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Terra (In)Cognita : terrains contemporains en sciences humaines et sociales

Terra (In)Cognita: contemporary terrains in the humanities and social sciences:

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Publié le vendredi 20 mai 2011 par Karim Hammou

Résumé

Pour la troisième année consécutive, les doctorants de lʻInstitut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC, CNRS-EHESS) organisent des journées doctorales en décembre 2011 à Paris. À travers le thème de la Terra (In)Cognita nous souhaitons mettre en exergue le caractère exploratoire et pionnier des terrains de thèse. Dans un contexte où la rationalité gestionnaire tend à occulter la diversité, les contradictions et les incertitudes du contemporain, lʼapport de lʼanthropologie tient justement dans cette capacité à produire, à travers la pratique de lʼethnographie, un regard à la fois sensible et détaché sur le monde, au plus proche des hommes et des femmes qui le composent. Continent méconnu et inquiétant, la Terra Incognita est une terre mythique où se projettent fantasmes (El Dorado) et fantômes (Hic sunt dracones) dʼune société.

Annonce

TERRA(IN)COGNITA : terrains contemporains en sciences humaines et sociales.

Pour la troisième année consécutive, les doctorants de l‘Institut Interdisciplinaire d'Anthropologie du Contemporain (CNRS-EHESS) organisent des journées doctorales dans le but de faire connaître les travaux émergeants en anthropologie. L’IIAC fédère cinq laboratoires de recherche autour de la question du contemporain : le Centre Edgar Morin (CEM), le Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (LAHIC), le Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS), l’équipe Anthropologie de l’écriture et le Laboratoire d’anthropologie urbaine (LAU).

A travers le thème de la Terra(In)Cognita nous souhaitons mettre en exergue le caractère exploratoire etpionnier des terrains de thèse. Dans un contexte où la rationalité gestionnaire tend à occulter la diversité, lescontradictions et les incertitudes du contemporain, l’apport de l’anthropologie tient justement dans cette capacitéà produire, à travers la pratique de l’ethnographie, un regard à la fois sensible et détaché sur le monde, au plusproche des hommes et des femmes qui le composent.Continent méconnu et inquiétant, la Terra Incognita estune terre mythique où se projettent fantasmes (El Dorado) et fantômes (Hic sunt dracones) d’une société.Comme le terrain d’enquête, elle est un espace de connaissance et un espace imaginé. Terre de découverte, laTerra Incognita est aussi un territoire de conquête, approprié militairement, économiquement et symboliquement.Comme le terrain d’enquête, elle est un espace géographique et politique. Par cet anachronisme provocateur –la Terra (In)Cognita du Contemporain – on souhaite donc inviter les doctorants à partager des expériences ethnographiques originales et stimulantes, révélatrices des enjeux contemporains de la pratiqueanthropologique. Mais qu’est-ce au juste que le contemporain ?

Si pour certains le contemporain commence à la dernière grande catastrophe en date, pour d’autres il reste unobjet subjectif : temps partagé [con-tempus], « relation singulière avec son temps », « rendez-vous secretentre l’archaïque et le moderne » (Agamben), présent inactuel (Barthes). En tout état de cause, lecontemporain nous invite à être ponctuels dans notre relation avec l’Histoire. Le 11 septembre, la Crise,Fukushima, les révolutions arabes, etc. : tout semble indiquer un changement de référentiels. Y aurait-il dunouveau sous le soleil ? Alors que l’on croyait actée la fin des grands récits et des grandes causes (lenationalisme, le marxisme), voici que d’autres prennent leur place, certains inédits (le développement durable,l’Internet, les biotechnologies) d’autres aux allures de vielle rengaine (le terrorisme, la révolution, l’immigration).Comment dès lors faire de l’ethnographie dans ce Nouveau Monde tissé d’anachronismes ? A nouveauxterrains, nouveaux outils ?

Atelier 1. Les terrains numériques : technologies de l’information et de la communication

Internet et les télécommunications occupent une place de plus en plus centrale dans nos vies. Le monde entiersemble à portée de clic ou de télécommande. Canal d’information et de connaissance, les TIC sont de plus enplus des supports et des activateurs de la vie sociale. Ils en deviennent un élément de pouvoir qui interpelle lesEtats. Les révolutions égyptienne et tunisienne nous rappellent qu’Internet est un espace d’émancipation et uncontre-pouvoir. Mais c’est aussi un espace normé et normatif, pour plusieurs raisons. Economiquementd’abord : il n’est pas le règne de la gratuité comme certains l’imaginent, c’est un canal d’échanges économiques.Politiquement ensuite, il est un outil de contrôle sécuritaire et d’expressions idéologiques. Socialement enfin : denouveaux codes viennent normaliser les comportements sur la toile. Dès lors, aborder le terrain du numériqueapparaît non seulement comme un moyen d’enrichir les terrains traditionnels, mais de plus en plus comme unpassage obligé de nos recherches. Le numérique fait partie intégrante d’une époque contemporaine où lesfrontières entre le réel et le virtuel sont constamment bousculées. Comment faire de ces mondes numériques unterrain ethnographique ?

