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Archéologie(s) coloniale(s), une approche transversale

Colonial Archaeology: a Transversal Approach

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Publié le lundi 07 mars 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Ces journées d’études voudraient esquisser une réflexion comparative sur les formes d’archéologies coloniales et interroger, au travers de cas précis, ses implications idéologiques et épistémologiques. À terme, l’objectif de ces réflexions est de proposer un paradigme qui puisse rendre compte d’une perception du passé Autre, à l’articulation de l’archéologie et de l’ethnologie, et d’en reconsidérer les éventuels usages au-delà de la période concernée. Du statut des vestiges à l’élaboration de mythes de fondation peu à peu appropriés par les peuples colonisés, ce qui sera interrogé ressort donc autant des orientations de l’archéologie en période coloniale que de l’élaboration de modèles normatifs de connaissance dont les effets paraissent jusqu’à présent mieux connus par leur emprise que par leur identité.

Annonce

Présentation

L’archéologie fut en Europe une discipline au service de la genèse de la Nation à une époque où s’accroissait la compétition coloniale. Elle a également servi à mettre au jour une double altérité spatio-temporelle dans les pays d’Outre-mer, fondée sur une dialectique de reconnaissance et distanciation. De fait, les perceptions occidentales de ce passé capturé présupposent divers processus de sélection et de hiérarchisation des vestiges, mais aussi bien la recherche d’équivalences à la périodisation européenne ou l’invention de nouvelles catégorisations – de la notion générique de « pré-colonial » à des chrono-stratigraphies plus fines. L’archéologie en situation coloniale implique de plus la création de structures adaptées, des grandes missions ponctuelles aux instituts permanents, et l’émergence de nouveaux comportements et acteurs, amateurs ou professionnels.

Pourtant, s’il existe à l’évidence, plusieurs nations coloniales – en y incluant l’empire russe et le Japon – et systèmes de domination (colonie sous direct ou indirect rule, protectorat, pays sous influence à l’exemple de l’Afghanistan), existe-t-il une archéologie coloniale dont les caractéristiques structurelles et les négociations conjoncturelles pourraient être dégagées, à l’échelle d’un siècle (1860-1960) et au travers d’exemples pris dans plusieurs aires culturelles, de l’Asie à l’Afrique sub-saharienne et au Pacifique, du bassin méditerranéen aux mondes de l’Islam ?

Ces journées d’étude voudraient esquisser une réflexion comparative sur les formes d’archéologies coloniales et interroger, au travers de cas précis, ses implications idéologiques et épistémologiques. À terme, l’objectif de ces réflexions est de proposer un paradigme qui puisse rendre compte d’une perception du passé Autre, à l’articulation de l’archéologie et de l’ethnologie, et d’en reconsidérer les éventuels usages au-delà de la période concernée. Du statut des vestiges à l’élaboration de mythes de fondation peu à peu appropriés par les peuples colonisés, ce qui sera interrogé ressort donc autant des orientations de l’archéologie en période coloniale que de l’élaboration de modèles normatifs de connaissance dont les effets paraissent jusqu’à présent mieux connus par leur emprise que par leur identité.

Programme

Inscription conseillée : evenements@reseau-asie.com

Mardi 22 mars

9h30 : Accueil

9h45 : Mot de bienvenue : Jean-François SABOURET, Directeur du Réseau Asie et Pacifique-IMASIE, Alexandra LOUMPET-GALITZINE, Svetlana GORSHENINA et Claude RAPIN

10h00-11h30 : Session 1. Archéologie : une discipline coloniale ?

  • Discutant : Sabine CORNELIS (Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, Belgique)
  • Alain SCHNAPP (Université Paris I) : « Crise de l’archéologie ou crise de la mémoire ? »
  • Nabila OULEBSIR (Université de Poitiers / CRIA-EHESS) : « La catégorie ‘archéologie coloniale’ est-elle valable aujourd’hui pour penser l’histoire de la discipline archéologique ? »
  • Germain LOUMPET (Université de Yaoundé I) : « L’archéologie comme science coloniale : la construction d’un temps espace anthropologique pour la lecture du passé de l’Afrique »

11h30-11h45 : Pause café

11h45-13h15 : Session 2. Archéologies et colonisations, perspectives sur le long terme

  • Discutant : Jean-Pierre DOZON (FMSH)
  • Eve GRAN-AYMERICH (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres) : « Archéologie méditerranéenne et politique orientale de la France. 1798-1945 »
  • Eric HUYSECOM (Université de Genève) : « La reconstruction du passé africain : un siècle de recherches et de contextes politiques à géométrie variable »
  • Benoit HAZARD (CNRS, chargé de mission « patrimoine africain », FMSH) : « Archéologie du patrimoine naturel en Afrique de l’Ouest : de l’arboretum de l’IFAN au Parc naturel Bangr Weogo (Ouagadougou, Burkina Faso) ».

