AccueilApparitions fantastiques. Apparition et disparition dans la fiction brève (littérature et arts de l’image)

*  *  *

Publié le mardi 29 mars 2011 par Karim Hammou

Résumé

Appel à communications pour le prochain colloque du Centre d'études et de recherche sur les littératures de l'imaginaire (CERLI) à l'Université d'Angers qui portera sur « Apparition et disparition dans la fiction brève » et se tiendra du 24 au 26 novembre 2011.

Annonce

COLLOQUE CRILA-CERLI-CERIEC

Université d’Angers

24-26 NOVEMBRE 2011

Apparitions fantastiques

Apparition et disparition dans la fiction brève (littérature et arts de l’image) 

Il s’agira dans ce colloque pluridisciplinaire d’organiser la réflexion autour de trois axes : l’imaginaire, le texte bref et la question de l’apparition. Pourquoi ce choix ? On sait d’abord que « le fantastique excelle lorsqu’il est porté par un texte court et le plus souvent par la brièveté de la nouvelle » (N. Prince, Le fantastique, A. Colin, p. 77) : Poe, James, Hawthorne, Maupassant, Richepin, Schwob, Nodier, Gautier, Lorrain sont autant d’auteurs qui ont porté la nouvelle aux nues, et leurs écrits permettent d’envisager le rapport étroit entre le fantastique et la nouvelle. « La nouvelle réussit à merveille à créer la tension nécessaire et l’émotion propre au genre. Il s’agit d’un récit bref et rectiligne, concentré sur peu de personnages, sur un événement unique au caractère insolite, inouï et inédit […] Tout dans la nouvelle est au service de l’efficacité fantastique » (Id., p. 78) : « [la nouvelle] a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet » (Baudelaire).

Le fantastique, dit-on communément, déclenche « l’apparition » (R. Caillois) : apparition de l’insolite, de l’inadmissible, de la chose ou de l’être surnaturel. Le mot fantastique se rapporte au verbe grec phantasein qui signifie « faire voir en apparence, montrer, apparaître ». Le fantastique commence donc par l’émergence, le jaillissement de quelque chose. Le même mot phantasein est lié à phantasia, « l’apparition », et à phantasma, « le spectre, le fantôme », réunissant dans une même origine apparition et surnaturel. L’apparition est le principe actif par lequel l’événement surprenant se manifeste. Elle atteint le héros, ouvre son expérience à l’indicible. Quelque chose apparaît qui implique « l’infraction du réel » (J.-L. Steinmetz). Ce basculement correspond souvent à une « monstration » (D. Mellier) qui consiste à « montrer de manière excessive et hyperréaliste des créatures surnaturelles ».

Mais comme son double au miroir, la disparition participe elle aussi au jeu de/avec la peur ou de l’insolite. Disparition d’une personne, d’une partie de son corps, d’un objet, voire d’un lieu. Il existe aussi, au cœur du fantastique, un paradoxe lié à la lacune, au manque, à la manifestation ou à « l’apparition » de l’invisible, à « l’image absente » (H. de Régnier), au « visible paradoxal » (N. Prince). Comment alors exprimer ce qui échappe à la représentation, sinon par le texte même, par ses figurations et ses escamotages stylistiques ? C’est en s’effaçant que le texte de l’invisible en vient finalement à l’exhiber. L’écriture de la disparition s’achève alors par une disparition de l’écriture.

Notre colloque se propose de développer ces pistes sur un mode transversal en réunissant des spécialistes du texte court et des analystes de la littérature ou des arts visuels. Les formes brèves sont toutes convoquées : nouvelle, novella, tale, short story, conte. De même pour les genres ou sous-genres de l’imaginaire : fantastique, gothique, horreur, terreur, merveilleux, fantasy, science-fiction, littérature de jeunesse, mythe. Aucune périodisation précise ne sera préconisée.

Sur le plan de l’image, on s’intéressera à la transposition des textes dans les arts visuels. L'adaptation de la nouvelle fantastique à l'écran pose des problèmes spécifiques. La forme brève peut être conservée ou même condensée. A l'inverse, la fiction, largement étoffée peut donner lieu à un long métrage qui permet aux motifs et figures (comme le spectral) de s'inscrire dans un espace et de se déployer dans la durée. La question de l'apparition/disparition est cruciale et donne lieu à des choix de mise en scène (monstration ou évitement, suggestion ou fragmentation de la figure, répétition/variation, jeu sur le hors champ, la lumière et l'ombre, les bruits diégétiques etc.) qui rejoignent des préoccupations théoriques importantes. Il nous semble loisible enfin d’ouvrir un atelier aux spécialistes de traductologie afin de réfléchir sur la pratique de la traduction en matière de nouvelles fantastiques (des nouvelles « classiques » ont été traduites plusieurs fois).

Responsables de l’organisation :

  • locaux (pour le CRILA) : Lauric Guillaud, Emmanuel Verdanakis, Pascale Denance, Alice Clark (Université de Nantes) : mise en place des ateliers. Contact CERIEC : Anne-Simone Dufief
  • extérieurs : (pour le CERLI) Gilles Menegaldo (Université de Poitiers) : aire cinématographique.

