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Les populations du Golfe arabo-persique

The populations of the Arabian-Persian Gulf

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Publié le vendredi 06 mai 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Appel à publications dans la revue Espace populations sociétés, revue à comité de lecture, Université des sciences et technologies Lille1. Publication prévue 2012-1. Ce numéro transdisciplinaire et international de la revue Espace populations sociétés entend associer une visée conceptuelle, une visée méthodologique, une visée informative et une visée réflexive. Il vise à contribuer à une meilleure connaissance de cette partie du monde qui passe d’une économie pétrolière rentière à une économie productive mondialisée et connaît, à des degrés et des rythmes divers, des évolutions démographiques marqueurs et facteurs de changements sociaux, eux-mêmes porteurs de réformes inéluctables.

Annonce

LES POPULATIONS DU GOLFE ARABO-PERSIQUE

Appel à publications dans la revue Espace Populations Sociétés, revue à comité de lecture, Université des Sciences et Technologies Lille1.

Publication prévue 2012-1

Argumentaire

Ce numéro transdisciplinaire et international de la revue Espace Populations Sociétés entend associer une visée conceptuelle, une visée méthodologique, une visée informative et une visée réflexive. Il vise à contribuer à une meilleure connaissance de cette partie du monde qui passe d’une économie pétrolière rentière à une économie productive mondialisée et connaît, à des degrés et des rythmes divers, des évolutions démographiques marqueurs et facteurs de changements sociaux, eux-mêmes porteurs de réformes inéluctables.

Les pays et les régions ouvrant sur la mer semi-fermée appelée golfe Persique dans la tradition européenne (Khalidje Fârs en persan) revendiquée comme golfe Arabe (Al Khaleej al Arabi en arabe) par sept pays riverains de l’autre rive, jouent un rôle majeur dans l’approvisionnement énergétique mondial. Cela leur confère une importance économique et stratégique sans commune mesure avec leur faible poids démographique. S’ils sont souvent au centre de l’actualité, peu d’études sont consacrées à ces pays dans le domaine des sciences sociales, en particulier de la démo-géographie. Or, la réalité, - complexe, en rapide évolution, diversifiée à grande échelle, souvent paradoxale -, est, ici sans doute plus qu’ailleurs, bien différente des stéréotypes véhiculés par les médias. Compte tenu des dynamiques à l’œuvre dans ces pays, il paraît opportun de leur consacrer un numéro thématique, d’autant que nombre d’idées reçues sont à battre en brèche, tant du point de vue du mouvement naturel et du lien entre nuptialité, fécondité et religion que du point de vue des migrations internationales. Celles-ci ne se limitent pas, loin de là, à des migrations temporaires de jeunes adultes masculins non qualifiés.

Une question préalable consiste à se demander si les mêmes problématiques sont pertinentes de part et d’autre de cette mer étroite et peu profonde. Au-delà d’une commune référence à l’Islam, déterminant souvent invoqué dans une vision globale, la religion se révèle, à un niveau d’analyse plus fin, un facteur de différenciation autour du Golfe, du fait de la présence des diverses branches et écoles juridiques de l’Islam. De même, au-delà de la césure linguistique arabe/persan, qui marquerait la frontière d’une aire culturelle sémitique et d’une aire indo-européenne, les rives du Golfe apparaissent comme un espace d’interpénétration ethno-linguistique attestant l’ancienneté de populations persophones (et chiites) sur la rive arabe et de populations arabophones (et sunnites) dans les provinces littorales de l’Iran. Considérant que le Golfe est autant une interface qu’une coupure, ce depuis la plus haute Antiquité, et qu’au-delà d’une identité arabe, mise en avant dans des analyses empreintes d’arabisme, et d’une identité persane, mise en avant dans la tradition orientaliste, nous questionnerons l’existence de réalités démographiques et sociales khalidjiennes. Un premier thème consisterait à réfléchir aux implications de la diversité religieuse et linguistique des populations nationales ainsi qu’aux conséquences des échanges de populations anciens et récents entre les deux rives.

Une autre question préalable consiste à se demander si des sources, sinon identiques, du moins équivalentes, sont disponibles sur les deux rives du Golfe. De ce point de vue, il existe une différence majeure entre l’Iran, où ont prévalu des logiques impériales et un État centralisé, et ses voisins d’en face, héritiers d’une organisation économique, sociale et politique tribale. Dans le premier cas, on dispose d’un appareil statistique ancien et solide qui permet de mener des analyses démographiques fondées sur des recensements et des enquêtes. Dans le second cas, on dispose de recensements récents, asynchrones, aux entrées différentes, non sans quelques omissions, au niveau d’agrégation des données varié et changeant. Ces recensements sont d’une fiabilité différente selon les dates et les pays. Cela implique une analyse critique non seulement des informations disponibles, mais aussi des découpages administratifs qui ont fait l’objet de remaniements successifs et d’une terminologie arabe, parfois d’origine ottomane, où le même terme ne recouvre pas le même niveau territorial et statistique d’un pays à l’autre. Un deuxième thème consisterait à établir une mise au point méthodologique rigoureuse sur les sources, tant à l’échelle du Golfe que pour tel ou tel État.

