AccueilLes vies d'André Léo, 1824-1900

Les vies d'André Léo, 1824-1900

The Lives of André Léo, 1824-1900

colloque organisé par l'Université de Poitiers et l'association André Léo

Conference organised by Université de Poitiers and the Association André Léo

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Publié le mardi 01 février 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

André Léo (Léodile Béra, 1824-1900) fait partie des « inconnues » célèbres, souvent évoquées à l’aide de quelques mots ou d’une phrase laconique. Femme de conviction, elle polémique avec Proudhon, mène le combat pour obtenir des droits pour les femmes, est l’auteur notamment de l’Appel aux travailleurs des campagnes, entend œuvrer à la réforme de l’instruction. Parmi les multiples facettes du personnage, le présent colloque entend s’attacher plus particulièrement à quatre entrées permettant de restituer une trajectoire individuelle complexe : La famille, et ses proches, l’exil, l’engagement et l’oeuvre. Il s’agit à la fois de faire le point sur les connaissances acquises et de proposer de nouveaux chantiers d’une figure marquante du XIXe siècle.

Annonce

Appel à communications : Colloque : les vies d’André Léo (1824-1900)

Université de Poitiers, espace Mendès-France, 20 Octobre 2011

Argumentaire

En 1863, l’austère Constitutionnel rend compte du premier livre d’André Léo qualifié de « remarquable et d’attachant », il s’agit d’Un mariage scandaleux. Depuis, on la croise en Poitou, en exil en Suisse, à Genève et à Lausanne, ou encore à Paris pendant la Commune, puis à nouveau en Suisse et en Italie. Tout à la fois romancière, polémiste, journaliste, féministe, socialiste, André Léo (Léodile Béra, 1824-1900) est une figure majeure du XIXe siècle. Si une thèse soutenue en 1979 (Fernanda Gastaldello[1]), des pages d’encyclopédie signées par Jacques Rougerie, un livre (Alain Dalotel[2]), des articles, des notices biographiques, des rééditions[3], lui ont été consacrés, de très nombreux aspects restent méconnus ou ignorés. Le présent colloque, faisant suite à la journée d’études André Léo dans son siècle (Poitiers, 2010), entend faire le point sur les connaissances acquises et proposer de nouveaux chantiers à partir de quatre entrées : La famille, et ses proches, l’exil, l’engagement et l’oeuvre.

Famille et proches

Née en 1824 à Lusignan, dans le département de la Vienne, Léodile Béra emménage avec ses parents à Champagné Saint-Hilaire en 1830. Ses ascendants appartiennent à la moyenne bourgeoisie. Les quatre générations connues de ses ancêtres exercent des fonctions judiciaires et notariales. Enracinés localement, ils se constituent des propriétés foncières qu'ils font exploiter par des fermiers. Attachés aux idées des Lumières et à la franc-maçonnerie, ils sont très engagés dans la vie publique. Louis Zéphirin Béra est juge de paix de Gençay de 1830 à 1857. La parentèle du côté Béra et du côté Belloteau compte des maires, des avocats, des officiers de marine, des chirurgiens, des institutrices etc. Léodile collabore à l'oeuvre sociale de sa cousine Emma Darbez, née Rivaud. Avec ses proches, elle doit surmonter de nombreuses difficultés. Après son mariage avec Grégoire Champseix, ses relations avec sa mère se distendent. Suite au décès de celui-ci, en 1863, elle élève seule ses deux enfants, les jumeaux André et Léo, nés en 1853. Elle peut néanmoins compter sur les réseaux d’amitié du philosophe Pierre Leroux dont son mari était le disciple. Elle devient ensuite la compagne de Benoît Malon, mais s’en sépare après dix ans de vie commune. Il conviendra donc de s’interroger sur la place occupée par sa famille au début de son parcours, puis d’apprécier la nature des liens avec ses proches : Pauline Prins et Grégoire Champseix, entre autres.

Exil

Ainsi, de son souhait de former un couple avec Grégoire Champseix, réfugié politique en Suisse, il résulte neuf années d'exil à Lausanne et Genève, de 1851 à 1860. Durant cette période, elle confirme sa vocation d'écrivain, se lance dans le journalisme et fréquente les milieux saint-simoniens. Après l'échec de la Commune, elle connaît de nouveau l’exil en Suisse et en Italie de 1871 à 1880. C’est l’occasion pour elle de confronter ses idées socialistes à celles d'autres réfugiés politiques comme Bakounine et de reprendre son oeuvre littéraire un temps interrompue du fait de son activisme politique. André Léo connaît-elle la tentation de l'Italie ? Sa vie nomade avec Benoît Malon la conduit à Milan, Lugano, en Toscane, ou encore en Sicile. Ses enfants font leurs études en Italie. Elle se fixe enfin à Formia où elle achète une petite propriété. L'Italie l'inspire au point qu’elle écrit Grazia, La fille du bandit, La Femme en Italie où elle fait l'éloge de Salvatore Morelli, le « champion italien du droit féminin ». Cette expérience de l'exil lui confère une dimension internationale dont il s’agira de mesurer l’importance.

