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Les dimensions spatiales et temporelles de l'engagement et des mobilisations

The spatial and temporal dimensions of commitment and mobilisation

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Publié le mercredi 06 avril 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Le regard que nous proposons lors de cette journée d’étude tente au travers de ce double questionnement sur l’usage des catégories d’espace et de temps et sur leur potentialité analytique, une remise en perspective permettant de (se) ressaisir plus nettement peut-être, des nécessités de diverses formes d’engagement(s) et de mobilisation(s), de leurs effets et efficacités sur l’a-venir de l’individu comme sur les configurations des espaces investis ou sur la mobilisation elle-même. C’est-à-dire, en définitive, de se pencher sur la plus ou moins grande incurvation des trajectoires que ces espaces et ces temps sociaux investis engendrent, ou sur les effets de ces trajectoires sur les lieux, les temps, les sociabilités, les luttes, etc.

Annonce

Vendredi 15 avril 2011

MISHA, salle de la Table Ronde, 4 allée du Général Rouvillois 67000 Strasbourg-Esplanade

entrée libre et gratuite

Président de la journée : Choukri Hmed (IRISSO/CMH, Université Paris-Dauphine)

9h30 Eléments d’introduction

William Gasparini (ERSSS, UdS), Thierry Ramadier (LIVE, UdS), Jay Rowell (GSPE, UdS)

SESSION 1 : DE QUELQUES DIMENSIONS ET REDIMENSIONS DE L’ENGAGEMENT

Discutant : Choukri Hmed (IRISSO/CMH, Université Paris-Dauphine)

10h00 « Appréhender les dimensions spatio-temporelles de l’engagement et des mobilisations au prisme de la notion d’utopie », Simon Borja (GSPE, IEP, Strasbourg)

10h45 « L’art de laisser des traces à travers les espaces et au-delà du temps. La "chasse aux trains" », Marc Tadorian (MAPS, Université de Neuchâtel)

11h 30 « S’engager avant, pendant, et après la concertation sur une politique publique de gestion des espaces de sports de nature : entre profession(s) et conviction(s) », Elodie Wipf (ERSSS, UdS – ISSUL, Université de Lausanne)

12h15 Pause déjeuner avec les participants

SESSION 2 : PERSPECTIVES SUR LES ENGAGEMENTS ET MOBILISATIONS ASSOCIATIFS

Discutant : Philippe Juhem (GSPE, IEP, Strasbroug)

14h15 « Urgence politique et transformation de la temporalité militante : des associations musulmanes locales dans la mobilisation pour la Palestine », Etienne Pingaud (CESSP, EHESS)

15h00 « Analyse des dimensions spatio-temporelles de l’engagement au sein d’associations sportives en milieu rural : entre connectivité et dé-connectivité », Clément Prévitali (LaSA, Université de Franche-Comté)

15h45 « De l’engagement au non-engagement : ressources sportives et "capital d’autochtonie" en milieu populaire turc », Pierre Weiss (ERSSS, UdS)

16h30 Eléments de synthèse de la journée et à partir de ses travaux : Choukri Hmed (IRISSO/CMH, Université Paris-Dauphine)

Responsables scientifiques de la journée :

  • William Gasparini,
  • Philippe Cordazzo,
  • Michel Koebel,
  • Christian de Montlibert,
  • Thierry Ramadier,
  • Jay Rowell

Organisation :

  • Simon Borja,
  • Pierre Weiss,
  • Elodie Wipf

En collaboration et avec le soutien :

  • UdS,
  • MISHA,
  • EDSHS

 Partenaires scientifiques :

GSPE-PRISME (UMR 7012), Equipe de recherche en sciences sociales du sport (EA 1342)

Contact organisation : elodie.wipf@gmail.com / Illustration : Armelle Caron

Présentation

Afin d’expliquer et de comprendre les diverses logiques des engagements, il existe aujourd’hui en sciences sociales un grand nombre de perspectives, d’outils, de concepts et de modèles[1]. Cependant, les dimensions spatiales et temporelles restent encore peu explorées pour appréhender les logiques individuelles ou collectives de l’engagement[2]. Loin de constituer des catégories ad hoc ou simplement fédératrices, l’espace et le temps sont à prendre au sérieux dans l’analyse de l’activité sociale[3] dans la mesure où celle-ci « a besoin de lieux pour se réaliser »[4] et qu’« elle fait le temps »[5].

