AccueilEmmanuel Levinas : le réveil. Totalité et Infini, cinquante ans déjà…

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Publié le lundi 17 janvier 2011 par Karim Hammou

Résumé

« Totalité et Infini » Pourquoi ? D'abord parce que ce livre a suscité chez quelques uns d'entre nous un peu durs d'oreille à certaines formes de la pensée philosophique, un intérêt spécifique à l'ontologie, la phénoménologie, la philosophie de l'histoire, la théologie. Ensuite parce qu’il nous a conduits à des déplacements. Par exemple il nous a menés à nous séparer d’une certaine hébétude ontologique parce que « le dasein n'a jamais faim » avec Heidegger. Il nous a aussi appelés à nous réveiller d'un sommeil phénoménologique parce que la constitution transcendantale de l'expérience d'autrui avec Husserl ne peut apparaître qu'à partir d'une révélation qui s’entend lorsque l'appel d'autrui vient ou ne vient pas jusqu’à moi. Il nous a également incités à nous défaire d'une lecture théologique de la transcendance parce qu'il faut abandonner un Dieu qui peut se connaître et faire un retour aux situations humaines dans lesquelles Dieu se produit. Il reste que « Totalité et Infini » avec « son optique éthique » fut davantage un événement qui nous a changés qu'un livre qui nous a intéressés.

Annonce

Enfin parce que c’est le cinquantenaire de sa publication, mais que faire « de l'élégance de ce chiffre rond » si ce n'est se servir de ces cinquante années pour dire ce qu’elles nous ont apporté. Saurons-nous le faire ?

Est-ce une coïncidence, est-ce un calcul judicieux ou est-ce un destin réparateur ? La même année, « Totalité et Infini » figure au programme de l’agrégation de philosophie et est enfin traduit en hébreu. « Nul n'est prophète en son pays » pourrait-on dire. En effet, de son vivant Levinas n'a pas vu la moindre traduction de ses travaux en hébreu. Pourtant ce livre ne parle-t-il pas aussi au nom d'une grande partie de ceux qui ont peuplé Israël après la seconde guerre mondiale ? Le lien n'est pas évoqué avec évidence dans « Totalité et Infini » mais tout commence par la guerre, expérience pure de l’être qui remonte à Héraclite si  l'on se réfère à la pensée philosophique. Mais ce n'est ni la première guerre mondiale ni les effets de la révolution bolchevique qui nourrissent en priorité le vécu de Levinas, c'est la montée du nazisme entre les deux guerres et l’hitlérisme triomphant plus tard.

De l’aveu même de Levinas, « le pressentiment et le souvenir de l'horreur nazie prédominent » dans sa biographie.
« Et vint un nouveau monde qui n'avait pas connu de visage » Monde sans visage excepté peut-être celui du chien Bobby, errant dans le camp de prisonniers dans lequel Levinas se trouvait pendant cinq ans, pour qui comme il le dit « c'était incontestable, nous fûmes des hommes ».
On ne meurt plus naturellement, on ne meurt plus pour son peuple, on meurt parce qu'on est rivé à une humanité visée en tant que telle. Ce n'est que par la crainte pour un autre, que par le visage d'autrui, que la totalité se brise, que l'histoire hégélienne comme « champ de bataille » s'interrompt. Révélation du visage qui s'enlève sur une Révélation biblique. C'est par une temporalité reliée à l’éros, la caresse, la paternité que nous sommes conduits à entendre un temps par lequel la vérité se dit, comme un temps qui peut laisser surgir une réelle altérité.

Dès lors que la crainte  pour autrui devient première, reste-t-il une place pour moi, pour ma liberté ? Tout l’être n'est-il que violence et brutalité ? Que dire alors de nos êtres et du bonheur qu'ils éprouvent dans la dépendance aux éléments ?
 Dans le corps même de l'écriture du texte, la dualité d’un être à la fois égoïste, athée, heureux, et en même temps ouvert à « l’épiphanie du visage où s’entend l'humanité », fait éclater la structure séparée de la finitude et de l'infini pour nous ouvrir à  une question : Comment vivons-nous la transcendance ?

Voici quelques notions qui seront abordées durant ce colloque. Les intervenants et auditeurs se chargeront d'ouvrir « Totalité et Infini » a un grand nombre de débats dont ce livre fait déjà l'objet.

COLLOQUE  de Philosophie  

CERILAC (Centre D'Etude et de Recherche Interdisciplinaire de L'UFR LAC, EA 4410) et T.L.E.S.H.

