AccueilLe patrimoine dans les États post-soviétiques : un culte post-moderne des monuments ?

Le patrimoine dans les États post-soviétiques : un culte post-moderne des monuments ?

Heritage in the post Soviet states : a post-modern cult of monuments?

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Publié le mardi 01 février 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Productrice de monuments à valeur de « remémoration intentionnelle » (Aloïs Riegl) revendiquant « l’immortalité, l’éternel présent, la pérennité de l’état originel », la production monumentale soviétique est aujourd’hui l’objet d’une politique patrimoniale contrastée (entre abandon et reconstruction) dont on envisagera au cours de la journée d’études divers exemples.

Annonce

Observatoire des Etats post-soviétiques : le patrimoine dans les Etats post-soviétiques : un culte post-moderne des monuments ? Journée d’études à la Belle Gabrielle (INALCO), Jeudi 17 février 2011

Présentation

Par bien des aspects, l’URSS et son proche périmètre d’expansion a constitué une véritable aire de civilisation dont le legs matériel et les traces sont encore perceptibles. Au-delà du stalinisme, qui a produit les normes culturelles de la modernité soviétique et contribué à façonner le comportement et les mentalités de l’homo sovieticus, l’URSS a produit un champ intelligible repérable dans les traces matérielles comme dans les mentalités.   Des pays Baltes à la Transcaucasie en passant par l’immense Russie, une civilisation matérielle s’est développée, façonnée à la fois par l’ « économie de la pénurie »,  le culte d’une modernité triomphante et la religion séculière du collectivisme.  Avec ses variantes, ses adaptations, ses syncrétismes, cette civilisation développe une étonnante faculté d’adaptation aux folklores et aux traditions locales, aux canons esthétiques et architecturaux : ici une tchaïkhana en béton rappelant les traditions de l’Asie centrale, là des pierres levées et des stèles gravées à la gloire de la révolution d’octobre ou de la grande guerre patriotique, partout des sculptures et des monuments, objets d’un culte moderne dont l’esthétique et surtout la conception s’apparentent plus au XIXe siècle occidental qu’à la modernité du XXe siècle. Productrice de monuments à valeur de « remémoration intentionnelle » (Aloïs Riegl) revendiquant  « l’immortalité, l’éternel présent, la pérennité de l’état originel », la production monumentale soviétique est aujourd’hui l’objet d’une politique patrimoniale contrastée (entre abandon et reconstruction) dont on envisagera au cours de la journée d’études divers exemples. 

Programme

Patrimoine archéologique, restauration, reconstruction : l’héritage des pratiques soviétiques

9h : accueil des participants

9h30-11h

L’archéologie française en Asie centrale : une histoire dans le contexte russo-soviétique.
Svetlana Gorshenina, historienne, Réseau Asie, IMASIE, Paris.

Les dernières découvertes archéologiques de la vallée du Zerafchan : révision des concepts et questions de valorisation.
Claude Rapin, archéologue, CNRS.

Architecture et urbanisme d’Asie centrale : récupérations successives d’un patrimoine grandiose et fragile, de Samarcande à Khiva par Boukhara.
Pierre Chuvin, historien et philologue, Paris Ouest Nanterre La Défense.

Pause

11h30-13h

Influence des méthodes russo-soviétiques dans la restauration des peintures murales en Asie centrale : le cas de l’Ouzbékistan.
Géraldine Fray, restauratrice,  Paris.

La restauration de l’église Sainte Hripsimé à Etchmiadzine.
Agopik Manoukian, directeur de la collection Documenti di Architettura  Armena, Milan.

La restauration soviétique du temple antique de Garni (Arménie) : un paradigme patrimonial ?
Taline Ter Minassian, co-directrice de l'Observatoire des Etats post-soviétiques, INALCO, Paris.

Déjeuner

De la conception soviétique du patrimoine à la formation d’un patrimoine soviétique

14h30-16h30

Redevenir Viaziomy :  une destinée patrimoniale, de l'exil à l'actuel. 
Alexandra Loumpet-Galitzine, anthropologue, Réseau Asie, IMASIE,   Paris.

Les sculptures du Pavillon soviétique de 1937. Moscou-Paris-Baillet-Moscou : de la redécouverte d'un patrimoine enfoui à sa reconstruction.
François Gentili, archéologue, INRAP, Paris

La politique patrimoniale de Loujkov à Moscou : de la reconstruction du patrimoine pré-soviétique à la valorisation du patrimoine soviétique. 
Jean Robert Raviot,  Université Paris Ouest Nanterre La Défense.

Kourapaty (Biélorussie) : archéologie politique d’un massacre.
Virginie Symaniec, Maison de l’Europe et de l’Orient, Paris.

16h30-18h

Monuments nouveaux, piédestaux anciens : le refoulement et le retour du patrimoine refoulé d'Asie centrale soviétique.
Boris Chukovich, historien de l’art, UQAM, Montréal.

Du sapin patrimonial au sapin stratégique ou comment « lire le végétal » dans la ville centre-asiatique contemporaine.
Catherine Poujol, co-directrice de l'Observatoire des Etats post-soviétiques, INALCO, Paris.

Le patrimoine urbain à Karaganda (Kazakhstan) : créer une nouvelle perspective.
Anne Chabaud, Doctorante en ethnologie. Université de Paris Ouest Nanterre la Défense – INALCO

Le programme complet de cette journée d'étude est consultable au lien suivant :
http://www.inalco.fr/ina_gabarit_article.php3?id_rubrique=2721&id_article=4781&id_secteur=1

Lieux

  • 49 bis Avenue de la Belle Gabrielle (RER Nogent sur Marne)
    Paris, France

Dates

  • jeudi 17 février 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • patrimoine, politique, monuments, architecture, urbanisme

Contacts

  • Taline Ter Minassian
    courriel : taline [dot] ter-minassian [at] inalco [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Ter Minassian
    courriel : talintermi [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le patrimoine dans les États post-soviétiques : un culte post-moderne des monuments ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 01 février 2011, http://calenda.org/203216