Il ne s’agit pas non plus en ce sens de considérer le temps et l’espace comme des déterminants en soi. Mais bien de les entendre soit, d’un côté, comme des facteurs parmi d’autres pouvant servir dans l’explication des dynamiques constitutives des processus d’engagement et de mobilisation. Soit, d’un autre côté, comme des prismes d’analyse permettant d’éclairer plus nettement, l’articulation des facteurs d’engagement et donc des concepts déjà existants et utilisés pour en rendre compte.

L’engagement retourne, quelque soit son type, de l’analyse qui considère une trajectoire au regard de son contexte d’actualisation à la fois dans un lieu, mais aussi à un moment donné[6]. De cette manière, les engagements nous semblent pouvoir être aperçus au travers des temporalisations des agents, c’est-à-dire en mobilisant les dimensions des pratiques et des représentations qui font le temps[7] comme elles s’inscrivent, en le faisant, dans l’espace[8].

Le regard que nous proposons lors de cette journée d’étude tente ainsi, au travers de ce double questionnement sur l’usage des catégories d’espace et de temps et sur leur potentialité analytique, une remise en perspective permettant de (se) ressaisir plus nettement peut-être, des nécessités de diverses formes d’engagement(s) et de mobilisation(s), de leurs effets et efficacités sur l’a-venir de l’individu comme sur les configurations des espaces investis ou sur la mobilisation elle-même. C’est-à-dire, en définitive, de se pencher sur la plus ou moins grande incurvation des trajectoires que ces espaces et ces temps sociaux investis engendrent, ou sur les effets de ces trajectoires sur les lieux, les temps, les sociabilités, les luttes, etc.

Notes

[1] Cf. Fillieule Olivier, Mathieu Lilian, Péchu Cécile, Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Les Presses de Sciences Po., Paris (coll. Références/Sociétés en mouvement), 2009 ; Neveu Erik, Sociologie des mouvements sociaux, Paris, La Découverte-Repère, 2007.

[2] Sur l’"espace" spécifiquement : Auyero Javier, « L’espace des luttes. Topographie des mobilisations collectives », Actes de la recherche en sciences sociales, n°160, décembre 2005, pp.123-132 ; Hmed Choukri, « Des mouvements sociaux sur "une tête d’épingle" ? Le rôle de l’espace physique dans le processus contestataire à partir de l’exemple des mobilisations dans les foyers de travailleurs migrants », Politix, n°84, 2008, pp.145-165 (ainsi que l’entrée proposée : « Espace géographique et mouvements sociaux », in Dictionnaire des mouvements sociaux, op. cit.).

[3] Cf. Soja Edward, Postmodern Geographie. Space in Critical Social Theory, Londre, Verso, 1989.

[4] Cf. Bourdieu Pierre, « Effets de lieu », in id., La misère du monde, Paris, Seuil (coll. Points), 1998.

[5] Bourdieu Pierre, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil (coll. Points-Essais), 2003, p.299.

[6] Cf. Fillieule Olivier, « Temps biographique, temps social et variabilité des rétributions », in id. (dir.), Le désengagement militant, Paris, Belin, 2005, pp.17-48.

[7] Bourdieu Pierre, Méditations pascaliennes, op. cit.

[8] Cf. sur ce point : Collectif, « Figurer l’espace en sciences sociales », Transeo, Numéro 02-03 - Mai 2010, URL: http://www.transeo-review.eu/Figurer-l-espace-en-sciences.html.

Lieux

  • 4 allée du Général Rouvillois (MISHA, salle de la Table Ronde)
    Strasbourg, France

Dates

  • vendredi 15 avril 2011

Mots-clés

  • engagements, mobilisations, dimensions spatiales et temporelles

Contacts

  • Simon Borja
    courriel : borjasimon [at] yahoo [dot] fr
  • Elodie Wipf
    courriel : elodie [dot] wipf [at] gmail [dot] com
  • Pierre Weiss
    courriel : pierre-weiss [at] hotmail [dot] fr

Source de l'information

  • Elodie Wipf
    courriel : elodie [dot] wipf [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les dimensions spatiales et temporelles de l'engagement et des mobilisations », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 06 avril 2011, http://calenda.org/203986