13h15-14h30 : Déjeuner

14h30-16h00 : Section 3. Politiques comparées

  • Discutant : Henri-Paul FRANCFORT (UMR 7041 « Archéologie et Sciences de l’Antiquité », CNRS / Paris I)
  • Laurence GILLOT (UMR 8210, Université Paris VII (Paris Diderot) / UFR GHSS et Sciences Sociales) : « Une socio-histoire comparée de l’archéologie française et britannique au Moyen-Orient »
  • Eric GADY (Centre d’Etudes Alexandrines, USR 3134, CNRS, Alexandrie) : « L’archéologie de l’Égypte antique sous la période coloniale (de l’occupation britannique à la découverte de la tombe de Toutankhamon) »
  • Arnaud NANTA (UMR 8173 Chine, Corée, Japon, EHESS) : « L’archéologie coloniale en Corée japonaise : institutions, terrains et enjeux, 1905-1937 »

16h00- 16h15 : Pause café

16h15-18h15 : Session 4. Les amateurs dans la construction des savoirs

  • Discutant : Catherine Coquery-Vidrovitch (Université de Paris VII)
  • Anne LACOSTE (Musée de l’Elysée, Lausanne) : « ’Un moyen de reproduction si exact’ ? : la photographie dans les missions archéologiques en Orient (1860-1900) »
  • Julie d’ANDURAIN (Centre de doctrine d’emploi des forces, ministère de la Défense) : « L’archéologie au service de la nation : Ruptures et continuités, du protectorat marocain à la Syrie mandataire (1912-1923) »
  • Laurick ZERBINI (Université Lumière Lyon 2, UMR 5190 – Laboratoire LARHRA, Équipe RESEA) : « L’architecture du Nord-Ouest du Bénin : entre interprétation et construction d’un savoir »
  • Salima NAJI « Archéologie coloniale au Maroc, 1920-1956, De l’archéologie à la mise en patrimoine : l’archaïque civilisé »

18h30 : Cocktail

Mercredi 23 mars

9h30-11h00 : Session 5. Acteurs institutionnels

  • Discutant : Jean-François KLEIN (INALCO, département Asie du Sud-Est / Centre Roland Mousnier, Paris IV Sorbonne [UMR 8596])
  • Amaury LORIN (Université catholique de Lille / Centre d’histoire de Sciences Po) : « L’archéologie au service de la colonisation? L’Ecole française d’Extrême-Orient (1898) et la Conversation d’Angkor (1908) »
  • Annick FENET (Société asiatique) : « Perse, Afghanistan, Extrême-Orient. Politiques archéologiques françaises en Orient dans le premier quart du XXe siècle, d’après les archives de la Société asiatique »
  • Caroline HERBELIN (CREOPS Centre de Recherche sur l’Extrême-Orient de Paris Sorbonne, Université de Paris IV Sorbonne) et Béatrice WISNIEWSKI (EPHE), « Stratégies de gouvernance et pratiques de l’archéologie en Indochine française »

11h00-11h15 : Pause café

11h15-12h45 : Session 6. Archéologie et idéologie coloniales

Discutant : Pierre SINGAREVELOU (Université de Paris I)

  • Anne-Julie ETTER (Université Paris Diderot – Paris 7) : « L’archéologie indienne et les mouvements migratoires : la mise en place d’un modèle interprétatif au début de la période coloniale »
  • Maarten COUTTENIER (Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, Belgique) : « Histoire de l’archéologie en Afrique centrale et le Congo (fin XIXe-début XXe siècle). La préhistoire congolaise vue comme ‘industrie des pygmées’, témoin d’une ‘civilisation peu avancée’ et ‘berceau de la famille humaine’ »
  • Nathan SCHLANGER (AREA – Paris 1 – Witwatersrand University) : « Archéologie coloniale et stratégies identitaires en Afrique australe »

12h45-14h00 : Déjeuner

14h00-16h00 : Session 7. Vers une archéologie post-coloniale ?

  • Discutant : Elisée COULIBALY (Université de Paris I, Président de la Société des Africanistes)
  • Alexandra LOUMPET-GALITZINE (Réseau Asie-IMASIE, CNRS-FMSH) : « Un passé infini : de l’invention du ‘précolonial’ à une archéologie post-coloniale en Afrique »
  • Christophe SAND, Jacques BOLE et André-John OUETCHO (Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique [IANCP], Nouméa, Nouvelle-Calédonie) : « Un cas d’école : évolutions du discours archéologique sur 150 ans d’histoire coloniale et post-coloniale en Nouvelle-Calédonie »
  • Stephen ROSTAIN (UMR 8096, CNRS / Université de Panthéon-Sorbonne, Maison René Ginouvès) : « Amazonie : une archéologie en attente de décolonisation »
  • Claude RAPIN (UMR 8546 Archéologie d’Orient et d’Occident), CNRS / ENS) et Svetlana GORSHENINA (Réseau Asie-IMASIE, CNRS-FMSH) : « De l’archéologie russo-soviétique en situation coloniale à l’archéologie post-coloniale en Asie centrale »

16h00-16h15 : Pause café

16h15-17h30 : Table ronde des discutants et débat, sous la présidence de Frantz GRENET (UMR 8546 Archéologie d’Orient et d’Occident, CNRS / ENS)

Comité d’organisation :

  • Alexandra LOUMPET-GALITZINE
  • Svetlana GORSHENINA
  • Claude RAPIN

 

Lieux

  • 190-198 avenue de France (Réseau Asie & Pacifique-Imasie, Maison des Sciences de l’Homme, 6ème étage, noyau A, salle 640)
    Paris, France

Dates

  • mardi 22 mars 2011
  • mercredi 23 mars 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • archéologie coloniale, perception, ethnologie, épistémologie

Contacts

  • Svetlana Gorshenina
    courriel : gorsheni [at] ens [dot] fr
  • Alexandra Loumpet-Galitzine
    courriel : archeologiescoloniales [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Marine SAM
    courriel : marine [dot] sam [at] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Archéologie(s) coloniale(s), une approche transversale », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 07 mars 2011, http://calenda.org/203534