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La cinéphilie des cinéastes contemporains

Revue Les cahiers des Champs Visuels

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Publié le vendredi 10 juin 2011 par Karim Hammou

Résumé

Ce numéro de la revue Les Cahiers de Champs Visuels s’inscrit au sein d’un projet de recherche sur les Nouvelles cinéphilies, développé au sein du laboratoire CIRCPLES de l’Université de Nice-Sophia-Antipolis. Une revue, un projet : les Cahiers de Champs Visuels se veulent, avant tout, une tribune pour tous ceux qui s’intéressent à la recherche interdisciplinaire se donnant comme objets l’image animée et le son (publicité, cinéma, télévision, vidéo, multimédia), analogiques et digitaux, dans la perspective d’une étude de leurs usages (socioprofessionnels, marchands, techniques, esthétiques) dans la société : évolution des métiers, des techniques, des écritures, et de leurs interactions. Ainsi, nous souhaitons que cette publication soit mise au service de la Communauté scientifique intéressée par l’image.

Annonce

Comme l’a parfaitement développé Christophe Gauthier dans son ouvrage sur le développement d’un rapport passionnel au cinéma dans les années Vingt (La Passion du Cinéma - Cinéphiles, ciné-clubs et salles spécialisées à Paris de 1920 à 1929), la cinéphilie est un concept très ancien, autour duquel s’est modelé, au fil du temps, le rapport d’un certain nombre de spectateurs avec des objets dorénavant reconnus comme les produits d’une démarche artistique. Le vaste mouvement cinéphile qui se développe en France notamment au cours de l’immédiate après-guerre tend à populariser ce rapport particulier à l’œuvre cinématographique, transfiguré par le partage et l’échange de valeurs et de jugements communs, qui s’ancrent dans l’activité de diffusion des cinémathèques, du réseau Art-et-essai ainsi que des multiples ciné-clubs qui se développent à travers le territoire français, et s’institutionnalisent grâce à la publication de revues spécialisées, pour une grande part issues des fédérations de ciné-clubs. Ce phénomène ne se limite évidemment pas au territoire hexagonal même s’il acquiert en France une dimension et une intensité singulières dont ont su rendre compte plusieurs travaux (voir par exemple Antoine De Baecque, La Cinéphilie. Invention d’un regard, histoire d’une culture, 1944-1968, Paris, Fayard, 2003)

Cette acception du terme de cinéphilie, que l’on tend aujourd’hui à qualifier de « traditionnelle », s’est vue transformée par le développement de nouvelles pratiques de consommation des images animées, liées à l’apparition de chaînes de télévision spécialisées, à la commercialisation de vidéocassettes puis de DVD, mais aussi à la pratique du téléchargement et du streaming sur Internet. Ces mutations ont occasionné une véritable modification du rapport de l’individu à la notion de culture cinématographique, et par là même de cinéphilie : ne s’appuyant plus, comme autrefois, sur des jugements de type esthétiques, très élitistes, basés sur l’idée d’auteurisme appliquée au cinéma, on assiste depuis quelques années au développement de micro-cultures dans le vaste domaine de la cinématographie et de l’audiovisuel, véhiculées par des groupes d’amateurs éclairés qui accumulent données et connaissances sur leur objet, et les échangent et les diffusent par le biais de sites Internet, de blogs, de festivals, de fanzine, etc. Ces groupes restreints d’initiés, s’implantant sur des créneaux de plus en plus étroits, qui partagent et échangent les fondements d’une culture commune, proposent ainsi de nouvelles acceptions à la notion de cinéphilie, qui voit donc s’élargir l’idée même d’un rapport passionnel des publics au cinéma – et dorénavant à l’audiovisuel -, à travers une hétérogénéité des pratiques et des goûts.

Au-delà de la question du grand public et de ses rapports au film, la notion de cinéphilie interroge aussi le travail des cinéastes dans leur rapport personnel à la création filmique. La Nouvelle Vague offre un exemple emblématique de l’importance de la cinéphilie de ses acteurs dans la genèse d’un mouvement artistique. Comment appréhender de nos jours l’influence de ces rapports individuels à la culture cinématographique dans l’acte de création ? 

C’est pour répondre à cette question que nous nous proposons de consacrer un numéro de la revue Les Cahiers de Champs Visuels à l’exploration du rapport entretenu par les cinéastes contemporains à la culture cinéphile, dans toutes ces acceptions :

  • Comment leur travail se nourrit-il de leur propre culture cinématographique ? Quelles sont les références qu’ils revendiquent ? Quelles sont les pratiques cinéphiles qu’ils affichent ? Comment tentent-ils de transmettre à un public le plus large possible leur propre rapport au cinéma ?
  • Quel discours leurs films développent-ils sur la question de la cinéphilie, qu’il s’agisse de la mise en avant de certaines références, comme de la valorisation de certaines pratiques de consommation du film par rapport à d’autres ?

Les textes pourront porter sur des cinéastes de toutes nationalités, mais seront privilégiés les cinéastes encore en activité.

Les propositions d’articles (une page), accompagnées d’un bref curriculum vitae, devront parvenir

avant le 15 septembre 2011

au plus tard aux adresses suivantes : christel.taillibert@unice.fr et jpaubert@unice.fr

Les réponses du comité de sélection seront communiquées à la fin du mois de septembre 2011. Le rendu des textes devra être effectif au 15 janvier 2012, pour une publication en mars 2012.

Catégories

Dates

  • jeudi 15 septembre 2011

Mots-clés

  • cinéma

Contacts

  • Christel Taillibert
    courriel : taillibe [at] unice [dot] fr
  • Jean-Paul Aubert
    courriel : jpaubert [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • solen cozic
    courriel : cozic [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La cinéphilie des cinéastes contemporains », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 10 juin 2011, http://calenda.org/204684