AccueilEnfants en temps de guerre et littératures de jeunesse

*  *  *

Publié le vendredi 10 juin 2011 par Karim Hammou

Résumé

L'appel à communication pour le colloque international « Enfants en temps de guerre et littératures de jeunesse », conçu dans le cadre du programme de l'Agence nationale pour la recherche Enfance violence exil, propose de s'intéresser à la façon dont des créateur-trice-s de différentes aires géographiques et culturelles mettent en scène textuelle et/ou iconique telle guerre à partir du XXe siècle ou l’état de guerre en général, sans oublier la thématique de l’exil, dans des productions destinées à de jeunes lecteurs, en France et à l'étranger. Des chercheur-e-s de différentes disciplines – littéraires, linguistes, historien-ne-s, sociologues, psychologues, psychanalystes, anthropologues, ethnologues, sémiologues, historien-ne-s de l’art, etc.- pourraient apporter leurs précieux éclairages, que leurs analyses, inscrites dans une dimension synchronique ou diachronique, portent sur l’étude de corpus ou sur celle d’oeuvres isolées.

Annonce

Appel à communication :

Enfants en temps de guerre et littératures de jeunesse

Colloque international à la Bibliothèque nationale de France et à l’Ecole Normale Supérieure de Paris

18-19 octobre 2012

Délai : 30 septembre 2011 

Dans le cadre du programme de l'Agence Nationale pour la Recherche Enfance Violence Exil, la Bibliothèque nationale de France / Centre national de la littérature pour la jeunesse - La Joie par les livres et l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (UBP-CELIS) organisent, les 18-19 octobre 2012, un colloque consacré aux Enfances en guerre et littératures de jeunesse, avec le concours de l’Association française de recherche sur les livres et objets culturels de l’enfance (AFRELOCE).

La littérature de jeunesse, en tant que champ littéraire spécifique destiné à un public défini par son âge, s’inscrit dans des cadres nationaux souvent contraints, où peuvent s’exercer différentes formes d’interdictions, voire d’autocensure, et où l’audace de la pensée trouve parfois des chemins de traverse pour s’imposer. Dans le même temps et un peu partout dans le monde, les littératures de jeunesse ont acquis une légitimité et une complexité qui les autorisent à aborder des sujets jugés délicats, voire tabous, par les sociétés. Mais jusqu’où s’aventurent-elles ?

De ce point de vue, il serait intéressant de considérer comment des créateur-trice-s de différentes aires géographiques et culturelles mettent en scène textuelle et/ou iconique telle guerre à partir du 20e siècle (sans exclure les perspectives ouvertes par l’anticipation) ou l’état de guerre en général (lorsque cette dernière demeure indéfinie d’un point de vue spatio-temporel). La thématique de l’exil forcé sera prise en compte, dès lors que celui-ci touche directement des enfants et qu’il est une conséquence directe des guerres.

Il y a fort à parier qu’en fonction des pays, des genres et des supports utilisés, des âges plus ou moins ciblés, des artistes et des maisons d’édition, la guerre ou telle guerre en particulier ainsi que les migrations contraintes, assorties des effets désastreux (politiques, économiques, sociaux, etc.) sur les populations qu’elles occasionnent, soient très différemment représentées. Le souci souvent consensuel, pour ne pas dire politiquement correct, en France et depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de faire passer un message pacifiste et de condamner l’idée même de guerre ne se heurte-t-il pas à la promotion, ici ou là dans l’espace et le temps, de comportements patriotiques ? Que deviennent alors les formes d’engagement en fonction des contextes historiques, idéologiques et socioéconomiques ? Que deviennent aussi l’enfant, son imaginaire et sa construction identitaire ? Au-delà de la représentation, omniprésente, de l’enfant victime du conflit, la littérature de jeunesse autorise-t-elle d’autres types de représentation de l’enfant, par exemple dans ses relations avec l’incitation adulte, avec l’action, ou dans les spécificités de son expression propre ? On peut également se demander dans quelle mesure cette représentation interroge les débats sur la mémoire, ses silences ou ses excès.

Dans le sillage du colloque « Guerres et totalitarismes dans la bande dessinée » (Cerisy-la-Salle,7-10 juin 2010, co-organisé par Viviane Alary – UBP/EVE), ce colloque international voudrait sonder les littératures de jeunesse françaises ou publiées en France et les littératures de jeunesse étrangères dès lors qu’elle mettent en scène des enfants en temps de guerre, victimes des totalitarismes ou/et des exils forcés.