Des ateliers thématiques seront définis en fonction des propositions. La majorité des communications sera faite en français. Toutefois, un atelier sera prévu pour les communications en anglais (fonctionnement habituel du CRILA). Un autre atelier pourrait réunir les théoriciens du genre.

Une journée d’étude préparatoire sous forme de séminaire ou de table ronde aura lieu le 23 juin. Le sujet sera « la nouvelle fantastique ».

Temps de parole imparti : 25 minutes + 5.

Merci d’envoyer vos propositions conjointement aux deux adresses mail suivantes avant fin juin :

  • Lauric Guillaud : lauric.guillaud@sfr.fr
  • Anne-Simone Dufief : simone.dufief@univ-angers.fr

Quelques auteurs anglophones célèbres du genre :

Coleridge, Lord Byron, John Keats, Washington Irving, William Austin, James Hogg, Mary Shelley, Nathaniel Hawthorne, Poe, Emily Dickinson, J. S. Le Fanu, Lewis Carroll, Henry James, Dickens, Oscar Wilde, Yeats, Ambrose Bierce, R.-L. Stevenson, Bram Stoker, Arthur Machen, H.G. Wells, Robert Chambers, W.W. Jacobs, M.R. James, Kipling, Lord Dunsany, Saki, E.M. Forster, A. Conan Doyle, Edith Wharton, Walter de la Mare, Mark Twain, Virginia Woolf, Algernon Blackwood, D.H. Lawrence, Graham Greene, Somerset Maugham, O’Henry, H.P. Lovecraft, Daphne du Maurier, Ray Bradbury, Ursula Le Guin, Nabokov, Charlotte Perkins Gilman, Stephen King, Richard Matheson, etc.

Aire francophone :

Jean Cocteau, Marguerite Yourcenar, Léon Bloy, Jules Claretie, André Pieyre de Mandiargues, Marcel Aymé, Théophile Gautier, Jules Lermina, Prosper Mérimée, Maupassant, George Sand, Jean Richepin, Villiers de l’Isle-Adam, M. Renard, Henri de Régnier, Gaston Danville, Catulle Mendès, Remy de Gourmont, Balzac, Charles Nodier, Michel de Ghelderode, Jean Ray, Claude Seignolle, J.-L. Bouquet, Alexandre Dumas, Nerval, etc.

Bibliographie sommaire sur la nouvelle :

- BONHEIM, Helmut, The Narrative Modes. Techniques of the Short Story, Cambridge, D. p. Brewer, 1982, 197 p.

- BOUCHER, Jean-Pierre, «Le titre du recueil: le premier récit. Le Torrent d'Anne Hébert», Écrits du Canada français, no 65, 1989, p. 27-46.

- Id., Le recueil de nouvelles, Montréal, Fides, 1992, 216 p.

- CHKLOVSKI, V., «La construction de la nouvelle et du roman», Théorie de la littérature, textes des formalistes russes réunis et traduits par T. Todorov, Paris, Seuil, «Tel Quel», 1965, p. 170-196.

- DELOFFRE, Frédéric, La Nouvelle en France à l'âge classique, Paris, Didier, 1967, 130 p.

- ETIEMBLE, René, «Problématique de la nouvelle», Essais de littérature (vraiment) générale, Paris, Gallimard, 1975, p. 220-236.

- FONYI, A., «Nouvelle, subjectivité, structure. Un chapitre de l'histoire de la théorie de la nouvelle et une tentative de description structurale», Revue de littérature comparée, vol. 50, no 4, oct.-déc. 1976, «Problématique de la nouvelle», p. 355-375.

- GODENNE, René, La nouvelle française, Paris, P.U.F., collection SUP, 1974, 176 p.

- Id., « Comment appeler un auteur de nouvelles?», Romanic Review, fév. 1967, vol. LVIII, no 1, p. 38-43, Columbia University Press, New York & London.

- MORIN L., De la nouvelle fantastique au roman fantastique, Etudes Canadiennes, 1996, vol. 22, n° 40, pp. 17-28.

- PELLERIN, Gilles, Nous aurions un petit genre, Québec, L'Instant même, 1997, 217 p.

- PRINCE, Nathalie, Le fantastique, Paris, Armand Colin, collection « 128 », 2008, 128 p.

- Id., Petit musée des horreurs. Nouvelles fantastiques, cruelles et macabres, Paris, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2008, 1152 pages.

- Id., « L’image absente. Une dialectique de l’invisible », dans Le livre et l’image dans la littérature fantastique et les œuvres de fiction (F. Dupeyron-Lafay dir.), Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2003, p. 237 à 256.

- SHAW, Valérie, The Short Story: a Critical Introduction, London, New-York, Longman, 1983, 294 p.

Lieux

  • Université d'Angers
    Angers, France

Dates

  • jeudi 30 juin 2011

Mots-clés

  • apparition, disparition, fiction brève, nouvelle, littérature, arts de l'image

Contacts

  • Lauric Guillaud
    courriel : lauric [dot] guillaud [at] sfr [dot] fr

Source de l'information

  • Claire Cornillon
    courriel : clairecornillon [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Apparitions fantastiques. Apparition et disparition dans la fiction brève (littérature et arts de l’image) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 29 mars 2011, http://calenda.org/203909