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Histoire des universités populaires. La Fondation universitaire de Belleville, une université à l'anglaise

The history of popular universities. The Fondation universitaire de Belleville, an English-style university

Séminaire du Gehfa (2010-2011)

Gehfa seminar (2010-2011)

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Publié le mercredi 20 avril 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Le prochain séminaire du Groupe d'étude - histoire de la formation des adultes (Gehfa) aura pour thème l'histoire des universités populaires. Il sera l'occasion de présenter l'une d'entre elles et son fonctionnement particulier : la Fondation universitaire de Belleville.

Annonce

Prochain séminaire du Groupe d'étude - Histoire de la formation des adultes (Gehfa) :

La fondation universitaire de Belleville, une université à l'anglaise

Mardi 17 mai 2011

Intervenant : Pierre Moulinier, ancien chargé d'étude au Ministère de la culture, Groupe de recherche sur les militants associatifs (GRMA)

Discutant : Lucien Mercier, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Tours

C'est dans le contexte de l'Affaire Dreyfus que naît le mouvement aussi exceptionnel qu'éphémère des universités populaires. Les universités populaires ont divers antécédents, confessionnels ou laïques, tels que « les soirées de Montreuil » (1896), mais on a coutume d'en attribuer la paternité à Georges Deherme, militant anarchiste, et à sa Coopération des idées ouverte le 9 octobre 1898 au faubourg Saint-Antoine. Au tournant du siècle, ces institutions prolifèrent, la plupart étant créée entre 1899 et 1901, et passent de 39 à Paris en 1900 à 131 en 1904. On en compte jusqu'à 230 rassemblant plus de 50 000 adhérents, mais elles connaissent dès 1902 un net recul, plus rapide à Paris qu'en province, parallèle à l'effacement du dreyfusisme. Vers 1905 déjà, la plupart des UP sont fermées ou désertées par les ouvriers (1). Les instituteurs, les universitaires, et notamment les étudiants, constituent l'encadrement majoritaire de ces institutions qui ne mordent qu'à la marge sur le monde ouvrier et touchent plutôt des employés, des commerçants, des commis de magasins.

Les intervenants sont des intellectuels, et souvent des étudiants. Les Normaliens socialistes ou dreyfusards ont leur UP, « l'école d'application de l'ENS », l'Union Mouffetard, inaugurée le 20 janvier 1900. Des étudiants fréquentent aussi l'UP de la Chapelle animée par André Spire et Maxime Leroy (2). L'initiative étudiante la plus remarquée, sinon la plus réussie, est la Fondation Universitaire de Belleville (FUB), où les protestants jouent un rôle décisif (3) . Le modèle en est emprunté aux University's settlements anglais, et notamment celui de Toynbee Hall, fondé en 1884 par le chanoine anglican Barnett dans un faubourg industriel de Londres. Ces settlements (« colonies »), pour la plupart confessionnelles quoique Toynbee Hall soit neutre et interconfessionnelle, reposent sur l'idée d'installer des résidents en milieu populaire dans un but d'éducation sociale. Ce projet prend forme en 1899 au 151 rue de Belleville, dans un petit pavillon isolé au sein d'un vaste immeuble à triple cour.

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(1) Sur les universités populaires, voir les classiques : LEON (Antoine). Histoire de l'éducation populaire en France . Paris, F. Nathan, 1983, 208 p. MERCIER (Lucien). Les Universités populaires 1899-1914. Education populaire et mouvement ouvrier au début du siècle. Paris, Ed. Ouvrières, 1986, 188 p. Voir aussi DICK (May). « Quelques réflexions sur les universités populaires ». In: Revue socialiste , janv./fév. 1901, t. XXXIII, pp. 32-49 et 165-184. TURMANN (Max). L'Education populaire, les oeuvres complémentaires de l'Ecole , 2e éd. Paris, V. Lecoffre, 1904, 418 p. MERLIN (Roger). Guide social de Paris. Paris, A. Rousseau, 1906, 441 p.

(2) HALEVY (D.), 1932, ibid.

(3) Sur la Fondation universitaire de Belleville, voir MAY (Dick), 1901, op. cit., p. 47 sqq. TURMANN (M.). L'Education populaire, 1904, op. cit., pp. 130 sqq. Et surtout DUDON (Paul, SJ). « La Fondation universitaire de Belleville ». In : Les Etudes , 5 août 1900, t. 84, pp. 289-306. GIDE (Charles), BARDOUX (Jacques). La Fondation universitaire de Belleville. Paris, F. Alcan, 1901, XVIII-89 p. SIEGFRIED (André). « La Fondation universitaire de Belleville (exercice 1903-1904) ». In : Le Musée social , série Mémoires et documents , août 1904, n°8, pp. 181-206. SIEGFRIED (A.). « La Fondation universitaire de Belleville, une expérience de cinq ans ». In : Revue politique et parlementaire , 10 sept. 1904, n° 123, pp. 573-585.

Catégories

Lieux

  • 8 villa du Parc Montsouris (École supérieure de travail social, ETSUP)
    Paris, France

Dates

  • mardi 17 mai 2011

Mots-clés

  • Université populaire, histoire de la formation

Contacts

  • Francoise F. Laot
    courriel : francoise [dot] laot [at] paris5 [dot] sorbonne [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Francoise F. Laot
    courriel : francoise [dot] laot [at] paris5 [dot] sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Histoire des universités populaires. La Fondation universitaire de Belleville, une université à l'anglaise », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 20 avril 2011, http://calenda.org/204050