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Des campagnes en mouvements pour « mieux vivre ensemble »

The Countryside in Movement for a "Better Life Together"

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Publié le mardi 08 février 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Dans un numéro ouvert aux chercheurs en sciences sociales s’aventurant hors des sentiers battus, la revue Territoire en mouvement se propose d’explorer ce que deviennent les campagnes, françaises en particulier, en partant de l’analyse des projets de développement à caractère social, culturel ou éducatif, portés par des collectifs (associations, coopératives…) et qui, marchands ou pas, ont pour finalité progressiste la recherche d’une vie harmonieuse en société.

Annonce

TERRITOIRE EN MOUVEMENT

Revue de Géographie et d’Aménagement 

Appel à textes : DES CAMPAGNES EN MOUVEMENT POUR « MIEUX VIVRE ENSEMBLE »

Argumentaire 

Globalement les campagnes françaises sont attractives, et désirables. On y réside, on s’y active, on s’y distrait, on s’y oxygène… L’espace des plus fragiles tend à se contracter. On promeut même l’excellence rurale à travers des pôles labellisés. Depuis 2005, au moyen notamment de la Loi relative au développement des territoires ruraux (LDTR) on s’efforce d’entretenir et d’encadrer leurs dynamiques.

Donc, depuis « La renaissance rurale » détectée par B.Kayser il y a vingt ans, le regard que nous portons sur les campagnes françaises n’a cessé de se renouveler, de s’affiner. Démarches de classification (« Les 3 visages de la France rurale », DATAR 2003), d’évaluation des politiques publiques de développement les concernant (Commissariat général du Plan 2003), de prospective (Les nouvelles ruralités à l’horizon 2030, INRA 2008) ou encore de mise en réseau des acteurs y exerçant (Réseau rural français, 2e pilier de la PAC) et de débat (Assises des territoires ruraux 2009) ont précisé la connaissance que nous en avons (délimitation, morphologie, fonctions, figures…).

Malgré tout, s’agissant des campagnes françaises les plus en mouvement, l’impression d’un tourbillon d’initiatives, d’un foisonnement de projets de développement domine toujours. Les medias qui s’en font l’écho avec empathie, tels que le magazine L’esprit Village, la chaîne demain.tv ou encore l’émission Carnets de campagne sur France-Inter, viennent d’ailleurs conforter ce ressenti. Quand il ne relève pas des territoires estampillés LEADER, davantage étudiés, ou des « Projets en campagne » valorisés par le Collectif Ville Campagne, le bouillonnement créatif, palpable dans les campagnes, demeure flou, indéchiffrable, inclassable.

C’est pourquoi, ouvert aux chercheurs en sciences sociales s’aventurant hors des sentiers battus, ce numéro de la revue Territoire en mouvement se propose de sonder/d’explorer ce que deviennent les campagnes françaises en partant de l’analyse des projets qui les animent, souvent élémentaires et touchant au quotidien des habitants (s’abriter, manger, travailler, échanger, se déplacer…). Davantage qu’aux activités, certes vivifiantes mais désormais banales, en matière de commerce (épiceries multiservices…), artisanat d’art et tourisme (gîtes, chambres d’hôtes…), on pense en particulier aux projets de développement à caractère social, culturel ou éducatif, portés par des collectifs (associations, coopératives…) et qui, marchands ou pas, ont pour finalité progressiste la recherche d’une vie harmonieuse en société (AMAP, écohameau, pépinière rurale, télétravail…). Le champ de l’économie sociale et solidaire en est riche.

Le choix des projets étudiés sera relatif à leur localisation, et donc à leurs liens avec des espaces qualifiés de « ruraux » par la statistique (ZAU ER), ou à leur essence « rurale », laquelle sera alors à définir en s’inspirant de cette citation de B.Kayser dans « La renaissance rurale » (1990) : « la ruralité n’est ni le contraire de l’urbanité, ni son prolongement, ni la dégradation de son état ancien, ni sa résurgence » (p28).

Si inventorier ces projets de développement paraît irréaliste, mettre en relief et échantillonner les plus novateurs et les plus symboliques voire utopiques, les décrypter, les recouper et les comparer aux échelles grandes ou moyennes doit permettre de mieux comprendre ce qui pousse tant de gens à projeter dans les campagnes leur quête existentielle et leur idéal de vie en commun, prenant à contre-pied « l’entre soi » typique du périurbain. 

