique à plusieurs faces.
  • Kevin Mary, universités de Caen et Poitiers, Entre la "forteresse Europe" et l'Amérique d'Obama.

Samedi 22 janvier de 15h00 à 22h00 - Vitalités artistiques 

L’immigration subsaharienne fait preuve de vitalité dans le domaine culturel et artistique qui va à l’encontre des stéréotypes sociaux et des discriminations dont elle fait l’objet dans la société française. Dans toutes les disciplines, les formes d’expression suscitent des échos chaleureux, même si les artistes et les collectifs culturels rencontrent des difficultés dans leurs parcours. Dans quel contexte la création africaine en France peut-elle aujourd’hui se déployer ? Quelles représentations des Africains et de l’Afrique propose-t-elle ? Comment témoigne-t-elle autrement des expériences migratoires ? 

15h00 à 17h30 - En partenariat avec Culturesfrance, diaporama sur la biennale africaine de la photographie, Bamako 09. 

Regards photographiques sur les migrants et les frontières 

En écho à la biennale de Bamako 09 qui portait sur le thème des frontières, des artistes africains montrent comment la photographie interroge l’expérience migratoire sous toutes ses coutures. Les migrations sont des passages de frontières géographiques, politiques, sociales et culturelles, parfois générationnelles. Les frontières se définissent au-delà des limites territoriales des Etats pour englober des notions beaucoup plus complexes où le passage, le transit, les allers-retours peuvent prendre tout leur sens. Nous verrons comment le traitement par la photographie contemporaine explore d’autres dimensions des frontières en interpellant le symbolique, l’intime, le sacré et le religieux, l’imaginaire et le réel etc. 

Table-ronde animée par Dagara Dakin, université de Paris 1, en présence de :

  • Michket Krifa et Laura Serani, commissaires de la 8e biennale africaine de la photographie, Rencontres de Bamako 2009 qui portaient sur les frontières.
  • Ananias Léki Dago, photographe ivoirien,
  • Barthélémy Toguo, artiste et photographe camerounais,
  • Marian Nur Goni, doctorante en histoire de la photographie à l’Ehess-Paris. et responsable de Afriphotos projet d’une collection sur les photographes africains contemporains et le site Internet. 

18h00 - 20h00 Littérature et migrations africaines 

Depuis plusieurs dizaines d’années, des écrivains africains francophones publient leurs œuvres en Europe ou aux Etats-Unis où ils vivent pour la plupart et rencontrent une audience avec succès. Le thème des migrations fait-il partie des sujets de leur inspiration ? Quel témoignage apportent-ils de l’expérience de l’exil en France et quelle vision proposent-ils de la société française ? Comment cette littérature peut-elle modifier le regard porté sur l’immigration africaine en France en renouvelant les cadres culturels dominant par des expressions vivantes et vivifiantes ? 

Table-ronde animée par Elisabeth Lesne, coordinatrice du Prix littéraire à la Cité, en présence de :

  • Mamadou Mahmoud N’Dongo et Elisabeth Tchoungui, deux écrivains qui nous parlent de leurs romans récents,
  • Boniface Mongo-Mboussa, critique littéraire et spécialiste de la littérature africaine,
  • Nicolas Treiber, université de Paris IV, évoque la figure du migrant dans la littérature africaine des années 50.
  • Et un auteur représentant l’éditeur Présence africaine. 

En continu sur les deux après-midi dans le forum et l'auditorium de la Cité des expositions : 

Le GRDR, 40 ans d’aventure humaine ♦ Sahel, mon amour avec des aquarelles d’Oscar Baillif, des peintures et sculptures de Michèle Ludwiczak et d’Oumar Ball et des photographies de JB Russel ♦ 

Mais aussi les stands des maisons d'édition spécialisées sur l'Afrique et des associations de migrants, partenaires du GRDR. 

20h15 - 20h45 - Intermède gustatif autour de saveurs africaines 

et pour finir ce Rendez-Vous thématique 

21h00 - 22h00 - L'Afrique, force de la mode. Carte blanche à des créateurs d'origine africaine 

Des stylistes africains ont choisi de venir travailler en France, patrie de la mode. Les tissus, les formes vestimentaires, les coiffures, les ornements qu’ils adoptent opèrent des métissages inventifs entre la tradition africaine et les codes de la haute couture occidentale qu’ils revisitent avec audace et liberté. Leur mode devient un langage en soi et atteste d’une revendication culturelle forte : rester africain tout en affirmant leur rôle dans le renouveau de la mode en France.

Sous le parrainage de Sakina M’sa, et avec la participation de Imane Ayissi, Sadio Bee, Anggy Haïf, Anna Nagalo, Sokona Niakahte, Bill Ruterana, Martial Tapolo, et la classe haute-couture du lycée d’Alembert à Aubervilliers. 

Informations pratiques : 

Les 21 et 22 janvier 2011 après-midi, Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, Palais de la Porte Dorée, 75012 Paris - M° Porte-Dorée (ligne 8, direction Créteil, bus 46). 

ENTRÉE LIBRE - Réservation conseillée : hetm@histoire-immigration.fr

Lieux

  • Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil
    Paris, France

Dates

  • samedi 22 janvier 2011
  • vendredi 21 janvier 2011

Mots-clés

  • Afrique, Africains, migrations, subsahariens, culture, interculturel, littérature, mode, apport culturel, état des connaissances, vitalités artistiques et culturelles

Contacts

  • karima dekiouk
    courriel : karima [dot] dekiouk [at] histoire-immigration [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • karima dekiouk
    courriel : karima [dot] dekiouk [at] histoire-immigration [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les migrations subsahariennes : par-delà les clichés, des richesses à partager », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 11 janvier 2011, http://calenda.org/203022