Des chercheur-e-s de différentes disciplines – littéraires, linguistes, historien-ne-s, sociologues, psychologues, psychanalystes, anthropologues, ethnologues, sémiologues, historien-ne-s de l’art, etc.- pourraient apporter leurs précieux éclairages, que leurs analyses, inscrites dans une dimension synchronique ou diachronique, portent sur l’étude de corpus ou sur celle d’oeuvres isolées. Nous pourrions ainsi avoir une plus juste idée de l’état des représentations de ces événements en fonction des pays, des époques et des idéologies.

Outre la volonté de faire ressortir l’existence de patrimoines littéraires et iconographiques connus ou plus confidentiels, ce colloque international se propose de réfléchir sur les formes et les genres de littératures destinées aux jeunes publics – livres d’images, contes, poésie et chansons publiées, théâtre, livres CD ou DVD, textes illustrés, premières lectures, romans, bandes dessinées, mangas, documentaires, etc. Une attention particulière sera accordée à la question des points de vue qui engagent diversement le discours textuel et/ou iconique : à hauteur d’enfant - récits ou témoignages d’enfants - ou à hauteur d’un-e adulte créateur-trice visant un jeune lectorat – (auto)fiction, (auto)biographie, souvenir, mémoires, récit, documentaire, docu-fiction, ou autre. 

Comité scientifique du colloque :

Nelly Chabrol Gagne (Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, CELIS), Michel Defourny (Université de Liège), Claudine Hervouët (BnF/CNLJ – La Joie par les livres), Claude Hubert-Ganiayre (enseignante honoraire), Mathilde Lévêque (Université de Paris 13 – Afreloce), Mathieu Lescuyer (Bibliothèque Universitaire Paris IV et de l’Université de Clermont-Ferrand), Catherine Milkovitch-Rioux (Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, CELIS), Olivier Piffault (BnF/CNLJ-La Joie par les livres), Jacques Vidal-Naquet (BnF/CNLJ – La Joie par les livres). 

Modalités

Le colloque se déroulera à Paris, le 18 octobre à la BnF et le 19 octobre à l’ENS de Paris.

Langues : français, anglais, espagnol.

Les communications seront enregistrées afin d’être mises en ligne sur le portail d’EVE (avec l’accord des intervenant-e-s)et éventuellement sur un site de la BnF.

La durée de chaque communication est limitée à 25 minutes.

Les propositions de communication (titre et résumé de 1000 signes maximum), ainsi qu’une brève notice bio-bibliographique devront parvenir (par courriel)

avant le 30 septembre 2011 à :

Marion Caliyannis

BnF – CNLJ-La Joie par les Livres

marion.caliyannis@bnf.fr 

Contexte : le programme Enfance Violence Exil

Le programme de l’Agence Nationale pour la Recherche « Enfance Violence Exil », élaboré par le Centre de Recherches sur les Littératures et la Socio-poétique (Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand), en partenariat avec l’Université d’Amiens et l’Université de Regensburg, consiste en la collecte, l’exploitation en matière de recherche et la valorisation de différents fonds relatifs à l’expérience de la guerre, de l’exil consécutif aux violences civiles, de la violence subie par des enfants au cours ou à la suite des conflits du 20e siècle, principalement en Europe (de la Première Guerre mondiale à l’aube du 21e siècle). Le fonds Brauner (dessins d’enfants), d’autres fonds de dessins, de journaux scolaires et collectifs, des gisements archivistiques de l’intime sont explorés, en regard des représentations culturelles de l’enfance en guerre. Ce projet s’inscrit dans un champ de recherches interdisciplinaire qui associe en particulier les approches littéraires, historiques, linguistiques, psychologique, humanitaires. La documentation exploitée reconstitue, dans une période historique et une aire culturelle déterminées, une véritable histoire du 20e siècle à « hauteur d’enfant », à travers le vécu des enfants victimes et de la représentation qu’ils en ont donnée ou dont ils ont fait l’objet par l’intermédiaire des médias les plus variés.

Les réalisations de ce programme de recherche sont accessibles sur le portail de ressources :

http://www.enfance-violence-exil.net

Lieux

  • Quai François-Mauriac (Bibliothèque nationale de France, site Francois-Mitterrand)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 30 septembre 2011

Mots-clés

  • enfance, guerre, littérature de jeunesse

Contacts

  • Milkovitch-Rioux Catherine
    courriel : milkovitch [dot] rioux [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Mathilde Lévêque
    courriel : mathilde [dot] leveque [at] univ-paris13 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enfants en temps de guerre et littératures de jeunesse », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 10 juin 2011, http://calenda.org/204673