Engagements

André Léo tente aussi, par ses écrits, de peser sur le débat politique. Mais son parcours révèle une femme actrice à part entière des événements de son époque. Aux côtés des républicains, elle lutte activement contre le Second Empire. Militant au sein du mouvement ouvrier international, elle acclame la Commune comme expression de la révolution sociale. Son socialisme est alors indissociable de son combat pour l’émancipation féminine et la démocratisation de l’éducation. Il y a donc lieu de s’interroger sur la nature et l’impact de ses idées et de son action politique, mais également sur les représentations qu’elle véhicule. Pourquoi, en dépit d’un rôle actif en amont, en aval, et durant l’épisode communaliste, n’a-t-elle en effet jamais été reconnue comme une personnalité de premier plan des milieux socialistes et féministes ? D’autres aspects peuvent par ailleurs être mis en lumière : de son entourage, émergent, parmi d’autres personnalités, les noms de Pierre Leroux, Léon Richer, Louise Michel ou Benoît Malon. Quelle est leur part d’héritage dans sa pensée ? Peut-on détecter des influences réciproques ? Quel est en définitive l’apport d’André Léo au combat pour une démocratie politique et sociale dans le dernier tiers du XIXe siècle ? Sa vie constitue en effet un excellent prisme par lequel il est possible d’appréhender les réseaux de sociabilité républicains et socialistes, et plus largement, les mouvements et conflits politiques et sociaux de l’époque dans laquelle elle s’insère.

Œuvres

Romancière, journaliste, essayiste, auteur dramatique, André Léo a produit une oeuvre importante et variée, que l’on redécouvre depuis les années 1990. Plusieurs de ses romans ont été écrits sous le Second Empire, parfois publiés en feuilletons. Pour la critique et le grand public, elle reste l’auteur d’Un mariage scandaleux (1862), mais elle livre à la curiosité des lecteurs presque simultanément Un divorce (1862) et Une vieille fille (2e éd. 1864). Son œuvre romanesque comprend de nombreux autres titres, comme Jacques Galeron (1865), Aline-Ali (1869), ou Marianne (1877). Elle signe également des essais à la critique acérée comme La femme et les mœurs. Liberté ou monarchie[4] (1869), ou encore Coupons le câble (1899). Journaliste, elle publie dans des revues comme Le Droit des femmes, ainsi que dans des journaux tels que La Réforme. Elle fonde plusieurs périodiques dont La Sociale. On trouve également sa signature dans le Cri du peuple, La République des travailleurs, ou encore La Commune. Elle publie par la suite des feuilletons dans Le Siècle et dans Le Temps. Dispersée, cette activité journalistique demeure mal connue. Il apparaît donc nécessaire à la fois de mettre en perspective cette intense production de qualité et d’entreprendre des études de contenu. Le dépouillement de sa correspondance, conservée pour partie à l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam, peut s’avérer à cet égard très utile. Ses écrits font incontestablement d’André Léo l’une des auteur(e)s essentiel(le)s pour comprendre le XIXe siècle. Il importera toutefois de s’intéresser également aux échos postérieurs d’une œuvre longtemps sous-estimée.

Modalités pratiques

Titre, résumé de la communication (une page) et présentation de l'auteur sont à adresser aux organisateurs avant

le 5 mars 2011.

Comité d’organisation

Notes :

[1] Fernanda Gastaldello, André Léo, vers quel socialisme ?, thèse de doctorat de lettres et philosophie, sous dir.Giuliana Toso Rodinis, université de Padoue, 1979, 379 p.

[2] Alain Dalotel, André Léo, la Junon de la Commune, Chauvigny, Association des publications chauvinoises (APC), 2004, 199 p.

[3] Les Cahiers du pays chauvinois ont ainsi réédité : André Leo, Un mariage scandaleux, Chauvigny, APC, 2000 et Marianne, Chauvigny, APC, 2006.

[4] Cet ouvrage a fait l’objet d’une réédition : André Leo, Les femmes et les mœurs, Tusson, Le Lérot éd., 1990.

 

Lieux

  • Espace Mendès France, 1 place de la Cathédrale
    Poitiers, France

Dates

  • samedi 05 mars 2011

Mots-clés

  • féminisme, socialisme, Communards, littérature, journalisme, exil

Contacts

  • François Dubasque
    courriel : francois [dot] dubasque [at] univ-poitiers [dot] fr
  • Frédéric Chauvaud
    courriel : Frederic [dot] Chauvaud [at] wanadoo [dot] fr
  • Louis Vibrac
    courriel : louis [dot] vibrac [at] wanadoo [dot] fr
  • Pierre Rossignol
    courriel : cprossignol [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • François Dubasque
    courriel : francois [dot] dubasque [at] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les vies d'André Léo, 1824-1900 », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 01 février 2011, http://calenda.org/203213