AccueilMusiques et contre-culture(s). Le rock, les sixties, les États-Unis et au-delà

Musiques et contre-culture(s). Le rock, les sixties, les États-Unis et au-delà

Music and counterculture(s). Rock'n'Roll, the Sixties, the U.S. and beyond

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Publié le mercredi 08 juin 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Ce numéro de Volume ! La revue des musiques populaires s’intéressera, par le détour de la musique, aux contre-cultures des années 1960 et au-dela – à ce mouvement hétérogène, son identité éclatée, sa circulation planétaire, ses origines, son influence et ses héritages. Nous invitons ainsi les chercheurs à étudier le phénomène de « la contre-culture » musicale mais aussi à en interroger la définition esthétique, culturelle, politique, historique et chronologique : que fut la contre-culture, et comment la musique l’a cimentée ? qu’est-ce qui l’identifie non seulement spécifiquement dans les années 1960-1970, mais aussi plus généralement au-delà : ses caractéristiques « formelles » (caractéristiques musicales, styles), son idéologie (militantisme, modes de vie) ou ce à quoi elle s’oppose (le système, les « valeurs américaines traditionnelles », la guerre, le capitalisme) ?

Annonce

Dossier dirigé par Sheila Whiteley (Professor Emeritus, University of Salford) et Frederic Robert (maître de conférences à l’Université Jean Moulin – Lyon III)

Argumentaire

Pendant les années 1960 aux États-Unis, toute une génération de baby-boomers proposa une culture radicalement opposée à l’American Way of Life, qui s’exprima par un ensemble hétérogène de références culturelles, d’idées, de modes de vie, de styles et, emblématiquement, de musiques, mouvement culturel baptisé « la » contre-culture. Cette culture multiple a marqué les générations qui l’ont vécue et suivie, révolutionnant le paysage politique et culturel et la scène musicale mondiale, laissant un héritage sans cesse réactivé, polémiquement (punk, metal satanique) ou non, se revendiquant de l’esprit (Goa trance, Kosmische Musik, alternative hip-hop) et/ou de la lettre (freak folk, neo-hippies, stoner) du mouvement, en remettant au goût du jour des éléments musicaux, techniques, gestuels, identitaires (mode, présentation de soi), ou rituels (protest songs, sit-ins, grands festivals « alternatifs ») de la période. Le mouvement suscita également une réaction forte dans le monde politique et culturel (« culture wars », PMRC de Tipper Gore dans les années 1980…).

L’hagiographie progressiste du mouvement voudrait que la contre-culture fût multiculturelle, multiraciale, féministe, contestataire, solidaire. Pourtant, plusieurs signent tendent à nuancer le bilan. Si l’on identifie ce mouvement essentiellement au rock (et ses subgenres : blues-rock, pop, rock psychédélique, rock progressif, hard rock) et à la folk – majoritairement pratiqués et écoutés par des Blancs – d’autres genres musicaux peuvent être considérés comme solidaires de nombreuses de ses caractéristiques. Le free jazz ou les musiques jamaïcaines (« noires ») participent-ils de la contre-culture des années 1960 ? La soul d’un chantre de la réussite individuelle et du capitalisme américain comme James Brown œuvra à l’intégration des Afro-Américains dans le contestation. La contre-culture se développa au cœur de l’Occident, mais déclencha également une passion, parfois caricaturale, de l’ailleurs exotique. Quel fut ensuite l’écho du « Tiers-Monde » au sein de la contre-culture (raga rock, orientalisme) et inversement, du mouvement au-delà du monde occidental ? C’était l’époque du Summer of Love, de l’égalité entre les sexes, mais elle glorifia également ses chanteurs et guitaristes érigés en stars ultra-virilisées, et les figures féminines du mouvement en sont minoritaires.

