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Mondialisation, territoires et citoyenneté

Globalisation, Territories and Citizenship

Pour une nouvelle approche de la réalité des territoires, de leur développement et de leur organisation

For a new approach to the reality of territories, their development and their organisation

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Publié le vendredi 04 mars 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Avec ce séminaire il s’agira de développer, en lien avec les enjeux politiques nationaux et planétaires, un regard croisé entre tous les acteurs des territoires : élus, administrations, associatifs, chercheurs, syndicats, mouvement social, etc. L’objectif est de promouvoir une citoyenneté politique active ; de travailler l’articulation des différentes échelles territoriales au plan national et mondial ; de mettre en perspective sociétale et politique les enjeux territoriaux, de faire avancer des propositions en faveur d’une révolution territoriale de coopération, de solidarité et de citoyenneté.

Annonce

Présentation

Le monde est face à une crise économique, sociale, financière, sociétale, énergétique, environnementale et une crise de la représentation politique de très grande ampleur. Les enjeux et défis ainsi posés ont des conséquences sur les territoires locaux de chaque pays. En France, la précarisation de la vie, l’augmentation de la pauvreté, autant que le vieillissement de la population ou l’augmentation de la mobilité posent là aussi des défis inouïs aux territoires, marqués par une grande diversité et de fortes inégalités. Le pays est riche de cette pluralité, mais il vit en même temps de véritables fractures territoriales au sein des villes, des espaces ruraux et des régions.

Les rapports entre l’Etat et les collectivités se complexifient. La décentralisation encore inachevée pose problème avec une tendance au renforcement de la tutelle de l’Etat tout en mettant à la charge des collectivités toujours plus de prérogatives sans y faire correspondre les moyens nécessaires. Les territoires subissent, dans le cadre de politiques néolibérales, l’affaiblissement des capacités de régulation de l’Etat, souffrent de l’empilement et de l’enchevêtrement des institutions, de l’opacité de leur fonctionnement, et enfin d’une mise en concurrence des territoires entre eux encouragée par Bruxelles. Mais, des résistances s’organisent au niveau local pour l’amélioration de la qualité de la vie, la défense des services publics, pour développer des projets alternatifs et du lien social par l’associatif, valoriser les potentialités humaines et les ressources du territoire.

Face à ces nouvelles dynamiques, de multiples interrogations demandent des réponses : Comment concevoir le rôle des territoires dans l’action politique, et pour faire face à ces nouveaux défis ? Ne doit-on pas favoriser la coopération, la co-élaboration et la co-mise en œuvre des politiques, développer une approche multi-niveaux et multi-acteurs de la gestion des territoires au lieu de prôner la concurrence ? La dérive du présidentialisme et de la constitution de fiefs territoriaux n’exige-t-elle pas une refonte des institutions pour une 6e république solidaire et citoyenne ? Comment concevoir une décentralisation au service des populations ? Par ailleurs, comment penser l’articulation entre les niveaux territoriaux, les territoires eux-mêmes, et les acteurs (associations, entreprises, syndicats, élus, etc.) pour organiser les convergences ?

L’approche territoriale devient ainsi fondamentale, elle permet de sortir du fatalisme et de créer de l’espoir pour construire une alternative politique. Le territoire doit être considéré comme le lieu le plus favorable à l’invention et doit être accompagnée par de nouvelles formes de gouvernance. Autour des luttes mais aussi autour d’actions territoriales innovantes au plus près des citoyens, à partir du dynamisme de la société civile, des associations, des syndicats, des mouvements d’usagers et de consommateurs, il est possible de nourrir la confiance là où la peur et l’impuissance dominent. Il est possible de réinventer du lien, des coopérations dans les domaines économiques, sociaux, écologiques et culturels. Pour cela, il est nécessaire de sortir des oppositions entre le mouvement politique progressiste, les syndicats, le mouvement associatif solidaire et écologique, et les élus locaux. De la même manière, les échelles du local et régional au mondial ne peuvent être opposées et doivent être travaillées simultanément.

La diversité des territoires est le premier paramètre à prendre en compte pour penser un développement adapté et pertinent. C’est aussi la multiplicité des acteurs : collectivités et élus, associations, syndicats, organismes professionnels, administrations de l’Etat, établissements de formation et bien entendu les citoyens et la population (y compris celle la plus en difficulté) doivent être partie prenante de l’élaboration des politiques publiques. Il est ainsi nécessaire de débattre du rôle des collectivités, des conditions d’un passage d’une gestion délégataire à une gestion participative et active des projets. Un travail important doit également être fait pour favoriser l’intervention populaire et citoyenne.

Objectifs

La période politique est en outre propice à la tenue d’un séminaire qui fixe les enjeux sur le sujet. La réforme territoriale menée par le gouvernement et le président Nicolas Sarkozy, se heurte à ne nombreuses critiques qui appellent à réfléchir à des pistes d’alternatives, d’autant que des idées et expériences nouvelles sont en cours d’élaboration, dans différents pays, au sein des organisations multilatérales sur la décentralisation. Elles touchent à la place des autorités locales dans le développement, créent de nouvelles pratiques démocratiques.

