AccueilMobilisation et médiation de l’objet technique dans la production de soi

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Publié le mardi 07 juin 2011 par Karim Hammou

Résumé

Appel de communications « Mobilisation et médiation de l’objet technique dans la production de soi ». Colloque annuel du GERSE (Groupe d’études et de recherches en sémiotique des espaces), les 22 et 23 octobre 2011 à l’Université du Québec à Montréal.

Annonce

Appel de communications

Mobilisation et médiation de l'objet technique dans la production de soi 

Sous la direction de :

  • Charles Perraton (Communication sociale et publique, UQAM)
  • Oumar Kane (Communication sociale et publique, UQAM)
  • Fabien Dumais (doctorant en communication, UQAM) 

Colloque annuel du GERSE (Groupe d’études et de recherches en sémiotique des espaces),

Les 22 et 23 octobre 2011 à l’Université du Québec à Montréal. 

La maîtrise de l’objet technique a pour corollaire la mobilisation du corps. Par exemple, pour jouer à un jeu vidéo, le joueur doit mettre à contribution ses yeux, ses mains, ses doigts et bientôt tout le corps. Il lui faut développer sa dextérité, sa motricité fine et ses capacités de coordination, mais aussi de nouvelles habiletés oculomotrices et visuo-spatiales, accroître sa capacité d’attention, de comparaison, d’identification et de sélection de matériel sonore et visuel, etc. À cette occasion, l’objet technique assure la médiation entre l’homme et son milieu. Si l’objet technique doit s’adapter au milieu ainsi qu’aux limitations du corps, il n’en constitue pas moins un véritable défi aux capacités appropriatives de l’utilisateur. Avant d’être une « extension du corps propre », l’objet technique est « un objet externe ». Et parce qu’il est extérieur à lui, il vient confronter le corps mais aussi l’intériorité du joueur, sa constitution comme sujet. Mais là ne se limite pas notre rapport à l’objet technique. La médiation et la mobilisation de l’objet technique favorisent l’apparition de nouvelles valeurs, de nouveaux modèles de références et d’actions, transformant par là le rapport à soi, aux autres et au monde. Aussi l’objet technique permet-il d’accroître ou de diminuer notre efficacité et notre productivité au travail, de même que notre puissance d’agir dans les activités libres et créatrices liées au désir d’expression et de production de soi.  

Pour Bernard Stiegler, les technologies de l’information et de la communication numériques (TICN) sont en fait des technologies de l’esprit, ou encore des technologies culturelles et cognitives numériques, qui relèvent des techniques de la mémoire. Loin d’être notre planche de salut, ces nouvelles formes d’hypomnemata ne garantissent pas nécessairement l’épanouissement de ceux qui les produisent ou de ceux qui les utilisent, puisqu’il y a toujours le risque qu’elles soient subordonnées aux seuls critères du marché. Les TICN nous exposent en effet à de nouvelles formes d’expérience. Or, ces technologies sont aussi et de plus en plus des technologies de contrôle. Elles se développent dans un contexte où les individus sont soumis plus que jamais au régime de la consommation. Rabattant le désir sur les besoins, la société actuelle ne généralise-t-elle pas la dissociation entre les producteurs et les récepteurs de signes et de symboles, diminuant d’autant les capacités d’existence des individus. Le plus grand risque serait dès lors celui de perdre notre capacité d’anticiper ce que nous devenons, le développement des « technologies de contrôle » compromettant sérieusement et risquant de détruire l’espace et le temps publics.

On peut poser en d’autres mots le problème. Ce à quoi nous nous efforçons, c’est à exister pleinement et librement. Or, la liberté ne s’acquiert-elle pas dans (et non avec) l’expérience et ne consiste-t-elle pas à orienter notre effort de manière à ce que l’action ne soit pas uniquement déterminée par les causes extérieures ? On peut le croire si l’on considère que l’expérience a d’autant plus d’intérêt qu’elle permet de (se) penser autrement, et donc d’imaginer, de se souvenir, de vouloir et de concevoir le monde autrement. Pourtant, le sujet a ses limites. Il ne peut être le seul opérateur de sa propre transformation. La présence d’autrui lui est essentielle, c’est-à-dire que sa liberté s’exerce avec autrui à l’horizon de ses actes. Dans cette perspective, les TICN sont des moyens à la disposition des individus ou mis en œuvre par eux pour exister. L’élaboration de soi, impliquant la critique de soi (ce qui va de la mise à l’épreuve physique de soi jusqu’au travail critique de la pensée), suppose la connaissance des forces de détermination en présence et des limites de ce que peut le corps (les affects) et la pensée (le désir et la volonté). 

Partant de l’idée que le rapport à l’objet technique doit être considéré aux plans de la médiation technique (l’objet technique structure la pratique sociale) et de la médiation sociale (la société structure les usages de l’objet technique), ce colloque permettra de développer et problématiser les thèmes suivants : 1o « Finalité de l’objet technique », 2o « Intégration de la technique aux différents aspects de la vie », 3o « Rationalité technique, culture et production de soi ». Les différentes communications qui seront présentées dans le cadre de ce colloque proposeront des compréhensions possibles des enjeux actuels dans « La mobilisation et la médiation de l’objet technique dans la production de soi » et favoriseront l’approche pluridisciplinaire (anthropologie, communication, philosophie, sociologie, sémiotique, etc.) de la question. 

Comment s’inscrire ? 

Les personnes intéressées à participer à ce colloque doivent soumettre un projet de communication traitant des thèmes présentés plus haut

avant le 5 septembre 2011

(résumé de 350 mots), ainsi qu’une courte notice biographique. Les communications sont d’une durée maximale de 20 minutes et sont suivies d’une période de questions de 10 minutes. Le tout devra être envoyé par courrier électronique à l'attention de : 

Charles Perraton, Ph.D., Président du colloque

Mobilisation et médiation de l’objet technique dans la production de soi

Département de communication sociale et publique, UQAM

Case Postale 8888, succursale Centre-Ville,

Montréal (Québec), Canada  H3C 3P8

Tél.: (514) 987-3000 4510# – Fax : (514) 987-6186

Courriel : gerse@uqam.ca – Site Web : http://www.gerse.uqam.ca/ 

Lieux

  • Université du Québec à Montréal (Case Postale 8888, succursale Centre-Ville)
    Montréal, Canada

Dates

  • lundi 05 septembre 2011

Mots-clés

  • communication, technique, soi, hypomnemata, TIC, médiation

Contacts

  • Charles Perraton
    courriel : perraton [dot] charles [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Charles Perraton
    courriel : perraton [dot] charles [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Mobilisation et médiation de l’objet technique dans la production de soi », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 07 juin 2011, http://calenda.org/204595