Dans une optique pluridisciplinaire (histoire culturelle, études littéraires, musicologie, sociologie, sciences politiques, esthétique, philosophie…), ce numéro de Volume s’intéressera par le détour de la musique à ce courant culturel hétérogène, son identité éclatée, sa circulation planétaire, ses origines, son influence et ses héritages. Nous invitons ainsi les chercheurs à étudier le phénomène de « la contre-culture » musicale mais aussi à en interroger la définition esthétique, culturelle, politique, historique et chronologique : que fut la contre-culture, et comment la musique l’a cimentée ? qu’est-ce qui l’identifie non seulement spécifiquement dans les années 1960-1970, mais aussi plus généralement au-delà : ses caractéristiques « formelles » (caractéristiques musicales, styles), son idéologie (militantisme, modes de vie) ou ce à quoi elle s’oppose (le système, les « valeurs américaines traditionnelles », la guerre, le capitalisme) ? Les sixties sont constamment débattues dans les milieux de l’art, de la presse culturelle et de la politique : la contre-culture est-elle le berceau « des » contre-cultures actuelles ?

Il s’agit ici de pistes de recherche. Tout article sur musique et contre-culture(s) sera soumis au comité éditorial de Volume ! Voici quelques autres suggestions (non-exhaustives) de pistes à étudier :

  • les genres musicaux (« San Francisco sound », jazz-rock, rock progressif, psychédélique, hard rock, free jazz, soul…), leurs généalogies (musique, culture, technologie, politique) ;
  • le rôle de l’évolution technologique (instrumentation, techniques d’enregistrements, sonorisation…) ;
  • les subcultures (hippies) de la période, leurs stars et moments phares, leur signification,
  • thèmes (sexe, drogue) et imaginaires ;
  • leurs héritages : permanences et ruptures (punk, techno, free parties, freak folk…), et inversement : « récupération » et dévoiement par la culture dominante ;
  • les circulations contre-culturelles entre musiques, arts (littérature beat), politique, mouvements sociaux ;
  • les questions de genre, de classe, de race, de sexualité, d’identité ;
  • l’influence du « Tiers-Monde » sur la contre-culture (orientalisme, africanisme…), la géopolitique de la contre-culture et ses nouveaux centres de gravité ;
  • la perception actuelle de la contre-culture : célébrations et condamnations dans les médias, les débats intellectuels, les mondes de l’art ;
  • les contre-contre-cultures réactionnaires, « de droite », à l’époque et depuis (revivals conservateurs, skinheads, rock against communism…)

 Modalités de soumission

Les contributions sont à envoyer par email avec résumé, mots-clés et biographie succinte de l’auteur, aux adresses suivantes :

 avant le 15 octobre 2011

Nous prions les auteurs de bien suivre les normes de formatage suivantes, leur respect simplifiant le processus éditorial et le travail de mise en page, et écourtant ainsi les délais :

  • Format : 30.000 à 50.000 signes maximum, espaces compris, format .doc (Word 2004) ou .rtf.
  • Normes bibliographiques : style « Harvard », cf. http://seteun.net/spip.php?article20

English version

Music and counter-culture(s): Rock, the Sixties, the US and beyond
http://seteun.net/spip.php?article255 

Submission deadline: October 15th, 2011

Volume! La Revue des musiques populaires (www.seteun.net), the one and only French peer-reviewed journal exclusively dedicated to the interdisciplinary study of popular music, seeks contributions for a special issue on music and counterculture. Any scholarly essay on popular music and counterculture, focusing on link to the "central" period of the sixties and seventies, is welcome. Here are however a few first elements that have generated debate in our editorial discussions:

Download the CFP here: http://www.seteun.net/spip.php?article258

During the sixties in the U.S. and more globally in the West, a new generation proposed – apparently – a culture radically opposed to the traditional American Way of Life, which expressed itself via a set of cultural references, ideas, lifestyles and, emblematically, of musics – a heterogeneous movement baptized "the" counterculture. It marked the generations that lived it and the ones that followed, transforing the political and cultural landscapes as well as the global musical spectrum. Its legacy has constantly been reactivated since by "new" musical subcultures, be it polemically (punk, metal) or not, that claimed for themselves its spirit (Goa trance, Kosmische Musik, alternative hip-hop) and/or its material features (freak folk, neo-hippies, stoner), and appropriated former musical elements, as well as techniques, gestures, identities (style, hexis) or rituals (protests songs, alternative festivals, forms of activism etc.) to use them in new ways with new medias.