Il existe également un bouillonnement de réflexions au niveau universitaire et d’initiatives sur ce sujet mises en œuvre par les organisations et agences de développement local. Mais au-delà de l’intérêt certain pour tous ces travaux et initiatives sur lesquels il faudra s’appuyer, il manque souvent une dimension politique au sens éthique et sociétal du terme et une dimension multi acteurs (les syndicats et le mouvement social sont souvent oubliés). On est souvent dans une vision partisane et de logique de fiefs au niveau des élus, dans une vision purement universitaire au niveau des chercheurs, dans une vision technique au niveau des agents de développement local et des agences des territoires. Les réflexions ne sont pas forcément partagées par les uns et par les autres.

Avec ce séminaire il s’agira pour une véritable approche territoriale de développer en lien avec les enjeux politiques nationaux et planétaires, un regard croisé entre tous les acteurs des territoires : élus, administrations, associatifs, chercheurs, syndicats, mouvement social, etc. L’objectif est de promouvoir une citoyenneté politique active ; de travailler l’articulation des différentes échelles territoriales au plan national et mondial ; de mettre en perspective sociétale et politique les enjeux territoriaux, de faire avancer des propositions en faveur d’une révolution territoriale de coopération, de solidarité et de citoyenneté.

L’objectif est dans une démarche pragmatique de déboucher sur des préconisations qui permettent de répondre à des exigences précises :

  • Quelle réforme territoriale bâtir pour 2012 ? Sur quelle base et avec quelle gouvernance ?
  • Comment placer la démocratie au cœur de la vie des territoires ?

Ce séminaire est porté par la Fondation Gabriel Péri et le CIDEFE.

Programme des séances

11 janvier 2011

« Face aux défis de la globalisation et de la crise de la représentation politique, les enjeux de la décentralisation, de la gouvernance territoriale et de la démocratie locale »

avec Jean-Claude Mairal, Martin Vanier et Loïc Blondiaux.

9 février

« Elus locaux, société civile et populations : ensemble pour une gestion concertée, efficace et durable des politiques territoriales »,

Atelier organisé en partenariat avec le CIDEFE et le PIT du Sénégal au Forum social mondial de Dakar (6-11 février 2011).

15 mars 2011

« Quelles articulations entre les échelles de la gouvernance du local au mondial, en passant par l’Europe ».

Si la décentralisation a eu le mérite de rapprocher les lieux de décision du citoyen, elle a eu aussi des effets négatifs. En effet elle a entraîné une atomisation et une segmentation des politiques publiques favorisant la concurrence des territoires. Chacun, maître de ses décisions dans sa collectivité, peut mener s’il en a les capacités financières, les projets qu’il souhaite sans tenir compte des autres strates institutionnelles et territoriales. C’est la conséquence du système électoral français et de la logique présidentielle de la 5ème république qui renforce la logique de fief électoral au niveau des grandes collectivités.

Certes au fil des ans, l’Etat a poussé au développement de l’Intercommunalité et des coopérations, mais la dispersion et la concurrence continuent bien souvent de régner. Or chacun sait bien qu’aucun problème de société ne peut être géré à une seule échelle territoriale, qu’aucune politique efficace ne peut être enfermée dans une seule institution, administration ou collectivité. Car le territoire de proximité (bassins d’emploi, de formation et de vie) n’est pas le siège d’une seule institution : il est le réceptacle de tous.

C’est donc une nouvelle gouvernance territoriale qu’il faut penser, articulant entre elles, les différentes instances dans l’exercice d’une responsabilité partagée dans les territoires, en synergie avec l’ensemble des acteurs et citoyens présents sur ceux-ci. Il s’agit de construire une nouvelle culture de gestion basée sur la coopération et non sur la concurrence, sur la transversalité et non sur la verticalité entre les différentes strates institutionnelles et administratives.

13 avril 2011

« Urbain, périurbain, rural, métropoles : quel dialogue et quelle synergie pour les territoires ? »,

18 mai 2011

« Décentralisation ou recentralisation : quelle réforme de l’organisation territoriale ? »

31 mai 2011

« La culture et l’interculturalité, leviers du développement des territoires »

15 juin 2011

« Territoires, démocratie participative et citoyenneté »

Lieux

  • 11 rue Etienne Marcel
    Pantin, France

Dates

  • mardi 15 mars 2011
  • mardi 11 janvier 2011
  • mardi 15 février 2011
  • mercredi 13 avril 2011
  • mercredi 18 mai 2011
  • mardi 31 mai 2011
  • mercredi 15 juin 2011

Mots-clés

  • territoire, mondialisation, citoyenneté, Europe, décentralisation, gouvernance, échelle, développement, Etat, institions, espace

Contacts

  • Chrystel Le Moing
    courriel : clemoing [at] gabrielperi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Chrystel Le Moing
    courriel : clemoing [at] gabrielperi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mondialisation, territoires et citoyenneté », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 04 mars 2011, http://calenda.org/203572