Atelier 2. Les territoires du rêve : imaginaires, représentations, identités

Ce regain de tension entre la réalité et la fiction nous invite à questionner les grands mythes modernes et laprésence du symbolique dans nos sociétés. Si l’incessante circulation des images, des idées et des personnesest source de frictions, de chocs et d’homogénéisation ; elle est aussi source d’enrichissement, d’innovation etde diversification culturelle. L’imaginaire n’est plus le domaine réservé des individus (le rêve), des artistes(l’imaginaire), des politiques (l’idéologie) et des religieux (le mythe) ; il est aussi le moteur d’une économiemarchande et spéculative tirée par de puissants dispositifs marketing et publicitaires. Même les territoires ontleur marketing territorial. Dans un espace médiatique saturé d’images et de messages, le travail desanthropologues doit pouvoir croiser sémiotique et observation des pratiques en situation. Comment étudier lesidentités, les idéologies et les imaginaires dans un contexte de perpétuelle mise en scène et sur-médiatisationdu monde social ?

Atelier 3. La globalisation terre-à-terre : exils, frontières, ressources

Le mythe de la déterritorialisation de l’économie ne peut occulter les problématiques sociales etenvironnementales qui accompagnent la globalisation. Les flux migratoires n’ont jamais été aussi surveillés.Le déferlement migratoire justifie, au même titre que la criminalité mondialisée et la menace terroriste, que lesfrontières soient érigées en murs infranchissables, faits de béton, de barbelés et de technologies dernier cri.Paradoxalement, alors que les espaces apparaissent de plus en plus connectés, ils sont aussi de plus en plusségrégés. Les murs ne sont d’ailleurs pas que physiques. Le contexte de crise est propice aux levées deboucliers protectionnistes, nationalistes et xénophobes. La réponse gestionnaire opposée aux expérienceshumaines de la migration entretien une vision abstraite et désincarnée de la globalisation. Pourtant, laglobalisation pose des questions bien matérielles. Elle interroge le politique en bousculant ses outils et seséchelles de régulation. Comment, en tant qu’anthropologues, pouvons-nous rendre compte de cette économiepolitique de la globalisation sans perdre de vue le vécu et le ressenti des individus et des groupes que nousétudions ? Plus de 15 ans après « l’ethnographie multi-située » de G. Marcus, quelles sont les nouvellesmanières de faire du terrain « dans/sur le système mondial » ?

Atelier 4. L'anthropologue dans la Terra(In)Cognita : engagement, réflexivité, légitimité

Cet axe a trait à la place de l’anthropologue sur les terrains du contemporain. Alors que le Grand Partage entreune ethnologie de l’ailleurs (une « ethnologie pure », disait Lévi-Strauss) et une sociologie de l’ici semblait êtredépassé, les anthropologues sont toujours associés - malgré eux ? - à l’imaginaire de l’exotisme et du folklore.Quelle légitimité avons-nous à investir ces terrains du contemporain ? Comment définir la démarcheanthropologique au sein de programmes de recherche nécessairement interdisciplinaire ? On pourra égalementinterroger les rapports du chercheur à son objet et ses différents modes d’engagement dans le monde social :engagement politique (figure du chercheur-militant), économique (métiers de l’expertise), ou académique (leprofessorat). L’Académie est-elle le seul lieu d’exercice du métier d’anthropologue ? Enfin, en tant qu’apprentischercheurs, il n’est pas inutile de réfléchir aux conditions sociales d’exercice du métier d’anthropologue :comment peut-on être doctorant en anthropologie aujourd’hui ?

Atelier 5. Les nouveaux carnets de l’ethnographe : radio, vidéo, blog & co.

A travers cet atelier, nous souhaitons inviter les doctorants à partager leur expérience et réfléchir sur lesnouvelles technologies mises à disposition du chercheur, fussent-elles pour enregistrer le matériauethnographique (vidéo, son, webcrawlers), l’analyser (Atlas Ti, The Ethnograph, Sonal, etc.) ou le diffuser(blog, documentaire, radio). Loin de substituer le carnet fétiche de l’ethnographe, les supports multimédiasviennent plutôt l’enrichir. Enregistré, photographié, filmé, cartographié, scanné, googlisé, blogué, skypé, twitté…l’indigène semble définitivement cerné ! Si les technologies de l’information ont considérablement facilité l’accèsà l’information, elles ont également révolutionné les pratiques de l’écriture ethnographique. Elles ont égalementmodifié les conditions de l’isolement de l’ethnographe, perçue dans l’imaginaire anthropologique, commestructurante. Contre l’image d’Epinal de l’ethnographe coupé de tout contact avec l’Occident, force est deconstater qu’’Internet est aujourd’hui disponible (presque) partout. La diffusion du savoir anthropologique parces nouveaux outils de communication a considérablement changé le regard que l’indigène porte surl’anthropologue. Dans quelle mesure la multimédiatisation et la simultanéité de l’écriture ethnographiqueinfluence-t-elle la construction du savoir anthropologique ? Comment l’anthropologue peut-il mettre cestechnologies à son service et au service du savoir?

Merci d’envoyer vos résumés en français d’environ 500 mots (soit une page) à l’adresse jd.iiac.2011@gmail.com

pour le 30 juin 2011 au plus tard.

Validation des propositions vers mi-juillet. Les textes finaux sont attendus pour le 15 octobre, les journées auront lieu le 1er et 2 décembre 2011 à Paris.

Organisateurs : Arnaud Dubois, Sébastien Kapp, Tristan Loloum, Sina Safadi.

Mots-clés : Anthropologie ; terrain ; contemporain, doctorant.

Lieux

  • EHESS
    Paris, France

Dates

  • jeudi 30 juin 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • anthropologie, terrain, contemporain, doctorant

Contacts

  • Arnaud Dubois, Sébastien Kapp, Tristan Loloum, Sina Safadi ~
    courriel : jd [dot] iiac [dot] 2011 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Sébastien Kapp
    courriel : acthese [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Terra (In)Cognita : terrains contemporains en sciences humaines et sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 20 mai 2011, http://calenda.org/204444