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Apparitions et disparitions d'objets, de concepts et de problèmes

Pour une histoire événementielle des sciences sociales

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Publié le mardi 17 mai 2011 par Karim Hammou

Résumé

Le laboratoire Logiques de l'agir de l'Université de Franche-Comté organise une journée d'études destinée aux doctorants et jeunes chercheurs en philosophie et en sciences sociales intitulée : « Apparitions et disparitions d'objets, de concepts et de problèmes. Pour une histoire événementielle des sciences sociales ». Cette journée se déroulera le mercredi 14 décembre à l'Université de Franche-Comté. Date limite de soumission : octobre 2011.

Annonce

APPARITIONS ET DISPARITIONS D’OBJETS, DE CONCEPTS, ET DE PROBLEMES : Pour une histoire événementielle des sciences sociales 

Depuis près d’un demi-siècle, l’histoire des sciences s’est affranchie du schéma d’un progrès linéaire qui mènerait les hommes de science de découverte en découverte. Au moment de leur introduction dans le discours scientifique, les concepts de paradigme et de révolution scientifique, mais aussi d’épistémè et de dispositif, ont témoigné d’une attention nouvelle portée aux ruptures qui affectent l’histoire des savoirs. Au-delà du débat sur la place respective de la continuité et de la discontinuité, l’intérêt de travaux comme ceux de Canguilhem ou de Foucault, est d’avoir attiré l’attention sur la dimension proprement vénementielle de l’histoire du savoir : leur construction ne doit pas être décrite comme une marche plus ou moins rapide vers la vérité, mais comme une série d’apparitions de pratiques, de problèmes ou de concepts dont il faut à chaque fois décrire le contexte théorique, social et politique. Aujourd’hui, l’épistémologie historique de Lorraine Daston ou encore l’ontologie historique de Ian Hacking prolongent ces interrogations : quel impact ces événements scientifiques ont-ils sur le monde que nous habitons ? Dans quelle mesure leur mode d’appréhension et de conceptualisation affecte-t-il les objets eux-mêmes ? Comment les normes du savoir scientifique elles-mêmes (par exemple l’ « objectivité ») ont-elles été élaborées ?

L’épistémologie historique n’est pas la seule à poser ces questions : depuis plusieurs années, on assiste peut-être à une certaine convergence entre cette tradition et la sociologie des sciences latourienne. L’un des enjeux majeurs de ces deux approches consiste à trouver un moyen d’échapper à l’opposition du réalisme et du constructivisme : en s’appuyant sur A. N. Whitehead, Bruno Latour propose ainsi « une sorte de réalisme qui offrirait aux agents du monde un rôle plus intéressant que celui d’un objet passif », c’est-à-dire en leur accordant une histoire, en faisant d’eux des véritables récepteurs de ce qui leur arrive (ainsi Pasteur non seulement découvre la levure, mais il arrive aussi à la levure d’être découverte et d’être ce qu’elle n’a jusque là jamais été – elle a changé).

A côté des « apparitions » (des objets, des classifications, des objets et des pratiques épistémiques, ou encore des problèmes) qui sont désormais au coeur de nombreux travaux, nous souhaitons attirer l’attention dans cette journée sur un phénomène tout aussi important, mais peut-être moins bien décrit, de « disparitions ». Que nous apprend sur le régime

épistémologique de l’anthropologie ou de la psychanalyse le fait que des concepts comme celui de totémisme ou d’hystérie soient tout à coup abandonnés ? Comment se construit l’accord pour définir un problème ou un concept comme « dépassé » ? Les problèmes disparaissent-ils parce qu’ils ont été résolus, ou au contraire parce qu’on découvre qu’ils étaient mal posés ? Ou bien faut-il sortir de cette alternative pour reconnaître qu’un savoir peut abandonner purement et simplement une partie des « énigmes » qu’il s’était donné pour tâche de résoudre ? Ces questions revêtent une importance particulière pour des disciplines dans lesquelles les grandes ruptures et les révolutions scientifiques sont difficiles à repérer, comme c’est le cas pour les sciences sociales. 

Le laboratoire Logiques de l’Agir de l’Université de Franche-Comté propose aux jeunes chercheurs en philosophie, mais également issus de toutes les disciplines des sciences sociales, à une journée d’études consacrée à ce thème. 

Références bibliographiques : 

Daston, L. (dir.), Biographies of scientific objects, Chicago, Univ. of Chicago Press, 2000

Daston, L. et Galison, P. Objectivity. New York, Zone Books, 2007

Foucault, M. L’histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1972

Foucault, Les mots et les choses, Paris, Gallimard, 1966

Hacking, I. Historical Ontology, Cambridge, Harvard Univ. Press, 2002

Hacking, I. Entre science et réalité: La construction sociale de quoi ?, Paris, La Découverte,

2008.

Latour, B. L’espoir de Pandore, Paris, La Découverte, 2001

Lévi-Strauss, C. Le totémisme aujourd’hui, Paris, PUF, 1962.

Contacts :

Modalités de soumission :  

Les soumissions doivent parvenir aux organisateurs avant le 31 octobre

sous la forme d’une rapide présentation des enjeux théoriques et du cadre analytique employé (2 pages avec indications bibliographiques). 

Les communications sont de 20mn.

Catégories

Lieux

  • Rue Mégevand (Université de Franche-Comté)
    Besançon, France

Dates

  • lundi 31 octobre 2011

Mots-clés

  • histoire, science, concepts, apparition, disparition, Foucault, Latour, Daston, Hacking

Contacts

  • Pierre Charbonnier
    courriel : charbonnierpierre [at] ymail [dot] com
  • Gildas Salmon
    courriel : gildas [dot] salmon [at] gmail [dot] com
  • Jan Marsalek
    courriel : jan [dot] marsalek [at] univ-fcomte [dot] fr

Source de l'information

  • Pierre Charbonnier
    courriel : charbonnierpierre [at] ymail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Apparitions et disparitions d'objets, de concepts et de problèmes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 mai 2011, http://calenda.org/204379