A certain progressive hagiography insists on its multicultural, multiracial, feminist, militant and egalitarian aspects. However, many signs suggest that things weren't that homogenous. If we usually identify the movement with rock'n'roll (and its subgenres: blues-rock, pop, psychedelic music, prog rock, hard rock) and folk – which were mainly listened to by white youth – to define exactly which musics were part of the phenomenon is a complex task: how did, for example, previous subcultures, or free jazz and Jamaican music and other "minority" musicians and fans relate to the counterculture? The proud funk and soul music of a champion of individual success and American capitalism like James Brown paradoxically helped cement the protest of the Afro-American youth. The counterculture developed in the heart of the West, but it also triggered a somewhat caricatured passion for the exotic other – what is it that can be said, musically (raga rock, neo-orientalism), politically and culturally of the echo of the "Third World" within this movement? To take a final example of the phenomenon's ambiguity, it was the era of the Summer of Love, of sexual freedom and so forth, but it also glorified its manly heterosexual singers and guitar heroes, while the female and homosexual figures were rare on stage.

For this special issue of Volume!, the editors seek submissions coming from the whole spectrum of social sciences, that will reflect upon the heterogeneity of this/these music(s), its ambiguity, scattered identity, its worldwide circulation, its origins, influence and legacy. How can we define, aesthetically, culturally, politically, historically and chronologically the music of the counterculture? what is it that cements it? "formal" characteristics (musical elements, style), ideology (militancy, lifestyles) or its nemeses (the system, the American values and cultural hierarchies, war, the State, capitalism)?

Other, more general, possible categories:

  • the musical genres ("San Francisco sound", jazz-rock, prog rock, psychedelic music, hard rock, free jazz, soul, funk…);
  • the role of technology (instrumentation, recording technologies, sound systems…);
  • the period's subcultures, their stars, grandiose moments, signification, themes and mythologies;
  • their legacies: permanence and ruptures (punk, techno, free parties, freak folk…) and the contrary ("merchant hijacking" by the dominant culture…);
  • the countercultural circulations between music, arts, politics, social movements;
  • questions of gender, class, race, sexuality and identity;
  • influence of the "Third World" on the counterculture (orientalism, africanism…), the geopolitics of counterculture and its new centers of gravity;
  • the actual perceptions and representations of the counterculture: celebration and condemnation in the media, intellectual & art worlds;
  • the "counter"-countercultures, the "reactionary" subcultures, back then and since (conservative revivals, extreme right-wing skinheads, rock against communism…):
  • the margins of counterculture.

We strongly recommend authors sending us an early 500 word maximum proposal when possible.

  • Final submissions should be sent by October 15th, 2011, by email,
  • in English or French,
  • with an abstract, a set of key words and a short biography of the author,
  • 30 000 to 50 000 characters (spaces included),
  • Harvard system of referencing,
  • .doc – Word 2004 format or .rtf;
  • (detailed instructions here: http://www.seteun.net/spip.php?article229 – respecting these requirements speeds up the editorial process.)

to the following addresses: editions[at]seteun[dot]net, fredericbob[at]aol[dot] & jedediah-sklower[at]hotmail[dot]com

They will first be evaluated by Volume's editorial board before being blindly peer-reviewed by specialists.

Dates

  • samedi 15 octobre 2011

Mots-clés

  • contre-culture(s), musiques populaires, subcultures, années 1960, circulations esthétiques, politique, identités, États-Unis, Grande-Bretagne, multiculturalisme

Contacts

  • Gérôme Guibert
    courriel : gerome [dot] guibert [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Volume ! La revue des musiques populaires
    courriel : editions [at] seteun [dot] net

Pour citer cette annonce

« Musiques et contre-culture(s). Le rock, les sixties, les États-Unis et au-delà », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 08 juin 2011, http://calenda.org/204557