AccueilÉcriture(s) et psychanalyse : quels récits ?

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Publié le vendredi 04 mars 2011 par Karim Hammou

Résumé

La question de l’écriture et de ses liens avec la psychanalyse mérite d’être réinterrogée à partir d’une confrontation de trois champs. Le premier consiste en cet exercice de la psychanalyse à l’endroit — et parfois à l’encontre — de la littérature (qu’en est-il, alors, de cette position de principe qui a longtemps fait de la psychanalyse la révélatrice de ce que l’auteur dit sans savoir qu’il le dit?). Le second champ correspond à l’examen des processus d’écriture, quand l’auteur ne peut plus ignorer l’existence de l’inconscient à l’œuvre dans sa création (la psychanalyse et la littérature susciteraient alors plutôt des échanges sur la base de la supposition d’un savoir que l’autre détiendrait). Enfin, le troisième champ sollicite le récit, forme commune aux deux domaines (devront alors se voir évaluées la pertinence et la portée de l’usage d’un concept emprunté à la critique littéraire dans le champ de l’expérience analytique).

Annonce

DU MERCREDI 6 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 13 JUILLET (14 H) 2011

ECRITURE(S) ET PSYCHANALYSE : QUELS RÉCITS ?

DIRECTION : Françoise ABEL, Maryse PETIT

ARGUMENT :

Freud a rendu hommage aux écrivains qui, à leur façon, ont révélé des processus inconscients (Ibsen, Zweig, Schnitzler) et il a utilisé la psychanalyse comme outil d’approche de la littérature, quand il écrivit Délire et Rêves dans la Gradiva de Jensen. Des années 70 jusqu’à l’ironique ouvrage de P. Bayard: Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse? (2003), il y a une histoire longue de l’examen des relations entre littérature et psychanalyse.

En revanche la question de l’écriture et de ses liens avec la psychanalyse mérite d’être réinterrogée à partir d’une confrontation de trois champs. Le premier consiste en cet exercice de la psychanalyse à l’endroit — et parfois à l’encontre — de la littérature (qu’en est-il, alors, de cette position de principe qui a longtemps fait de la psychanalyse la révélatrice de ce que l’auteur dit sans savoir qu’il le dit?). Le second champ correspond à l’examen des processus d’écriture, quand l’auteur ne peut plus ignorer l’existence de l’inconscient à l’œuvre dans sa création (la psychanalyse et la littérature susciteraient alors plutôt des échanges sur la base de la supposition d’un savoir que l’autre détiendrait). Enfin, le troisième champ sollicite le récit, forme commune aux deux domaines (devront alors se voir évaluées la pertinence et la portée de l’usage d’un concept emprunté à la critique littéraire dans le champ de l’expérience analytique).

Si l’origine étymologique du terme "écriture" renvoie à la matérialité originelle — la trace —, le glissement vers la notion d’inscription en infléchit très vite le sens, l’inscription renvoyant à la fois à la nomination et à la transcription. Quel est statut de l’écriture si elle est écriture d’une parole, comme l’indiquait Pierre Fédida: "La parole dans la séance cherche pour interlocuteur le langage et non pas tant l’analyste en personne", la séance étant ainsi le lieu où le sujet trouve son propre langage et se constitue en tant que sujet par là même?

Au regard de la psychanalyse, les paroles sont tout autant à lire que les écrits sont à entendre: entre le lisible et l’audible, il s’agira de questionner ce qui fait texte ou récit. Autrement dit, le questionnement sera triple: qu’est-ce qui se traite dans un récit littéraire, dans un roman, dans une écriture autobiographique? qu’est-ce qui s’écrit dans une analyse, et après? si c’est la création qui est thérapeutique, à quelles conditions et jusqu’à quel point?

Nous tenterons aussi d’appréhender ce qui fait passage à l’invention, à la création, voire à l’œuvre, en nous interrogeant conjointement avec des praticiens de la critique génétique et des psychanalystes sur l’oscillation entre répétition et révélation: le texte détermine-t-il sa genèse, tout comme le récit le sens, dans un après-coup d’où surgit un "savoir insu"? Nous attendons des réponses tant chez les théoriciens que chez les écrivains eux-mêmes.