Le Golfe constitue un des trois grands bassins récepteurs mondiaux de migrations internationales de travail. Cette présence et cet afflux massifs d’étrangers, qui restent difficiles à quantifier, concernent les États du Conseil de Coopération du Golfe alors que l’Iran et l’Irak présentent des bilans migratoires déficitaires et une faible proportion d’étrangers. Un nombre croissant d’articles, d’ouvrages collectifs, de colloques ont abordé la question des migrations dans le Golfe, souvent davantage du point de vue des pays émetteurs que des récepteurs. Les grandes questions sont connues : asiatisation de la main d’œuvre et recul de la composante arabe, clivage nationaux/étrangers, protection des plus démunis, en particulier travailleurs de chantiers et personnel domestique. Des travaux récents, centrés sur une immigration familiale croissante ou sur l’évolution des politiques migratoires, et l’apport des chercheurs du Sud, notamment Indiens et Philippins, ont contribué à l’enrichissement des points de vue. De nouvelles vagues de migrants (essor des Maghrébins et des Bengladais ; arrivée des Chinois et des Latino-américains) attestent la mondialisation du bassin de recrutement. Il convient donc de procéder à des actualisations et d’affiner les analyses. Les Nationaux constituent-ils un groupe homogène ? Comment est traitée la question de Bidouns (sans nationalité) ? Quels sont les projets migratoires, les trajectoires, les stratégies, les stratifications, les revendications au sein de telle ou telle nationalité d’immigrés. La nationalité est-elle un référent pertinent ? Région d’origine (Kéralais, Hadramis..) ou appartenance religieuse (Chrétiens libanais, Sikhs…) ne priment elles pas sur la nationalité dans le fonctionnement de réseaux diasporiques? Qu’en est-il des migrations féminines ? des migrants hautement qualifiés ? de la seconde, voire de la troisième génération ? La liste est longue des sujets possibles. Un troisième thème résiderait, outre l’étude de telle ou telle catégorie de migrants, dans l’analyse de l’émergence d’une société multiculturelle d’un type nouveau

Les sociétés du Golfe sont des sociétés urbaines, où le pétrole a permis la mise en place de systèmes scolaires et sanitaires. Les résidents, nationaux ou étrangers, des pays arabes du Golfe, vivent dans des villes et plus particulièrement de grandes agglomérations littorales à la croissance démographique et spatiale rapide et souvent désormais millionnaires. La coalescence de leur tissu urbain donne naissance à des conurbations qui jalonnent la côte arabe, au point qu’on peut émettre l’hypothèse d’une mégalopole émergente. La vie quotidienne de ces cités babéliennes, la juxtaposition ou le brassage des habitudes alimentaires et vestimentaires, ne manquent pas de favoriser des phénomènes d’acculturation. Par ailleurs, dans tous les pays du Golfe, les taux d’alphabétisation et de scolarisation primaire et secondaire, des filles comme des garçons, ont connu une progression spectaculaire en trois décennies, tandis que l’on assiste dans les années 2000 à une explosion de l’offre universitaire. De même, le taux de mortalité infantile recule, tandis que l’espérance de vie s’allonge. L’urbanisation et la généralisation de l’éducation n’ont pas manqué de se répercuter sur la nuptialité et sur la fécondité, voire sur la structure de la famille avec une individuation croissante de la jeune génération. Un quatrième thème consisterait à analyser les facteurs du changement démographique, ses indicateurs et ses conséquences sur la société.

Modalités de soumission

Titres et résumés sont à envoyer à : Brigitte Dumortier : Brigitte.Dumortier@PSUAD.AC.AE
et à Dominique Creton : dominique.creton@univ-poitiers.fr

avant le 15 juin 2011

Les articles retenus sont à envoyer à : Brigitte Dumortier et Dominique Creton (mail ci-dessus)
Avec copie à Nicole Thumerelle (secrétaire de la revue : nicole.thumerelle@univ-lille1.fr)

CALENDRIER

  • Proposition d’un titre et résumé (10 à 15 lignes) pour mi-juin 2011.
  • Avis des pilotes du numéro en juillet 2011
  • Réception des textes avant le 15 septembre 2011.

CONTACTS

  • Brigitte Dumortier (Chef du Département de Géographie et Aménagement de l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi, Brigitte.Dumortier@PSUAD.AC.AE) et
  • Dominique Creton (Maitre-de-Conférence en Géographie, Université de Poitiers, dominique.creton@univ-poitiers.fr)

La composition du comité de rédaction est disponible sur le site de la revue.

Dates

  • mercredi 15 juin 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Golfe arabo-persique, espace, populations, sociétés

Contacts

  • Nicole Thumerelle
    courriel : nicole [dot] thumerelle [at] univ-lille1 [dot] fr
  • Brigitte Dumortier
    courriel : brigitte [dot] dumortier [at] psuad [dot] ac [dot] ae
  • Dominique Creton
    courriel : dominique [dot] creton [at] univ-poitiers [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Frédéric Dumont
    courriel : frederic [dot] dumont [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les populations du Golfe arabo-persique », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 06 mai 2011, http://calenda.org/204240