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Le vide

The Void

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Publié le mardi 03 mai 2011 par Karim Hammou

Résumé

Il semble que la particularité de l’art contemporain soit de chercher obstinément non pas le vide dans son acceptation physique mais dans son sens métaphorique ; il n’est plus considéré comme le synonyme plus ou moins adéquat pour l’espace mais comme le néant dont la puissance fascine et attire. Dans L’Objet du siècle, Gérard Wajcman remarque qu’au lieu de remplir ou de chercher le trop-plein du visuel, l’art tente désormais d’exhiber le trou, voire de le creuser. Le vide permet ainsi de montrer l’absence, de l’inscrire comme le manque absolu au cœur de l’œuvre. Selon l’auteur, avec le Carré noir sur fond blanc (1915), Malevitch fait de l’absence l’objet peint. Avec cette œuvre, le peintre russe aurait inauguré un siècle d’absence, où l’art aurait perdu sa « belle vertu consolatrice ».

Annonce

LE VIDE

Journée d’études organisée par Itzhak Goldberg, maître de conférences à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Samedi 7 mai 2011 – 9h-18h
Institut national d’histoire de l’art – Salle Walter Benjamin
2, rue Vivienne 75002 Paris

Programme de la journée

Président de séance : Bertrand Tillier, Professeur d’histoire de l’art à l’Université de Bourgogne

9h Mot d’introduction par Itzhak Goldberg, Maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense

Espace

9h15 : L'invention de l'exposition "vide"

Des expositions dites « vides » ou « du Vide » se sont multipliées depuis qu’Yves Klein en a inventé le genre. Elles ne présentent pourtant que très rarement l’intérêt des artistes pour le vide ou le néant. Cette invention marque un changement de perspective et un déplacement de l’œuvre (invisible) à l’espace de monstration (vide).

Nathalie Desmet, doctorante en esthétique, ATER à l'université Paris I- Panthéon-Sorbonne

9h45 : « Less is more » : les espaces négatifs ou le dialogue entre l’art et l’architecture

Les espaces négatifs, ces vides qui ponctuent et articulent les lieux, ont un rôle structurant dans la réception des œuvres et la perception de l’architecture. Par les soustractions et désintégrations architecturales qu’ils réalisent, Daniel Buren, Robert Smithson et Gordon Matta Clark révèlent l’envers des espaces occupés en transformant la vision des œuvres et des lieux.

Laurence Corbel, docteure en philosophie de l’art, ATER à l¹université de Rennes 2 - Haute Bretagne

10h30 pause

10h45 : Performing the city : la ville comme « terrain de jeu » chez Gordon Matta-Clark et Trisha Brown

L’artiste Gordon Matta-Clark et la chorégraphe Trisha Brown développent dès les années 1970 un travail incluant performance, paysage urbain et enregistrement filmique. Ils créent un vocabulaire artistique comprenant leur propre corps comme expérience du vide et l’architecture comme frontière à ce vide.

Marie-Laure Delaporte, doctorante en histoire de l’art contemporain, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

11h15 : « L’interstice invisible » du cinéma d’animation

Le cinéma d’animation fonctionne par décomposition du mouvement selon la technique de l’image par image. Pour Norman McLaren, il s’agit de « l’art de manipuler les interstices invisibles entre chaque photogramme ». C’est ce vide entre chaque image, paradoxalement, qui permet la manipulation donnant vie à l’inanimé.

Isabelle Cossin, doctorante en histoire de l'art, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

12h : déjeuner

Disparition et silence

14h : Le piéton dans l’air ou Le Funambule

Parole d’artiste : face à son œuvre qui sera exposé, le peintre Jean-Pierre Schneider évoquera son travail et de la place qu’y occupe le vide comme valeur picturale.

14h30 : Eleveurs de poussière

En prenant appui sur des œuvres en apparence monochromes (White Paintings de Robert Rauschenberg, Zen for Film de Nam June Paik) ou silencieuses (4'33'' de John Cage), nous aborderons la question du vide dans l'art sous un angle détourné : les artistes comme éleveurs de poussière.

Camille Paulhan, doctorante en histoire de l’art contemporain, Université Paris I- Panthéon-Sorbonne

15h : En réserve : l'infini

Nombre d'œuvres contemporaines contrarient, par l'absence qu'elles présupposent ou que simplement elles suggèrent, les modalités d'une lecture immédiate. Pourtant, cette omission qui les fonde, révèle une incidence paradoxale: tangible et bien concrète. Signifier le vide, témoigner de l'absence, montrer l'invisible: autant de
stratégies effectives qui font du vide un foyer des possibles.

Nadia Barrientos, doctorante en histoire de l’art contemporain, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

15h30 pause

16h : Tentations idéogrammatiques du vide. Du Vide de Barnett Newman aux Champs de Michal Rovner

Au lendemain d’Auschwitz, ce que tait l’idéogramme, son vide, c’est la douleur, la douleur telle qu’elle impose à la figuration une défiguration dont l’idéogramme est le résultat. En s’attachant à définir une brève généalogie de la tentation idéogrammatique du vide, on peut tenter de suivre comment les images contemporaines, issues de la douleur, incorporent le vide en tant qu’élément constitutif de leur propre présence.

Paul Bernard-Nouraud, doctorant en esthétique, EHESS

16h30 : Laisser un vide ou « la façon d’exister d’un silence »

Les dessins de Toba Khedoori, de Tatiana Trouvé ou encore de Catharina van Eetvelde placent le blanc de la feuille, du mur ou de la page-écran d’un ordinateur au centre de leur réalité perceptive, composant essentiel et premier générant des espaces. La feuille, le mur et l’écran, tels des « signifiants purs », présentent, en leur vide, une qualité spécifique au départ du dessin. Le vide sera l’acteur singulièrement saisissant du dessin achevé.

Elisabeth Amblard, artiste et maître de conférences en Arts Plastiques et Sciences de l’Art,
Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

17h : « Mourir trente-six fois dans la toile » : les affres créatrices de Jacques Brown

Dans les années 1970, Jacques Brown, peintre et sculpteur français né en 1918 et mort en 1991, est contraint d’arrêter de sculpter en polyester en raison de ses effets délétères. Ce retour à une production picturale quasi-exclusive le confronte à ses angoisses quant à ses capacités à meubler le néant …

Sabrina Dubbeld, doctorante en histoire de l’art, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Lieux

  • 2, rue Vivienne (Institut national d'histoire de l'art)
    Paris, France

Dates

  • samedi 07 mai 2011

Mots-clés

  • vide

Contacts

  • Delaporte Marie-Laure
    courriel : marie-laure [dot] delaporte [at] inha [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie-Laure Delaporte
    courriel : marie-laure [dot] delaporte [at] hotmail [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le vide », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 03 mai 2011, http://calenda.org/204213