17 et 18 Février 2011

Paris, Université VII, Denis Diderot

Salle Pierre-Albouy, 5, Rue Thomas Mann. Paris 75013.

RER/Métro : Bibliothèque François-Mitterrand
Bus : 89, 62, 64, 325

« Emmanuel Levinas : le réveil.  Totalité et Infini, cinquante ans déjà… » 

Responsabilité scientifique et organisation : Félix Perez, MCF à l'Université Paris 7, Denis Diderot 

 Renseignements : Danielle Coulon,  UFR LAC. Tel : 01 57 27 63 60. Mail : coulon@univ-paris-diderot.fr

JEUDI 17 FEVRIER 2011

De  9H à 17H. Salle Pierre-Albouy.

9 heures : Accueil des participants.

9h 15 : Ouverture avec Michael Levinas : 

Matinée (10h-12h15) : « Visage, éthique et transcendance »

  • 10h : « Révélation du visage et Révélation biblique », David Perez, Professeur de philosophie au lycée de Jérusalem et chargé de cours à l'université de Fribourg
  • 10h30 : « Le statut de l'éthique chez Levinas et Leibovitz : Jean-Marc Joubert, MCF en philosophie à l’Institut Catholique des Etudes Supérieures à la Roche- sur-Yon
  • 11h : « Les différentes formes de la transcendance dans Totalité et Infini » :  Pierre Zaoui , MCF en philosophie à l'université Paris-VII

11H30 : Discussion: Félix Perez

12h15 : Pause-déjeuner. 

Après-midi (14h30-17H) : Au-delà du visage.

  • 14h30 : « Le traitement phénoménologique  d’Eros chez Emmanuel Levinas (Totalité et Infini) et Michel Henry (l'Incarnation) » Claude Morali,  Philosophe
  • 15h 00 : « La caresse et la guerre » Danielle Cohen-Levinas, Philosophe et musicologue, Professeur à l'Université Paris IV Sorbonne et chercheure associée aux Archives Husserl
  • 15h30 : «  La paternité » : Félix Perez, MCF en philosophie à l'université Paris-VII

16h00 : Discussion : Patrick Hochart 

VENDREDI 18 FEVRIER 2011

De  9H à 17H. Salle Pierre-Albouy.

Matinée (10h-12h15) : Sartre, Blanchot et l’élémental

  • 10h : « Face à Sartre : Réflexions  sur la liberté dans Totalité et Infini »: Gilles Hanus, Directeur des Cahiers d'Etudes Levinassiennes, docteur ès lettres de l'Université Paris-VII, enseigne la philosophie
  • 10h30 : » Vers le neutre : Totalité et Infini dans l'écriture de Maurice Blanchot » John McKeane ,  St Anne's College, University of Oxford.
  • 11H : Les nourritures terrestres dans Totalité et Infini : Patrick Hochart,  Philosophe
  • 11h30 : Discussion: Céline Flécheux, MCF en esthétique à l'université Paris-VII

12h15 : Pause-déjeuner. 

Après-midi (14h30-17H) : L’écriture dans Totalité et Infini

  • 14h30 : «L'écriture de Levinas dans Totalité et Infini »: Évelyne Grossman, Professeur de théorie littéraire à l'université Paris-VII
  • 15h : « Expression, discours, parole » Martin Rueff, Professeur de lettres à l'université de Genève

15h30 : Discussion : Jacques-Olivier Bégot, MCF en philosophie à l'université Paris-VII

16h : Pot de clôture. Salle 596. 

Lieux

  • Université Paris VII Denis Diderot 5, Rue Thomas Mann (salle Pierre-Albouy, RER/Métro : Bibliothèque François-Mitterrand Bus : 89, 62, 64, 325)
    Paris, France

Dates

  • jeudi 17 février 2011
  • vendredi 18 février 2011

Mots-clés

  • philosophie, Emmanuel Levinas, Maurice Blanchot, Jean-Paul Sartre, Michel Henry, Totalité et infini, éthique, éros, visage, écriture, transcendance

Contacts

  • Félix Perez
    courriel : felixlinda2001 [at] yahoo [dot] fr
  • Danielle Coulon
    courriel : coulon [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Source de l'information

  • Félix Perez
    courriel : felixlinda2001 [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Emmanuel Levinas : le réveil. Totalité et Infini, cinquante ans déjà… », Colloque, Calenda, Publié le lundi 17 janvier 2011, http://calenda.org/203074