AccueilDieu et l’homme à la Renaissance : un nouveau rapport entre foi et raison

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Publié le jeudi 10 février 2011 par Karim Hammou

Résumé

Au cours de ce cycle qui s'ouvre par une conférence, il s'agira d’analyser et de commenter les transformations radicales survenues au XVIe siècle et au XVIIe siècle dans la conscience de l’homme. Une nouvelle vision du monde bouleverse les rapports entre foi et savoir. Le sentiment religieux et l’idée de Dieu vont se refondre pour faire une place nouvelle à l’homme. La conquête de la liberté et du savoir émancipé comme de l’art affranchi signe une réaffirmation humaniste et redéfinit la place du religieux. On essaiera de mettre en lumière ce processus d’émancipation dans trois domaines majeurs de la culture : la science, la philosophie, et la création artistique (peinture et musique). Les thématiques et les exemples choisis offriront l’occasion d’entamer une réflexion commune qui prendra la forme d’un échange avec l’auditoire où les enjeux actuels de notre étude seront explorés et discutés.

Annonce

Les cours nécéssitent une inscription préalable. Possibilité de s'inscrire depuis noter site www.ccefr.fr (rubrique inscription).

Tarifs premier semestre : (* adhérents, étudiants, sans emploi (sur présentation d’un justificatif))

  • 1 cours 15€ / tarif réduit 7€*
  • 1 cycle 50€ / tarif réduit 25€*
  • Les 3 cycles 100€ / tarif réduit 50€*

Les règlements sont à effectuer par chèque à l’ordre du CCEFR : Centre Civique d’Étude du Fait Religieux, Maison des associations, 35/37, avenue de la Résistance, 93100 Montreuil.

Mercredi 9 février 2011 

Conférence animée par Henri PENA-RUIZ, philosophe, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, professeur de philosophie en khâgne au lycée Fénelon et Bruno STREIFF, historien d’art, metteur en scène d’opéras, essayiste, romancier.

L’histoire d’une révolution culturelle qui conduit la conscience humaine à élaborer une nouvelle conception du rapport entre religion et science, religion et philosophie, religion et art, en redéfinissant le statut de l’homme dans l’univers. Un nouvel humanisme s’affirme. Il réassume celui de l’Antiquité tout en prenant acte de la révolution copernicienne et d’une esthétique originale.

Il s’agit d’analyser et de commenter les transformations radicales survenues au XVIe siècle et au XVIIe siècle dans la conscience de l’homme. Une nouvelle vision du monde bouleverse les rapports entre foi et savoir. Le sentiment religieux et l’idée de Dieu vont se refondre pour faire une place nouvelle à l’homme. La conquête de la liberté et du savoir émancipé comme de l’art affranchi signe une réaffirmation humaniste et redéfinit la place du religieux. On essaiera de mettre en lumière ce processus d’émancipation dans trois domaines majeurs de la culture : la science, la philosophie, et la création artistique (peinture et musique).Les thématiques et les exemples choisis offriront l’occasion d’entamer une réflexion commune qui prendra la forme d’un échange avec l’auditoire où les enjeux actuels de notre étude seront explorés et discutés.

Jeudi 17 mars 2011

Cours 1 : Religion et art (1) : religion et peinture. L’homme, l’art et Dieu : spiritualisme et humanisme dans l’art de Michel - Ange. »

 Cours animé par Bruno STREIFF.

Tout commence véritablement avec la querelle des iconoclastes et des iconostases. Que Dieu se soit incarné dans son fils, c’est-à-dire qu’il ait pris forme tangible, justifie aux yeux de l’Eglise catholique, romaine mais avant tout apostolique, qu’on autorise la représentation de la figure humaine. Le moment de l’Annonciation devient origine de la peinture. Pour les théoriciens italiens de la Renaissance, c’est au contraire le mythe païen de Narcisse, avec sa découverte du " reflet " ou du miroir. À partir de cette divergence l’histoire de la peinture religieuse s’autonomise de la religion et de sa vocation apostolique. Ainsi Masaccio dans sa " Trinité ", enferme-t-il Dieu dans une architecture humaine et païenne (le plafond du Panthéon romain). Mais c’est surtout Michel Ange qui bouleverse les consciences avec les " provocations "théologiques de la Sixtine qui seront, après sa mort, dénoncées par plusieurs religieux … Avec lui, on peut dire que le ver laïque est entré dans le fruit …

Jeudi 24 mars 2011

Cours 2 : Religion et science : la révolution copernicienne. Une révolution scientifique à rebours d’une cosmovision religieuse.

Cours animé par Henri PENA-RUIZ.

