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Dites-le avec des fleurs !

Say it with flowers !

Objets de la nature, nature des objets

Objects of the nature, nature of the objects

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Publié le lundi 18 avril 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Le Journal des anthropologues désire consacrer un numéro multidisciplinaire à une réflexion sur la construction de l’objet de science en anthropologie dans le domaine de la « nature ». À l’heure où l’anthropologie partage les mêmes objets que d’autres disciplines et que les problématiques se complexifient dans un double processus qui intègre à la fois l’échelle globale pour saisir les flux de la globalisation tout comme l’échelle locale liée aux terrains d’enquête ethnologique, il paraît primordial de réfléchir à nouveaux frais sur la manière dont les anthropologues construisent leurs objets. La fleur est choisie comme « objet- prétexte » et sera un fil conducteur pour cette réflexion sur la construction de l'objet.

Annonce

ARGUMENTAIRE

Ce numéro du Journal des anthropologues est consacré à une réflexion sur la construction de l’objet de science en anthropologie dans le domaine de la « nature ». A l’heure où l’anthropologie partage les mêmes objets que d’autres disciplines et que les problématiques se complexifient dans un double processus qui intègre à la fois l’échelle globale pour saisir les flux de la globalisation tout comme l’échelle locale liée aux terrains d’enquête ethnologique, il paraît primordial de réfléchir à nouveaux frais sur la manière dont les anthropologues construisent leurs objets.

Le terrain de la « nature » est particulièrement pertinent dans la mesure où il mobilise des disciplines parfois éloignées des sciences sociales sur des objets étudiés depuis longtemps par les sciences naturelles, l’écologie, les sciences de l’environnement, la géographie, l’ethnopharmacologie etc. Les sciences sociales s’emparent actuellement des objets de la « nature » revendiquant une certaine nouveauté dans un contexte mondial d’alertes écologiques, de réchauffement climatique et autres augmentations supposées des catastrophes naturelles.

Ce numéro voudrait réfléchir à la fois à la construction de l’objet en anthropologie dans le champ de la « nature » en situation d’interdisciplinarité, et à sa dimension épistémologique. Autrement dit, quel est l’apport de l’anthropologie dans ce champ de recherche à la croisée d’autres disciplines, pourquoi et comment les anthropologues s’intéressent-ils à ce champ ?

Pour ce faire, nous proposons de sélectionner un objet minimal issu de la nature afin d’engager la réflexion à partir d’une échelle localisée et d’un objet identifiable : la fleur. Cet objet est de surcroît à la croisée du « matériel » et de « l’immatériel ». Dans un même temps, cet objet issu de la nature est lui-même le support de représentations que nous devons saisir pour mener une réflexion sur la manière dont on construit un objet au moyen d’une ethnographie portant attention à la fois aux représentations, aux idéologies, aux pratiques locales, aux flux globaux et aux enjeux politiques, le tout étant inscrit dans une réflexivité de l’anthropologue face à ses propres pratiques d’analyse en lien avec le contexte historique et politique.

THÈMES DES CONTRIBUTIONS ATTENDUES

Nous attendons que les contributions jouent le jeu de la réflexion sur la construction de l’objet à partir de cet objet « fleur » qui traverse de nombreux champs de l’anthropologie et donc de nombreux terrains :

  • L’anthropologie religieuse : les fleurs sont instrumentalisées pour la médiation entre les hommes et les divinités dans des rituels, elles sont offertes aux morts pour diverses raisons, elles sont présentes dans les églises, les cimetières, les autels, dans les cultes traditionnels africains comme dans les cultes shinto japonais par exemple, etc.
  • L’anthropologie économique : le marché des fleurs se développe entre fleurs coupées, fleurs en pots, pépinières, etc. Il existe aussi des marchés spécifiques de fleurs à très haute valeur marchande et symbolique comme les orchidées. Si en Europe, le marché des fleurs se caractériserait, entre autres, par la gestion de la sociabilité et l’amélioration d’une qualité de vie, en Afrique, les pépinières seraient les partenaires du développement durable par exemple.
  • L’anthropologie médicale et l’ethnopharmacologie, l’anthropologie de l’alimentation : fleurs comestibles, fleurs utilisées dans des remèdes, des médicaments, enjeux symboliques et économiques autour des savoirs dits « traditionnels » sur les fleurs, etc.
  • L’anthropologie urbaine : la fleur devient de plus en plus un élément de l’aménagement et de l’embellissement des villes : les fleurs aux balcons, la nature en ville, les espaces verts urbains, les concours des villes fleuries, etc.
  • L’anthropologie politique : les représentations autour de la fleur sont multiples évoquant la paix, l’innocence (la fleur au fusil, jeune fille en fleur, etc.) alors que la nature n’est pas si bienveillante (fleurs vénéneuses). Qu’en est-il des politiques de l’environnement ? Par ailleurs, les révolutions portent des noms de fleurs (Jasmin, Roses, etc.).
  • L’anthropologie de la nature et de l’environnement (la dichotomie entre présence/ absence de fleurs sur le terrain entraîne des enjeux territoriaux, sauvegarde de la biodiversité, politiques de conservation des fleurs dans les champs, les montagnes, les politiques agricoles…