Au-delà des conférences et des tables rondes, nous souhaitons proposer aux participants une source de réflexion commune en organisant deux types d’ateliers d’écriture: l’un d’eux sera consacré à un texte narratif, élaboré pendant la durée du colloque; l’autre s’intéressera à différentes formes (essai, poésie, jeux sur le langage...).

COMMUNICATIONS :

  • Françoise ABEL: Le corps écrit. Quelle adresse?
  • Jeanne BERNARD: "EURÈKA. J'ai trouvé!'. Certes mais quoi? La métamorphose de l'écriture dans la vie de I. Kertesz
  • Claude CROZON: A propos D'un autre monde, roman métapsychologique
  • Françoise DAVOINE: Aux limites de la psychanalyse, la littérature, dernier asile de la folie
  • Mireille DELBRACCIO: Paradoxes du récit: raconter ou s’écrire? (Récit historique, récit analytique, récit de soi)
  • Jocelyn DUPONT: L’écriture de l’Hilflosigkeit chez Joyce Carol Oates
  • Camille FORT: L'autre du texte: fiction, traduction et psychanalyse
  • François GANTHERET: Ecrire, analyser, pour surgir
  • Jean-Max GAUDILLIÈRE: Aux limites de la psychanalyse, la littérature, dernier asile de la folie
  • Claude de la GENARDIÈRE: Dans la vie de la psychanalyse, l’écriture
  • Georges-Arthur GOLDSCHMIDT: L'écriture au gré de ce qu'elle ignore
  • Philippe GRIMBERT: Ce que secrète un secret
  • Liliane HASSON: Reinaldo Arenas: à tort ou à raison
  • Charles JULIET: L'émergence de l'écriture
  • Claude LECOQ: De quelle oreille le psychanalyste traite-t-il la lettre, en souffrance, que lui confie son patient?
  • Ghislain LÉVY: "Bégayer, seulement bégayer"
  • Gilles MENEGALDO: Du texte à l'écran: modes du récit mensonger et écriture de la folie dans Spider (Patrick Mc Grath, D. Cronenberg)
  • Dominique MEYER-BOLZINGER: Aux origines du récit: la chambre de l'enfance et la scène du crime
  • Jean-Paul MEYER: Entre image perdue et mémoire iconique: l'empreinte du corps dans le signifiant graphique
  • Maryse PETIT: Je est/et/ hait? L'Autre: nègres et fantômes
  • Jacqueline ROUSSEAU-DUJARDIN: L'homme ou la femme et l'œuvre: un rapprochement généralement mal vu ; et pourtant* Patrick SALVAIN: Le psychanalyste, un poème?
  • Francis ZIMMERMANN: Une écriture de soi dans le roman

ATELIER D'ÉCRITURE :

  • Marcelle COHEN: Atelier d'écriture. "C'est en lisant qu'on devient liseron". "C'est en écrivant qu'on devient écriveron"

PROJECTIONS-DÉBATS :

  • Pascal HÉRANVAL & David THOUROUDE: Présentation du film Play boy communiste
  • Mère folle, à partir d'un ouvrage de Françoise DAVOINE
  • Liliane HASSON: Manuel Zayas, Serres extravagantes / Etres extravagants

Lieux

  • Centre Culturel International de Cerisy, Le Château
    Cerisy-la-Salle, France

Dates

  • mercredi 06 juillet 2011
  • jeudi 07 juillet 2011
  • vendredi 08 juillet 2011
  • samedi 09 juillet 2011
  • dimanche 10 juillet 2011
  • lundi 11 juillet 2011
  • mardi 12 juillet 2011
  • mercredi 13 juillet 2011

Contacts

  • Centre Culturel International de Cerisy
    courriel : info [dot] cerisy [at] ccic-cerisy [dot] asso [dot] fr

Source de l'information

  • michaël morel
    courriel : info [dot] cerisy [at] ccic-cerisy [dot] asso [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Écriture(s) et psychanalyse : quels récits ? », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 04 mars 2011, http://calenda.org/203599