AccueilLa sociabilité en Grande-Bretagne et en France au siècle des Lumières : formes, fonctions et modes opératoires

La sociabilité en Grande-Bretagne et en France au siècle des Lumières : formes, fonctions et modes opératoires

Sociability in Great Britain and in France in the Enlightenment: forms, functions and operational modes

*  *  *

Publié le mercredi 11 mai 2011 par Karim Hammou

Résumé

Ce colloque prévu les 8 et 9 mars 2012 à l'UBO, Brest, est le troisième volet d’un projet de la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne (MSHB), « La sociabilité en France et en Grande-Bretagne au siècle des Lumières : l’émergence d’un nouveau modèle de société ». Il constitue le point culminant d’une série de manifestations scientifiques qui ont débuté en décembre 2009.

Annonce

Les travaux fondateurs des historiens français Emmanuel Le Roy Ladurie et Maurice Agulhon dans les années 1970 ont conduit à redéfinir la sociabilité comme une « aptitude à vivre intensément des relations publiques » et permis un renouvellement de l’étude de ses formes et pratiques. Selon des sociologues contemporains tel Michel Forsé, elle « désigne l’ensemble des relations qu’un individu entretient avec d’autres, compte tenu de la forme que prennent ces relations ». Le concept de sociabilité n’a pas la même historicité en France et en Grande-Bretagne où il est utilisé davantage dans le sens de « convivialité » que dans un sens  sociologique. Il a fait son apparition dans les sciences sociales grâce au sociologue allemand Georg Simmel qui y voyait une forme d’interaction, insistant sur « le lien de réciprocité qui flotte en quelque sorte librement entre les individus ». Simmel considérait que la sociabilité était une « forme mouvante et jamais définie ». Ce sont toutes ces formes de « relations et d’actions réciproques » qui nous intéressent ici, dans une perspective qui s’inscrit dans le courant interactionniste de l’Ecole de Chicago en particulier, mais pas exclusivement, et qui privilégie une approche culturaliste.
Les communications s’articuleront autour de deux axes, la sphère publique et la sphère privée, et examineront l’émergence de nouveaux rituels, d’une nouvelle codification des rapports sociaux, que l’on observe souvent dans de nouveaux espaces de sociabilité où le rôle de la ville fut essentiel. La question du rapport à autrui et de la place de l’individu au sein de nouveaux réseaux devra être explorée et une comparaison systématique entre les deux nations sera effectuée lors de la table ronde de clôture.
Les objectifs immédiats de la réflexion menée dans le cadre du projet et plus spécifiquement de ce colloque sont les suivants :
  • une définition de la signification de la sociabilité pour chacune des deux nations, l’établissement d’une typologie de la sociabilité et l’exploration des modes de résolution du conflit entre individu et société
  • un examen de l’équilibre entre sociabilité et répression : la sociabilité a-t-elle été instrumentalisée à des fins répressives ? Une telle interrogation devrait permettre une meilleure compréhension du lien entre sociabilité et marginalité
  • une analyse des relations franco-britanniques au Siècle des Lumières où, en France, l’anglophobie allait de pair avec l’anglomanie, tandis que de l’autre côté de la Manche francophobie et francophilie caractérisaient de la même manière la perception de l’étranger.

A plus long terme, ce colloque et les ateliers qui l’ont précédé ont pour objectif ultime une interrogation sur la réalité de l’hégémonie du modèle français de sociabilité. Le thème de la sociabilité est éminemment moderne et d’une actualité prégnante à une époque où l’individualisme et les conduites antisociales semblent l’emporter sur la ritualisation des rapports sociaux. Une remise en question d’un certain nombre de présupposés sur le dix-huitième siècle et sur les relations entre les nations française et britannique n’a pas une
simple vocation archéologique mais mène, en dernier ressort, à une réinterprétation du présent.

Cet appel s’adresse aux spécialistes des diverses disciplines des sciences humaines (civilisation, histoire, histoire de l’art et de l’architecture, histoire de la médecine, études urbaines, études sur le genre, littérature) travaillant à partir de sources françaises ou britanniques.

Les communications, en français ou en anglais, dureront 25 minutes et feront l’objet d’une publication, après avis du comité scientifique. Les propositions (accompagnées d’un résumé et d’une courte notice biographique)

sont à adresser avant le 30 juin 2011 aux organisateurs du colloque :

  • Pr Annick Cossic
  • Pr Norbert Col

Catégories

Lieux

  • Brest (29000)
    Brest, France

Dates

  • jeudi 30 juin 2011

Mots-clés

  • sociabilité, France, Grande-Bretagne, résolution, conflit, individu, société, répression, marginalité, anglophobie, anglomanie, francophobie, francophilie

Contacts

  • Pr Annick Cossic
    courriel : annick [dot] cossic [at] univ-brest [dot] fr
  • Pr Norbert Col
    courriel : norcol [at] univ-ubs [dot] fr

Source de l'information

  • Catherine Godest
    courriel : catherine [dot] godest [at] mshb [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La sociabilité en Grande-Bretagne et en France au siècle des Lumières : formes, fonctions et modes opératoires », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 11 mai 2011, http://calenda.org/204314