  • Qu’est ce que ces projets de développement local non agricoles – ou réinventant le métier d’agriculteur - mais émargeant aux domaines tels que la culture, l’insertion, l’alimentation, la citoyenneté etc. révèlent des campagnes françaises telles qu’elles se recomposent aujourd’hui et du « faire campagne », pour reprendre l’expression revisitée lors du colloque de Rennes en 2005 ?
  • Qu’expriment-ils, ces projets, des mutations, des représentations et des usages des campagnes dans lesquelles ils se déploient et ont été initiés, facilités ou compliqués ?
  • Comment, territorialisants à divers degrés car sources d’identification et d’appropriation, ces projets impactent-ils le développement des bassins de vie et les co-construisent selon leur nature, leur portage par leurs acteurs, l’ampleur des réseaux mobilisés, leur ancienneté, leur gouvernance etc. ?
  • Au-delà de l’impression d’un émiettement de projets, d’une dilution des initiatives, existe-t-il des logiques régionales et des effets de seuil quant aux densités conditionnant le développement attendu ? L’échelle de ces actions permet-elle de donner un sens au « local » ou à la « proximité » si souvent associés au rural, comme leviers du développement ?
  • Un faisceau de projets convergents, à caractère social, culturel ou éducatif, peut-il forger de nouveaux territoires, alternatifs et militants ? Dès lors, qu’est-ce que leur gouvernance doit aux notions - l’une ancienne et assez peu diffusée, l’autre plus récente et séduisante - d’urbanité rurale (F.Poulle & Y.Gorgueu, 1997) et d’interterritorialité (M.VANIER, 2008) ? Ou, sachant bien sûr que les campagnes n’ont pas l’exclusivité de tels projets, en quoi leur gouvernance vient-elle nourrir ces deux notions en dépassant les limites traditionnellement prêtées aux relations villes-campagnes ?

Telles sont les questions que nous proposons. 

En centrant leurs contributions sur la France mais aussi les Pays développés, européens ou nord-américains en particulier, les auteurs sont invités à privilégier les projets qualitatifs, à portée identitaire et sociale, émanant de collectifs volontaristes (formels ou non) et non pas ficelés en réponse à l’appel des territoires eux-mêmes dans un cadre institutionnel. Ils n’hésiteront pas à décortiquer ces projets de développement rassembleurs et leurs éventuels dispositifs d’accompagnement, depuis leur gestation jusqu’à leur montage et à leur concrétisation, voire à leur diffusion, pour bien cerner les conditions de leur réussite. Si des études de cas et des comparaisons sont attendues, les recherches plus synthétiques, donc à plus petite échelle, seront les bienvenues.

Date limite :   Propositions (résumés et titres) : 13 mai 2011.

Articles complets : 3 octobre 2011. 

Contact :          Frédéric LESCUREUX

Université de Lille 1 – UFR de Géographie et Aménagement
Avenue Paul-Langevin
59 655 Villeneuve d’Ascq cedex

courriel : frederic.lescureux@univ-lille1.fr

Note aux auteurs

Les numéros de la revue Territoire en Mouvement sont thématiques et pilotés conjointement par un responsable de numéro et un rédacteur. Un numéro est constitué d’articles (50 000 signes, croquis et espaces compris), de notes (15 000 signes), de comptes rendus d’ouvrage ou autres supports (CDRom, DVD, etc…) (8 000 signes) et d’annonces de manifestations scientifiques (4 000 signes). Tout auteur ou organisateur intéressé par ce type d’annonce doit prendre contact avec le directeur de publication de la revue. Avant de soumettre son article à la revue Territoire en Mouvement, l’auteur s’assure d’avoir bien respecté les règles de présentation détaillées ci-dessous. L’article doit être fourni par mail au responsable de numéro ou au directeur de la revue. Les cartes, figures, photos, tableaux ne doivent pas être intégrés au texte mais fournis en fichiers natifs (ai, eps, tif, jpeg…). Ils doivent être numérotés et leur emplacement seul doit être signalé dans le texte. Les coordonnées postale, téléphonique et électronique du ou des auteurs doivent obligatoirement être données afin de faciliter toute correspondance.

Tout article est soumis à l’évaluation de deux lecteurs : le nom de l’auteur et des évaluateurs demeure anonyme tout au long du processus. Leurs observations et celles du Comité de Rédaction sont transmises aux auteurs. Ce comité sera plus particulièrement attentif aux articles précisant l’état de la question, la méthodologie, la démarche et les principaux résultats de recherche. Les articles doivent correspondre à la politique éditoriale de la revue qui a été définie par le numéro Territoire en Mouvement 2006-1. L’auteur s’engage à ne pas retirer son texte et à ne pas le présenter à une autre publication pendant la période qui sépare son acceptation par le Comité de Rédaction de son impression. L’auteur n’est en aucun cas rémunéré. Il conserve la propriété scientifique de son écrit. Les articles et note publiés par Territoire en Mouvement n’engagent que leurs auteurs.

A publication, les auteurs recevront (à l’adresse indiquée dans l’entête de leur article) 5 tirés à part de leur texte publié accompagnés d’un exemplaire du numéro dans lequel parait leur article.

Catégories

Dates

  • vendredi 13 mai 2011

Mots-clés

  • campagnes, projets collectifs de développement, vivre ensemble

Contacts

  • Frédéric Lescureux
    courriel : frederic [dot] lescureux [at] univ-lille1 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Frédéric Lescureux
    courriel : frederic [dot] lescureux [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des campagnes en mouvements pour « mieux vivre ensemble » », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 08 février 2011, http://calenda.org/203295