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Totalité et infini, une œuvre de ruptures

Totality and Infinity, a work of ruptures

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Publié le jeudi 10 mars 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Totalité et infini est l’un des ouvrages philosophiques les plus marquants du XXe siècle. Il s’inscrit résolument comme partie prenante aux débats qui traversent toute l’histoire de la pensée philosophique, mais y introduit des ruptures qui s’étendent bien au-delà de la seule philosophie. La rupture originelle, celle dont tout découle, consiste à donner à l’éthique, définie à partir de la relation à autrui et non plus comme recherche de perfection, le statut de « philosophie première ». Ce colloque, consacré à Totalité et Infini, marque le cinquantenaire de sa publication. Au-delà de l’hommage, l’enjeu de cette manifestation est d’inviter les intervenants à interroger les différentes ruptures que cette œuvre impose.

Annonce

Intervenants : Flora Bastiani, Benoît Chantre, Hugues Choplin, Cristian Ciocan, François Coppens, Pascal Delhom, Corinne Enaudeau, Arnaud François, Miguel Garcia Baro, Christian Godin, Georges Hansel, Joëlle Hansel, Eric Hoppenot, Malgorzata Kowalska, Robert Legros , Marie-Anne Lescourret, Nicolas Monseu, Yasuhiko Murakami, Michel Olivier, Jean-François Rey, Jean-Michel Salanskis, Jan Sokol, Jacques Taminiaux.

Organisation : Société Internationale de Recherches Emmanuel Levinas (SIREL) :  Eric Hoppenot, Michel Olivier.

En partenariat avec : l’Alliance Israélite Universelle, la Société Intermèdes, Philosophie Magazine.

Contact : totalinf50@gmail.com

Programme : sirel-levinas.org

Il est désormais reconnu que Totalité et Infini est l’un des ouvrages philosophiques les plus marquants du XXe siècle. Cela tient à sa double nature. D’un côté, cet ouvrage s’inscrit résolument comme partie prenante aux débats qui traversent toute l’histoire de la pensée philosophique, particulièrement sous la forme qu’ils ont prise à notre époque. De l’autre, il introduit dans cette tradition une rupture initiale qui s’étend rapidement à d’autres domaines, bien au-delà de la seule philosophie, de sorte que l’on peut bien définir Totalité et Infini comme œuvre de ruptures selon l’intitulé de notre colloque.

Dans Ethique et Infini, Levinas rend hommage à Rosenzweig, précisant que c’est dans cette philosophie « que j’ai rencontré pour la première fois une critique radicale de la totalité. ». C’est chez Rosenzweig, ajoute-t-il, qu’il va découvrir  « une ouverture d’une toute autre voie dans la recherche du sensé. ». Cette rupture initiale, celle dont tout découle, consiste à donner à l’éthique, définie à partir de la relation à autrui et non plus comme recherche de perfection, le statut de « philosophie première », rompant ainsi avec la tradition qui depuis Aristote attribuait ce titre à la métaphysique générale et plus spécialement à l’ontologie. Cela conduit d’abord Levinas à préciser ce qu’il retient et par où il se démarque des penseurs qui l’ont précédé, Platon, Aristote, Plotin, Descartes, Leibnitz, Spinoza, Kant, Bergson, Hegel, Husserl, Heidegger, Buber, pour ne citer que les plus importants présents dans Totalité et Infini. Quittons la philosophie pure. Conséquence de son geste initial, Levinas est amené à rejeter toute forme de théologie se présentant comme dogme, comme mystique ou même comme connaissance ou recherche de connaissance sur Dieu. Les énoncés théologiques n’ont désormais de sens que relativement aux relations interhumaines. La pensée des Droits de l’homme ne se fonde plus sur l’idée d’une nature commune aux êtres humains, nature à respecter et dont il faudrait garantir l’épanouissement, mais sur « les droits de l’autre homme », sans référence à un concept commun englobant le moi et autrui. L’essence profonde du langage ne réside pas dans l’échange d’informations ni même dans sa dimension dialogale où disparaît la dissymétrie de la relation à autrui, autrui qui est un vous bien plutôt qu’un tu. Ce ne sont là que quelques exemples de ruptures, conséquences de ce que l’on peut bien appeler la « révélation  du  visage » d’autrui, pour reprendre les termes de Levinas. En réalité c’est l’ensemble des notions qui décrivent l’humain qui voient leur signification et leurs relations transformées et notamment la politique, la science, la technique, l’enseignement, l’amour.

