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Les projets comme institutions, XVIIe-XXe siècle

Projects as institutions, 17th-20th centuries

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Publié le jeudi 23 juin 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

« Les projets comme institutions, XVIIe-XXe siècle », Paris, 6 et 7 janvier 2012. Ce colloque souhaite envisager une histoire à long terme des projets, depuis l’époque moderne, pour tenter d’identifier les projets comme des formes socio-historiques précises, spécifiques à certains contextes et sujettes à des évolutions historiques. Pour proposer une contribution, vous pouvez envoyer un résumé de 500 mots en un CV d’une page à projectsasinstitutions@gmail.com avant le 20 septembre 2011.

Annonce

Les Projets comme Institutions, XVIIe-XXe siècle, Paris, 6 et 7 janvier 2012

Argumentaire

Les projets sont des formes incontournables de notre temps, qui se sont imposées dans les dernières décennies à des domaines d’activité et des contextes de plus en plus nombreux. De ce point de vue, on peut les considérer comme un phénomène relativement récent, correspondant à l’essor de certaines valeurs et instruments du management dans l’ensemble du monde social. Pourtant, les projets, entendus comme manières d’organiser l’action impliquant divers participants et supposant examen et décision préalables, sont manifestement des formes sociales anciennes, particulièrement dans les domaines techniques. Ce colloque souhaite envisager une histoire à long terme des projets, depuis l’époque moderne, pour tenter d’identifier les projets comme des formes socio-historiques précises, spécifiques à certains contextes et sujettes à des évolutions historiques.

Les projets (plans, programmes,…) sont rarement étudiés en tant que tels. On se focalise le plus souvent sur tel ou tel projet, sans chercher à saisir en quoi il relève d’un certain mode de fonctionnement, d’une logique et de formalités qui s’appliquent à tous les projets du même type. L’histoire des techniques, qui offre la plus large historiographie à ce sujet, privilégie en général deux tendances. L’une se concentre sur la figure individuelle du concepteur, sur son activité créatrice et les outils qu’il utilise, minimisant ainsi les dimensions collectives du projet, sociales et politiques. L’autre considère le projet comme un processus peu déterminé et insiste plutôt sur les innovations institutionnelles et techniques, sur la dimension singulière de chaque entreprise, qui réaliserait un agencement social et technique unique. Or, en insistant sur l’innovation, on a tendance à minimiser la professionnalisation du projet, son inscription dans des formalités et des procédures régulières et répétées.

Ce colloque voudrait porter l’attention sur le lien entre la nature collective des projets et leur formalisation et réglementation croissantes. Il voudrait considérer les projets comme un ensemble de formes sociales, d’objets stabilisés, de normes, de procédures plus ou moins implicites ou explicites, qui règlent les multiples participations à l’action collective. En un mot, il souhaite étudier les projets comme des institutions.

On pourra s’interroger sur les liens entre le développement de nouvelles formes projet et les changements dans les relations (souvent asymétriques) entre les acteurs impliqués. Pour la période moderne en particulier, on pourra se demander dans quelle mesure les nouvelles formes du projet qui émergent aux 17e et 18e siècles, cherchent à garantir un certain contrôle, une certaine confiance entre les acteurs, pour répondre aux problèmes posés par la figure ambivalente du faiseur de projet, à mi chemin entre l’inventeur et l’escroc, synonyme de grande incertitude sur le réalisme et la moralité des entreprises proposées. Plus généralement, on pourra s’interroger sur les modèles et contre-modèles moraux, politiques, économiques ou techniques, sur les gouvernementalités sous-jacentes aux différentes formes projet. On pourra s’intéresser à la manière dont le futur est envisagé, prévu ou orienté, à l’organisation des temporalités, à ce que les formes projet laissent ouvert (et pour qui), ce qu’elles cherchent à fermer, si et comment elles introduisent de l’irréversibilité. On pourra également s’interroger sur les dissociations (de fait ou plus généralement de principe) que les projets introduisent entre différents rôles ou activités – par exemple entre concepteur et exécutant –, sur le sens qu’on peut donner à ces séparations, sur l’organisation du travail qui les caractérise et ses conséquences sur les possibles appropriations du projet par les différents participants. On pourra s’interroger, enfin, sur la place, l’importance et le sens des procédures d’examen et de décision préalables dans les formes projets.

Ce sont là quelques-unes des questions qui pourront être soulevées, sans préjuger d’autres problématiques proposées par les contributeurs. Si l’histoire économique et l’histoire des techniques sont les plus évidemment concernées, les contributions relevant d’autres champs seront bienvenues, quelque soit par ailleurs leur aire géographique.

La conférence se tiendra en français et en anglais. Les interventions peuvent être faites dans l’une ou l’autre de ces langues au choix. Les frais de déplacement et d’hébergement seront pris en charge.

Modalités de soumission

Pour proposer une contribution, vous pouvez envoyer un résumé de 500 mots en un CV d’une page à projectsasinstitutions@gmail.com

avant le 20 septembre 2011.

Organisation et sélection des propositions :

Frédéric Graber, Centre de recherches historiques (EHESS-CNRS, Paris)

ANR Profutur « Savoirs et techniques d’anticipation »
http://www.hstl.crhst.cnrs.fr/research/anr/profutur/

Dates

  • mardi 20 septembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • projet, plan, programme

Contacts

  • Frédéric Graber
    courriel : fgraber [at] ehess [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Frédéric Graber
    courriel : fgraber [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les projets comme institutions, XVIIe-XXe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 23 juin 2011, http://calenda.org/204811