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Egogéographies / géographies du je

Ego-geographies / Geographies of the Self

Numéro spécial de la revue Géographie et cultures

Special issue of the Géographie et cultures journal

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Publié le mercredi 20 avril 2011 par Karim Hammou

Résumé

Le numéro spécial « Egogéographies / géographies du je » de la revue « Géographie et cultures » vise à interroger le genre égogéographique, que celui-ci soit assumé ou déguisé, et ce qu’il fait à la géographie. La diversité formelle du genre – qui ne saurait sans doute se réduire tout à fait au texte –, les intérêts et les limites de la démarche réflexive, les finalités de l’exercice, les modalités de la mise en texte d’un parcours intellectuel, mais aussi la manière dont la géographie se trouve mobilisée, instruite et construite dans ce projet sont autant de thèmes à la fois « égo-graphiques » et « égo-géographiques » seront au coeur de ce numéro.

Annonce

Les raisons de l’engouement récent pour l’égogéographie – le projet d’un retour du géographe sa pratique scientifique et de sa mise en récit selon les codes du genre autobiographique – sont à chercher dans le développement de l’épistémologie constructiviste associé au redéploiement post-moderne et post-structural du sujet, tout particulièrement dans la science de langue anglaise. La critique de la fiction du sujet de la science positiviste, qui outillé et neutralisé dans sa subjectivité peut retrouver le « réel en soi » et son ordre pour les objectiver dans des représentations scientifiques, a contribué à substituer la réflexivité portant sur la relation sujet/objet à l’objectivité, dans les procédures de validation du discours scientifique. Tandis que l’investigation des mondes intérieurs s’est étendue au sujet cherchant qui, appelé à adopter un principe de symétrie pour réfléchir avec ses outils scientifiques à la manière dont sa propre subjectivité est mise en jeu, transformée, consolidée dans des situations de recherche éminemment relationnelles, est devenu pour lui-même un sujet de préoccupation scientifique. Cela explique le regain d’intérêt récent dans la géographie pour les démarches autobiographiques (Moss, 2001) qui deviennent un moyen fécond pour les chercheurs d’interroger leurs pratiques, leurs médiations et leurs objets à l’aune d’un parcours intellectuel reconstruit par ce projet autobiographique. On peut y associer le développement substantiel des rendus de terrain et des textes réflexifs ou méthodologiques sur les pratiques (Geographical Review, 2001) : ils sont des moyens pour construire le sujet géographe, voire la figure du géographe, à travers l’évocation d’une pratique spatiale. 

Alors même que qu’à rebours d’autres sciences de terrain, la géographie classique n’a pas développé un genre littéraire de terrain, laissant aux pairs ou aux élèves l’exercice de reconstruction biographique par le truchement des « hommages » de fin de carrière, la géographie contemporaine française n’échappe pas à ces évolutions. Si l’autobiographie a été anciennement convoquée (Blanchard, 1963), elle a été profondément renouvelée sous l’impulsion de Chantal Blanc-Pamard (1991) et de Jacques Lévy (1995) qui a redéfini les modalités du retour réflexif et a donné un nom à ce genre : l’égogéographie. Ce renouveau a été stimulé par les règles de l’institution qui en a fait l’un des attendus de l’Habilitation à Diriger des Recherches. Pourtant, c’est encore la diversité qui l’emporte : l’égogéographie recouvre des formes, des contenus et des finalités qui varient d’un auteur à l’autre. En tout état de cause, ce texte d’auteur fonctionne aujourd’hui comme un « discours autorisé » qui se donne à lire comme une auto-représentation de la prestation scientifique, de l’œuvre de son ensemble ou du chercheur lui-même, et qui joue un rôle dans l’édification d’une pensée et d’une carrière. 

C’est ce genre égogéographique que nous souhaitons questionner dans ce numéro thématique de Géographie et cultures, que celui-ci soit assumé ou déguisé, et ce qu’il fait à la géographie. La diversité formelle du genre – qui ne saurait sans doute se réduire tout à fait au texte –, les intérêts et les limites de la démarche réflexive, les finalités de l’exercice, les modalités de la mise en texte d’un parcours intellectuel, mais aussi la manière dont la géographie se trouve mobilisée, instruite et construite dans ce projet sont autant de thèmes à la fois « égo-graphiques » et « égo-géographiques » que nous souhaitons développer. 

Références

Blanc-Pamard, C. (dir.) (1991). Histoires de géographes. Paris : Editions du CNRS. 120 p.

Blanchard, R. (1963). Je découvre l'université : Douai, Lille, Grenoble. Paris : Fayard. 214 p.

Geographical Review (2001), « Doing Fieldwork » (numéro thématique), Janvier-avril 2001, vol. 91, n° 1 et 2.

Lévy, J. (1995). Egogéographies. Matériaux pour une biographie cognitive. Paris : L'Harmattan. 190 p.

Moss, P. (dir.) (2001). Placing autobiography in geography. Syracuse : Syracuse University Press. 235 p.

Responsables du numéro spécial :

Date limite d’envoi des articles : 31 octobre 2011

Les textes de 35 000 signes maximum, cartes et figures comprises, doivent être envoyés à Anne Volvey et Yann Calbérac, responsables du numéro spécial, ainsi qu’à la directrice de la revue, Francine Barthe (francine.barthe@wanadoo.fr).

Les normes typographiques de la revue sont jointes à cette annonce.

Dates

  • lundi 31 octobre 2011

Mots-clés

  • égogéographie, autobiographie, géographie, réflexivité

Contacts

  • Anne Volvey
    courriel : anne [dot] volvey [at] bluewin [dot] ch
  • Yann Calbérac
    courriel : yann [dot] calberac [at] ens-lyon [dot] org

Source de l'information

  • Yann Calbérac
    courriel : yann [dot] calberac [at] ens-lyon [dot] org

Pour citer cette annonce

« Egogéographies / géographies du je », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 20 avril 2011, http://calenda.org/204105