 Ce colloque, consacré à Totalité et Infini, marque le cinquantenaire de sa publication. Au-delà de l’hommage, l’enjeu de cette manifestation est d’inviter les intervenants à interroger les différentes ruptures que cette œuvre impose.

Programme

Lundi 9 mai

9h : Accueil

La totalité et sa rupture. (Modération : Eric Hoppenot)

9h30-10h15 : Jacques Taminiaux – « Totalité et infini : mes souvenirs du manuscrit à la parution dans les Phaenomenologica. »

10h15-11h00 : Marie-Anne Lescourret – « Figures de la totalité. »

Pause

11h30-12h15 : Joëlle Hansel – « Déformaliser la transcendance : la figure du maître dans Totalité et infini. »

12h15-13h00 : Jean-François Rey – « Possibilité de l'athéisme : le statut de la séparation dans Totalité et infini. »

Pause déjeuner

Totalité et infini et la philosophie pratique. (Modération Joëlle Hansel)

14h30-15h15 : Malgorzata Kowalska – « La dimension politique de la pensée de Lévinas et la question d'une autre mondialisation. »

15h15-16h00 Flora Bastiani – « Le meurtre : pouvoir possible et impossible. »

Pause

16h00-16h45 : Pascal Delhom – « La paix comme aptitude à la parole. »

16h45-17h30 : François Coppens – « Enseigner après Totalité et infini ? Le savoir comme puissance et comme critique. »

Mardi 10 mai

Ruptures avec l'impersonnel. (Modération Michel Olivier)

9h30-10h15 : Georges Hansel – « L'Il y a dans Totalité et infini. »

10h15-11h00 : Hugues Choplin – « Rompre avec l'Il y a ? »

Pause

11h30-12h15 : Robert Legros – « L'humanité éprouvée: de Kant à Lévinas. »

12h15-13h00 : Christian Godin – « Face à l'infini, quelle totalité ? »

Pause déjeuner

Totalité et Infini et la tradition phénoménologique. (Modération Jean-Michel Salanskis)

14h30-15h15 : Miguel Garcia Baro – « Pensée des événements et essence de la manifestation. »

15h15-16h00 : Cristian Ciocan – « Le phénomène du corps dans Totalité et infini. »

Pause

L'anthropologie de Totalité et infini. (Modération Robert Legros)

16h30-17h15 : Jan Sokol – « L’analyse de l’être-là dans Totalité et infini

17h15-18h00 : Corinne Enaudeau – « Racines et déracinement de la représentation. »

Mercredi 11 mai

Ruptures épistémologiques. (Modération Marie-Anne Lescourret)

9h30-10h15 : Michel Olivier – « Trace morpho-sémantique de l'Idée de l'infini. »

10h15-11h00 : Jean-Michel Salanskis – « L’épistémologie de Totalité et infini. »

Pause

Totalité et Infini et la subjectivité. (Modération Jean-François Rey)

11h30-12h15 : Yasuhiko Murakami – « De l’intersubjectivité à la limite – « Phénoménologie de l’Éros » et l’état végétatif. »

12h15-13h00 : Nicolas Monseu – « Identité et réflexion selon Lévinas »

Pause déjeuner

Lévinas en dialogue. (Modération Hugues Choplin)

14h45-15h30 : Arnaud François – « L'influence de Bergson sur Totalité et infini. »

15h30-16h15 : Benoît Chantre – « Lévinas, Girard et la question du duel. »

16h15-17h00 : Eric Hoppenot – « L'exhortation d'un saut. »

Lieux

  • 45, rue La Bruyère (M° Saint-Georges, Trinité, Liège ou Blanche)
    Paris, France

Dates

  • lundi 09 mai 2011
  • mardi 10 mai 2011
  • mercredi 11 mai 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Phénoménologie, éthique, judaisme, alterité, eros, visage, fécondité, jouissance, infini

Contacts

  • Société Internationale de Recherche Emmanuel Levinas
    courriel : totalinf50 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Hansel #
    courriel : totalinf50 [at] gmaial [dot] com

Pour citer cette annonce

« Totalité et infini, une œuvre de ruptures », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 10 mars 2011, http://calenda.org/203654