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Ce que la scène fait au son

Scenes and sounds

Scènes et créations sonores contemporaines

Relations between scenes and sounds in contemporary musics and performing arts

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Publié le mardi 31 mai 2011 par Karim Hammou

Résumé

La représentation à la Comédie de Caen du « concert théâtralisé » Systems of judgment du musicien et compositeur David Rosenboom et du metteur en scène Travis Preston, tous deux enseignants au prestigieux California Institute of the Arts de Los Angeles, est l’occasion de questionner le statut de la musique en scène et le rapport du son à un espace de représentation. Interroger comment les pratiques sonores actuelles envisagent la scène peut révéler d’autres manières d’envisager l’écoute d’une œuvre – musicale ou scénique, au sens large. Le son se représente-t-il lui-même, renvoie-t-il à d’autres espaces sonores ou à tout autre élément ? En d’autres termes, quelle est la scène du son ? L’écoute nous engage-t-elle à reconnaître – c’est-à-dire à nous représenter quelque chose – ou est-elle une attitude, une posture, une discipline – sans doute différente pour chaque œuvre ? Finalement, comment une œuvre sonore annonce-t-elle sa scène ? Qu’est-ce que la scène fait au sonore ?

Annonce

"Ce que la scène fait au son", une journée d'études en partenariat avec le LASLAR (UCBN), l'IMEC et la Comédie de Caen, proposée par Eric Vautrin (LASLAR / UCBN) avec David Rosenboom (Calarts), Travis Preston (Calarts), Bastien Gallet (ENBA Lyon), Matthieu Saladin (IDEAT/CNRS), Jean-Luc Therminarias (compositeur associé de la Comédie de Caen), Jean-Luc Guionnet et Bertrand Denzler.

  • David Rosenboom (Calarts), Travis Preston (Calarts) : Collaboration multimedia pour la composition et la mise en scène de l'œuvre musicale de David Rosenboom, "Systems of judgment" – du concert au théâtre.

 

  • Bastien Gallet : "L'opéra ou l'art des étendues symboliques"
    Dans l'opéra, le son est confronté à la scène comme espace symbolique, cette scène dont Nietzsche dit dans La naissance de la tragédie qu'elle est l'oeuvre de la puissance apollinienne. Il ne s'agira pas cependant de penser cette confrontation comme une opposition à suturer, mais comme un art spécifique, celui de produire des sons qui soient aussi des situations, des drames, des personnages, des mouvements, etc. Ce qu'on pourrait appeler des "étendues symboliques".

 

  • Matthieu Saladin: "La mise en scène du son dans et à partir de l’œuvre d’Alvin Lucier"
    De Music for Solo Performer (1965) à Music for Snare Drum, Pure Wave Oscillators and One or More Reflective Surfaces (1990), en passant par I Am Sitting in a Room (1970), Still and Moving Lines of Silence in Families of Hyperbolas (1973-1974) et tant d’autres pièces, l’œuvre d’Alvin Lucier est traversée par une recherche constante en direction de ce qu’il nomme la « troisième dimension du son », c’est-à-dire sa spatialité. Dès lors, les œuvres scéniques du compositeur tendent bien souvent à reconsidérer le dispositif du concert pour laisser place à une scène presque littéralement arpentée par des phénomènes sonores qu’elle filtre, révèle et altère dans sa configuration même. En somme, nous pourrions dire que la scène n’est plus ici comprise comme le simple lieu d’une production sonore livrée à l’écoute publique, mais comme sa « source » même. Cette intervention s’intéressera aux rapports à l’espace qui courent dans l’œuvre d’Alvin Lucier, afin de questionner, en glissant graduellement de l’acoustique au social, ce que donnent à entendre ces mises en scène du sonore.

 

  • Jean-Luc Guionnet et Bertrand Denzler : "Représentations et stratégies: ce que la scène fait à la musique improvisée"
    Depuis plusieurs années, nous interviewons des musiciens improvisateurs afin de leur poser des questions de musiciens improvisateurs sur ce qui se passe dans leur tête pendant qu’ils improvisent.
    En prenant le cours de nos réflexions par la fin, nous tentons de pointer qu’en dernière instance, il y a du “purement performatif” dans la production sonore quelle qu’elle soit, et nous parions, pour ce faire, que l’improvisation reste, “malgré tout”, le lieu éminemment adéquat pour expérimenter, travailler, vivre… cette performance.
    Depuis notre expérience d’improvisateur, et conscients que notre travail théorique réside au cœur de ce “malgré tout”, nous procéderons d’une part au gré d’un commentaire de témoignages de musiciens rencontrés, et d’autre part, en faisant la proposition d’une structure d’écoute propre au sonore “sur scène”.

 

  • Eric Vautrin: "Ce que la scène fait aux sons: perspectives d'une étude de la création sonore contemporaine pour le théâtre à partir des enjeux de la recherche "Le son du théâtre" (CNRS/CRI).

Lieux

  • Abbaye d'Ardenne (IMEC)
    Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, France

Dates

  • samedi 28 mai 2011

Mots-clés

  • créations sonores, sons, musique contemporaine, performing arts, théâtre contemporaine, arts scéniques, improvisation

Contacts

  • Catherine Bienvenu
    courriel : catherine [dot] bienvenu [at] unicaen [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Éric Vautrin
    courriel : eric [dot] vautrin [at] unicaen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ce que la scène fait au son », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 31 mai 2011, http://calenda.org/204505