Les contributions attendues devront se situer dans une anthropologie contemporaine et peuvent concerner toutes les sociétés sans distinction. Des articles écrits « à quatre mains » mettant en dialogue les disciplines sont les bienvenus. Les contributions devront suivre ces axes de réflexion :

Idée 1 : Construction de l’objet dans l’interdisciplinarité, réflexivité sur le champ et les institutions

Cet axe concerne une réflexion méthodologique et épistémologique. Il donne la place à des dialogues entre l’anthropologie et les disciplines expertes en matière de « nature » afin de prendre à bras le corps la question de l’apport de l’anthropologie dans ce champ de recherche. L’identité ne se construit-elle pas dans ses relations à l’altérité ? Cette question concerne la complémentarité des disciplines (géographie, écologie, sciences de l’environnement, agronomie, etc.). Quels seraient les seuils de chaque discipline ou bien quel serait le langage commun et les spécificités ? Comment peut-on construire un objet autour de la « fleur » en anthropologie et que nous apprend-il sur les sociétés ? Pourquoi et quand les anthropologues prennent-ils en compte de tels objets ? Quelle serait leur contribution, leur apport au carrefour de plusieurs disciplines ? Qu’apporteraient-ils de nouveau aux études déjà anciennes ?

Nous aimerions également des contributions interrogeant les institutions de recherche s’intéressant particulièrement à la nature et créées dans un contexte historique particulier. Quelle est leur histoire, leurs missions ? (INRA, IRD, Museum national d’Histoire naturelle, UNESCO, etc.)…

Idée 2 : L’objet « fleur » comme révélateur des enjeux sociaux, environnementaux, politiques

Cet axe se voudrait à la fois fondé sur des observations ethnographiques, et sur une dimension épistémologique. En quoi l’objet « fleur », dans une anthropologie contemporaine, en tant que micro-objet, peut constituer un révélateur des rapports sociaux et donc des liens interindividuels, sociaux, politiques ; en quoi permet-il d’analyser les productions symboliques, imaginaires, idéologiques de la réalité ?

Idée 3 : Implication de l’anthropologue dans la/les sociétés à travers les politiques territoriales

L’étude de la fleur, ou plus largement des objets de la « nature », entraîne l’implication de l’anthropologie dans des enjeux liés aux politiques d’aménagement du territoire, des politiques environnementales, de conservation de la nature, de la biodiversité, de la patrimonialisation, etc. Quel est l’apport attendu de l’anthropologie ? En quoi la discipline, par ses outils méthodologiques et sa manière de construire ses objets, apporte-t-elle un éclairage, des connaissances complémentaires au contact d’autres disciplines ? Quel est le rôle de l’anthropologue dans l’aide aux politiques publiques ? Quels sont les militantismes en la matière ? Cet axe s’intéresse aux engagements et distanciations de l’anthropologue dans les politiques environnementales pour une réflexion sur l’implication politique de l’anthropologie.

Modalités de soumission et informations pratiques

Coordination : Laurent Bazin, Frédérique Louveau

Les résumés des propositions d’articles d’une longueur maximum de 5 000 signes sont à envoyer aux deux coordinateurs

avant le 15 juillet 2011

Une réponse aux auteurs sera donnée fin juillet

Les articles complets, d’une longueur maximale de 40 000 signes, devront être adressés avant le 15 novembre 2011.

Publication : premier semestre 2012.

Contacts :

Dates

  • vendredi 15 juillet 2011

Mots-clés

  • Anthropologie, nature, fleurs, construction de l'objet, pluridisciplinarité, réflexivité, politique, environnement

Contacts

  • Laurent Bazin
    courriel : afa [at] msh-paris [dot] fr
  • Frédérique Louveau
    courriel : louveau [dot] frederique [at] neuf [dot] fr

Source de l'information

  • Frédérique Louveau
    courriel : louveau [dot] frederique [at] neuf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Dites-le avec des fleurs ! », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 avril 2011, http://calenda.org/204087