De Copernic à Galilée s’accomplit une émancipation radicale de la science soulignée entre autres par Kant qui en fera le modèle de sa révolution philosophique antidogmatique. C’est la première grande forme de contradiction entre l’autorité religieuse et le principe de raison dans le domaine épistémologique. La fin du géocentrisme a requis une autonomisation de la science par rapport à la tutelle religieuse, mais aussi de la philosophie par rapport à la théologie. La rupture a pris un tour dramatique avec la mort de Giordano Bruno sur le bûcher, à Rome, en 1600, puis avec le procès de Galilée. Un certain retour à Platon, des procédures d'observation et des expériences de pensée originales ont marqué l'oeuvre de Galilée dans le sillage de Copernic. Le monde chrétien finalisé et géocentré s’effondre. On passe " du monde clos à l’univers infini ", selon l’expression d’Alexandre Koyré. L’affaire Galilée que décrit Luciano Geymonat a marqué durablement l’histoire de la pensée scientifique. (" Et pourtant elle tourne "). Descartes, Pascal et Spinoza en tireront des tentatives remarquables de redéfinition des champs respectifs de la science, de la religion, et de la philosophie.

Jeudi 31 mars 2011

Cours 3 : Religion et philosophie : un nouvel humanisme. La philosophie antique à l’épreuve d’une religion qui réaffirme la finitude humaine.

Cours animé par Henri PENA-RUIZ.

Dans la foulée de la révolution copernicienne une autre composante de la culture de la Renaissance va contribuer à l’émergence d’un nouvel humanisme. C’est bien sûr la relecture des philosophes grecs et latins. Les Essais de Montaigne en sont un exemple décisif. Le scepticisme de Pyrrhon y sert d’arme critique contre les dogmatismes. Quant au stoïcisme et à l’épicurisme, ils permettent de réhabiliter l’homme et l’existence terrestre. On y assiste donc à la confrontation raisonnée entre christianisme et humanisme antique. Stoïcisme, épicurisme, et scepticisme se conjuguent pour esquisser un nouvel humanisme, sans illusion ni orgueil. Pic de la Mirandole insistera sur cette confiance sans en faire un nouveau dogmatisme. En revanche, Pascal faisant retour à saint Augustin prendra le contre-pied de ce nouvel humanisme en affirmant dans ses Pensées la " misère de l’homme sans Dieu ". Dans l’Entretien avec Monsieur de Saci il fera une critique en règle tant des Stoïciens que de Montaigne dont il empruntera pourtant de nombreuses idées pour écrire ses Pensées. L’insistance sur la condition tragique de l’homme est un thème récurrent du siècle d’or. Le théâtre du monde (teatrum mundi) est contemplé selon un pessimisme lié à la "part maudite" de l’homme. C’est ce qu’attestent entre autres les oeuvres de Shakespeare et de Calderon de la Barca, emplies d’une tonalité très augustinienne. Et ce à rebours du rationalisme philosophique cartésien et spinoziste dont sortira plus tard le siècle des Lumières.

Mercredi 6 avril 2011

Cours 4 : Religion et art (2) : religion et musique. L’évolution de la musique par rapport à l’inspiration religieuse.

Cours animé par Bruno STREIFF.

Avec Palestrina, les compositeurs affirment que la musique a autant d’importance que le texte de la Messe. Début d’une lente évolution qui aboutira avec Mozart et Beethoven à des oeuvres totalement libérées des contraintes liturgiques. Autonomie du discours musical qui cesse d’être utilitaire. Désormais expression d’une conscience individuelle, l’oeuvre religieuse prend ses distances avec la théologie officielle. La religion devient prétexte à l’expression de sentiments personnels et profanes ! Dès lors, on comprend pourquoi les thèmes religieux de Mozart naissent dans ses opéras et pourquoi Beethoven, républicain farouche et anticlérical convaincu, exprime une forme de panthéisme spinoziste (il découvre le philosophe dans les écrits de Goethe) bien éloignée des dogmes et dont on peut dire qu’il confine à l’athéisme.

Lieux

  • Mairie de Montreuil (Salle des fêtes, métro Mairie de Montreuil)
    Montreuil, France

Dates

  • mercredi 09 février 2011
  • jeudi 17 mars 2011
  • jeudi 24 mars 2011
  • jeudi 31 mars 2011
  • mercredi 06 avril 2011

Mots-clés

  • ccefr,fait religieux, religion, renaissance, philosophie, art, science

Contacts

  • CCEFR #
    courriel : contact [at] ccefr [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Centre civique d'étude du fait religieux
    courriel : contact [at] ccefr [dot] org

Pour citer cette annonce

« Dieu et l’homme à la Renaissance : un nouveau rapport entre foi et raison », Cycle de conférences, Calenda, Publié le jeudi 10 février 2011, http://calenda.org/203283