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De l’extrême : pratiques du contemporain dans les mondes ibériques et latino-américains

Extremes: contempoary practices in Iberian and Latin-American worlds

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Publié le jeudi 26 mai 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

« De l’extrême : pratiques du contemporain dans les mondes ibériques et latino-américains ». Le prochain colloque du CRIMIC (Centre de recherches interdisciplinaires sur les mondes ibériques contemporains) se tiendra du 31 mai au 2 juin 2012 à la Maison de la recherche (salle D035) de l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV). Appel à communication : réponse attendue pour le 30 juillet 2011.

Annonce

Argumentaire

Le XXe siècle, considéré par certains comme « l’âge des extrêmes » (E. Hobsbawm), a assisté à la multiplication d’extrémismes de toutes sortes. Dans quelle mesure sont-ils effectivement présents dans les mondes ibériques et ibéro-américains ? C’est autour de cette question que le CRIMIC (EA 2561) poursuit sa réflexion interdisciplinaire sur les mondes ibériques et ibéro-américains contemporains, après un colloque célébré en 2007 sur « Les grands récits » [cf. Les Grands récits : Miroirs brisés ? Les grands récits à l’épreuve des mondes ibériques et ibéro-américains, Coord. Maria Graciete Besse et Michel Ralle, éditions INDIGO & Côté-femmes, Paris, collection "Indigo", 2010].

De nombreux penseurs évoquent souvent une rupture de civilisation provoquée par la Shoah (T. Todorov, S. Sontag), permettant de questionner, de façon radicale, la rationalité moderne, la représentation du Sujet, l’écriture de l’Histoire, le genre du discours, ou encore les notions de limite, de frontière, de norme et de valeur. Le trait distinctif de la postmodernité est le déplacement des catégories, l’effacement des frontières et le brouillage des identités. Marquée par la fin des grands récits de légitimation (J-F. Lyotard), mais aussi par la déconstruction progressive des normes esthétiques, et par la remise en cause des principes éthiques, le monde contemporain tend à repousser constamment les limites, qu’elles soient géographiques, sociales, politiques, esthétiques, plastiques, littéraires, scientifiques ou bioéthiques.

L’accélération des transports et l’uniformisation des communications, la construction du village planétaire, voire la conquête de l’espace, ont déplacé toujours plus loin le concept de l’extrême. Comment se conçoivent les territoires ibériques, pionniers dans l’expansion de l’Occident, dans ce monde en constante recomposition ? Par ailleurs, dans le contexte de la mondialisation, la relation centre-périphérie évolue de façon remarquable, offrant chaque jour de nouvelles possibilités : le centre se nomadise et les marges se structurent en contresubjectivités, les cultures se mélangent, produisant d’étonnantes rencontres, nourries par une « pensée du tremblement » qui « nous éloigne des certitudes enracinées » (E.Glissant). Mais les productions culturelles permettent également de dévoiler plusieurs formes de violence, d’indéfinition, de démesure, de transgression ou de « dérégulation » (financière, économique, sociale, etc.). L’extrême est bien un symptôme de notre époque (P. Ardenne), ou du moins, au-delà de l’hybris (ὕϐρις), il semble se décliner de manière originale dans le monde ibérique et ibéro-américain contemporain.

L’approche de l’extrême peut ainsi prendre différents visages, allant des désastres de la guerre aux postures artistiques les plus extravagantes, en passant par le fanatisme ordinaire ou par les expériences sans limites. Dans un monde où l’image est omniprésente, le spectacle de l’extrême peut également s’imposer comme une pathologie (R. Gubern), mais aussi comme une expérience artistique radicale (body art) ou un formidable instrument critique (photoreportage). Nous sommes entrés dans une culture de l’émotion qui frappe l’esprit et fouette le corps, une culture de l’ordre du cri, où la contemplation est écartée au profit de l’action (H. Arendt).

Les propositions de communication tiendront compte de plusieurs dimensions susceptibles d’apporter des regards à la fois différents et complémentaires sur la question de l’extrême, dans le monde ibérique et ibéro-américain contemporain et dans les domaines représentés au sein du CRIMIC (histoire, littérature et arts visuels). Sans prétendre à l’exhaustivité, ce colloque tentera de développer une réflexion autour des axes suivants :

  1. Le débordement
  2. L’intensité, l’excès
  3. La transgression

Propositions

Les propositions de communication (300 mots maximum) devront être envoyées, accompagnées d' un bref CV, à l’adresse : crimic@paris-sorbonne.fr

avant le 30 juillet 2011

Les réponses seront communiquées par le comité scientifique du colloque le 30 septembre
2011.

Pour des raisons matérielles, le CRIMIC ne pourra malheureusement pas prendre en charge des frais de transport et séjour des intervenants.

Comité scientifique

  • Sadi Lakhdari (Directeur du CRIMIC) Université de Paris Sorbonne
  • Maria-Graciete Besse Université de Paris Sorbonne
  • Nancy Berthier Université de Paris Sorbonne
  • Laurence Breysse-Chanet Université de Paris Sorbonne
  • Milagros Ezquerro Université de Paris Sorbonne
  • Monique Güell Université de Paris Sorbonne
  • Eduardo Ramos-Izquierdo Université de Paris Sorbonne
  • Ina Salazar Université de Paris Sorbonne
  • Miguel Rodriguez Université de Paris Sorbonne

Dates

  • samedi 30 juillet 2011

Mots-clés

  • Extrême, Mondes Ibériques et Ibéro-américains, histoire, littérature

Contacts

  • David Marcilhacy
    courriel : dmarcilhacy [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Nadia Tahir
    courriel : nadia [dot] tahir [at] unicaen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De l’extrême : pratiques du contemporain dans les mondes ibériques et latino-américains », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 26 mai 2011, http://calenda.org/204477